‹ Journal de la vie privée et des conversations de l'Empereur Napoléon à Saint HélèneChapitre 30 sur 43 · LETTRE DU COMTE BERTRAND AU COMTE DE · texte numérisé non relu

LETTRE DU COMTE BERTRAND AU COMTE DE

LAS CASES* '^J'aJ reçu le 7 Juin» mon cher Las^ Cases» la letti-e que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 15 Janvier deraierj etdf^puis .j'ai re^ le 13 de ce mois» celles des 15 Février» 15 Miare^eti 1:5 Avril»* que j'ai communiquées» et qui ont décidé ^EInpeIe^r à me dire de vous écrire. J'ai reçu, il y a quatre mois» une caisse de livres et de brochures qui m'était adressée par M. Goulburq» «t depuis une otfine extrêmement obligeante d'envoyer (Vi tabkau qui se trouvait dans la chaml»« de St.-Cloud» relatif au baplâms 4tt|fealit Napoléon» Af« Henri Goulburn avait eu la complaisance de débattre le prix de ce tableau avec le propriétaire» et d!en ré-

* Voyez plus bas, copies de ces lettres.

DE l'xSMPEBISUR KAPOIiJBON*

di^ le prix à tnoîlii! On n*ft pas voulu répondre à cette ofir^ parce «p» cùk a paru «eileaieiit consfirtster avee ce qui se patsiil k% qu'on r« prise pour «ne démaiche tenant à des disculkNitf parkmentsdres, à peu pffèa comme celles relatives à ht muson é» bosa. CependMt Ihennète procédé qu'on a teiia à votre ég^ar^ et tout ce que vous me dites dans votre dernière lettre * tne

frappe si vivement ! Serak-ii possible que les horribles

f matio» que nous éprouvons ne dissent lias âdtes de Taveir du Gouvernement Anglais^ et que TEmpereur mourût ioî vîc«iiae de la baiae particulière du Gouverneur ? JLcs gouvemenens et les prmees peuvent si foetlement être trompés^ que^ dans œ dout^ je vous écris cette lettre.

« JL» choses sont bien changées depuis votre départ, en Tannée i817 et cclle-ei 1818* Les vexations envers r£mper«iv sont devenues tellesi qu*on doit les caractérisef d'un attentat contre sa lâe. Vous allez en Jug» par le détaU. Il ne se iieut que vous n'aifca lu dans ks joiurnaux du mois de Mam, des observatioiis sur le discours de Lord Bathurst. Mais depuis» les dloscs onl Inen empiré» et la haine du gouverneur de ce pays n'a plus

connu de homes.

'* Quand vous êtes parti, TEmpèreur avak renoncé h monter

h che^, pouf se sourtraîre aux pièges et anx insistes dont aà

voulait le rendre le bût en le feisant insulter par les senttn^es.

D^Miis, il a dû se priver même de la promenade à piec^ pour

éfiter les mêmes incovéniens. Pendant les mois de Ma» et

d'Avril, TEmpereur sortait quelque&is. pour venir efae» ma

femme, et quelquefois aussi il s'asseyait à cinquante pas de te

mmson, sur le banc que voua connaissent où il restait m»

demi-heure on une heure. On^ a tiouvé k moyen de teù empê^.

cher et de l'obliger h ne plus sortir de la chambre. On sevsk

que cela n'était pas trèsMiifficilei On mîÉ pour jardîtoier ws

soldat du 66» i on avait stationné chez moi un sei^nt d'oo^

* L'expérience semble n'avoir que trop prouvé qu'il y avaft plus de connaissance des hommes à Longwôotî, que dans le cor^ respondant de Francfort.

246 MON SEJOUR AUPRES [Anfiée,

vrierSf Tun et.l'uutre fort utiles à la maUon^^ sôit pour ôter quelques mauvaises herbes qui pouvaient eippester Tair (car aucun jardin n*est ()05sible dans cette localité), soit pour raccomiDdder la maison qui est en ruines et fait eaù à chaque pluie. Cela parait fort raisonnable. Mais le Gouverneur a investi ces deux soldats du droit d'arrêter qui leur plait^ aux portes mêmes et sous les fenêtres de TEmpereur. Dès ce moment, il n'est plus sorti, et voilà plus de cent jours qu*il n*a pa» même mis la tête à la fenêtre.

'' Ce climat, ce défaut absolu d'exercice, cette mauvaise habitation ont affecté sa santé de manière que vous ne le reconnaîtriez plus. Depuis la fin de Septembre 1817, il a eu les premiers symptômes d'une hépatalgie chronique, qus. vous savez être, mortelle en ce pays. 11 avait pour le soigner :1e bon O'Méara, en qui vous savez qu'il a confiance. Sir Hudson Lowe, dans le mois d'Avril,, au moment où ce niédecin lui était le plus nécessaire. Ta forcé de donner sa démission, voulant lui imposer M. Baxter, que vous connaissez. L'Empereur a refusé de voir aucun médecin. 11 a été, depuis le 10 Avril jusqu'au 10 Mai^ sans médecin, et enfin les Commissaires Russe et Autrichien qui étaient ici, indignés, ont fait connaître au Gouverneur que si, dans cette circonstance l'Empereur mourait, eux-mêmes ne sauçaient que dire, si l'opiniou se répandait en Europe qu'il avait été assassiné. 11 parait que cela a décidé le Gouverneur à > restituer le médecin; mais il n'est sorte de mauvais traitemensi qu'il ne lui ait fait éprouver, lis ont voulu le faire chassier de la table des officiers du ^^^, et ces braves militaires n'ayant pas voulu participer à un acte aussi arbitraire, il a fait donner lui-même l'ordre par le colonel à ce médecin de cesser de manger, avec ses officiers. 11 a écrit à Londres, et il est probable qu'on chassera ce médecin. L'Empereur n'en recevra aucun autre ; et si le Prince Régent, ou le Lord Liverpopl ne prennent p^ çoni]iaissanc;e de ce jfait> il mourra ici de maladie, même priv^ de l'assistance. de son médecin. Cependant rEmi)ereur est trèsmalade \ depuis deux mois il. se lève à onze heures du matin et se recouche à deux heures. 11 eut, il y a peu de jours, une crise

1818.] DE l'empereur NAPOLÉON. S4«7

très-violente, produite par le mercure que le Docteur 0*Méara^ lui fait prendre: cela lui était indiqué pour le mal de foie 3 le Docteur O'Méara fut effrayé de sa responsabilité, me proposa de faire appeler M. Baxter et le Chirurgien du Conquérant. Ce sont les deux premiers médecins, de ce pays 3 vous savez la répugnance que TEmpereur avait contre M. Baxter, fondée sur ce qu'il était un ancien Chirurgien-major du Battaillon Italien que commandait Sir Hudson Lowe. Cette répugnance depuis s*est fort accrue, parce qu'il s'est prêté depuis le mois d'Octobre 1817, jusqu'au mois de Mars 1818, à rédiger des bulletins pleins de faussetés, et qui ont trompé son Gouvernement et l'Europe. Mais il ne vît pas d'inconvénient^ quoiqu'il s'en souciât peu, à ce qu'il appelât le Sieur Stokoe^ qui, effectivement, vint à Longwood le mènjé jour à . trois heures après midi ; mais ne voulut pas entrer chez r£mpereur, considérant sa responsabilité comme compromise^ et en danger de perdre une place qu'il avait acquise par quarante ans de service. Cela me parut si extraordinaire que je ne voulus pas le croire 3 je le vis, il me témoigna ses regrets, car c'est un homme qui est fort respectable : cela s'expliqua très facilement ; c'était une insinuation qui lui avait été faite comme au Sieur Cole, banquier que vous connaissez, avec qui j*avais quelque compte d'argent à r^ler, que je fis appeler chez moi, et qui, en arrivant, me déclara qu'il ne pouvait me parler qu'eji ' présence de l'officier d'ordonnance, parce que, sans cela, il serait perdu. Comme de raison, je m'y suis refusé. La même chose est arrivée il y a peu de jours, avec le Sieur Fowler, arrivé d'Angleterre, avec qui j'avais un compte à régler pour quelques centaines de livres sterl. d'objets d'habillement qu'on avait fait faire à Londres. Il est vrai que vous ne connaissez pas la position où nous nous trouvons aujourd'hui, qui ne peut en rien se comparer à celle oh nous étions de votre temps. Mais alors même elle était vexatoire, et vous connaissez assez ce Prince pour que vous eussiez dû vous opposer h ce qu'aucune personne de la famille de l'Empereur ne vint ici. Le spectacle des humiliations, des vexations, de la haine, auxquelles il est en proie, lui serait tout k fait insoutenable, si sa mère ou quelqu'un de ses frèreç venait à le

^^ MON SjÉJpUR At'P&£d [Aotl^e»

Dftrtager. M6mé le Cotnte de Montholon et mcks quisornsDef 9«uk aujourd*htii auprès de lui, il nous » pluaîeats Uns engs^g^f h partit, à Qouâ soustraire à un pareil tràitetnent, et à le laisser setil; que son agonie en serait nioins amère, s*il ne nous en Toyaît pas les victimes. Depuis long-temps, vous savez que les offiders ne venaient plus chez moi i mais sur la route, quand nous les reùcontriotid, ib avaient Thomièteté de causer avec xns fbmme 5 ils en ont eu la défende, non par éciiti mais par insU nuation 3 de sorte qu*il est arrivé plusieurs fois que ces officiera, nous apercevant^ se sont détournés de la routé.

** Les choses en sont venues au point que le linge sale resté plusieurs jouts à être visité par le capitaine d'ordonnance, et quelquefois par rétat-major, scène fort indécente et fort déshonorante pour tui ; mais qui n'a pour but que l'outrage et Tinsulte. " Au mois de Juin 1816, un store-ship, vaisseau magasin, ap<* porta un buste de marbre du petit Napoléon* Sil* H. Lowe lui fit donner Tordre de le jeter à Teau. Il Ta depuis nié ; mftid nous en avons l'attestation juridique -, car cet acte a révolté et Lady Malcoln^, qui était encore dans ce pays, et tous les caidtaines de store-ship, qui s'y trouvaient alors.

'* Depuis, en Février dernier, ié store-ship le Cambridge, a apporté deux gravures du petit Napoléon, qu'il avait achetées sur les quais de Londres. Sir H. Lowe les a fiait acheter, en disant que c'était pour en fkire présent au père -, et lorsqu'un mois après les officiers de ce bâtiment ont appris que c'était au contraire pour les lui soustraire, ils n'ont pu dissimuler leur indignation qu'un pareil trait lût fait par un Anglais.

** Toute cette conduite du gouverneur né peut pas être ignorée Idu Gouvernement Brîtanique. Si on s'est fait répéter, à Londres, par Lord Amherst, ce que lui a dit l'Empereur, si on a inien'ogé le Capitaine Popleton, qui a été deux ans officier d'ordon-^ nance» et q^e vous connaissez, si on a interrogé le Colonel Nichois du «^, si on a interrogé le Colonel Fehrzen du 53^ fit tant d'autres, on a dû connaître quels ont été les indignes traitemens qu'on se permet ici.

** S'il est des ennemis de l'Empereur en Enrope qui eussent ap-

{iMur^ lé'Cfoottttnetnent Anglife, s'il FHkt ténlt périr ouvolemenl «t {lainiqueikiâit à bord du Bdléropfhdn, il n'en est aucvmiattm Jour M' c«u\rre àfimpfêëMtim «t d'opprobre, et ne d^voae ceux qui le font périr d'une nmnière aunl lâche.

*' Comment ooneiUer tout cela a^ee ce que vooà m^éciives } pcmt-ètre par mie correspondance astucieuse, pleine de fttus^etés et tissfie i^vec adresse. Toutefois, nous avons f<nt nos plaintes depuis deux ans, asset ouvertement, et on doit être instruit ît Londres de la conduite criminelle qu*on tient ici.

*' Vous serex étonné que je tous parle des commissaires Français, Autridrien et Russe qui sont ici. Pendant que vous y étiez, flous ne les avons jamais vtis. Aujourd'hui ils n*ont pas vu r£nipereur^ ni ne sont venus chez nous. Mais nous les avons reudMAtrâ plusieurs fbis sur les chemins de Tenceinte : manière WÊèez ridiecile de se voir. Si l'Empereur ne les reconnaît pas eomme commissaires, il n'a jamais refusé de les recevoir comme étrangera. '

«' Quant au gouverneur^ il ne l'a pas vu depuis le mois d'Avni 1816, et vous êtes au fait des raisons que l'Empereur avait de lie pas le recevoir^ apr^s les insultes qu'il en avait reçues. Dans cet état de choses, que Sir H. Lowe se venge, cela n'est pas d'un ca^ raciëre généreux sans doute ; mais cela s'explique. Mais comment le g^ouvern'ement peut-^il continuer depuis deux ans sa confisfeicft à tin hoD^nne qui en abuse aussi étrangement }

*^ Je vous prie donc instamment, et au nom de l'Empereur^ de fidre connaître la situation des choses à la fkraiUe et à ses pêp relis; d'exiger impérieusement qu'aucun d'eux ne vienne ac» «mlcre ses maux, en venant les partager.

'* Vous nous dites que le Gouvernement Anglais nous a abonnés an Momlng-Cbronicle. 11 en est pour ce journal comme pottr le Times \ on nous l'envoie en ôtant les numéros qu'il con- 'vtent d'Atbr. Ainsi on nous a envoyé quelques nUlbéros de Février, quelque nuhiéroS de M%irs ; mais on a ôté tous ceux qu*l a plu de soustiisiire. N'avoir pas une série de joùm^n^^ è'éët pire que de n*avoir rien.

'^ Comment nous enverrait -oh des livres? LôWq^aûssitôt qu*un store-ship arrive, le premier soin du Gouverneur eât

250 AION SBilOUIt-AUF9l£S: [App^

d*achèter tous ks fivre9<<|ui s'y troavjBDt» surtout eo Fmo^aia» pour nous priver de les acheter.

*^ Quant aux brochures que vous noua annoncets» mous n'avoua reçu, le 19 Mars^ qu'une caisse» ce qui nous foit penser que probablement on aura gardé le resta

** J'ai lu cette lettre à l'Empereur» qui en a approuvé le oon-». tenu; mais qui a trouve que j'avais faiblement exprimé tout ce que la conduite qu'on tient à son %ard a de lâche, il désire qne j'y ajoute deux apostilles*» qui vous feront connaître quelle est sa pensée tout entière sur l'officier qu*on a préposé h la. garde de ce pays. Jusqu'à cette heure» le traitement du calomelaa n'a pas aaiélioré Tétat du foie» et lui a produit d'autres incom* modités.

" Recevez» mon cher Las Cases» l'assurance de mes sentimeos affecttieux : Le Comte B8ATKà«p>.

*' P. SL Dans, le peu de jours 'qui se sont écoulés depuis que m». lettre est écrite» il s*est passé bien des événemens qui vous piouveront combien notre situation empire tous les jours» loin de s'ainéliorer comme vous paraissez le croire. Vous savez que le Capitaine Mackey» officier du 53^» avait été remplacé à Longwood» comme officier d'ordonnance, par le Capitaine Popleton» du même régiment» et celui-ci» à son d^iart» par le Capitaine Blackeney» du 66^, officier qui» comme ses prédécesseurs» jouis- , sait de la meilleure réputation dans son régiment. Dès les pre* miers jours de son arrivée» il trouva que le Gouverneur exigeait de lui des choses bien peu dignes d'un homme d'honneur $ mais comme depuis cela s'est fort accru» il a «ifin vivement désiié» aussitôt que son année de service dans ce poste avilissant serait. ^ son terme» d*en être quitte. On sait qu'il a déclaré confidentiellement à ses amis du régiment» qu'il était impossible à un homme d'honneur de qontiDuer à rester dans ce poste sans perdre sa propre estime. Il se peut aussi. que Sir H. Lowe n'ait^ pas été satisfit des sentimens connus de ce capitaine. Quoi qu'il en soit» le 20 de ce mois» un officier envoyé dans l'île pour y commander les milices» et dont vous connaissez les anciennes

* Voyez plus bas.

1818.] DE iJ^MnSLBXJK tàAPfAmS. 2fSiX

reMkùns avdc Sir H* Loiwe> le.seul^etout r^at*ii)i^' du Gou^i verneur que J*£mpereur ait refuâé de voir» vint 8*iiist^ll9r pwv, officier d'ordonnasicev et avec*hii> «0116 âivfsn pr^ei;4€;Pi,ui|> autre officier *, des €^e c^u'on en avait deux au lieu d'un. Il parait que quelques chambres et efiets du gouvernement, qui avaient été donnés en commiun pour Tofficier d'ordonnance et le Docteur 0*Me&ra> ont donné lieu à des^dénèlés vi& eittre ûax* .

" J*adressai, le 99> la protestation cotjée A* au gouverneur, qui me fit envoyer un cartel par cet officier. 11 était au-dessous de de mon caractère et de ma situation de provoquer Sir H. Low^; mais dans cette circonstance, je crus devoir lui adresser la lettre

cotée B.f

" Le ^4, il a fait partir de Longwood le Docteur O Meara, en vertu, a-t-il dit, d'un ordre de Lord Bathurst, ainsi que vous le verrez par la lettre du gouverneur, cotée C.^, au Comte de Mon* tholon, qui lui a répondu la lettre D^§

" Le Docteur 0*Méara, comme vous savez, a été donnéàTEmfxîreur, par une décision du conseil,. en remplacement de son propre médecin^ et sur la demande spéciale que j*en adressai i TAmiral Keith. Il ne pouvait être ôté à TEmpereur que par un ordre du conseil. Si cet ordre existe, pourquoi ne nous en donne-t-ôn pas connaissance? Certainement, ni le conseil, ni le Lord Bathurst n'eussent ôté à TËmpereur, le médici'n de son choix, ils en' sentaient la conséquence, sans le remplacer au pré* alable par un autre qui eût sa confiance.

*' Mais y eût*il même un ordre du conseil, cela ne justifierait point le gouverneur ; car cet ordre, donné dans des circonstances ordinaires, ne pouvait être exécuté au moment où TEmpereur était gravement malade j on n*a jamais pu entendre qu*pn lui enlevât son médecin au milieu du traitement dune maladie ausâi sérieuse et qui attaque sa vie, surtout lorsque depuis le mois d'Avril on a demandé que, si on voulait lui ôter le Docteur O'Mearaj on envoyât d*£urope un médicin qui le remplaçât, et qui eût la

■ I ■! I I il I I ■- ^ I I ■ . Il » t. ■» .1

* Voyez plus bas. t Voyez plus bas.

i Voyez pins bas. § Voyez plus bas.

9Si ^ xim «éjâ%m AVPtmê [Aimée,

«onAaiice d» malftde^ demande dont la nËpcrnse dok aitîver avant iras mois.

*' Je tenaiae» mon eher Làs Casâêi $ j*al te eœnr déchiré,

BfearRAWD.^

PREMIÈI^E APOSTILUS ECRITE TAU L*fiJMP£a£UH 4y DOS DB LA LETTRE DE SIR H« LOWE» DATEE DU 18 NOVEMBRE l8l7«

'* Cette lettre, celles des 24 Juillet et 26 Octobre derniers, sont pleines de mensonges. Je me suis renferme dans mon appartement depuis 18 mois, pour me mettre à Fabri des outrages de cet ofScier. Aujourd'hui ma santé est aflaiblie, elle ne me permet plus de lire de si dégoûtans écrits 5 ne m'en remettez plus.

''Soit que cet officier se croie autorisé par des instructions verbales et secrètes de son ministre^ comme il Fa fait entendre^, soit qu'il agisse de son propre mouvement^ ce que Ton pourrait arguer du soin qu'il prend à se déguiser, je ne puis le traiter que comme mon assassin,

'' Si on eût envoyé dans ce pays un homme d'honneur> j'aurais éprouvé quelques tourmens de moins sans doute ; mais on se fût épargné bien des reproches de l'Europe et de l'histoire, que le fratras d'écrits de cet homm^ astucieux ne saurait tromper,

( . '^ I.oogwood> ce 23 Novembre 1817. NAPOLEON,"

SECONDE APOSTILL]^ ÉCRITE EN MARGE DE LA LET- TJIE DE SIK THOMAS READE AU CO^TE BER- TRAND, DU S5 AVRIL 181 8»

^' 10. Je vous ai &it connaître hier, quand vous m'avcfe présenté cettre lettre, que je ne voulais point en prendre connaissance, et que vous ne deviez pas me la traduire, puisqu'elle h'ér tait pas dans les formes usitées depuis trois ans.

"2o. Ce nouvel outrage nie déshonore que ce fat. Le tdL d*Aiigleterre sétil est fondé II traiter d'égal avec moi.

*' 30. Cette conduite astucieuse cependant a un but : empêcher

que voua oe ftaries eonufttire h irame criminelk que Ton ottrdU depuU deux am contre ma 9ii,

'* 40. C'est ainsi qu'ï^nt TaJr 4*Qumr des recoun aux xéclainatia]ii9# ou les ferme.

** 5". C'est ainsi qu'ayant eu l'air de vouloir me loger, et anhon^nt une bâtisse depuis Iroîs ans, je suis toujours dans cette grange insalubre, et aucune 'b&ôsse n'est encore ètHnittëncée.

*' 6*. C'est ainsi qu'ayant eu l'air de me laisser la ùtcvSté de monter à cheval^ on m'empêche, par des moyens indirects^ de pouvoir le faire, et de prendre de l'exercice : première cause de ma maladie.

*' 7^* On emploit les mêmes moyens pour empêcher de recevoir aucune visite. On a besoin des ténèbres.

*' 80. Cest ainsi qu'après avoir attenté à mon médecin, ravoîJr forcé à donner sa démission, ne voulant ^as être un instrument passif et privé de toute moralité, on le tient cependant en arrestation à Longwood, voulant faire accroire que je m'en sers, sachant bien que je ne veux pas le voir, que je ne l'ai pas vu depuis quinze jours^ et que je ne le verrai jamais tant qu'on ne l'aura pas mis en liberté^ fait sortir de l'oppression où il se trouve, et rendu à son indépendance morale^ en ce qui concerne l'exercice de ses fonctions. ^

*^ 9^. C'est ainsi qu'on commet un faux caractérisé en faisant faire des bulletins par un médecin qui ne m'a jamais vu^ ne connaît ni mon état ni ma maladie ; mais cela est bon pour tromper le prince, le peuple d'Angleterre et l'Europe.

" 100. On sourit avec un plaisir féroce aux nouvelles souffrances que cette privation des secours de l'art jette sur cette loQgue ago|iie.

*' l lo. Demandez que cette apostille soit envoyée à L«ord.Li verpool, ainsi que votre lettre d'hier et celles des 13 et 14 Avril, afin, que le Prince-Régent connaisse mon ********, et qu'il puisse le faire punir publiquement.

'' 13^. S'il ne le fait pas, je iègue^f opprobre de ma mort à la malson régnante d'Angleterre.

Longwood, le 27 Avril 1818. NAPOLEON."

S54 ' MON- 9ÉJOUR AUPRss [Amiâe»

PIECE A. — PROTESTATION ADRESSEE AU GOUVER- . NSÛR le 29 JUILLET 1818^

" Je suis chargé de protester:

** lo. Contre toute violation de l'enceiixte par des domestiques, ouvriers ou autres^ que vous revêtiriez secrètement de l'autorité {lublîque.

" ^®. Contre les insultes faites au Docteur O'Méara pour l'oblige^ à s*en aller d*ici> et contre les empêchemens publics ou secrets que vous avez mis ou que vous mettriez à ce que Napo- Jéon se fît assister dans sa maladie comme consultant, par un officier de santé en qui il aurait confiance, accrédité au service de Sa Majesté Britannique, ou reconnu pour exercer publiquement ses fonctions dans File.

'* 30. Contre les témoignages, les rapports, les écrits de l'officier de milice Hyster, qui n*est placé à Longwood que pour être un instrument de haine et de vengeance.

Le Comte Bertrand/'

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