‹ Journal de la vie privée et des conversations de l'Empereur Napoléon à Saint HélèneChapitre 29 sur 43 · LORD LIVERPOOL · texte numérisé non relu

LORD LIVERPOOL

" Milord^ — Je reçois à l'instant une longue lettre du Comte Bertrand^ et le même courrier, à mon grand étonnement, me la montre imprimée dans ie Frai Libéral de Bruxelles, retraduite du Mùming Chronicle de Londres.

. '< Dire à Votre Seigneurie comment cela est arrivé, c'^st hors de mon pouvoir > mais Tassurer que c'est à mon grand regret et

' sans ma participation, est la vérité.

'* Je ne l'explique qu en me disant qu*uu de vos compatriotes n*aura voulu se charger de ce paquet de Longwood, qu'autant qu'il lui aura été donné ouvert et qu'^ lui sera demeuré prouvé

'qu'il intéressait l'honneur de son fiays. Arrivé à Londres, il en aura tout à la fois donné connaissance au public, et me l'aura expédié.

** Milord, si, d'après mes constantes sollicitations, j'avais obtenu la faveur de résider en Angleterre, il n'en eût pas ê(é de même. Persuadé, aipsi que le Comte Bertrand semble le soupçonner, que les vexations atroces et^es détails odietix qu'on accuhiùle journellement à Longwood, peuvent être étrangers et inconnus à l'administration, c'est à vous Milord, qui présidez cette ftdministrfttion, et à vous seul, que j'eusse accouru d'abord

' donner connaissance de ces torts inouïs, vous fournissant ainsi les moyens^ et vous laissant le mérite de les redresser vous-même.

18»8*] I>£ t^mi9EWEVti NAPOtiON. 9é9

' '/^JersoppfaiVptiBfSeigtteuriQ.deciN^ire que ce n^*éût été qu** •{^lèa «voir épuisé vainement tout ce que les forines/la bienséancf et les hiérarchies cuaimandent, que je me serais abandonné au parti extrême de secourir enfin à Topînion publique, qui, ellemème> se plâlt à ne recevoir et à ne se prononcer qu'en dentier ressort. > J'en ai donnéia preuve, Milord, lorsqu*apfès huit mois d*un sHence absolu de Lord Bathurstaux divers fiçriefe dont j'avais eU'Phonnè.urdelui demander le' redressement, leur publicité eût été au moins excusable^ et que portant je n*y ai cédé encore que lorsque les expressions déplacées d*un membre de vos communes sont venues la rendre indispensable.

'' J*en ai donné la preuve, Milord, dans les vives instances hasardées psgr rimpolsion de mon cœur à Aix-la-Chapelle, en trans- ' mettant soigneiltement à Lord Castlereagh même, copie des sollicitations et des çrîels que je déposais respectueusement aux pieds des hauts souverains.

. •" Ënfiai c*est pour vous en donner, autant qu'il reste en moi, une nouvelle preuve, Milord, que je Eus copier à laMte la lettre du Comte Bertrand afin que vous^ puissiez en avoir une connais^ sailce authentique, directe, et la placer sous les yeux de S. A. R. le Prince R%ent.

'^ Milord, demeuré victime des souffrances physiques, infligées par l'insalubrité de Sainte- Hélène, aussi bien que des peines morales dont on a accompagné ma séparation, l'état déplorable de ma santés qui me fait ii||ferdire par la faculté tout travail quelconque, ne me permet pas de rien ajouter à la lettre que j ai l'honneur de vous faire transcrire. D'ailleursi quel commentaire pourrait égaler les seuls faits qu'elle présentera à vos regards.

«^ J'ai l'honneur d'être avec la plus haute considération, Milord, etc.

• f' P. S. ' MUord» a|H%3 m'ètre addressé à Votre Sogneurie potn* ks' intérêts d'une importances! haute et si sacrée, mesera-t-il permis de proflier de cette occasion toute naturelle pour descendre avec vous à des objets qui me sont purement personnels ?

. i' Ne dois-je espérer aucun redressement^ obtenir aucune réponse concernani les griefs nombreux sur lesquels j'ai fait enten-

M4 Mtm flÉjouft \^vvès [Aooée,

éft mm plalata^ Doif^ soiptoot dcmâiMn: .]rîvé éw paiaitti

^*oii fioe retient à Ste.^Héfène dopais ômx «u, «a àéfk de ims

WNfibreusesprotcslAÉions à Sir Hudio» Lowe luî^nène ; Budgré la

lettre ^ye j*ai ea Thonneur d^adresser, pour «et objet» du Cap^ à

S. À." R. le Prince Régent ; celle que j*ai écrite a» œèine ai^et^ dû

nèine lieu> à «n de vos eolftguesj* enia ceMe qae j'ai adiesaée

dir Rrancfbrt à Loid Bathurat >

** Ce silence constant et absolu à des defloandcs si justes et si

. tf^fêfêQB, serait*il un déni formel de justice? Je ne saurais te

croire» Mftlord 5 j'ai été élevé à connaître la force» la supéricrké

de vos lois» à savoir le respect que chacun de vous est tenu da

lAir porter» quel que soit son rang oa son poste* Je pcâère peit-

scff ^r la ikute en est à moi» qui na sais point m'y prendre et

manque peut être aux formes exigées ; mais dans ce cas encore»

Milord, ne serait-il pas conveaable» juste» délicat de me les fiûre

connaître» ou même d*y suppléer. Milord» je l'invoque de votre

générosité. C%s papiers» que dans le temps» j 'ai laissé ^lircourir à

Sir Hudson Lowe» sont d'une considération tout à fiiit étrangère

à la .réclusion qui vous occupe : ils ne sauraient» sous ce rapport»

.vouA être d'aucune importance : mais k moi» ik sont chersfit paé-

cieux au-delà de toute expression."

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