BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
,M. Tabbé Armand David, né dans les environs de Bayonne, membre de la congrégation de la Mission, fut envoyé en Chine pour la première fois en 1862.
Après avoir professé pendant plusieurs années au collège de Savone, où il s'était particulièrement occupé de sciences naturelles, il vint à Pékin dans le but d'organiser un collège français pour la jeunesse chinoise. Là, il eut la bonne fortune de recueillir des animaux nouveaux, des plantes rares, des minéraux précieux pour l'étude de la géologie, qu'il envoya à notre Muséum national et qui lui permirent de commencer de son côté quelques collections d'histoire naturelle.
Son goût passionné pour les découvertes scientifiques et le désir d'augmenter son cabinet , lui firent entreprendre plusieurs voyages dans les provinces du nord de la Chine. Dès la fin de Tannée 1862, il visita SiwaUy village chrétien de la Mongolie, situé au milieu de montagnes de deux mille mètres d'altitude. En 1863, il alla passer un mois dans ce grand massif montueux que les Pékinois nomment Si-chan [si occident, chan montagne); en 1864, il se rendit près de Jéhol, rési-
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AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
M. Tabbé Armand David, né dans les environs de Bayonne, membre de la congrégation de la Mission, fut envoyé en Chine pour la première fois en 1862.
Après avoir professé pendant plusieurs années au collège de Savone, où il s'était particulièrement occupé de sciences naturelles, il vint à Pékin dans le but d'organiser un collège français pour la jeunesse chinoise. Là, il eut la bonne fortune de recueillir des animaux nouveaux, des plantes rares, des minéraux précieux pour l'étude de la géologie, qu'il envoya à notre Muséum national et qui lui permirent de comnaencer de son côté quelques collections d'histoire naturelle.
Son goût passionné pour les découvertes scientifiques et le désir d'augmenter son cabinet , lui firent entreprendre plusieurs voyages dans les provinces du nord de la Chine. Dès la fin de Tannée 1862, il visita Siwan, village chrétien de la Mongolie, situé au milieu de montagnes de deux mille mètres d'altitude. En 1863, il alla passer un mois dans ce grand massif montueux que les Pékinois nomment Si-chan [si occident, chan montagne); en 1864, il se rendit près de Jéhol, rési-
VOYAGE EN CHINE. I — a
AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
M. l'abbé Armand David, né dans les environs de Bayonne, membre de la congrégation de la Mission, fut envoyé en Chine pour la première fois en 1862.
Après avoir professé pendant plusieurs années au collège de Savone, où il s'était particulièrement occupé de sciences naturelles, il vint à Pékin dans le but d'organiser un collège français pour la jeunesse chinoise. Là, il eut la bonne fortune de recueillir des animaux nouveaux, des plantes rares, des minéraux précieux pour l'étude de la géologie, qu'il envoya à notre Muséum national et qui lui permirent de commencer de son côté quelques collections d'histoire naturelle.
Son goût passionné pour les découvertes scientifiques et le désir d'augmenter son cabinet, lui firent entreprendre plusieurs voyages dans les provinces du nord de la Chine. Dès la fin de Tannée 1862, il visita Siwan^ village chrétien de la Mongolie, situé au milieu de montagnes de deux mille mètres d'altitude. En 1863, il alla passer un mois dans ce grand massif montueux que les Pékinois nomment Sir-chan [si occident, chan montagne); en 1864, il se rendit près de Jéhol, rési-
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II AVERTISSEMENT DES EDITEURS
dence d'été de l'Empereur, à cinq journées de marche au nord de la capitale. M. Tabbé A. David ne séjourna pas moins de cinq mois dans ce district accidenté de la Tartarie orientale, où, tout en étudiant la langue chinoise , il récolta beaucoup de plantes , d'animaux et d'échantillons géologiques dont les plus beaux spécimens vinrent enrichir nos galeries du Jardin des Plantes.
Frappés de ces premiers résultats et des précieux renseignements que leur fournissait ce missionnaire, si zélé pour la science, les professeurs administrateurs du Muséum demandèrent au supérieur général des Lazaristes la permission pour M. l'abbé David d'explorer rintérieur de l'Empire du Milieu dans un but purement scientifique. Gomme cela pouvait alors se faire sans nuire aux autres œuvres de la Mission, M. Etienne accorda volontiers la permission demandée.
En conséquence M. Tabbé David fit, en 1860, une grande excursion dans les parties de la Mongolie désignées sous les noms de Toumet, d'Ourato, d'Ortous et de Maomingan, consacrant près de dix mois à Tétude pénible, mais fructueuse, de la faune, de la flore et de la géologie de ces hauts plateaux. En 1868, il quitta de nouveau Pékin pour se rendre à Ghanghay, d*où il remonta le Yang-tzé-Kiang jusqu'à Kiou-Kiang. Après quatre mois de séjour dans le Kiangsi il alla, toujours par la même voie, au Setchuan et à Moupine, Tune des principautés indépendantes qui séparent le Thibet de la Chine. Enfin, après un séjour de neuf mois dans le pays des barbares Manze, il- pénétra par le nord-ouest du Setchuan jusque chez les Si-fan^ dans l'angle oriental du Kokonoor.
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Al}sent depuis près de deux années, l'infatigable voyageur revenait à Pékin, lorsqu'il apprit près de Tiéntsin le massacre, par une population fanatique, de tous nos malheureux compatriotes. L'abbé David ne dut son propre salut qu'à un retard accidentel du baleau qu'il montait. Ce déplorable événement rendait impossible un plus long séjour en Chine; en outre, trois maladies graves occasionnées par la fatigue et les privations de tout genre, avaient profondément altéré la santé de notre explorateur ; il se vit donc obligé de revenir pour quelque temps en France, où se passaient, hélas, de plus terribles événements.
M. l'abbé David , dont les forces étaient revenues, poussé par une irrésistible vocation, retourna en Chine après le rétablissement de la paix. Au commencement de 1872, il visita la jolie province du Tché-Kiang, puis il se rendit à Pékin afin d'y organiser une grande et dernière campagne dans l'intérieur de l'Empire. Parti le 20 octobre, il alla d'abord au Chensi par le Honan, et y explora l'importante chaîne de montagnes connue sous le nom de Tsing-ling. La révolte des Mahométans ne lui permettant pas de s'avancer plus loin vers l'ouest, il descendit en mai 1873 jusqu'à Hankéou, après vingt jours d'une très-périllëuse navigation sur le Han-Kiang.
Le mois de juin suivant le vit de nouveau dans le Eiangsi, fixé assez près des frontières du Fokién. Atteint bientôt de fièvres dangereuses, il voulut avant son entière guérison pénétrer au sein des grandes montagnes de ce pays, mais les fatigues d'une si rude excursion lui occasionnèrent une fluxion de poitrine dont sa forte constitution ne triompha qu'en partie ; il lui en resta une bronchite, qui, jointe aux fièvres palu-
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déennes, le réduisit à un tel état d^anémie qu'il dut renoncer à continuer et à compléter ses travaux (le naturaliste et de voyageur. Il revint d'abord à Kiou-Kiang, puis à Ghanghay, où les médecins le contraignirent à s'embarquer définitivement pour l'Europe (avril 1874).
Indépendamment des rapports et des notes détaillées dont il accompagnait ses nombreux envois, M. Tabbé David a communiqué au Muséum le journal de tous ses voyages. La relation des deux premiers a paru dans les Nouvelles Archives; c'est le journal inédit de sa troisième et dernière exploration que nous croyons utile d'offrir séparément au public. Bien que les recherches de ce voyageur aient toujours eu l'histoire naturelle pour objet et que ses notes s'y rapportent généralement, on trouve cependant dans son livre des renseignements précieux sur la géographie et l'ethnograîphie de ces immenses régions, si peu connues des Européens; il y raconte encore l'es incidents de ses pérégrinations, et nous initie au caractère et aux mœurs intimes des Chinois.
Nous espérons donc que ce livre sera bien accueilli non-seulement des savants, qui n'oublieront pas les acquisitions précieuses dont M. l'abbé David a enrichi nos collections nationales, mais encore par tous les esprits curieux qui s'intéressent au progrès des sciences en France.
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