‹ Journal de Marie Bashkirtseff: avec un portraitChapitre 1 sur 6 · PARIS G. CHARPENTIER ET C»% ÉHITRURS · texte numérisé non relu

PARIS G. CHARPENTIER ET C»% ÉHITRURS

il, RUE DE GRENULLËy li

FEB 1* .i>--.

A LA MÉMOIRE DE MARIE BASHKIRTSEFF (après la lecture de son. journal) .

La mort n'est qu'un vain mot, La substance éternelle- De ceux que nous pleurons flotte épaisse dans tair ; Son^ couleur ou parfum, une forme nouvelle #

Evoque à chaque instant l'être qui nous est cher,

m Entre les hauts talus d'une châlaigneraie.

Ce ni'itin, deux enfants se tenant par la 7min, Et plus loin une fille assise sous la haie, Uœil tourné vers la fuite ombreuse du chemin;

Le ciel d'azur, la mer aux couleurs dUonrlhi/ste, Les champs silencieux et la plage en émoi; Tout, ô Maine, ardente et merveilleuse artista, M'a rappelé ton œuvre et reparlé de toi.

Ton altière raison, ta grâce ensorcelant^^ ' '

Ton esprit, sur lesquels un nimbe de brectuté Brillait comme la fleur (lu somme t^e la plaMt\ Tout cela r'esle, entier, par la moitlrcspei tel y . ' > M. B. *' : i-

î JOl'KPÏAL

Ta ièvre impatknie nvec tant dû etniditia\ Ltt nmnl ne fa pas twmi^lf'm^nl nivi** À fc monde j qui fut le souri dt: Utn arur.

7'w promenais parlùHl ta kanîmwî />y értnûû l>am un rêm bridanl de gloire et darthtn^ Et tour à tour Paris, i\ap!f*s, Home rt Flnrcnct^ (^hau/faienl à (eur for/ttr ta jeune amùitiotu

Le rude froissement di^s passions hitmatm*^ TV meurtrissait le cœur jn^iquà tensfffif/lfiHte7\ Tu nen sentais pas moins houiUonner dans tes e*'ineê Un désir obstiné de vivre et de iulier.

Ihl jour (tt t'arrêtas^ non pm eralntiee an lusse ^ }his afin d^inenrner dttns la réulitt^.

Pur delà ce ifui meurl^ par delà te tpu juisse^ Tes beaux rêves d'art pur et de sineérifé.

£t tu eréas ton œuvre^ — hit mai nef simple et vraie, ÀJ/ant ee naturel qui seul peut nous tùHrhn\ Belle de la beauté des roses de la lia te Et de la source vive au sortir du rocher,

ftç monde saluait dijà la jeune étoile, /rV, tandis tpte ta gloire et ton nom célébrés Montaient, l'Ange de mort Cemporta mus son vuite Sans le lineeul soyeux de tes cheveux dorés.

Ta forme a disparu^ mais ton âme d^niiste^ Tes tableaux imprégnés de la splendrur rlrf pt^un.

DE MARIE BASIIKIRTSEFF.

Lfi plus grand, le meilleur de loi-même subsiste; Jl demeure avec nous en dépit du lambeau.

Non, la mort n^est quun mot. Je te sens si vivante, J^n lisant ces feuillets où se posa ta main, Quil me semble te voir^ dans la grâce mouvante De tes longs vêtements, passer sur le chemin.,.

Tu m'apparais de gloire et de clarté vêtue.

— Au travers de ton œuvre, ainsi dans V avenir Les foules te verront, blanche et pure statue. Te dresser, radieuse, au fond du souvenir.

A.NURÉ TlIEURIET,

Saint-Enogat, septembre 1885

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