RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Egalité.
Au quartipr-générâi de Kharaanieh t le 2^
ventôse ( i 5 mars ) an 9 de la république.
Menou , Général en chef ,
Au général Roize , commandant la cavalerie de l’armée. • ’ . . ■ .
' * Citoyen Général , ....... f
Je donne Tordre au général Broq de partir avec tonte la cavalerie qui est ici pousse rendre Sous vos ordres à Damanhour. Je ne garde avec moi que mes guides. Vraisemblablement arriveront demain matin , avec la division du général Rampon, cent Dragons •du 20* régiment : dès qu’ils seront arrivés je lés ferai .filer sur Damanhour.
Le pauvre Latour étant hors d’état de commande^ son régiment , et le chef d’escadron Réf rogné ayant été tué , l’autre chef blessé , il est important de choisir, un excellent capitaine pour commander ce régiment. Je vops autorise à faire ce choix; vous en causerez • avéc le général Bron. ' • *
Tous les jours vous porterez des reconnaissances sur la route d’Alexandrie, et même jusques sous les mursde, cette ville , jusqu’à ce que j’aie rassemblé toutes les troupes içt que je vous aie rejoint ; ce qui , j’espère ,
,53a' .APPEPflHCTÎ.
ne tardera'paà. L’ennemi n’a point do cavalerie ; ainsi tous, pouvez pousser vos reconnaissances aussj loin, que possible. Il est important de s’assurer si l’ennemi n’aura pas coupé et retranché la digue par delà Béda , s’il n’aura pas tenté de faire entrer l’eau du lac Maadie dalis le Calish , et dé là dans la plaine.
Vous examinerez s’il y aurait quelques moyens d’éviter le chemin de la digue en prenant dans le lac Maréolfe. Yoos sentez , citoyen général qu’il faut que tes reconnaissances soient faites avec beaucoup de soin. * .
J’envoie à Damanhour un officier du génie ajjec un officier d’artillerie : l’un et l’autre sont chargés de faire les reconnaissances les plus complètes de l’en-
nemi , de ses positions et . des chemins les plus convenables pour se porter, sur Alexandrie. Dans toutes les hypothèses possibles , vous leur donnerez un bon détachement pouf remplir cette mission. .
"Ih est important que vous trouviez les ■ moyens de * faire arriver un billet à Alexandrie au général Friant , sçit par des homme» du pays , soit par un détache- ; îhent de votre cavalerie , soit par tous les deux à-lafols.' Le billet que vous donnerez aux gens du pays çorlêrait, seulement ce qui suit : Le général en chef arrive avec T armée. .
Le détachement de cavalerie pourrait porter de» détails pl|is circonstanciés sur le nombre des troupes, qui consistent dans la i5®, la 85 e , la 24 ’ , la la 32® , la 88% un bataillon delà 20 % un bataillon grec et toute la cavalerie. Fçspèr.e qu’avec tout cela
APPENDICE. > 335
, réuni nous ferons vigoureusement rebrousser chemin à messieurs les Anglais. - : , ' r ■ * -
Dites aux troupes que vous commandez , citoÿen général , que c est en Egypte que se fera la paix générale ; que l’armée d’Oriçnt a commencé la guerre . en Europe , qu.’elle la finira en Egypte. .C’est le der- '* qier coup de collier des Anglais; : - . . • .
Nous sommes à Naples. J’ai reçu des dépêches du général Murar. . *
■» s ' Je vous salue , " j
. ' . ' „ * • signé abd. Menou.
P. S. Je sais que les Anglais ont fait demander des vivres à quelques villages. Faites bien dire à-tous ceux qui Sont sur la route d’Alexandrie qu’on détruirq^de fond en comble tous ceux qui auraient fourni , üêuïe un mouton. * ' • ’ • A. M. '
Ordre du Jour du général Menou . . .
l Au quartier-général d’Alexandrie ,
. J . . le 29 ventôse (20 mars) an g.
L’armée attaquera les Anglais demain’ 5a. En conséquence , toutes les troupes seront à trois heures précises , demain , en bataille, sans batterie et sans ' faire aucune espèce de bruit , à deux cents pas en avant du camp actuel , qui est au-delà de la porte de llosette. '
L attaque commencera une heure et demie avant le’ joui*, c’est : à drre à quatre heures et demie du ’ matin. L’armée sera placée dans l’ordre suivant ; •
APPENDICE
La division Reynier , composée des 1 5 * et 85 ' demi-
brigades , appuiera sa droite vers le pont qui est sur
le canal d’Alexandrie , en avant du camp actuel.
A la gauche de la division Reynier sera la division
Friant , composée des s 5 “ , 61 e et y 5 " demi-brigades.
A la gauche de la division Friant , et parcourant
au centre, sera la colonne commandée par le général Destaing , composée de la 21' brigade, de deux compagnies de grenadiers de la 2 fi’, et des grenadiers grecs. , Cette colonne est destinée à former l’avaptgprde. • ’ , “ . . *
A la gauche de ia colonne Destaing sera la division Rampon , composée de la 5 a* demi-brigade et de trois compagnies de carabiniers de la a* légère. Elle former^le centre de l’armée conjointement' avec la colonne du général Destaing.
A la gauche de la division Rampon sera la division Lanussc , composée des 4 *» 18*, 69* et 88' demibrigades. Elle appuiera sa gauche à la mer.
Il résulte de Cet ordre , que les divisions Reynier et Friant formeront l’aile droite. Les divisions Destaing et Rampon le centre , la division Lanusse la gauche. Un corps léger se portera sur la gauche de l’ennemi pour faire Une fausse attaque , qui commencera à la même heure que la véritable. Le corps sera composé du régiment des Dromadaires et de trente hommes à cheval. , ■ 'y
Trois eents hommes à cheval se porteront sur la droite de l’armée , au-delà du canal , pour inquiéter • ainsi toute la gauche de l'ennemi , en jétant conti-
• APPENDICE. 355
uuellémcnt dés tirailleurs en avant. Lçur manœuvre commencera en même temps que la fausse attaque des Dromadaires. Us suivront les ordres du général , Reynier. v ■
Le reste de la cavalerie de l’armée se tiendra en arrière du centre. L’artillerie de réserve se placera derrière la cavalerie ; derrière «lie seront les guides ’ à piéd. ; ‘ • ■ ‘ > . \ ■
La grande attaque commencera par l’aile gauche de l'armée , sous les ordres du général Lanusse , et par le centre , commandé par les généraux Rampon et Destafng. Ils marcheront sur les redoutes qui sont en avant de leur position et s’ën empareront à la baïonnette.
.* . • ’ • . . ■ ji ■
En même temps la droite de l'armée , commandée par le général Reynier , refusera un peu jusqu’à ce que l’affaire soit vivement engagée par la gauche.
Le centre secondera l’aile gauche , et alors l’aile . droite se portera vivement en avant pour attaquer étculbutcr tout ce qu’elle trouvera devant elle.
Lorsque les positions de la droite et du centre de l’ennemi seront emportées et toute sa première ligne culbutée , il faudra promptement que l’armée frapçaise se reforme pour marcher sur la seconde ligne * de l’ennemi. On n’excepte de cette mesure que les tirailleurs. .
Ce mouvement sur la seconde ligne de l'ennemi commencera par l’aile gauche , qui refusera un peu sa droite en tâchant de déborder l’ennemi* Le . but
336, APPENDICE.’
de ce mouvement est de tâcher d’acculer les Anglais au lac Maadic. 1 ■ ' ' -
, Le général Roizc , commandant la cavalerie ..aura l’œil sur tous les inouvemens de l’ennemi , et profitera
de toutes les occasions favorables , ainsi que du temps^ pour sc porter en avant et détruire tout ce qui aura été ébranlé par les attaques de l’infanterie.*
Le'général Songis aura la même attention pour employer utilement son artillerie ; il sera nécessaire qu’il ait l’œil sur les chaloupes canonnières qui sont «ur les flancs de la position. Il sera peut-être nécessaire de les édûcter avec des pièces de douze* Les gé; néraux commandant les divisions emploieront leur artillerie, soit déposition, soit de bataille, de la • manière qui leur paraîtra lo plus convenable. Il en sera de même du général commandant la cavalerie.
Les généraux de division formeront aussi leur tête de colonne d’attaque ainsi que leur seconde ligne , s’ils le jugent nécessaire, de la manière qu’ils croiront la plus convenable. Le général eu chef sc trouvera partout pour donner des ordres en raison des nouvelles circonstances qui pourront se présenter.
. Signé MLMOU.
JU>PENDICÉ. .337