ENTRÉE AU CAIRE
(parce que le Prophète montait de préférence ces animaux), de tous les corps des janissaires, des odjaks, des agas delà police de jour et de nuit, des descendants d’Abou-Bekr, de Fatime et des fils de plusieurs saints révérés par les vrais Croyants; les chefs des marchands étaient devant ainsi que le patriarche copte; la marche était fermée parles troupes auxiliaires grecques. Les cheiks principaux : El-Bekri, El-Cherkaoui, Sadat, El-Mohdy, la plupart descendants des premiers kalifes, accompagnaient le général en chef Bonaparte et lui témoignaient beaucoup de satisfaction de son retour.
Je revis avec bien du plaisir mon frère, qui vint au-devant de nous jusqu’à la Coubbeh ; quoique ses blessures ne fussent point encore fermées, il se portait très bien; Pair du désert avait singulièrement hâté sa guérison.
Je fus déjeuner chez le commandant d’artillerie de la place avec plusieurs de mes camarades restés au Caire ; on se revit avec bien de la satisfaction .
Nos premiers moments furent consacrés aux occupations du ménage, ànotre logement; il fallut aussi nous munir des effets qui nous manquaient. Four ma part, j’étais presque nu. Je n’avais plus de chapeau; je trouvai une fabrique établie depuis notre départ et, moyennant 3 louis et
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demi, j’eus un chapeau qui, en France, eût valu 4 francs. Je fus avec mon général dîner chez le commandant de la place h chez lequel dînèrent aussi le général en chef et plusieurs autres généraux arrivants. On parla de la campagne de Syrie et de nos fatigues ; on cita beaucoup de traits particuliers de bravoure ; celui de mon frère ne fut pas oublié. Nous passâmes la soirée à la maison, réunis à ceux de nos amis qui étaient restés en Égypte.
1. Il s’agit probablement du général Dugua qui, pendant l’absence de Bonaparte, avait commandé la province du Caire et avait, en outre, été investi de l’autorité supérieure sur toute la Basse-Égypte. La place du Caire proprement dite était commandée par le général de brigade Destaing.