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REPRISE DE SUEZ

le 30 germinal (20 avril), près du fort d’Adjeroud, à 4 lieues de Suez, Osman-Bey-ÏIassan, avec plusieurs kachefs, des Mameluks et des Arabes au nombre de 100. Ce bey venait de Gaza; il avait passé par Suez pour conférer avec les Anglais et les engager à marcher avec lui sur le Caire, où il venait rejoindre lbrahim-Bey, pour l’aider, disait-il, à délivrer totalement cette capitale des Français.

Après une courte fusillade, dans laquelle on leur tua ou blessa 7 à 8 hommes, ils échappèrent à la faveur de la nuit.

Les Anglais avaient commencé leur établissement à Suez dans le commencement de germinal ; ils y avaient débarqué 4 ou 500 hommes venant de l’Inde, 4 pièces de 12 et 2 mortiers; 6 à 800 hommes de la Mecque et d’Yambo augmentaient leur garnison. Le colonel Murray qui y commandait, prévenu de nos succès, avait pris d’avance les dispositions nécessaires pour être à même de se rembarquer de suite, en cas d’attaque.

Quelques fuyards de la suite d’Osman-Bey furent à Suez et le prévinrent de l’arrivée de nos troupes ; et, bien disposé à se rembarquer, il leur céda la place après une courte fusillade. Les Anglais perdirent une vingtaine d’hommes ; nous n’eûmes que 1 homme tué et 4 blessés.

384 JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE

Le 7 (27 avril), le général en chef fit réunir, dans la plaine de la Coubbeh loutes les troupes qui restaient an Caire. 11 s’y rendit, suivi des beys Osman-el-Bardisi et Osman-el-Achqar, qui furent enchantés des manœuvres qu’on fit exécuter devant eux et de la belle tenue de nos troupes. On fit une entrée victorieuse dans la ville, au bruit de toute l’artillerie de la place et des divisions, et au milieu d’une foule immense de peuple.

Le général en chef imposa la ville du Caire à 10.000.000 1., dont moitié en nature, et Boulak à près de 2.000.000 1. , dont aussi moitié en nature. Cette ressource fournit les moyens de mettre au courant la solde, alors fort arriérée.

Kleber eut avec Mourad-Bey une entrevue à Gezireh, près de Gizeh. Ils eurent ensemble une conférence de quelques heures, dans laquelle on mit, de part et d’autre, beaucoup de franchise. Mourad-Bey dit au général qu’il croyait que les Français quitteraient le pays dans dix mois, et qu’il espérait qu’ils ne le remettraient pas dans d’autres mains que les siennes. Il voulut donner un exemple de son adresse et de sa force, pour laquelle il était particulièrement distingué par

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