‹ Journal de l'expédition anglaise en Égypte, dans l'année mil huit cent Alfred ThieryChapitre 24 sur 45 · F.N K GY P T R · texte numérisé non relu

F.N K GY P T R

en temps vers le nord. La brise qui s’élevait à sept ou huit heures du matin , (Jurait toute la journée , et tombait graduellement jusqu’au coucher du soleil , moment où elle cessait en- f tièrement. C’est à cette circonstance que nous dûmes certainement l’état de santé où se trouvèrent nos troupes pendant leur séjour devant les murs d’Alexandrie , car cette brise,, en ra-? fraîchissant et en purifiant l’air , chassait de notre camp deux puissantes causes de maladie.

L’Egypte est habitée par plusieurs peuples , diflerens par leurs mœurs, leurs coutumes 1 et leurs religions. Les mamelucks tiennent le premier rang parmi eux ; et quoiqu’ils ne forment > qu’une très-faible partie.de la population ils n’en sont pas moins les maîtres et les propriétaires du pays , dont tous les autres habitans sont plus ou moins soumis à leur domination (1).

Viennent ensuite les Arabes bédouins, qui errent sans cesse dans le désert ; ils n’habitent que très-peu de temps les mêmes endroits , et ne vivent que de rapines et de pillage.

Ces Arabes ne forment entre eux aucune communauté; chaque tribu a son cheik ou chef,

' ( 1 ) Voyez dans l'Introduction, les grands changemens opérés par Mohammed pacha dans le gouvernement et dans la situation de l’Egypte. ** (A.)

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pour lequel ils ont le plus grand respect , et à qui ils doivent une entière obéissance. De ces nombreuses sociétés, et des intérêts différens qui les agitent , naissent des querelles sans fin. L’hospitalité est un devoir sacré parmi les Arabes, et un d’entre eux , dont la vie se trouverait en danger , ne balancerait pas à se mettre au pouvoir de son ennemi déclaré , certain de trouver chez lui sûreté et protection. Cependant ils sont faux , dissimulés , vindicatifs ; et quoique naturellement braves , ils n’hésitent jamais, quand ils en trouvent l’occasion, à assassiner lâchement leur ennemi.

Les bédouins ont tous des chevaux capables de supporter les plus grandes fatigues. Dans leurs courses dans le désert , ces chevaux mangent très-peu , ne consomment qu’une petite quantité d’eau , et souvent s’en passent entièrement. Les Arabes préfèrent les jumens, qu’ils trouvent plus propres à supporter les fatigues et qui , lorsqu’ils vont à la découverte pour piller , ne peuvent les trahir par leurs hennissemens. Le vêtement des Arabes est trèsléger et se réduit à une large robe et un turban; ils sont armés d’un long fusil et d’un poignard.

La troisième classe se compose des Fellahs , ♦ qui sont les fermiers et les cultivateurs du pays. Us habitent les villages et cultivent les terres

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des mamelucks , qui tiennent ce3 malheurelix dans l’esclavage le plus abject.

Quand un Fellah est parvenu , à force de travail et d’économie , à amasser une certaine somme d’argent , il n’ose en faire usage et tremble de laisser découvrir son trésor en l’employant à améliorer sa propriété ou son existence ; car il s’exposerait alors à être pillé et dépouillé par son maître , et mettrait sa vie en danger en excitant la cupidité de ses voisins. Il résulte de là qu’il enterre son argent aussitôt qu’il l’a amassé ; et le malheureux , ainsi que les avares de nos contrées civilisées, n’a d’autre jouissance que de savoir ses richesses en sûreté. Lorsqu’il meurt, il emporte son secret avec lui, et l’argent se trouve perdu ; ainsi disparaît de la circulation une grande quantité de numéraire ( 1 ).

Les tyranniques propriétaires des terres et des villages du pays enlèvent la plus grande

(i) La monnaie courante de l’Egypte êst celle de la Turquie et les dollars d'Espagne. L’ignorance des peuples t sous la domination turque, est si grande, que ce n’est qu’avec la plus extr ême difficulté qu’on parvient à leur faire accepter en Rudement d'autre monnaie d'Europe , en or ou en argent , quç les dollars d’Espagne et leurs subdivisions.

Lorsque les Français arrivèrent en Egypte, quelques payeurs profilèrent de ce préjugé pour faire un commerce fort lucratif. "Les troupes étaient soldées eu écus do, Louis XIV ,

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partie des revenus , et par leurs contributions fréquentes forcent souvent les malheureux Fellahs a abandonner leurs chaumières et à * chercher un refuge parmi les habitons du désert. Une grande quantité de villages entièrement dépeuplés offrent de tristes preuves de l'effet de ces vexations. . ...

- .Les villages qui sont encore peuplés , présentent une image frappante de la misère de leurs habitans. Les chaumières sont d’une saleté au-delà de tout ce qu’on peut se figurer, elles n’ont pas de fenêtres et souvent même point de portes. La plupart sont bâties sur des hauteurs , afin de les mettre à l’ahri des inondations du JN il ; plusieurs sont environnées par une muraille en terre , flanquée de petites tours, afin de les défendre contre les attaques des Arabes bédouins. Ces habitations , ainsi fortifiées , sont pour les Fellahs des citadelles , dans lesquelles ils se retirent avec leurs troupeaux et toutes leurs richesses , et ils y sont tout aussi bien à l’abri de leur ennemi que dans la forteresse la plus redoutable.

encore tout neufs, et que l'on avait larifiésau dessous de 6fr. ( Ces écus avaient été pris dans le trésor de Berne, \om de l'expédition de la Suisse.) Les Arabes les recevaient avec répugnauce, et venaient chez les payeurs les échangçr contre des piastres d'Espagne, qui ne valent guère plus de cent sous.

EN ÉGYPTE. ' ÔOl

Presque tous les 'villages possèdent une écple publique, où les eufaus apprennent à lire le Coran. C’est le seul livre qu’ils possèdent ; et . comme l’art de l’imprimerie est à peine connu ehez les peuples soumis à l’empire turc , ils n’ont guères que des manuscrits de leur livre saint (1).

En{in la detnière classe d’habitans se compose de cophtes ou des habitans chrétiens de » l’Egypte; ils sont de la communion grecque.

Le patriarche cophte est le chef de l’église d’Abyssinie, où il envoie un évêque pour le remplacer et pour gouverner le clergé de cette province.

Une grande quantité de cophtes habitent lés villes , où leurs connaissances , supérieures à celles des autres classes , bien cependant que très-bornées , les font employer p’ar les chefs et les principaux personnages du gouvernement.

Dans la Haute-Egypte , où ils sont très-nombreux , ils habitent des villages ^et cultivent les terres de la même manière que les fellahs dans la Basse-Egypte. . : ‘

Outre les quatre classes dont nous venons de parler , et qui constituent principalement la

(i) Mohammed a fait , depuis que ce journal a été écrit, établir des imprimeries en Egypte. ( Voir l’Introduction. )

5o2 expédition anglaise.

population de l’Egypte , on y trouve encore des turcs, des grecs, «les juifs* etc. , qui sont établis dans les villes et y exercent différons emplois.

Le nombre total des habitans est estimé à environ trois millions , bien qu’on n’y ait jamais fait un dénombrement exact ; ce qui , d’après la vie errante d’une partie des habitans , serait , à la vérité , une chose impraticable.

APPENDICE

Etat de l'armée sous les ordres du lieutenant-général sir Ralph Abercromby , après la séparation qui eut lieu le 24 octobre 1800, dans la baie de Gibraltar.

Brigade des Gardes.

L’honorable major-général Ludlow.

Bataillon des gardes Coldstream.

Bataillon du 3 * régiment des gardes.

Première brigade de ligne.

Major-général Coote.

Deuxième bataillon du royal.

Premier bataillon du 54 * régiment.

Deuxième bataillon du 54 * régiment.

9*’ régiment.

Deuxième Brigade.

Major-général CitAlmcK.

8 * régiment. . . • ■

i 3 ' régiment.

. i8* régiment. ,

90* régiment. > •

A P PEND ICE

Troisième brigade.

Major-général çomle de Cavan.

Premier bataillon du 27' régiment.

Deuxième bataillon du 27* régiment. /

5 o* régiment..

79* régiment.

Quatrième brigade.

' ■ . Brigadier-général Doylb.

Deuxième , ou régiment de la Reine.

Premier bataillon du 4 ° e régiment. m

Deuxième bataillon du 4 o' régiment.

44 e régiment.

Cinquième brigade.

Brigadier-général StbabT.

Régiment de Stuart ou de Minorque.

Régiment de Rolle.

Régiment de Dillon.

Résemc.

Major-général Moobe.— Brigadier-général Oakes.

a 5 * régiment. -,

28' régiment. - • ’

4a e régiment.

58 ' régiment.

Détachement de Homspech-Riflement.

Détachèment, il* dragons léger.

' Légion corse.

Brigadier-général Lawson. ••

Artillerie.' '

APPENDICE

ElcU de l'armée Anglaise, commandée par sir Ralph Abercromby , lors du débarquement dldns là 'bais d’ Aboukir 3 le 7 mars 1801. -

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