‹ Journal de Marie LenéruChapitre 5 sur 34 · XIV PR^ACE · texte numérisé non relu

XIV PR^ACE

« M. le Curé nous a raconté la mort de monseigneur, il est mort comme un saint il n'a pas manqué une fois de dire la messe quoique malade et il l'a même dit te jour de sa mort : comme il sentait qu'il allait mourir il est allé dans une de ses salles de réception, revêtu de ses habits sacerdotaux on est venu en procession lui porter te viatique, il était entouré de beaucoup de prêtres et de personnes après leur avoir dit adieu il a pris sa croix t'a embrassé puis quelques instants après il rendit le dernier soupir. Il a eu sa connaissance jusqu au bout cependant par moment il avait le délire et il ne faisait q ue parler de tonfirmatî on.n

Trouble enfantin et sagesse maternelle :

c J'ai eu bien peur Mercredi de ne pas avoir la contrition parfaite mais maman m'a dit' que puisque je désirais beaucoup t avoir et que je faisais tout ce que je pouvais pour l'avoir c'est que je l'avais alors cela m'a rassurée. »

Maintenant nom voyons apparaître à son horizon littéraire une rivale :

« Je suis extrêmement paresseuse pour faire mon journal et aujourd'hui je necache pas qu'il m'assomme ce n'est pas comme M''^ Csurb.... qui en trois mois avait écrit t .500 pages. »

Le 27 juin 1887, Marte nous livre le secret de ta ten-

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dance au mensonge, et il me sanble quelle en donne une Toùon tellement louable chez un futur auteur dramatique, que ce n'est plus le moins du monde an d0aut :

« Les péchés dont j'ai à me corriger sont ; le mensonge, car qu,oique je trouve que je mente beaucoup moins je déguise souvent ta vérité par exemple pour donner plus d'intérêt à une histoire que je raconte ; puis je ne suis pas toujours gentille pour mes amies et pour Henriette, mais en particulier pour Mathilde qui m'agasse, il y a des moments où j'ai envie de la claquer, ainsi avant-hier nous jouions à la corde je disais de la faire grande à cause de mon chapeau et la voilà qui s'amuse à donner des coups de poing dessus ; je ne fais pas non plus assez attention aux observations que maman me fais et c'est i>ourtant une des choses qui devraient m'aider à me corriger ; puis je trouve que je m occupe de i effet que je pense produire et je trouve que c'est peut-être mon plus gros péchés car il peut nous faire poser et il n'y a rien dont j'ai plus horreur que ça je devrais plutôt m'attacKer à plaire au bon Dieu ; j'ai encore un autre défaut c'est que je ne fais pas assez attention dans mes prières et quand je suis à l'église. Voilà donc beaucoup de péchés et pourtant je ne suis pas encore bien vieille (Elle a 12 ans I) îl faut absolument que je m'en corrige car dans un sermon de la retraite on

Xn PRÉRACE

nous a dit que plus on allait plus les péchés s'agravaient. Mais ce qui est encore bien pis c'est que quand je vais me confesser je ne regrette pas assez tous tous ces péchés là aussi pour que i'aie la contrition parfaite dans la confession qui précédera ma Confirmation je dirai tous les jours matins et soirs une • dizaine de chapelet.

a Maintenant que j'ai vu tous mes défauts il faut que je vois les vertus qui leur sont opposées pour que je les pratique, car comme on nous I*a dit aussi pendant la retraite, il n'y a pas seulement des péchés d'actions mais il y a aussi des péchés d'omissions ; désormais je pratiquerai donc toutes les vertus que je pourrai mais particulièrement : la franchise, la chanté, l'obéissance, la piété et la simplicité et je viendrai tous les jours à mon journal dire le résultat de mes bonnes résolutions. »

On voudrait connaître le titre de l'ouvrage dont Marie parle dans h passage suivant :

« Ma littérature est délicieuse aujourd'hui j'en ai appris l'introduction, le style est élégant, léger, nette et poétique il y a une description de la Grèce c'est quelque chose de ravissant. »

Plus loin elle raconte qu'on lui a distribué un rSle de Grande Duchesse dans une comédie dont le titre est :

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