‹ Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris, 1400-1417Chapitre 42 sur 58 · Allusion à Benoît Xm (Pierre de la Lune · texte numérisé non relu

Allusion à Benoît Xm (Pierre de la Lune

lex dicat quod possessio plurimum habet facti, non tamen est merum factum, sed jus, quia jus est genus quo possessio describitur ac diffinitur, et non per factum, quod non est ipsius genus, et inio non crédit quodhujusmodi cognitio in judicio laycum cadere possit. Et quicquid sit, ad partem tamen et clam dixit seu scripsit, ut super hoc advisaretur Papa, et idcirco Guria potius sibi injuriatur, litteras privatas, que sunt sue et nullius alterius, producendo. Debuerant enim ad eum mittere, et super his eisdem satisfecisset, aliàs aures Régis pulsare potuissent, quod non fecerunt, sed, ipso insperato et improvise, subito prosilierunt contra ipsum ad Regem eum accusando, in quo sibi injuriati fuerunt. Quamvis nichil offendisset nec vellet etiam usque ad mortem ostendere, quare supplicabat quod Rex super his deliberaret que sue disoretioni remittebat, si quoquo modo offenderat, protestans de corrigendo verba sua predicta, si magis improvide quam decebat ea dixerat seu protulerat. >

Messire H. de Marie, premier président, dit que le cardinal confesse qu'il a escripte ou envoiée ladicte lettre qu'il glose, bien est vray que la Court envoya devers lui bien humblement, comme à légat ou message du S. Père, car elle le voudroit révérer, et si a eu tousjours grant peinne de servir l'Ëglise, et mesme es temps des subtraction et neutralité derrainnes, et pour ce semble que l'en doit avoir grant faveur et regart à icelle Court, et pour ce ly supplièrent aucunes choses, et il respondit qu'il feroit tout ce que pourroit et rescriproit au S. Père, et de ce conSans furent tous esbahiz quant virent ce qu'avoit escript, qu'il ont celé et gardé le plus secrètement qu'ont peu ; mais pour ce que

regardoit ToDoeur du Roy et leur couscienoe, et pour ce que par delà avoit esté sceu et publié ce que escript estoit, ont volu adviser de ce le Roy à qui il toudie principaument, car il y sont tenus, si en fera le Roy ce que bon ly semblera, fiais, quant à ce que le cardinal s'esbahit comment la Court a cogneu de provins cialatUj etc., dit que la cause fu introduite en k Court au temps de la neutralité non pas par eulx, mais par les parties, et par telle manière que la Court en povoit cognoistre, et vit que cordeliers se combatoient pour cause de ce provincialité, furent oïz et, information faicte par Tun des seigneurs de la Court, elle bailla Testât à Tune des parties sans autre chose dire et pour cause. Quant au provincial des Jacobins de Tholouse, c'estoit une complainte en cas de nouvelleté, Tun des contendens moru, le plait pendent, et qui avoit osté ou fait oster les lettres et tiltres de l'autre, conune il maintenoit, onques puiz la Court n'en volt cognoistre. Quant au débat et procès d'entre le cardinal de Saluées, d'une part, et Farcevesque de Reins ^ c'est pour le débat des fruis de l'arcediacre, sur quoy furent passez accors en la Court, dont puet trop bien cognoistre. Si a dit finablement ledit président en concluant qu'il

1. Un arrêt du 19 mars 1412 donna gain de cause au cardinal de Saluces et le maintint en possession des revenus de Tarchidiaconé, mais Bimon de Cramant, archevêque de Reims, ayant obtenu par lettres du 15 août, données à Auxerre, provision pour son état, la réparation des édifices de son archevêché et le payement de ses créanciers, le Parlement, par mandement du 20 septembre 1412, ordonna à Tun de ses huissiers, Gachemarée, de surseoir à l'exécution de l'arrêt et de laisser les choses au point où elles se trouvaient au moment de l'obtention des lettres (Conseil, X<« 1479, fol. 195, 216; Jugés, X<» 59, fol. 75 v«).

plaise à Texcusation de la Court rescripre au Pape sur les choses dessusdiotes et contre lesdictes lettres. Tandem le Roy en personne que sur les choses proposées avwa advis avecques son Conseil à un autre jour.

Matinées, VH (X<« 4789), fol. 225-226.

Venredi, xix* jour de février, après disner, au Conseil en la Tournelle criminelle.

 esté délibéré au regart du plaidoié fait jeudi devant le Roy ou du propos touchant le cardinal de Pise : Premièrement , que le privilège des clers du Roy de non paier dixiesme et autres subsides au Pape soit quiz es Chartres du Roy.

Item, que l'en voise devers le Roy et lui die l'en conmient ledit cardinal a failli par les lettres closes touchées cy dessus le xiij' de ce moiz, lesquelles il envoya à Romme.

Item, que pour ce soit défendu audit cardinal qu'il ne dye plus, ne ne publie que le Roy et ses juges, et par espeçial la Court, ne puissent cognoistre des causes possessoires des bénéfices, car il en puet et doit cognoistre.

Item, sera requiz et supplié au Roy qu'il escripve au Pape et au collège des cardinaulx sur ce, et qu'ilz ne croient point aux lettres dudit cardinal de Pise, et que le Pape pourvoie très especiaument aux gens de Par^ lement de bonnes dates et prérogatives, car ilz sont les plus especiaulx clers du Roy et sont dignes de grans prérogatives et franchises, et ainsi leur ont acoustumé de pourveoir les prédécesseurs Papes. Conseil, Xm (X<» 1479), fol. 191 r.

Samedi, xxvij* jour de février.

Maistre J. Virgile, procureur de maistre j. deNourry, maistre des Requestes de TOstel du Roy nostre Sire, s'est opposé et oppose au don que se dit avoir maistre Guillaume de Graon, ou autres quelxconques, dudit o£Bce et à leur institution en icellui office. Matinées, Vn (X<» 4789), fol. 231 ro.

Mardi, premier jour de mars.

Ce jour, maistre J. de la Marche, conseiller du Roy céans, s'est opposé et oppose que nul ne soit receu en son lieu céans sans le oïr avant.

Matinées, Vn (X<» 4789), fol. 232 y».

Mercredi, ix® jour de mars.

Au jour d'ui, a esté receu maistre J. de la Marche comme maistre des Requestes de l'Ostel du Roy S ou lieu que tenoit maistre Pierre de TEsclat^, que l'en dit estre avecques les ducs de Berri, d'Orléans, de Bourbon et autres qui se sont rendus rebelles au Roy, et s'est ledit de la Marche protesté de retourner en l'office qu'il avoit en la Chambre des Enquestes, ou ces que ledit office de maistre des Requestes lui seroit

Conseil, Xm (X^^ 1479), fol. 194 r«.

1. Jean de la Marche, originaire de Yarzy dans TAux^rrois, figure en effet parmi les mutres des Requêtes de l'Hôtel en 1412 ; il devint peu après conseiller au Parlement et visiteur des lettres de la Chancellerie. Bon testament, en date du 30 novembre 1418, fait partie du registre des Testaments présentés au Parlement (X^*" 9807, fol. 510 r*) ; il fut inhumé à Paris dans la nef de Téglise des Jacobins (cf. Blanchard, Généalogies des maistres des Requestes de l'HosUl, p. 87).

2. V. dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 94, la note consacrée à Pierre de l'Esclat qui périt dans les massacres de 1418.

58 "^ JOUBNAL

Jeudi, X* jour de mars.

Messire Philibert, s' de Bofifremont, a requiz céans et protesté que certain arrest jugié et non^pronundé, comme il dit, d'entre les habitans de Nuefdiastel, en Lorreinne, et le procureur du Roy, d'une part, et le duc de Lorreinne, d'autre part S ne ly prejudicie ne aux drois qu'il a en ladicte ville, dont il se dit seigneur pour la tierce partie, et a requiz ce estre enregistré.

Venredi, xj* jour de mars.

Ge jour, s'est opposé maistre J. de la Marche à ce que l'en ne face élection de l'office qu'il avoit céans aux Enquestes, combien qu'il soit receu maistre des Requestes de l'Ostel, ouquel office des Requestes l'en ly met controverse.

Matinées, VH (X<» 4789), fol. 238 v^.

Mercredi, xvj® jour de mars.

Vincent Jamme, du consentement de J. Bonnivant, escuier, huissier d'armes du Roy et commiz à pranre les fauteurs de Pierre de Lune par l'ordonnance des commissaires à ce députez, c'est assavoir, de maistre J. Mangin et T. Tiessart, lequel Vincent estoit prisonnier, est miz à pleinne délivrance.

Matinées, Vn (X<« 4789), fol. 242 r«.

Samedi, xix^ jour de mars.

Ge jour, maistre J. Virgile, procureur du seigneur

de Groy, s'est opposé et oppose au don que l'en dit

avoir esté fait par le Roy nostre Sire à messire J. de

Graon, seigneur de la Suze, chevalier, et aultres

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