L*arrèt en question fut prononcé le 1*' août suivant
quekconqueSy de TofiBce de grant boutiller de France S et à TexecutioD et entérinement des lettres qui sur ce auroient esté ou seroient faictes.
Matinées, VH (X<« 4789), fol. 243 v.
Mercredi, xxiij' jour de mars.
Sur certeinne requestes et debas et contens entre Fabbesse du Trésor Nostre-Dame*, d'une part, et le couvent, d'autre part, à cause de quoy avoient esté commiz à soy informer et pourvoir maistre Simon de Nanterre, président, et J. de Quatremares, conseiller du Roy céans et président des Requestes du Palaiz, la relation desquels oye, eust esté levée la main du Roy mise au temporel d'icelle église, et eust esté enjoint à Tabbé de Gisteaux, pei'e abbé, qui pour ce, à un jour
1. La charge de grand bouteiller de France était vacante par suite de Télévation de Waleran de Luxembourg, comte de Baint- Pol, à la dignité de connétable de France; le duc de Bourgogne la fit donner à Jean de Groy, seigneur de Renty, son chambellan, qui fut tué à la bataille d'Azincourt. Quant à Jean de Graon, il ne devint grand échanson de France qu'en 1413. (Gf. le Religieiug de Saint'Denù, t. lY, p. 603.)
2. Maline du Ghemin était déjà en 1407 abbesse de Tabbaye du Trésor, fondée en 1228 dans le diocèse de Rouen ; les débats du procès dont est question avaient révélé de graves désordres et motivé une enquête à la suite de laquelle le Parlement chargea Tun de ses huissiers, Guillaume de l'Épine, d'administrer le temporel de l'abbaye et de pourvoir au service divin, ainsi qu'à l'entreiien des religieuses. Le 18 janvier 1412, la Gour, sur la demande de l'abbé de Giteaux, qui voulait se rendre compte de l'état du monastère, leva la mainmise du temporel (Jugés, X^^ 59, fol. 4 V*). Dans un chapitre général de l'ordre de Giteaux, tenu en 1413, fut agitée la question de la déposition de Maline du Ghemin et de son remplacement par Agnès de la Porte, mais ce projet n'eut pas de suite, car on voit en 1416 Maline du Ghemin toujours en possession de son abbaye.
60 JOIJRNAL
passé, comparu ceaDS personelment, que tant à Tespirituel que au temporel pourveust, selon leurs status et règles de leur religion bien et convenablement; sur quoy eust esté ledit abbé et avecques lui l'abbé de Ghaaliz en personne audit lieu, et eussent miz peinne à remédier et pourvoir à ce que dit est, conune ilz ont relaté au jour d'ui céans, finablement qu'ilz ne voient aucun remède à remettre sus ladicte ecclise en estât convenable de religion, tant que les religieuses demourront céans. Pour quoy ont advisié que, s'il plaisoit au Roy et à sa Court que ledit monastère de famés fust converti en couvent d'ommes, seroit le miex, n'autrement ne voient que l'en y puisse remédier, attendues les grans fautes qui, dès à xl ans, ont acoustumé d'estre leans. Pour quoy a respondu la Court audit religieux abbé de Gisteaux et aussy abbez de Glervaux et de Ghaaliz que poursuyent devers le Roy leur adviz et délibération, et devers le Pape, et qu'il plait trop bien à la Court, et y fera du miex qu'elle pourra au proufit et honneur de Dieu et de l'Eglise. Conseil, XIH (X<« 1479), fol. 195 Y>.
Venredi, viij* jour d'avril.
Ce jour, J. Pingué, procureur demaistre^ J. Tarenne, conseiller du Roy nostre Sire céans, s'oppose que aucun ne soit receu en l'office dudit Tarenne sans
*^ ^'^- Matinées, VH (X<« 4789), fol. 249 v^.
Hardi, xij* jour d'avril.
Furent au Conseil messire H. de Marie, maistre R. Mauger et S. de Nanterre, presidens, maistre J. du Drac, président céans, m. Eustace de Laitre, président
es Comptes, m. N. d'Orgemont, m. 6. Le Clerc, commissaires et juges des rebellions faictes au Roy avecques pluseurs autres :
A conseiller Tenterinement de certeinnes lettres présentées par maistre J. Tarenne, conseiller du Roy céans en la Chambre des Enc[uestes, par lesquelles le Roy lui restituoit son office de conseiller, dont avoit esté privé par les commissaires députez à cognoistre des rebellions et inobeyssances faictes au Roy nostredit Seigneur, et si avoit esté défendu audit Tarenne qu'il ne demourast à Paris ne deçà la rivière de Somme, de cy à ij ans, ce que le Roy lui remetoit.
Appoinctié a esté que lesdictes lettres, quant à aucuns moz qui y sont moins honorables auxdiz commissaires, seront corrigées, et ce fait, dès maintenant la Court a obtempéré auxdictes lettres présentées par ledit Tarenne, pourveu qu'il ne exercera sondit office de cy à la Saint Jehan Baptiste prouchain venant.
Mercredi, xiij* jour d'avril.
Sur le débat d'entre le sire de la Suze, d'une part, et le s' de Croy, d'autre part, pour l'office de la grant bouteillerie de France', sur quoy le Roy avoit fait certeinne déclaration contenue en certeinnes lettres au jour d'ui présentées céans, ledit de la H^uze interrogué s'il voloit aucune chose dire au contraire, a dit que dudit office ne se voloit plus empescher, puiz qu'il plaisoit au Roy, et s'en est déporté et déporte, ce qu'a la Court conunandé estre enregistré.
Conseil, XIH (X^« 1479), fol. 197.
Samedi, xxiij* jour d'avril.
Gedit jour, a esté délibéré par la Court que maistre
J. André, qui a esté^ par consentement de toute la Court, esleu pour aler à Romme porter le roole d'icelle Court, poursuira par delà roole de compétent date et prérogatives, si convenables et proufitables que pourra, ou nominations, selon ce qu'il verra par delà, ex evenlu et eircumstancUs temporum, etc. à faire.
GonseU, Xm (X«* 1479), fol. 199 v«.
Lundi, xxv* jour d'avril.
Au jour d'ui, après disner, par devant maistre Simon de Nanterre, président, et 0. Gencien, conseillers du Roy nostre Sire, conunissaires ordonnez par la Court, entre messire H. de Marie, premier président céans, et J. Le Mercier, défaut est octroyé audit messire Henry contre ledit Mercier, adjourné à hui, suffisamment appelle par Guillaume Tascher, huissier de céans, et en la présence de maistre J. Hoiguart, procureur dudit Mercier. Matinées, Vn |X<* 4789), fol. 260 y\
Jeudi, xxviij^ jour d'avril.
La Court a remis à lundi prouchain la cause d'entre Pierre L'Escot, d'une part, et J. Leonart, d'autre, qui estoit et est pour l'office de premier vallet des coursiers du Roy, dont l'en plaidoit devent les maistres d'Ostel d'icellui S% et dont les escuiers d'escuierie requeroient le renvoy devant eulx, et pour ce ont les maistres des Requestes de l'Ostel du Roy et le procureur du Roy ilecques fait venir la cause céans ^.
1. Une note marginale renvoie au 9 mai ; à cette date, dans le même registre, se trouvent en effet les Plaidoiries de cette affaire : Pierre Lescot revendiquait l'office de varlet des coursiers du Roi, qui lui avait été donné par le Roi après le décès du s' Hurlin (Matinées, X<* 4789, fol. 270 r*).
Et a dit la Court en hault que n'est pas son entention d'approuver en rien telles jurisditions de maistres d^ostelx, ne d'escuiers d'escuierie» ne d'autres semblables, pour quelques jugemens qu'il eussent fais, ores ou ou temps passé.
Matinées, VH (X<* 4789), fol. 263 r.
Mercredi, iiij* jour de may.
La Court a dit au jour d'ui au vicaire du trésorier de la Saincte Chappelle que son entention n'est pas que messire Pierre Gautier, chappellain de ladicte Saincte Chappelle, demeure en la maison de maistre J. Charreton, chanoine de ladicte Chappelle et conseiller du Roy céans, et lequel Gautier la Court dès hier avoit envoie en prison ou Chastellet, information précèdent faicte sur pluseurs injures qu'avoit dictes et faictes audit Charreton, son maistre, et lequel a rendu icelle Court audit trésorier pour le punir comme il apartendra, que ledit Gautier demeure plus en l'ostel dudit Charreton.
Cedit jour, ont esté visité procès en la Chambre des Enquestes, esquelx estoient parti mess, des En-
questes.
Conseil, XHI (X<« 1479), fol. 200 v.
Jeudi, v* jour de may.
La Court a retenue la cognoisçance de la cause d'entre Pierre L'Escot, d'une part, et Jehan Lyonart, d'autre part, qui estoit et est de l'office de maistre vallet des grans cbevaulx du Roy, sans le préjudice de l'Escuierie et des maistres d'Ostel et des Requestes de
rOstel.
Matinées, VH (X«* 4789), fol. 269 r-.
64 JOUENAL
Lundi, ix* jour de may.
Pour ce que, par information faicte à Rencontre de maistre Nycplas Raoulin, advocat assez juesne céans, à la requeste de Lorens des Bordes, iceUuy Nycolas a esté trouvé coulpable de pluseurs cas usuraires, la Court a ordonné que, selon les informations, proposera venredi prouchain publiement le procureur du ' Roy et ledit Laurens contre ledit Nycolas sur lesdiz cas, et defent audit Lorens la Court que, sur les cas qui lui touchent, ne pacisce ne n'accorde avec ledit Nycolas, et se accordé a, la Court ne tient ne ne tendra ledit accort jusques à ce que autrement en sera ordonné, et ce sera signifié audit Lorens^.
GonseU, Xin (X<« 1479), fol. 201 r».
Ce jour, la Court s'est levée entre ix et x heures pour Fonneur de la feste de la translation de saint Nycolas et aussy de la messe solempnele de la conirarie de saint Nycolas, qui se dit en la sale de céans ^.
Matinées, VII (X<« 4789), fol. 270 r».
Samedi, xiiij* jour de may.
Cedit jour, a esté ordonné, la relation de maistre T. Tiessart et Régnant de Sens, commissaires à oïr le débat d'entre messire Guy Gourle, chevalier, et dame J. de Paillart, sa femme, oye, que la moitié de la somme de iij"^ L mars de vaisselle, qui monte à la somme de xiiij^ libvres tournois qui estoit adjugée par arrest de
1. En marge se trouve cette remarque de la main du greffier : Niehil effèchu secutum est,
2. C'était à cette date que les clercs de la Basoche plantaient leur mai et représentaient leurs jeux et farces.
oeans à ladicte dame pour emploier en rente pour son doaire, selon la forme du contract de son mariage, sera bafllé en garde à maistre Guillaume de Saulx, jusques à ce que autrement en sera ordonné^.
Lundi, xyj* jour de may.
Gedit jour, a esté rendue l'obligation de la somme de xiiij^ libvres, dont mention est faicte ou jour de samedi derrain passé, à Bureau de Dampmartin, qui, par icelle, estoit obligié à ladicte somme, parce qu'il a paie et rendu ladicte somme en la main de Adam des Vignes, huissier, qui Ta mise en depost devers maistre Guillaume de Saulx, conseiller de céans, par l'ordonnance de la Court, hors xx libvres qui ont esté baillées à madame de Passy, qui a poursui ledit arrest, comme m'a relaté ledit huissier.
Conseil, XHI (X<« 1479), fol. 201 v«.
Yenredi, xx* jour de may.
Ce jour, a esté délibéré que certeinnes lettres closes, dont la copie est avecques les lettres qu'a à diverses fois envoiées le duc d'Orléans à la Court, et lesquelles
1. Guy Gourle, premie/. écuyer de Louis, duc d'Orléans, avait été gratifié à l'occasion de son mariage avec Jeanne de Dormans, dame de Paillard, d'une somme de quatre mille francs d'or, garantie par le dépôt d'une certaine quantité de vaisselle d'or et d'argent entre les mains d'André du Moulin, changeur; mais il se trouva compromis dans la rébellion du duc d'Orléans et vit ses biens confisqués. André du Moulin ayant vendu ou engagé partie de cette vaisselle à des marchands lombards qui la firent fondre, Jeanne de Paillard exerça une revendication contre l'un d'eux, et, par arrôt du 30 mars 1411, obtint la moitié de la somme représentant la valeur de cette vaisselle, montant à 2,800 Uvres (Jugés, X^« 59, fol. 112 r*).
lettres sont de ia date du xj* de may, par l'advîs de monseigneur le Ghancellier seroient leues. Et pour œ que une povre femme de village du païz de Dunoislw avoit appofiées à la requeste d'aucuns s^ens de la garnison de Ghasteaydun pour ledit d'Orléans, en espérance de ravoir son mari qui estoit prisonnier en ladicte garnison, demandoit certification de les avoir baillées à la Court, il a esté advisié qu'elle n'averoit point de response, ne de certification par escript, et s'en alast comme estoit venue, se elle voloit^.
Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 202 v».
Lundy, xxiij"* jour de may.
Sur ce que par un bon honune rural et ancien, prisonnier en la garnison de Yen ville en Beaulce^ tenens le parti du duc d'Orléans, avoient esté apportées lettres toutes pareilles à celles dont est faicte mention ou XX® jour de ce moiz, en espérance qu'il gaignast par ce sa rançon ou partie, a esté délibéré que lesdictes lettres seroient leues et renvoiées au Roy avecques les premières, en son ost^, et lui seroit ou à son Conseil estant avec lui rescript que plus ne recevroit la Court aucunes lettres du duc d'Orléans, sinon par son ordonnance et volenté. Et si a esté envoie le messager ou porteur ou
1. Le greffier a ajoute cette note en marge : Littera originalis missa remissa est Régi,
2. Le Religieux de Saint-Denis (t. lY, p. 623) mentionne avec détails les excès et actes de cruauté commis par les partisans du duc d'Orléans qui occupaient les places de la Beauce, entre autres Toury et Janville.
3. Charles YI était parti dès le début du mois de mai pour l'expédition dirigée contre Bourges et devait se trouver à Bens ou à la Charité ; d'après plusieurs actes du Trésor des chartes, il était dans cette seconde ville à la date du 26 mai.