‹ Journal de la vie privée et des conversations de l'Empereur Napoléon à Saint HélèneChapitre 3 sur 43 · Tome IV. Huitième Partie. b · texte numérisé non relu

Tome IV. Huitième Partie. b

e . MOK sirouR AWUks [Dec

se foer précisément sur ce qui avait eu lieu, et se déterminer alors à m'écrire en conséquence ; et je devinais si juste en toutes ces choses, que j'ai ap^ pris depuis, qu'api'ès quelque délai, il m'avait écrit sans savoir en effet nullement quelles pouvaient être les pièces qui m'avaient fait arrêter.

Et quel prix je devais mettre à cette lettre I moi qui lui avais entendu dire si souvent qu'il n'écrirait pas à sa femme, à sa mère, à ses frères, puisqu'il ne le pouvait pas sans que ses lettres fussent ouvertes et lues par ses geôliers. Or, ici ma lettre avait été ouverte, et de soti consentement et de '«es propres mains ; car, après avoir été expédiée à Sir Hudson Lowe par l'officier ^e garde, elle avait ébé renvoyée par Sir Hudson Lowe \avec cette obser«> Vïition, qu'elle ne pouvait être remise qu'après qu'il l'aurait lue, et s'il le jugeait Convenable. On la reporta donc à l'Empereur: il était étendu sur Mn' canapé quand elle lui Ait rem bë '^ves^ cotte tiouvelle difficulté; alors, alongei^nt iftmatn:<aaidessus de sa tète, siins pronoticeriine}mMke^ iiia saisit, brisa le caéhet, et la rendit itnnyédiatenM^ut sUhs avoir £q>érçu-la figure de celui qui la l)ui»rait présentée.

Autre prix è -mes yeux j cette 4ettw portait la signature pleine et entièredeFEmipeiw», «t.je^'sa- Vaîii èobibîen îl y répugniait dans ses circonstance^ nouvelles; c'était la première, je croîs, qu'if ak donnée dans rUe, et il est ai^é de voir, à rodginal^ que ce n'est pas sans hésitation, et qu'il a dû lui en

flUniii h ittoiplé rdote :/ Lm^pmmii. k 11 DéeèmtV0 1816» teormmmt aveo son' pamphe ftecmtvnâi p^îa on ¥i9Ît qu'âl;$e. ravise» ne jaugeant pasiltauclioaç si^^Ntnte» et ajoute plufi loin : Foinedém/^ N» poUofh renottveiaiit >son paraphe. Le tout poftt Iip9rtji:aû9& évîdentes^d'une.gjtfande cooitrtiriété'^i..

Mus la pjimgiismde satisfaction intm9!«^ ïïm ^rçKum cette lettre, de rEmpereurw fatl^ jèw de ravoir .devint dans ce que j'avais k&vse^^. ^^fy f \ mwwgage^ et au besoin voua tsardMme de i|wtle$ '^cette ile/!;ine disait-il ; or l'on a vn^o^'aur secret i^gAé de tous, . n'ayant d'autre conseil que.moiv iiiémer c'ét^t précisément le parti que j'ams piili 4lès les premiers jours de ina réclusion. Je ae saalais plus étoe aujourd'hui, m-étais^je ait, d'une grande . coofiolation pour l'Empereur } mais» peufr éti^e } qu'à . présent je pourrai lui être utile au> loin j j'ii!ai eui^An^eiterre, j'aborderai les mîuisti;^ ; je np saurais leur ièbre suspect de préméâitat.iMi>;<j'4il été. euleivéi cosime>de> mort subite : tout ^ que je lasnr dirai one^ viendra évidemmelit que de môï^^ 4e«oo{ qfeur» Je leur pdndrai la vérité, 'ilscfO^ ront touchés des maux que je leur ferai cenoatti^

Jb9Â^fae.^ia,m8f^M^,4e H,prqprp;iwaip, la^^^onçfm^^- f'

jL'pbsterverai» en passant, à rappuî de la singularité qi;ej*ai fait

remarquer sixième partie, que lui qui, quiEmd il écrivait, ne wét-

'tàît pas un mot ^^'orthographe, se trouve en avofi' eorr^îiîrife

é > non ssjoua i^u^BÈs [iMd

ite ttoséiîoreront le soot, de nUostr^ prcMimt^ et je ¥iendral{Kiirte^ moi-même à. ses pieds les cônisolfl^ taons que mon seul zèle aura conquises.

Je renouvelai dope, avec instance, mes prières et mes sommations. Ce qv\i m'y portait encore davantage ad ce moment était une nouvelle crisi de mon ffls^ qui Tavait laissé près d'une demi*heure ams . oonnaissiaiicé et sans autre secours que mes siûù&etmon inexpérience. Qu'on juge de mon état et.de ma dblde^r, je n- étais guère mm-iBéme en jneillane situation. J'écrivis au Gouverneur : f^ ¥ous me mettez au. désespoir ; de quelle respen- ^ sabitité vous vous chargez dans.mon cœur ! Vous ;<^ êtesrpère, puissent un jour de semblable» alarmes >'^ aie pas trop vous rappeler mes impuissantes soi*- T^^'lieitations d'aujourd'hui." Il est sûr qu'en nous gjBocâsLnt^ il nous conduisait au tombeau, et j'avais fieine. à comprendre comment il se plaisait à compliquer ainsi les affaires, et pourquoi il ne préférait pas aious laisser aller mourir ailleurs.

Sir Jludson I^we est arrivé le même jour^ aimené, m'a^t-il dit, par mon billet au sujet de mon .fik; il avâiifait mander le Docteur .Bax|:er, q^i Je ,9ui\!it de près.

Dans une fort longue conversation j'ai pu démêler que i^ir Hudson Lowe était ai:^ui^hui £9rt préocoupé de quelque but secret à mon égard.

Nous nous sommes sondés . réciproquement sur plusieurs points; il a fini par, observer d'abprid n'avoir pu me renvoyer en Angleterre, TEnjipe*

Hw^ ayâtft réclamé nfcfii Jôumal, me .diMit41i comme écrit pat Mn ordre, tandis ^laie moi j'exigeais, de mon côté, que cette pièce m'accon^gagnât en Angleterre. Raisonnement, de sa part, tout-à-fait d'une astucieuse absurdité. Puis, comme frappé d'un trait de lumière et d*un éclair de con^descendance, il en e^t arrivé à me dire que si je voulais retourner à Longwood, il s'y prâteraii vo^ lontiers. J'en tressaillis • • • Néanmoins, me rap* pelant la lettre et les paroles significatives de l'Eih*» péreur, je répondis que c'était, quant à présent, tout-à4ait contre mon intention ; mais qu^au éeùl désir connu de l'Empereur, ma résolution changew raft aussitôt* Â cela il m'a dit qu'il avait des raiif sons de croire que l'Empereur le désirerait, et il se montrait fort préoccupé ; il avait évidemment quelque intention nouvelle à mon sujet; mais je ne la devinais pas. Lui ayant fait observer qu'il me faudrait écrire à Longwood pour connaître cq désir de l'Empereur, il ne s'y réfusait pas prédsément; mais il s exprimait de la manière la plus entoftiUée. Enfin il me quitta, du moins je le crus, et je le supposais déjà bien loin ; mais il était demeuré; il avait conféré tout ce t^nps à IMeart avec son oiider de confiance, et est rentré pour me dire qu'après avoir réfléchi, il trouvâlit bon qffe j'-écri visse au Orand-Maréchal touchant mon ft^ toiir ; mais'^u'il demeurait certain que te iserait'^la ttianière dont je présenterais mes idées qpi porterait l'Eiï^ereiir à exprimer son déstr ou non. Cela

6 "Èàon i^îùtm Avnks ^txic

tféinA' pasi douteux e<! j*en m rL Au surplus, T<m« Uut eonstater les points les plus iutpdrtaus de 4iotre lôfigise conversatimt, et ùiùs l'espoir d*a^w^ cer yens un dénouement, je lut adressai» auisitdt ftprès' son tiépart, k lettre suivante :

♦< M. lé Oouverneur.— Il m*ett ifevenu à TesprilB que dasis votre visite^ me parlant des eAibarraft qûiataient gêné vôtre détermination à mou suj^ty V0US avez dit qu'une des difficultés qui vous'em-i pèchôraiit de^ m'envoyer en Europe, serait que mOft Journal^ que je réclaimais qui m^y suivit^ avait été £éeiaoïé'6n méme-tempsà Longwood ; double cir^^ Mustance^ disiez-vous, à laquelle il vous était iiû^ pbs6S)iè de satL^irei^ Sans doute, Monsiimr, qfte» Vous avez eu dans votre sagesse, de puiasans molifs^ pour laisiser subsister cette difficulté qu'il vous'eét été si facile dé détruire. Tout vœu, tout tuotde Longi^oed est ma loi suprême: j'eusse renoncé à' nies papiers àès que vous me l'eussiez fait oonnaâtr^> comble aussi on s'y serait peut-être désisté, dès» que vous atrrtea donné connaissance de ma ré-» solution . Dans tous les cas, je regarderai comme une obligeance de « votre part, que vous voutieis laÔEOfi y faire parvenir mes dispositions i ce ^19^^^ oMnmejune marque de mon profond et éternel nrapMiv; et prévenir toute difficulté ultérieure à^ G«b éganL Du rester plusje vais, etj^usjé m'é^ tOQiieide ee-qu'uioe a&ire anssivsim^e et d^amsti: pm d'importance qne la mienne^ s'entoure de tant i letjdd GompUcatîonk €elarne servira qà*k

^pl0S.|}wi^ lettre» 'chadestines n'ofit ^ qœle préitexte, et mes autres papiers le véritaUe DMitif 5 ^ ce : : qui gênera $i^rtout toujours vo^e position morale dans cette affaire^ c^est le gcand intérêt quTon vous supposera à retenir mon Journal^ dont uAe portion vous est personnelle. £n ne 'm'en* voyant pas en Angleterre, vous confirmerez- la orainte qu-oa voug; suppose, que rien d'jci n» transpire dat>s votre pays. Vous deviez remeqretef le Ciel de l'occasion que je vous donnais de monP trer solennellement le contraire à tous les yeux. Je vous avais présenté des moyens qui . obviaient à tout. Mais, au demeurant, ceci n'est que du xes*' sort moral et de Topinion. Ce qui serait plus po» sîttf, pomme du ressort direct des lois, c'est que réuê* gardasâiez au secret, plusieurs mois, jusqu'au retour des réponses d'Angleterre, quelqu'un quîj s'étant retiré de là sujétion volontaire où il s'était placé Vis-à-vis de vous, et vous ayant demandé autbentiquement dé s'éloigner de cette ile, s'était ràluîtà ce dilemme isi simple :

• ^•i Vous exercez sur moi un acte arbitrent: St vous somme d^observer les lois. Si je né suis pas^ doupable, renvoyez-moi. Si je le suis, Kvrez-moi aux tribunaux, faites-moi jugery Mais vous aver dè^ papiers, dites-vous : si ces papiers sont étran^* gers à mon afôire, rendez4es moi; s'ils en ihnf pmtle, ' adressez-les à mes juges, et moi areo 'evcxr MtÎB ces papiers sont réclamés aussi pàrtmeiauftre

^(oqs me ferez parvenir seii, yeeu} ou peutnitre j^te.per$oniie se désifttera-t^eUe) si vaw: lui faites jCoqnftître le mlea» Voilà la ^lues^oii tevite . nue. Au surplus, le grjuod objet de ma lettre est que vous vouliez bien faire parvenir à Longwood une nouvelle preuve de mon respect à cet égard.

Quant à y écrire moi-même au sujet de la iaveur ^ue vous m*ave2 fait entrevoir» la facultéd^y rêve* «nr» j'attendrai que j'aie Vhonneurde vous revoir avant de m'y déterminer.

. J'ai rhonneur^ &c/'

T)écision officielle de ma déportation a^ Cap, — Mesures oxtucîeuses et ridicules de Sir Hudson.Lowe* — Lettres,

. .90i 9,1 . — Cependant, Sir Hud^QPd . Lowe, pôùPsuivi par mes constantes sommations» gâné dans la portion où il s'était placé làs-à-vis. de moi» ooroi^^efiçait à ^tre embarrassé d^avoir &it autant 4fe ktmX pour aussi. peu de chose; ir éprouvait évi^ d^min^entle déi^ir de xoe voir revenir auprès de l'Empereur, ce qui, en eifet, l'QÛt tiré d'eipbarras eB reoDi^fmt; à.tput., Afin de me déterminei; pkis pf omptement» sans doute, il m!a ^dressé . la décision p£Sci^lle par laquelle il me déportait au Cap de Bonne-Espérance, et l'a accompi^iïée d'une l€(ttre pit il me répétait, dans, des expressions fort calfçul^, la facilité qu'il me laisi»ait de retourucir à.I^pngwood. Voici ces deux pièces* J'éearte^ sautant qu'^1 ç^t en mon pouvoir, les dooumeni^ de

vélii^coflWpôîidaTiee, j'abrège même parfois ^eU ^ës^unts '^ mes lettres, 'dans la crainte d%n%tigùsa^ le lecteur; mais encore faut-if que je produise tout ce qui démeure indis]!ien^ab!e pbùr Piniettigeâcé et le âl de mon aflkire.

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