‹ Journal de mon troisieÌ€me voyage d'exploration dans l'empire Chinois (volume 2)Chapitre 2 sur 37 · II AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS

dcnce deté de l’Empereur, à cinq journées de marche au nord de la capitale. M. l’abbé A. David ne séjourna pas moins de cinq mois dans ce district accidenté de la Tartarie orientale, où, tout en étudiant la langue chinoise, il récolta beaucoup de plantes, d’animaux et d’échantillons géologiques dont les plus beaux spécimens vinrent enrichir nos galeries du Jardin des Plantes.

Frappés de ces premiers résultats et des précieux renseignements que leur fournissait ce missionnaire, si zélé pour la science, les professeurs administrateurs du Muséum demandèrent au supérieur général des Lazaristes la permission pour M. l’abbé David d’explorer l’intérieur de l’Empire du Milieu dans un but purement scientifique. Gomme cela pouvait alors se faire sans nuire aux autres œuvres de la Mission, M. Etienne accorda volontiers la permission demandée.

En conséquence M. l’abbé David fit, en 1860, une grande excursion dans les parties de la Mongolie désignées sous les noms de Toumct, d’Ourato, d’Ortous et de Maomingan, consacrant près de dix mois à l’étude pénible, mais fructueuse, de la faune, de la flore et de la géologie de ces hauts plateaux. En 1868, il quitta de nouveau Pékin pour se rendre à Ghanghay, d’où il remonta le Yang-tzé-Kiang jusqu’à Kiou-Kiang. Après quatre mois de séjour dans le Tviangsi il alla, toujours par la même voie, au Sctchuan et à Moupine, l’une des principautés indépendantes qui séparent le Thibet de la Chine. Enfin, après un séjour de neuf mois dans le pays des barbares Manze , il pénétra par le nord-ouest, du Sctchuan jusque chez les Si- fan, dans l’angle oriental du Kokonoor.

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Absent depuis près de deux années, l'infatigable voyageur revenait à Pékin, lorsqu’il apprit près de Tiéntsin le massacre, par une population fanatique, de tous nos malheureux compatriotes. L’abbé David ne dut son propre salut qu’à un retard accidentel du bateau qu’il montait. Ce déplorable événement rendait impossible un plus long séjour en Chine; en outre, trois maladies graves occasionnées par la fatigue et les privations de tout genre, avaient profondément altéré la santé de notre explorateur; il se vit donc obligé de revenir pour quelque temps en France, où se passaient, hélas, de plus terribles événements.

M. l’abbé David , dont les forces étaient revenues, poussé par une irrésistible vocation, retourna en Chine après le rétablissement de la paix. Au commeucement de 1872, il visita la jolie province du Tché-Kiang, puis il se rendit à Pékin alin d’y organiser une grande et dernière campagne dans l’iutérieur de l’Empire. Parti le 20 octobre, il alla d’abord au Chensi par le Honan, et y explora l’importante chaîne de montagnes connue sous le nom de Tsing-ling. La révolte des Mahométans ne lui permettant pas de s’avancer plus loin vers l’ouest, il descendit en mai 1873 jusqu’à Hankéou, après vingt jours d’une très-périlleuse navigation sur le Han-Kiang.

Le mois de juin suivant le vit de nouveau dans le Kiangsi, fixé assez près des frontières du Fokién. Atteint bientôt de fièvres dangereuses, il voulut avant son entière guérison pénétrer au sein des grandes montagnes de ce pays, mais les fatigues d'une si rude excursion lui occasionnèrent une fluxion de poitrine dont sa forte constitution ne triompha qu’en partie ; il lui en resta une bronchite, qui, jointe aux fièvres palu-

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