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156 JOURNAL DE L’EXPÉDITION ü’ÉGYPTE
beaucoup mieux qu’ils n’avaient été depuis l’entrée dans le désert, où ils avaient beaucoup souffert. On put même s’y approvisionner pour plusieurs jours.
Ap rès quelques heures de marche, nous passâmes d’Afrique en Asie; des colonnes placées sur les limites indiquent la séparation de ces deux parties du monde. On trouve là les restes d’un édifice. Nous nous arrêtâmes au puits qui a été creusé près de là; on fit rafraîchir une partie des chevaux de la cavalerie et l’on fit les dispositions pour attaquer le camp ennemi que nous avions trouvé la veille. Bonaparte marcha en avant avec ses guides pour reconnaître; nous arrivâmes sur les hauteurs de Khan-Younès, et nous ne vîmes plus de camp; quelques Arabes et cavaliers ennemis voltigeaient sur le sommet des hauteurs de l’autre côté du village, dont les jardins nous offraient un coup d’œil fort agréable surtout en sortant du désert. Des tirailleurs poussés en avant éloignèrent les hommes que nous avions vus; on descendit dans le village avec précaution ; on n’y trouva que deux cavaliers turcs endormis et que les autres n’avaient probablement pas avertis; ils se crurent morts ; on ne leur fit aucun mal. Il y avait très peu d’habitants, ils s’étaient retirés à notre approche; nous trouvâmes quelques bestiaux, et le quartier gé-