RENTRÉE DE L’ARMÉE AU CAIRE
les Mameluks, en abattant d’un coup de sabre la tête du buffle le plus fort.
Après avoir assuré Mourad-Beyde sa bienveillance et de son amitié, Kleber en reçut les promesses les plus expresses d’attachement et de fidélité à l'exécution du traité; les preuves répétées qu’il en a données depuis attestèrent sa bonne foi.
Mourad-Bey partit peu de jours après pour se rendre dans sa province.
Les boutiques du Caire restèrent longtemps fermées après notre rentrée; les habitants étaient dans la désolation; plusieurs furent obligés de vendre leurs effets pour acquitter leur part de la contribution ; mais du moins, ils n’avaient jamais été aussi soumis et les Français plus maîtres de l’Égypte qu’à cette époque. Nos forces augmentèrent effec l i veme n t grâce au x re c r u e s fai tes p^r m i les gens du pays. Les Coptes, dont le chef nous était dévoué, formèrent un corps de 5 à 000 hommes; les Grecs, sous les ordres de Nicolo Papas Oglou *,
I. Par un ordre du 6 brumaire an VU (27 octobre 1708), Bonaparte l'avait nommé commandant d’une compagnie grecque organisée au Caire après la première insurrection de cette ville. 11 servit avec dévouement pendant toute l'occupation française, à la tête de ce corps auxiliaire, qui fut l’objet d’augmentations successives ; vers la fin, il y avait une légion grecque, à l'effectif de 1.500 hommes. Au moment de l’évacuation, Nicolo passa en France avec 300 hommes environ. Ceux-ci furent le noyau du «bataillon des chasseurs d’Orient», qui servit jusqu'à la fin de l’Empire sous les ordres de son premier chef.
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furent réunis à d’autres nouvellement arrivés de l’Archipel; Barthélemy eut le commandement d’un corps de cavalerie de Syriens qui, avec ses Mameluks, formaient 4 à 500 chevaux; toutes ces troupes auxiliaires augmentèrent nos forces de près de 2.000 hommes. Les blessés, à qui l’on avait délivré des passeports, et qui n’avaient pu partir, furent employés dans les forts et à la citadelle; ces invalides occupèrent des postes où l’on eût été obligé de mettre des soldats en état de faire campagne.
Peu de temps après notre arrivée, le grandvizir envoya un officier anglais, escorté par des Turcs, porter au général en chef une lettre de lui et une autre d’un certain Morier, secrétaire du lord Elgin, ambassadeur anglais près la Porte, et qui, depuis le traité d’El-Arich, était près du quartier général turc, comme représentant du lord. Ce jeune homme avait été envoyé pour épier la conduite de Smith, qui n’était pas d’accord avec le lord Elgin et l’empêcher de réussir seul à nous faire évacuer l’Egypte. Il fut assez connu dans notre armée, par un journal qu’il oublia à Damiette, après la défaite du vizir, avec les troupes duquel il ne voulut pas s’exposer à passer le désert; les notes1 qu’on y trouva prou-
1. Ces notes furent publiées dans le Courrier de l'Egypte [n°s 70, 73 et 74, des 21 prairial, 18 et 27 messidor (10 juin, 7 et 16 juillet)].