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e i5 octobre, un ordre du jour annonça à l’armée d’Afrique la formation d’un corps expéditionnaire composé de deux divisions et destiné à opérer dans l’ouest de la province de Constantine.
Le 1 6, à neuf heures du matin, nous quittons Constantine par un temps magnifique; S. A. R. est
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conduite jusqu’au pied de la rampe par toutes les autorités civiles et militaires; la population indigène se presse autour de sa personne, comme le jour de son arrivée, et salue la colonne expéditionnaire des cris de : Vive le roi ! Vive le duc d’Orléans !
De hauts palmiers indiquent de loin les jardins de Salali-Bey; nous y faisons notre première halte à l’ombre de leurs délicieux ombrages, près de ruines qui appartiennent à d’anciens bains romains.
Nous suivons ensuite un chemin dilïiciie entre deux chaînes de montagnes ardues et stériles; pas un arbre n’égaye de sa verdure la solennelle aus-
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térité de ce paysage, dont les tons vifs et crus, sur lesquels joue la lumière, prennent les teintes les plus brillantes, et transforment les monts qui nous entourent en monceaux d’or, de lapis et de corail.
Bientôt nous sommes au pied du Chatajah, montagne escarpée que couronne un college de Talebs; puis, laissant à droite une nouvelle pente du Rummel, nous arrivons à cinq heures à l’Ouedel-Kottom (affluent du Rummel), situé au fond d’un vaste entonnoir de montagnes , couvertes d’herbes jaunies par la chaleur.
Les Arabes dont les douars nous environnent laissent avec confiance paître leurs troupeaux près de nous. Un joyeux bivouac s’établit sur la rive gauche de l’Oued-el-Kottom.
L’infanterie, partie la veille de Constantine, a suivi la route réparée par le génie ; elle a reçu l’ordre de se rapprocher de la colonne, et elle arrive à six heures au bivouac.
Le jeudi 1 7, après une nuit belle, mais froide, nous sommes éveillés par l’hymne du 1 7e léger qui accompagne la diane.
Notre bétail se met d’abord en marche, conduit par une bande de beaux nègres, dont le chef vient de Tombouctou.
A sept heures nous quittons le bivouac; les habitants des douars que nous traversons viennent saluer le prince royal. La route est bordée de meules de paille ; de nombreux troupeaux couvrent les flancs des collines.
Près de Milah, une grande députation s’avance vers le prince; elle est conduite par Ben-Hamelaouï, kalifat du Ferjouiah. Parmi les chefs, on remarque Ben-Assedyn, Kabyle renommé.
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Après avoir suivi une colline d’une inclinaison douce, on découvre tout à coup une charmante
oasis du milieu de laquelle s’élève un blanc madeneh : c’est Milah, le terme de notre seconde journée. Nous y entrons à dix heures, en franchissant une enceinte romaine assez bien conservée. Rien ne saurait peindre l’affreuse malpropreté de l’intérieur de Milah, si séduisante au dehors; l’effroyable misère des trois mille infortunés qui l’habitent laisse bien loin derrière elle l’histoire des souffrances de Job. Leur atmosphère même est putride et corrompue. Les rues ne présentent que des mares d’eau infecte et stagnante , couvertes de honteuses immondices.
Les troupes se forment sur la rive droite du
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ravin, en avant de la ville; S. A. R. les passe en revue.
D’après les ordres de M. le maréchal gouverneur, les troupes sont établies de la manière suivante :
Le quartier général, la première division et les équipages , sur la rive gauche du ruisseau ; la deuxième division, sur la rive droite. La ville de Milah, où sont les magasins, se trouve ainsi placée entre les deux divisions.
Pour ne pas être arrêté dans sa marche, le prince doit, comme à Constantine, laisser ici les soldats malades et même ceux qui entrent seulement en convalescence.
L’hôpital de Milah, grâce à l’inspection de S. A. R., peut offrir un asile sain. Ces mesures prises, la première division est réduite à treize cent quatre-vingts hommes du 2° léger, huit cents du 2 3e, cent soixante et dix du 3e de chasseurs, cent du ier de chasseurs, qui doivent nous rejoindre à Sétif, quatre-vingt-dix spahis, quatre-vingt-dix du génie, et soixante et dix de l’artillerie, en tout, avec le train, deux mille huit cents hommes.
La deuxième division compte deux mille cinq
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Le prince royal prend le commandement de la première division; la deuxième, dont une partie a pris position dès la veille à Djimilah, reste sous les ordres du lieutenant général Galbois.
Le corps expéditionnaire compte donc en tout cinq mille trois cents hommes, soldats éprouvés , choisis parmi les meilleurs militaires de l’armée d’Afrique.
Les différents services sont organisés de la manière suivante :