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ARRIVÉE D’UN ENVOYÉ DE TIPPOO-SAHIR

Les événements qui ont suivi et qui ont conduit ce malheureux prince à sa perte nous ont convaincu de la vérité de ce que nous dit cet Indien ; mais, lorsqu’il arriva, on n’ajouta pas grande foi à son ambassade et on le regarda comme un aventurier ; on ne prêta pas grand intérêt à ses rapports; d’ailleurs il n’était guère possible de rien tenter de ce côté-là. Nous n’avions que deux ou trois mauvais bâtiments sur la mer Rouge; il venait peu de batiments arabes et pour attirer un peu le commerce, on les laissait partir quand ils avaient vendu leurs cafés. Ces encouragements ne produisirent pas de grands effets; les Anglais qui étaient dans leurs ports les empêchaient de venir et semaient très soigneusement la méfiance.

Qu’eussions-nous pu faire quand même nous eussions possédé autant de bâtiments de transport qu’il nous en fallait pour une expédition de cette nature? Les Anglais naviguaient sur la mer Rouge avec des vaisseaux ; ils vinrent plusieurs fois avec des vaisseaux ou des frégates canonner Suez. 11 était impossible de rien espérer de ce côté; toute tentative était impraticable1.

1. Le projet primitif d’expédition en Egypte présenté parTalleyrand au Directoire, le 26 pluviôse an VI (14 février 1798) préconisait formellement l'envoi d’une quinzaine de mille hommes de Suez dans l'Inde, par la mer Rouge. Mais cette opération était subordonnée à l'envoi de forces navales suffisantes pour protéger les transports : le délabrement de la marine française ne permit

JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE

Le général Reynier partit de Belbeis, le 12 pluviôse (31 janvier) pour rejoindre son avantgarde à Katieli et aller attaquer El-Arich. Une partie de l’armée alla prendre ses positions à Belbeis et à Salheyeh ; la réserve d’artillerie, ou le parc de l’armée, sous les ordres du chef de brigade Songis, partit du Caire le 12 pluviôse (31 janvier) pou'r Belbeis, où il devait attendre de nouveaux ordres. Partout on était en mouvement.

Nous employâmes les derniers jours de notre séjour au Caire aux préparatifs de voyage ; nous nous munîmes de tentes, de chameaux et particulièrement d’outres pour traverser le désert. Nous fîmes plusieurs fois des simulacres de campement dans notre jardin ; nous dressions nos tentes. Régénérai Dommartin était parfaitement organisé, et même trop bien, car il fut obligé de laisser à moitié chemin une partie de ses équipages, quelques chameaux ayant péri dans le désert.

Nous allions passer chez le capitaine Couïn 1

pas de faire passer à l’IIe de France les renforts nécessaires. Dans ces conditions, les relations que Bonaparte essaya d'établir à diverses reprises avec l’Inde ne pouvaient devenir le point de départ d’une action militaire ayant quelque chance de succès.

1. Capitaine au 5° régiment d’artillerie à cheval. Après la campagne de Syrie, il fut nommé commandant de la compagnie d'artillerie des guides de Bonaparte.

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