‹ Journal de Marie LenéruChapitre 1 sur 34 · TOME PREMIER · texte numérisé non relu

TOME PREMIER

"MÉMOIRES W ÉCRIVAINS ET D'ARTISTES" Éditions G. CRÈS et C" PARIS

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IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE : HUIT EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE -TEINTÉ VAN GELOER ZONEN, DONT SIX H<HIS COMMERCE, NUMÉROTÉS I ET 2 ET DE 3 A 8, ET CINQUANTE EXEM- PLAIRES SUR VERGÉ PUR FIL LAFUMA, DONT QUINZE HORS COMMERCE, NU' MÉROTÉS DE 9 A 43 ET DE 44 A 58.

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PRÉFACE

Marie Lenént est née à Brest le 2 Jain 1875, Son père, entré dans la marine à 16 ans et décoré de la L^on d'hormear à 25 ans pour sa belle conduite pendant le nège de Paris, mourut en 1878 laissant une petite fille de deux ans,.

Son grand-père maternel était tandrtd Daariac qtd mourut en 1878.

Au point de vue littéraire Marie n'héritait pas de tendances particulièrement accusées. Elle appartenait à me famille de marins, et c'est en contact intime avec la mer quelle vécut une radieuse enfance, dans une maison àtuée sur le port de Brest. De sa fenêtre elle découvrait, ou delà du grand port de guerre, toute la rade.

C'était ane rieuse petite fille adorée de ses amies, et fin charmait les siens par son aimable caractère. Elle apprit à lire en quelques heures, mais ce brillant débat

VI PRÉFACE

fat efuelqae peu trompeur; car malgré sa facilité elle étmi paresseuse. D'ailleurs nous allons être admirablement renseignés sur ses qualités et -ses défauts, en parcourant un journal qu'elle se mit à écrire Vers fâge de dix am. En voici la première page, datée de Montpellier, 30 novembre 1886. /"en respecte les défaillances d'orthographe et l'indigence de la ponctuation :

« C'est maman qui m'a forcée à faire mon jour- « nal car moi je n'aurais pas du tout envie ; c'est « maman qui m'a achetée mon cahier en sorte que ça « m'amuse réellement. Ce matin quand je me suis " levée il me restait encore à préparer mes exercices n de grammaire et à repasser mes leçons j'ai eu le d temps de le faire quelque temps avant déjeuner je « suis descendue me coiffer ou du moins me faire a coiffer par maman, ensuite quand je suis remontée « ça à été à la suite d'une discussion commencée « hier k propos de longitude et de latitude nous « avons finit par voir que nous étions tous d'accord « sauf tante Alice. J'ai lu dans les Veillées du B Château Delphine ou l'hatratse guérison mais je a ne l'ai pas encore fini puis nous sommes allés « déjeuner, après maman m'a fait sortir avec Fernande « acheter mon cahier et acheter une lampe qui nous « éclaire en ce moment et même qui nous joue de « tris vilains tours... etc. »

Le compte renia de cette première joamie se termine par ane décision calligraphiée en gros caractères :

a Je continuerai mon journal toute nu vie. »

Marie Lenéru est restée fidèle à son engagement, non sans aootr à lutter contre elle-même les premiers temps, car â ta date du 13 d^xmbre 1886 je note cette première phrase :

< Que ce journal m'assomme I II me scie, mais absolument. »

Chose remarquMe, la fillette était déjà préoccupée du cSté moral de sa conduite. Je dis « déjà » car cette préoccupation du devoir envers Dieu, le prochain et sot-même fera plus tard le fond de toutes ses œuvres.

Sans cesse dans le journal d'enfant on relève des phrases comme celle-ci :

« ... Je n'ai pas bien fait ma prière car je dormais trop, je dois dire que cela m'arrîve depuis quelques jours.

•t Aujourd'hui en fait de promenade nous sommes allés à la foire, j'ai fait la gourmande (j'ai mangé deux gaufres et une tranche de coco ) en plus j'ai menti à Fernande en lui disant que j'avais faim,

« Ce matin j'ai été parresseuse, maman m'avait dit de repasser mes leçons et je n ai repassé que ma leçai de grammaire et ce qu'il y a de pis encore

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