‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 40 sur 171 · OUVERTURE DU RAMADAN · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU RAMADAN

avec des espèces de bonnets de grenadiers, portant des reliques et des livres saints ; puis des hommes montés sur des échasses ; ils précédaient les cheiks sur leurs mules, les agas sur leurs chevaux très richement harnachés, les principaux habitants de la ville elles membres du divan; il y avait au milieu d’eux plusieurs chevaux de main avec des selles et des housses neuves de toute beauté; un de ces chevaux avait unharnaisqui le couvrait presque en entier et qui ne paraît qu’à cette cérémonie; d’autres musiciens suivaient et la marche était fermée par îfémir-hadji ou chef de la caravane des pèlerins, escorté par 100 hommes de cavalerie da sa suite, tous constanlinopolitains.

Cet émir-hadji était un homme d’une très belle figure. Le pacha, dont il était le kiaya, ou premier homme d’affaires, l’avait laissé au Caire pour le représenter, lorsque, à notre arrivée, luimême s’était enfui avec lbrahim-Bey. Sa physionomie franche, ses manières polies avaient plu à Bonaparte qui l’avait comblé de bienfaits, et l’avait nommé à la place vacante d’émir badji 1 ; c’est celui qui est chargé d’escorter et de diriger les caravanes allant à la Mecque; c’était sous

1. L’émir-hadji Salih-lîey, ayant pris le parti d’ibrahim, Bonaparte l’avait remplacé par Mustapha, kiaya du pacha d'Egypte, (pii, au moment de l’arrivée des Français, était resté au Caire et avait paru se rallier au nouveau Gouvernement (août 1198).

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les beys une place recherchée parce que, peu scrupuleux sur les moyens de s’enrichir, celui qui était émir faisait souvent périr quelques riches négociants de la caravane, dont la succession lui revenait de droit; il était l’héritier de tous les pèlerins qui mouraient pendant la durée du voyage. Les exemples d’assassinats ou d’empoisonnements pendant le pèlerinage étaient fréquents.

Bonaparte avait plusieurs fois cherché à renouer avec la Porte ottomane, par l’entremise du nouvel émir-hadji qui faisait passer les lettres; mais, soit qu’il eût peu de crédit ou qu’il n’agit pas de bonne foi, toutes les démarches qu’on fit n’aboutirent à rien.

Notre ami Fouler ayant été nommé adjudant général, je le remplaçai dans les fonctions de chef d’état-major de l’artillerie.

A cette époque, il arriva à Suez un Indien, se disant envoyé de Tippoo Sahib. Il vint au Caire trouver Bonaparte. Il n’avait plus de dépêches ; il dit que celles que ce prince l’avait chargé de remettre à Bonaparte lui avaient été enlevées par les Arabes entre les mains desquels il était tombé dans les environs de Djeddah ; il assura que Tippoo Sahib faisait de grands préparatifs, qu’il comptait beaucoup sur l’arrivée des Français, et qu’il désirait avoir des relations avec Bonaparte.

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