Raven, Pet-chale-ruh-pa-ka
le long de l'année. Depuis que leur nombre a considérablement diminué, ils se tiennent habituellement ensemble, se déplacent en même temps et se séparent rarement lorsqu'il leur est possible de se réunir au même endroit. La crainte de quelques-uns de leurs voisins avec lesquels ils sont sur un pied de guerre les oblige à cela, car réunis ils peuvent repousser un plus grand nombre de leurs ennemis que lorsqu'ils sont divisés en petites bandes. Cependant aux époques oîi ils ne sont pas en danger d'être attaqués, ils se séparent pour peu de temps. En général ce sont des hommes de taille moyenne bien que plusieurs d'entre eux soient grands et robustes et que quelques-uns soient enclins à l'embonpoint, ce que l'on observe rarement parmi les sauvages de l'Amérique.
Ceux d'entre eux qui ne sont pas dans l'habitude de s'exposer nus au soleil, ont la peau presque aussi blanche que les blancs.^ Les parties du corps que les femmes tiennent couvertes sont également blanches, mais sous l'influence des rayons brûlants du soleil, le visage, la poitrine, les bras et les épaules portent cette teinte cuivrée qui est commune au sauvages. La plupart de ces sauvages qui n'ont pas l'habitude de se tenir nus ont, en général, une plus belle peau que bien d'autres tribus que j'ai eu l'occasion de connaître. C'est mon opinion que si ces indigènes adoptaient notre manière de vivre et protégeaient leurs corps contre les ardeurs du soleil, la plupart deviendraient après quelques générations aussi blancs que les Européens. Quelques-uns, bien que jeunes encore, ont les cheveux entièrement gris^ et malgré mes efforts pour me renseigner à ce sujet, je n'ai pu apprendre si la maladie en était la cause. Comme les autres sauvages d'Amérique ils se font une habitude d'extraire les poils de toutes les parties du corps, à l'exception des cheveux, aussi vite qu'ils croissent et ils considèrent comme inconvenant, surtout pour un jeune homme, d'avoir de la barbe. Les vieillards devenus insouciants à l'égard de leurs personnes, laissent pousser leur barbe et les poils sur les autres parties du corps. Il semble que les poils poussent plus vite qu'ils ne peuvent les arracher.
1. Depuis l'époque où les traiteurs et les voyageurs de race blanche ont rencontré les tribus du haut du Missouri, ils ont constamment fait mention du teint relativement blanc des sauvages de cette région.
2. La Vérendrye et tous les autres voyageurs qui ont visité le haut du Missouri ont tous fait mention de cela. Voir Catlin, I, 94-5.
Comme ils se servent toujours de chevaux et qu'ils marchent et courent très peu ils ne sont pas aussi rapides à la course que leurs voisins les Big Bellys et les Mandans. J'ai vu plus d'infirmes et de vieillards décrépits parmi eux que parmi les autres nations, excepté les Big Bellys et les Mandans. On dit que les Sauteurs et les Kinisteneaux envoient leurs infirmes et leurs vieillards au "Kingdome Corne" afin de ne pas être obligés d'en avoir soin.^ Ces nations- cependant ne font pas cela, car leurs infirmes et leurs vieillards leur causent peu d'embarras. Les Mandans et les Big Bellys sont sédentaires et les sauvages Rocky Mountain ont un si grand nombre de chevaux qu'ils peuvent transporter leurs malades sans diflSculté. J'ignore qu'elle a été la conduite de ces derniers à cet égard avant qu'ils se soient procurés des chevaux. De plus leur contrée est remplie de bufiles et de cerfs et il ne leur est pas difficile de fournir la subsistance à de nombreuses familles, ce qui serait vraisemblablement la cause de la pluralité des femmes^ parmi eux. Quelques-uns ont en effet 8 ou 10 et même 12 femmes qui, en ce cas, ne vivent pas toutes avec leurs maris et parmi cellesci se trouvent des jeunes filles qui ne sont que hetustted*. Néanmoins la très grande partie de ces sauvages n'ont que deux ou trois femmes, tandis que quelques-uns n'en ont qu'une et ces derniers accusent de folie ceux qui épousent plusieurs femmes, parceque, disent-ils, il est impossible de vivre heureux et tranquille avec plusieurs femmes qui se jalousent et se querellent sans cesse. Ils ne sont pas aussi stupides que les sauvages ont la réputation de l'être généralement. Ils tirent des conclusions assez justes à
1 . Dans son précieux travail. The Sauteux Indians (Masson, II, 307-366), Peter Grand dit: "Qu'ils respectent beaucoup leurs vieillards aussi longtemps que ceux-ci sont utiles, mais que si par suite de leur grand âge ou de quelque infirmité ils deviennent incapables de les suivre dans leurs campements, ils sont alors considérés comme morts pour la société et leurs plus proches parents même ne se croient plus obligés de les supporter. En ce cas on leur prépare un abri temporaire où il leur est laissé des provisions et les choses nécessaires pour prolonger leur misérable existence pendant quelques jours et on les abandonne pour toujours. " Hearne et Mackenzie parlent de pratiques semblables chez les nations du nord. Voir Lewis et Clark, II, 145-6.