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SÉJOUR A EL-ARICH

ils étaient extrêmement fatigués. C’est une des journées les plus pénibles ; on trouve toujours des sables extrêmement mouvants.

Bonaparte, en arrivant, poussa jusqu’au fort d’El-Arich; mais je me trouvai si fatigué que je fus de suite sous les palmiers, à l’emplacement du camp, et j’essayai de dormir sous un arbre en attendant les équipages. Nous campâmes sous les palmiers. Notre camarade Digeon arriva avec une forte fièvre.

Le 14(2 juin), au matin, Digeon appela le médecin et lui montra un bubon qu’il avait «à l’aine; il fut déclaré atteint de la peste, et on le transporta au fort. Je fus fort inquiet; j’avais couché avec lui sous le même manteau, persuadé que sa fièvre était occasionnée par la fatigue. Je m’empressai de changer de linge et d’habits; on parfumala tente. Nous eûmes séjour.

Le 15 (3 juin), on se mit en route une demiheure après le lever du soleil. J’eus un grand mal de tête toute la matinée ; je craignis bien la maladie contagieuse; mais, à la fraîcheur, je me trouvai mieux.

Nous nous arrêtâmes presqu’au bout de la grande plaine de sable ferme, qu’on trouve à quelques lieues d’El-Arich; il était nuit1.

1. Le campement du 3 au 4 juin est situé près du point marqué Berket-Aich sur la carte des ingénieurs-géographes.

254 JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE

Le 16 (4 juin), nous partîmes de grand matin. Nous fîmes halte aux puits1, qui sont à 5 lieues de Katieli. Nous avions, en y arrivant, une soif ardente, et l’eau sulfureuse que nous y bûmes ne fît que nous altérer davantage; il faisait très chaud. Après quelques heures de halle, nous continuâmes à marcher sur Katieh; nous trouvâmes la route couverte de chevaux morts de fatigue. Nous rencontrâmes beaucoup de volontaires, restés en arrière de leur division, que la fatigue et la soif avaient abattus et qui pouvaient â peine se traîner. A quelques lieues de Katieh, nous joignîmes un convoi de prisonniers turcs, seuls et creusant dans les sables pour trouver de l’eau; ils étaient mourants de soif. La route dans ces environs était couverte d’hommes qui faisaient des trous afin d’avoir un peu de mauvaise eau pour étancher leur soif; nous en bûmes nous-mêmes en passant. Nous arrivâmes à Katieh deux heures avant la nuit; je fus dîner chez le commissaire des guerres.

Le 17 (5 juin), nous eûmes séjour. Le général Bonaparte alla faire une reconnaissance dans les environs de Tineh, sur le lac Menzaleh.

Le 18 (6 juin), Bonaparte revint de sa coursa et nous restâmes encore à Katieh.

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