Désavantageux pour les autres sans doute
2. Atsinas. Le nom de sauvages Falls donné ici à cette tribu se rencontre pour la première fois dans Présent State of Hudson Bay d' Umfre\dlle. Voir son vocabulaire de leur langage en regard de la p. 202, ainsi que Coues' Henry, II, 530.
La jalousie semble être leur passion prédominante et plusieurs ne vont pas à la chasse sans être accompagnés de leur femme favorite. La femme qui se rend coupable d'infidélité conjugale est souvent en danger d'être tuée ou blessée de même que son amant quelques fois, mais la vengeance que le mari furieux exerce le plus souvent, consiste à tuer les chevaux de l'amant de sa femme ou à s'en emparer et à battre le coupable sans pitié. Ils offrent quelques fois leur femme à un étranger pour la nuit, mais c'est un fait constaté très rarement et toujours ils n'agissent de la sorte que lorsqu'ils veulent en retirer quelque chose.
Leurs femmes, comme celles de toutes ces nations, font la plus grande partie du travail, mais elles ne sont pas dans une condition misérable comme celles des nations qui vivent dans les forêts, et par suite, bien que ces femmes soient chargées du travail que font les hommes chez les Crée, les Sauteux, etc., elles ont moins à faire cependant et elles sont plus à l'aise en dépit de l'indolence .des hommes.^ Lorsque ceux-ci font la chasse et qu'ils tuent un animai, leurs femmes qui les suivent habituellement, sont chargées d'enlever la peau et de la préparer pendant qu'ils les regardent faire. Ils ne sellent pas même leurs chevaux lorsque leurs femmes sont avec eux et ils n'enlèvent pas eux-mêmes leurs souliers et leurs guêtres quand ils entrent pour se coucher. Dans leurs déplacements, les femmes vont. à cheval et n'ont pas de bagages à transporter sur leur dos comme on le
Dans son esquisse de la région du Nipigon (Masson, II, 339-300), Duncan Cameron donne le compte rendu ci-après du travail quotidien des femmes Sauteux et ce compte rendu, légèrement modifié, pourrait s'appliquer aux femmes de la plupart des tribus de l'ouest: "Les femmes doivent, quelle que soit la rigueuer du temps, dresser toutes les huttes et couper^ tout le bois de chauffage, car un homme croirait se dégrader en se livrant à un tel travail, même s'il n'a absolument rien à faire, car en ce cas il reste assis paisiblement, fiune sa pipe et diligente les femmes. L'homme part de bonne heure le matin avec son medicine bag, son fusil, sa poire à poudre, sa giberne, sa hache et les femmes doivent rassembler, empaqueter et traîner tout l'attirail. Si cellesci ont des filles, elles leur donnent à porter un fardeau proportionné à leurs forces, puis elles transportent sur leur dos, leurs plus jeunes enfants attachés dans une sorte de berceau particulier à cette région, bien enveloppés de peaux d'élan ou de lapin et recouverts d'une couverte pour les préserver contre les rigueurs du tem.ps. Les femmes doivent apprêter le cuir, faire et réparer les souliers de toute" la famille, préparer toutes les peaux, réparer les habits, faire la cuisine, dresser les tentes, couper et transporter le bois, allimier le feu tous les matins, faire sécher les souliers des hommes puis les frotter pour les ramollir avant de les présenter à leurs maris le matin. Elle doivent aussi préparer et surveiller les filets quand ils font la pêche. En somme elles servent leurs maris généralement et même quand ceux-ci n'ont rien à faire et qu'elles-mêmes sont surchargées de travail."
constate souvent chez les autres nations, mais il est certain que si elles n'avaient pas de chevaux, leur situation serait la même que celle de leurs voisines moins fortunées, car bien que les hommes soient attachés à leurs femmes et les traitent avec bonté, il est à croire qu'ils ne s'occuperaient pas plus de faire le travail que les autres sauvages. C'est uniquement parcequ'elles ont des chevaux que leur condition est préférable à celle de leurs voisines. Elles sont très éprises de leurs enfants, mais elles les réprimandent jamais, sinon rarement.
Ils se nourrissent de chair de buffles et de cerfs; bien peu mangent de la chair d'ours ou de castors sans y être poussés par la faim. Ils ne mangent pas de poisson et sont très imprévoyants à l'égard des vivres. C'est étonnant de constater le nombre de quadrupèdes qu'ils détruisent; cependant deux ou trois jours après une chasse abondante, il ne reste plus rien. A la chasse ils ne prennent que les parties grasses et des tranches de l'animal et ils abandonnent le reste; aussi, bien que cette région soit remplie de cerfs de toutes sortes et de buffles que les habitants, toujours à cheval, tuent avec beaucoup de facilité, il n'est pas surprenant que leur goût pour la bonne chair ne les expose à jeûner temporairement. Ce sont les buffles surtout qu'ils abattent, car le cerf se tient généralement dans les bois, à l'exception du " Cabri " sorte de petit cerf qui ressemble au chevreuil et qui se tient toujours dans la plaine.
Les partis de chasse sont dirigés par une bande de jeunes gens qui exercent une grande autorité. Ceux-ci ordonnent de camper ou de se mettre en route comme il leur plaît ; ils indiquent les endroits où il y a des buffles, donnent l'ordre de leur faire la chasse, empêchent les chasseurs de partir les uns après les autres et prescrivent à ceux qui sont prêts les premiers, d'attendre les autres, afin que tous puissent partir ensemble et avoir les mêmes avantages. Ceux qui enfreignent les ordres sont punis par une correction ou bien l'on brise leurs armes ou l'on met leurs tentes en pièces.
C'est généralement un vieux chef qui administre leurs affaires et fait exécuter ses ordres par ces jeunes gens que l'on appelle soldats. Tous les jeunes gens jouissent de cette dignité à tour de rôle. Dix ou douze sont choisis à la fois et tous y compris le conducteur et les jeunes gens sont désignés par les au-
très chefs. Le conducteur conserve son poste aussi longtemps qu'il en est satisfait et un autre est choisi pour le remplacer qu'après avoir reçu sa démission. Leur autorité ne s'exerce pas sur tout, car elle ne consiste qu'à diriger les partis de chasse et les campements, quant au reste chacun est libre de faire à sa guise. Ils dirigent aussi les medicin feasts. Le conducteur, c'est ainsi qu'on l'appelle, ne fait jamais rien d'important sans consulter les autres chefs et c'est à la suite de la détermination prise par le conseil qu'il adresse ses harangues et agit. Sa tente est pliée la première quand il s'agit de lever le camp; il marche presque toujours en avant (à l'exception de quelques jeunes gens envoyés au loin comme éclaireurs) et plante le premier sa tente, puis les autres s'installent autour de lui. Avant de se mettre en route, il parcourt le camp, donne l'ordre de plier les tentes et fait connaître que pour tels motifs ils vont se rendre à tel endroit. Quelques soldats marchent au loin en avant tandis que d'autres restent en arrière pour surveiller et s'assurer qu'il n'y a pas d'ennemis. Si l'on aperçoit des buffles sur la route et qu'ils décident de leur faire la chasse, ils font arrêter tout le monde que le vieux chef harangue du premier jusqu'au dernier. Quand tous sont prêts, les chasseurs s'élancent et les autres suivent lentement.
Si une querelle survient entre deux personnes ils interviennent et s'efforcent d'obtenir une réconciliation par des moyens raisonnables (si la querelle est poussée trop loin), mais je n'ai pas eu connaissance qu'ils aient jamais eu recours à l'autorité en semblable occurrence. Généralement il est fait présent d'un cheval ou d'un fusil à la personne offensée comme moyen de réconciliation; néanmoins les querelles ne sont pas fréquentes parmi eux et la plupart sont causées par leurs femmes et la jalousie. Les jeunes gens chassent rarement avant leur mariage et jusqu'alors ils emploient uniquement leur temps à se toiletter et à paradera Le jeune homme se lève tard le matin, puis il commence au milieu du jour sa toilette qu'il ne termine que tard le soir; il monte ensuite à cheval après avoir couvert celui-ci de " 2 fais Red and Blue," traverse le camp en compagnie de ses associés, avec une
1. Maximilian dit: "11 est remarquable que les hommes sont beaucoup plus vaniteux que les femmes et que celles-ci doivent être bien inférieures aux seigneurs de la création dans leurs atours et leurs ornements. Un guerrier consacre plus de temps à sa toilette que les plus élégantes parisiennes." Voir Catlin, I, 112 au sujet du dandy sauvage.
aile d'outarde ou de faucon qui lui tient lieu d'éventail pour se protéger le visage contre les ardeurs du soleil, puis le soir venu il met pied à terre, courtise les femmes ou se rend au rendez-vous fixé et se retire pour dormir quand le jour commence à paraître. Les hommes mariés ne s'habillent avec soin que dans certaines circonstances et lorsque le camp est levé. Les jeunes gens s'occupent à ce point de leur toilette pour plaire aux femmes et attirer leur attention. Celles-ci à leur tour se font coquettes et séduisantes pour plaire aux jeunes gens. J'ai vu faire la cour de la même manière que la font les blancs à peu de chose près, mais je n'ai pu me rendre compte si c'est la coutume parmi eux de courtiser les jeunes filles avant de les épouser.^ Cependant l'on semble avoir certains égards et quelque déférence pour les jeunes personnes.
Je ne sais pas quelles sont leurs croyances ou leurs idées à l'égard de leur origine, je sais seulement qu'ils croient aux bons et aux mauvais esprits et en un maître suprême de la vie. Ils ne fument jamais le calumet, sans offrir les premières bouffées au soleil levant, au soleil du midi et au soleil couchant, puis à la terre, et aux cieux; le calumet est pointé tour à tour vers l'endroit où vont leurs offrandes et vme autre bouffée est poussée dans cette direction, après quoi quelques bouffées sont lancées à divers esprits que le fumeur nomme et auxquels il marmotte quelques mots, puis le calumet fait la ronde et chaque personne tire quatre bouffées et pas davantage. Le calumet doit toujours être présenté au voisin de gauche, parce que c'est la direction que prend le soleil. Ils donnent le nom d'esprits à des quadrupèdes et à des oiseaux et ceux-ci, à leur avis, remplissent les fonctions d'anges gardiens. Il est certain que leurs notions sur les esprits sont différentes des nôtres; ils croient que ceux-ci sont des êtres invisibles qui peuvent leur faire du mal ou du bien et c'est à eux qu'ils font leurs offrandes. L'un pense que c'est la lune qui veille sur lui, l'autre croit que c'est une abeille ou vme souris et ainsi de suite. Ce sont leurs rêves qui hs portent à adorer une chose plutôt qu'une autre, mais le soleil, la lune, les étoiles, le ciel et la terre sont l'objet d'un culte général et lorsqu'ils sont pris à témoins d'un serment, celui-ci est reconnu
1. Sur leur manière de faire la cour, voir Catlin, I, 120; Maximilian, II, 279; Harmon, 294; James McKenzie (Masson, II, 417); Peter Grant (Masson, IT. ?,i9.)
inviolable. Il n'y a pas un animal, un oiseau un reptile ou un insecte que n'adorent quelques-uns de ces sauvages, lorsqu'ils croient que l'objet de leur culte peut leur sauver la vie ou les rendre inva- Ivable,^ que se soit une abeille ou une souris. Ils croient aussi que les choses inanimées, telles que les balles, les pierres, etc., peuvent également leur faire du bien ou du mal.
Ils n'ont aucune représentation de la chose qu'ils adorent comme idole et ils ne prient seulement qu'en allumant leurs pipes. Ils ont de grandes medicin feasts, mais celles-ci ne sont célébrées qu'à l'automne et je n'en ai pas été témoin. Ils ne sont pas superstitieux à l'égard de leurs pii^s qui sont l'objet de leur plus respectueuse vénération.^ Elles sont innombrables les cérémonies qui accompagnent l'acte de fumer du tabac dans une pipe. Les règles ci-après doivent être observées par tous ; le tuyau et le fourneau doivent être nets et l'on doit tirer un tison du feu pour allumer la pipe, puis il faut avoir soin de ne pas allumer la pipe dans les flammes ou les cendres et nul autre que celui qui l'a remplie ou allumée ne doit en vider la cendre. Il m'est arrivé, une fois qu'il y avait très peu de feu, d'allumer la pipe dans la cendre, et quelques jours après mon hôte m'apprit qu'il avait mal aux yeux et que le fait d'avoir allumé la pipe dans les cendres en était la cause. Quelques-uns ne fumeront pas si la pipe a touché l'herbe et d'autres refuseront également s'il y a des femmes ou des fusils clans la tente, s'ils aperçoivent des souliers en fumant, si quelque partie des accoutrements a été jetée sur la pipe, si quelqu'un souffle dans le tuyau pour le nettoyer ou si la pipe "pass over Assichimovs. " Quelques autres ne permettront pas de fumer devant la porte ou bien ils ne videront les cendres que sur de la bouse de vache apportée à cette fin; un autre enfin ne fumera que si chaque fumeur est nu et que s'il n'y a que les fumeurs dans la tente. A l'un la pipe doit être présentée par le tuyau et à l'autre par le fourneau; un autre ne la prendra que si vous la lui poussez aussi rudement que vous le pouvez et un autre que si vous la lui présentez doucement. En somme chaque homme a sa manière particulière de fumer et il semble qu'il ait juré de ne pas s'en écarter et d'y contraindre ceux avec lesquels il fume, sans quoi il croit avoir encouru le mécontentement de cette chose insivible (son ange