Nicolas de Baye a noté le fait en question en marge d'une
Mardi, vij* jour de juin.
Gedit jour, la Court a renvoie la cause d'entre Thommin le Taillendier, marchant, et le procureur du Roy, demandeur, d'une part, et Girart d'Esquay, escuier, soy disant bailli de Gaen , Cardin Le Sesne, RaouUn Massue, Jaquet Dornay, Thomas Regnouart, Colin Regnouart et Olivier Hervé, défendeurs et adjornez à comparoir en personne, d'autre part, par devant les commissaires ordonnez à cognoistre des inobeyssances et rebellions faictes au Roy par pluseurs de ce royaumes pour ce que ladicte cause touchoit la matière sur quoy sont lesdiz commissaires ordonnez. Matinées, Vn (X<* 4789), fol. 283 r».
Mercredi, viij* jour de juin.
Gedit jour, maistre J. de la Marche, conseiller du Roy en la Chambre des Enquestes, que Ten disoit avoir l'office de maistre des Requestes de l'Ostel, ou lieu de maistre Pierre de l'EscIat, combien que contencieux entre ly et maistre Hugues de Cayeu, prevost de S. Omer, et pour ce se estoit autrefoiz ledit de la Marche opposé que, en son lieu de conseiller céans, ne fust aucun receu sans le oïr, a esté requiz de soy déclarer de accepter ou l'un ou l'autre, pour pourveoir
appellation du bailli de Tournai, soutenue par Natalie de Reminghes contre J. Parmantier et consorts; ce passage a été reproduit dans le Journal dPun bourgeois de Paris, p. 22.
1. Voici en quels termes ironiques Juyénal des Ursins (coll. Michaud, !'• série, t. Il, p. 475) parle de ces conunissaires royaux :
< En ce temps là furent ordonnez reformateurs et commissaires contre ceux qu'on tenoit favoriser les Armagnacs, et ne falloit guières faire informations, et suffisoit de dire : Gestuy là Test. Les riches estoient mis à finance par manière de rançon. »
70 JOUHNAL
oudit lieu de céans in cam^ a dit qu'il se rapportoit à ce que la Court en vouroit faire et ordonner, tqutevoie protestoit comme autrefois de recouvrer son lieu de céans in casu que evinceretur locus des Requestes de rOstel qu'avoit.
Venredi, x^ jour de juin.
Gedit jour, la Court s'est partie environ vij heures et est alée à la procession générale pour la paix du royaume et la prospérité du Roy qui est en armes, et son ayné filz avec luy, le duc de Bourgoigne et leurs gens, contre les ducs de Berry, d'Orléans, les contes de Vertus, le duc de Bourbon, ies contes d'Âlençon et pluseurs autres au païz de Berry ; en laquelle procession sont alez nuz piez les gens d'église ^
GonseU, Xm (X<* 1479), fol. 204.
Mardi, xiiij® jour de juin.
Entre J. Bosquet, le procureur du Roy et autres, d'une part, et J. Le Ghin, le duc de Boui^oigne, le conte de Namur, d'autre part, pour ce que maistre J. Jouvenel, advocat du Roy, s'estoit levé pour plaider ceste cause que disoit toucher le Roy grandement, et toutevoie le procureur du Roy et maistre J. Perier, l'autre advocat du Roy, ne savoient que c'estoit, la Court a dit que les parties n'averont audience en ceste cause, jusques à ce que les gens du Roy averont fait leur collation en ceste cause.
Matinées, VH (X<« 4789), fol. 287 r».
Mercredi, xv* jour de juin.
Cedit jour, maistre Ëstienne des Portes, licencié en
1. Ce fait est simplement mentionné au registre des Matinées.
loîzy a esté receu conseiller du Roy en la Chambre des Ëaquestes ou lieu de maistre J. de la Marche, de nouvel maistre des Requestes de TOstel ou lieu de maistre Pierre de TEscIat, que l'en disoit estre de la partie du duc d'Orléans et du duc de Berry, par vertu de certeinne élection faicte en la Grant Chambre de Parlement appellée la. Chambre des Ënquestes, non pas par scrutine, mais de cammuni eansemUj mugularum votis et deliberatùme exploratisy mesme que monseigneur de Nevers en avoit prié la Court instamment.
Cedit jour, a fait moult grant froit et a ^
en pluies par pluseurs jours cy devant, ja soit que par avaût avoit fait grant chaleur hâtive ,
cpii estoit cheue par horribles tonnerres, qui se continuèrent par demi jour tout entier ores à viij jours ^, dont sont venuz en pluseurs lieux et païz grans fulmi*nacions sur les biens de terre et autrement. Et avecques ce sont en ce royaume en divers lieux mortalitez et epidimies, et par tout le royaume batailles et divisions plus que civiles. à Toccasion de la mort du duc d'Orléans, frère germain du Roy et père de mon-: seigneur d'Orléans, qui à présent est^.
' Conseil, Xm (X<M479), fol. 204 V*.
1. Nous laissons en blanc quelques mots, tellement effacés dans le registre qu'ils sont pour ainsi dire illisibles.
2. Les intempéries dont parle Nicolas de Baye se firent également sentir dans le centre de la France, et Tannée royale devant Bourges en souffrit beaucoup. Juvénal des Ursins (coll. Michaud, l^* série, t. n, p. 476) dit à ce sujet : « Survint une merveilleuse tempeste de grands vents et grosse gresle qui abatit les tentes et fit plusieurs grands maux aux pays. »
3. Ce paragraphe se trouve analysé dans le Journal étun hyur* geoU de Paris, p. 23.
n JOURNAL
Venrèdi, xyj* jour de juin.
Gedit jour et toute la nuit, a aussy fort venté que fist passé a x ans.
Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 205 r*.
Mercredi, xxij* jour de juin.
Au Conseil. Est venu le recteur de l'Université de Paris en la Chambre, et a dit à messire Henry de Marie, premier président, en ma présence, que combien que à la requeste d'aucuns eussent esté empêtrées lettres par lesquelles le Roy ordonnoit aucuns conmiissaires pour cognoistre des causes benefidales, tant pendentes que à pendre en Parlement, touchant la subtraction ou neutralité^, tant en cas de nouvelleté que autrement, et que telx causes fussent renvoiées par devent iceulx commissaires, à quoy pieça la Court eust res^ pondu que, aux cas particuliers, la Court, oies les parties, fera droit, Tentention de ladicte Université estoit que la Court feist raison esdictes causes venues ou à venir, céans nonobstant lesdictes lettres.
Cedit jour, s'est partie la Court à vij heures à matin
1. L'aesemblée du clergé de France, réunie à Paris, avait décidé que la présentation aux bénéfices, « durant le temps de la neutralité, » se ferait par les soins de certains commissaires choisis dans son sein, savoir : le patriarche d'Alexandrie, les évoques de Paris, d'Évreux, de Tournay et l'abbé du Mont-Saint- Michel, investis de pleins pouvoirs à cet effet. Gomme les provisions de bénéfices en faveur des suppôts de l'Université avaient donné lieu à de nombreuses contestations, déférées au Parlement et au Ghàtelet, l'Université obtint de l'autorité royale, le 17 octobre 1411, des lettres maintenant ses suppôts en possession des fruits et revenus en litige, et attribuant aux commissaires du clergé la connaissance dos procès et débats soulevés par ces collations de bénéfices (Ordonnances, X^* 8602, fol. 246 v»).
pour aler à la procession générale qui va à S. Marcel pour la paix et prospérité du Roy, qui est en expédition devant Bourges.
GonBeil, Xm (X<« 1479), fol. 205 r«.
Curia vacat pour les processions de la Saincte Ghappelle où elle a esté.
Matinées, VH (X<« 4789), fol. 293 v.
Lundi, iiij* jour de juillet.
Au Conseil, pour ce que moult po de gens estoient
venues au Palaiz, tant de procureurs que d'autres, pour
les processions de la Saincte Ghappelle qui estoient
aléesà Saint Deniz, accompaignez de pluseurs collèges.
Matinées, VH (X<* 4789), fol. 298 r».
AU jour d'ui, sur ce que doubte estoit se Tabbé de Saint Jehan des Vignes de Suessons povoit présenter, par vertu de l'accort^ pieça fait entre lui, d'une part, et messire Guillaume de Dormans, lors evesque de Meaulx, aux offices de maistre, procureur et soubz maistre du collège de Dormans, à occasion de ce que ledit abbé avoit présenté un procureur ou fieu de l'office de procureur dudit collège qui vacoit^, et aucuns doubtoient que la pleinne disposition quant à ce n'apartenist à la Gourt, veu icellui accort, dit m'a
1. L'accord en question, en date du 19 septembre 1388, est mentionné au tome 1" de notre Journal, page 142, note 2.
2. On voit par les comptes du collège de Beauvais (Archives nationales, H 2785) que le procureur, auquel était confiée la gestion financière du collège, était, dès 1400, Pierre Ancel, prêtre, remplacé en 1412 par Pierre Derloit, qui ne resta guère qu'une année en fonctions et eut pour successeur Regnault Pourcel.
esté que, à la présentation dudit abbé, je face et baille au présenté sa collation^.
Gonseil, XIE (X<* i479), fol. 206 v^
• Lundi, xj"" jour de juillet.
Sur la réqueste faicte par maistre Richart Goste et baillée par escript a\ecques lettres de bannissement à rencontre de maistre Gontier Gol, qui s estoit rendu fuitif et estoit, comme l'en disoit, avec mons. d'Orléans ou ses adherens, et oy maistre J. Fourcaut, qui en la cause avoit ja pieça occuppé pour ledit Gontier, lequel Fourcaut a dit que pieça n'avoit occuppé pour ledit Gontier, ne ne voloit occuper.
Dit a esté que la Court oste l'empeschement fait et mis audit Goste pour cause des bourses de notaire, en tant que tguche ledit Gontier.
Conseil, Xm (X<* U79), fol. 207 yf.
Mercredi, xiij* jour de juillet.
Ce jour, furent au Conseil, sur aucunes choses touchant le convoy de madame la Dauphine^, que le Dauphin mandoit aler à lui, estant avec le Roy devant
Item, fu conseillié sur un procès où estoient parti mess" des Ënquestes.
Conseil, XHI (X«« 1479), fol. 207 yo.
Mardi, xix® jour de juillet.
Ce jour, le prieur d'Âbbeville a esté et est d'accort
1. A la marge se trouve cette" rubrique : Pro collegio de Darmano.
2. Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur, mariée en 1409 à Louis, dauphin, duc de Guyenne, et restée veuve, sans enfants, le 18 décembre 1415.
que damp Hahiu Gififet, raoisne daustrier du prieuré d'Âbbeville, qui, par vertu de certeinnes lettres royaulx et à la requeste de Tabbé de Ghiguy, a esté prins et amené en la Conciergerie du Palaiz et depuiz, par Tordonnance de la Court, soubz la main du Roy,' a esté mené prisonnier à S. Martin des Champs, soit baillié, remiz et rendu audit mons. de Clugny ou à ses gQOs et officiers, et que son procès lui soit fait, et soit puni et corrigié par le prieur de S. Martin des Champs, vicaire dudit liions, de Clugny.
Mercredi, xx* jour de juillet.
La Court a vaqué pour la procession de la Saincte Chappelle, qui, accompaignée de la Court et pluseurs religieux et collèges de religieux de Paris, a esté piez nuz à Saincte Katerine du Val des Escoliers, et y ont esté portez la vraie croix et le chief de saint Loiz. Matinées, Vn (X«* 4789), fol. 309 v«.
Lundi, premier jour d'aoust.
Ce mesme jour, fu pronuncié un arrest d'entre le procureur du Roy et les habitans de Neufchastel en Lorreine^ par lequel a esté dit que la Court adjuge auxdiz demandeurs contre lesdiz defaillans tel proufit par vertu des quatre defaus, que la Court tient et repute lesdiz defaillans pour conveincus et attains des crimes et maléfices à eulx imposez, et iceulx et chascun (feubc, pour le tout, condempne à rendre et mettre reaument et de fait en la main du Roy tous et chascuns les prisonniers nommez ou proufit requiz
1. Les nom et qualité de la partie adverse, le duc de Lorraine, sont restés en blanc.
76 JOUBNAL
desdiz defauz, c'est assavoir, Thierry Pourcelot, maistre Jaques Fourot, Lambelot Belpigne, J. Fourot, Âubriot Ghifflot, Huin Gfaabaye bel, J. Pourcion, Willaume Pourcion, Guillemin Golinet, Thevenin dit le Grenetier, MenginGhudel, HumblotBaveline, MenginRoqueneuse, Mengin Racinette et J. Ourry, et à rendre tant à iceuh^ prisonniers comme auxdiz demandeurs en la qualité qu'ilz procèdent, c'est assavoir, pour euhc et les autres habitans, tous leurs biens, de restimation desquelx iceulx prisonniers demandeurs et habitans en ladicte qualité seront creuz par leurs sermens, c'est assavoir, chascun pour tele portion que lui puet apartenir, jusques à la somme de l mil libvres toumoiz et au dessoubz pour eulx tous ensemble, et sera iceUe sonmie de L mil, ou ce qui au dessoubz sera juré, levé et receu par certain commissaire qui en fera distribution à chascun selon ce qui lui en apartendra. En oultre, la Gour condempne lesdiz ducs de Lorreinne, Henry et Gharlot de Dueilly, et chascun d'eulx pour le tout, à réintégrer et reparer la sauvegarde du Roy nostre Sire par eulx enfireincte en la personne de feu Guillaume Huel, et en icelle réintégrant à restablir icellui feu Guillaume Huel par figure à ses fenmie et enfans publiquement, et à fonder en l'église où il est enterré une chappellanie, douée de cinquante libvres tournois de rente annuelle et perpétuelle, admortie aux fraiz et despens d'iceuhc duc, Henry et Gharlot de Dueilly, de laquelle chappellanie la collation apartendra au Roy nostre Sire et à ses successeurs Roix de France de plain droit, et à asseoir à la femme et enfans, ou ayans cause duditfeu J. Huel, cent libvres tournois de rente annuelle à vie d'iceulx vefve et enfans ou ayans cause
et du survivant d*eulx, et leur paier pour une foiz la somme de ij" libvres tournois. Et, en oultre, la Court condenqpne tous lesdiz compliœs defaillans et chascun pour le tout envers lesdiz prisonniers et envers les dessus nommez Golart Belpigne, Golart Fourot et Henry Colinot, es noms qu'îlz procèdent, c'est assavoir, pour eulx et les autres habitans, pour leur dammage et interests en la sonune de vint mil libvres tournois. Et si condempne ledit duc à remettre en estât les neuvelletez et entreprises faictes audit lieu de Nuefchastel contre Farrest pronuncié en Parlement contre icellui duc Tan mil IIP IIII" XI et Texecution d'icellui, lesquelles nouvelletez et entreprises la Court met au néant et exempte lesdis habitans de Nuefchastel et leurs successeurs, d'ores en avant à tousjours mais, de la jurisdiction, obéissance et subjection dudit duc de Lorreinne et de ses successeurs, et demourront iceulx habitans et leurs successeurs subgiez nuement du Roy nostre Sire et de ses successeurs. Et avec ce la Court declaire ledit duc, pour les désobéissances plus à plain contenues ou procès, estre encouru envers le Roy nostre Sire es peinnes de x mil mars d'argent, d'une part, et de x mil mars d'or, d'autre part ; toutes lesquelles sommes et adjudications seront prises, levées et exécutées sur lesdiz duc et autres complices par la manière dessusdicte, premièrement et devant quelcunque autre amende ou confiscation. Et si condempne la Court lesdiz duc et complices es despens desdiz Colart Fourot, Colart Belpigne et Henry Colinot, esdiz noms qu'il procèdent, la taxation à la Court réservée. Et en oultre, par le moien du bénéfice du procureur du Roy, la Court condempne ledit duc pour
78 lOURNAL
pluseurs courses, pillerîes, roberies, feux boutez et autres pluseurs graûs et énormes crimes et deiiz par lui, ses gens, svh^^et alliez conmiz et perpétrez ou royaume environ ledit Nuefiâiastd d^uiz xx ans en ça, à rendre et restituer aux singuliers d'icellui paiz domnagiez à la cau^e dessusdiete leurs pertes et dommages, dont ledit procureur du Roy, lui sur ce informé, sen creu par son senttent jusques à la somme de xl mil et au dessoubz, pour tous iceulx dammages, laquelle somme sera levée et distribuée à iceulx dammagiez par certain commissaire, c'est assavoir, à chascun ce qui lui en apartendra. Et en tant que touche le procureur du Roy pour les crimes, deliz, félonies et excès dessusdiz, la Court déclare ledit duc et ses complices defaillans avoir commiz envers le Roy nostre Sire et à son proufit tous leurs fiefs et arrierfiefs qu'il ont ou royaume tenus du Roy par moien ou sans moien, et si les bannist du royaume, et confisque au Roy le demourant de tous leurs biens ^ La pronunciation dudit arrest a esté délayée par long
i. Nicolas de Baye mentioniie également dans le registre des Matinées, mais en quelques lignes, cet arrêt c moult notable » contre le duc de Lorraine et ses complices. On en trouvera la teneur complote au Criminel (X^* 16, fol. 170 à 185). Il a été imprimé à Paris en 1634 chez Jacques Yillery, sous le titre de : Àrrest du Parlement de Paris donné et rendu à la requesie du procureur du Roy contre Charles II, duc de Lorraine, et autres corn» plices et accusez. Gomme le récit des énormes excès commis par le duc de Lorrûne à l'égard des habitants de Neufchàteau, sévèrement réprimés par Tautorité royale, occupe une place importante dans l'histoire de la Lorraine, M. Digot a longuement analysé Tarrèt du {•' août 1412, avec de nombreuses citations dans le chapitre qu'il a consacré au duc Charles II (Histoire de Lorraine, t. U, p. 293 à 325).
DK NIGOUS M BATE (1412). 79
tmps pour la prière et contemplation d'aucuns grans seigneurs qui Fempeschoient devers le Roy et pour eschiver piz, comme aucuns disoient.
. ConseU, XIH (X<» 4479), fol. 209 r».
Mercredi, iij* jour d'aoust.
Gedit jour, a la Court receue lettres closes du Roy nostre Sire estapt à Àucerre, et monseigneur le Dauphin, son ainsné filz, et autres seigneurs de son sanc estans avecques luy, comme l'en dit, desquelles lettres la teneur s'ensuit :
De par le Roy, nos amez et feaulx, comme pour réduire à nostre obeyssance aucuns de ceulx de nostre sang et linage et autres, qui, contre nous et les commandemens à euh fai£ de par nous par nos lettres patentes et autrement, avoient en nbstre roiaume fait et commiz pluseurs entr^rises à nostre grant desplaisir, nous, à grant compaignie de gens de guerre nous soions trais ou paiz de Berry et jusques devant la ville de Bourges, où nous avons esté par aucun temps, comme vous savez assez, durant lequel, pour le bien de nostredit roiaume et relievemens de noz subgiez, nous ayons, par Tadviz de nostre très cher et très amé ainsné fllz le duc de Guienne, Dauphin de Yiennoiz, et autres de nostre sang et nostre Conseil, ordonné certeinnes choses qui, au plaisir de Dieu, seront à la paix et transquillité de nostredit royaume; pour lesquelles choses mettre en seurté, au bien de nous et de nostredit royaume et de tous nosdis subgiés, nous ayons ordonné et nous soyons disposé estre en nostre ville et cité d' Aucerre le z* jour d'aoust prouchain venant, auquel jour nous ayons fait convoquer grant nombre de ceulx de nostre sang et de nostre Conseil, prelas, nobles et notables personnes des bonnes villes de nostredit royaume, nous vous mandons et enjoignons expressément que^ ces lettres veues, vous eslisiés entre vous \} notables personnes et un président de nostre Parlement, et iceulx députez et envoiez par devers nous avecques et en la compaignie de nostre premier président d'icellui Parle* ment, audit jour et lieu d' Aucerre, auxquelx aussy, par ces
mesmes lettres, et à chascun d'eulx, nous mandoDs qu'ilz y viegnent et y soient pour nous conseiller es choses dessusdictes; et gardez bien que en ce n'ait fkulte.
Donné audit jour, d'Aucerre, le pénultième jour de juillets Signé : CHARLES. Fsbxon.
Conseil, Xm (X<* 1479), foJ. 210 r».
Venredi, v* jour d'aoust.
La Court vaque ce matin, pour ce qu'elle est alée par manière de court à apporter le corps, de Saint Antoinne hors Paris aux Chartreux, de messire Pierre de Navarre, lequel estoit trespassé, comme l'en dit, à Nevers au retour du voiage de Bourges où a esté le Roy, et ouquel voiage ont esté mors pluseurs grans seigneurs et autres, Jes uns par pestilence de grant chaleur qui a esté, et sécheresses et pourretures de charoignes, les autres de grans mesaises et nécessité, les autres autrement*.
Matinées, Vn (X<* 4789), fol. 317 vo.
Mardi, ix^ jour d'aoust.
Gedit jour, s'est levée la Court à ix heures pour adviser à qui s'adressera l'exécutoire de l'arrest obtenu pour le Roy et les habitans du Nuefchastel contre le duc de Lorreinne, car le Roy a rescript d'Aucerre qui voloit qu'il s'adressast au duc de Bar. Item, d'adviser
1. Ces lettres missives de Charles VI ont été reproduites par Douôt d'Arcq, ChoûD de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, 1. 1, p. 350.
2. Une mention analogue, donnant les noms des principaux personnages qui succombèrent durant Texpédition de Bourges, figure dans le registre du Conseil (X^» 1479, fol. 210) ; elle a été imprimée par Douôt d'Arcq, dans son Choia de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, 1. 1, p. 353.
sur certeinnes lettres venues du Roy au Ghancellier et eo son absence au Parlement pour faire cesser de cy à iij sepmainnes les excomuniemens publiés, passé a demi an, contre les ducs d'Orléans, de Bourbon, les contes d'Alençon, d'Ârmignac et autres, pour les entreprises et desobeyssances par eulx faictes ou préjudice du Roy et de son royaume, lesquelles excommunications se faisoient par vertu de certeinnes bulles du pape Urbain Quint par toutes les églises parrochiaux de Paris et autres de ce rovaume à cloches sonans et chandoilles estainctes^
Matinées, VII (X<« 4789), fol. 319 yo.
Lundi, xij® jour d'aoust.
Gedit jour, en cspecial, et les autres jours de ce moiz d'aoust et du mois de juillet derrain passé, ont esté si grans chaleurs et sécheresses que onques fussent veues de mémoire d'omme, et telement que, ledit jour XV®, en issant des églises ou maisons et à venir en rue, sembloit que Ten venist à la bouche d'un four chaut, tant estoit Tair eschaufé^.
Matinées, VU (X<» 4789), fol. 321 ro.
1. Cette excommunication avait été lancée le 13 novembre 1411 et publiée au parvis Notre-Dame par un frère mineur, en vertu des bulles que le pape Urbain Y fulmina de 1364 à 1369 contre les Grandes Compagnies. (V. à ce sujet le Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 16, note 2.) Juvénal des Ursins (p. 470) nous éclaire sur le rôle joué par l'Université de Paris qui répandit partout cet interdit, mais observe que ces bulles, s'adressant aux archevêques de Reims et de Sens et aux évéques de Paris et de Chartres, réputés armagnacs, ne furent suivies d'aucun effet.
2. Le Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 25, parle également de cette température exceptionnelle et dit que « chascun estoit
82 JOUBNAL
Jeudi, xviij* jour d'aoust.
Ce jour, ay esté requiz de faire registre selon ce que a esté respondu à certeinne requeste baillée en Court par maistre Amblart de Murol, chanoinne de Paris^, du xiij® de ce moiz, sur ce que s'ensuist, c'est assavoir :
Que environ janvier derrain passé, du jour ne me recors, pour la cause touchée cy après, maistre George Guy, prisonnier es prisons de monseigneur Tevesque de Paris pour occasion d'une calumpnieuse denunciation faicte à justice contre ledit maistre Âmblart, et appellant du prevost de Paris à la Court de céans, qui moult griefment estoit malade, se fit apporter en la sale du Palaiz devant l'uiz de la Chambre de Parlement, et me dit que, ou cas que l'en le voudroit envoier en rOstel Dieu, attendu sa maladie, il renunceroit à toutes appellations faictes en Parlement par lui, ce qui plut à la Court; mais pour ce que depuiz ne vint à ma notice que des prisons de monseigneur Tevesque eust esté porté audit Hostel Dieu, ou que ladicte condition fust purifiée, et que les procureurs des parties ne vindrent depuiz à moy, ce que dévoient faire, ne fii point enregistré pour lors, ne depuiz jusques à ores que ledit Amblart est, venu quérir registre de ce que
dit est.
Matinées, Vn (X«» 4789), fol. 323 v.
moult agrevé pour le grant cbault qu'il faisoit; » aucune pluie ne tomba depuis la Saint-Jean jusqu'au commencement de septembre.
1. Amblard de Murol figure parmi les cbanoines de Notre- Dame en 1397; il est encore mentionné dans les registres capitulaires au début de l'année 1416.
Samedi, xxvij^ jour d'aoust, au Conseil.
Ce jour, messire H. de Marie, président céans, et yj autres des seigneurs de céans qui estoient aie à Aucerre au mandement du Roy nostre Sire, retournez, ont relaté à la Court que sur le tractié de la paix d'entre le duc de Boui^oigne, d'une part, et les ducs d'Orléans et ses frères tant a esté procédé que en plain conseil où presidoit monseigneur le Dauphin audit lieu, presens les pers de France, les ducs de Berry, de Bourbon, de Bar et moult d'autres seigneurs du sanc royal, barons, chevaliers, escuiers et bourgoiz des bonnes villes, et ceulx qui envoiez y avoient esté de par l'Université de Paris, lesdiz seigneurs ont fait, promiz et juré solennelment, les Sains Évangiles et la croix touchés, paix entr'eulx selon la forme de certeinne cedule ilecques leue. Et pour ce que c'est moult grant grâce de Dieu et moult grant joie à ce royaume, a esté ordonné que l'en chanteroit Te Deum par toutes les églises. Si ont esté mandez l'official de Paris et le doien de chapitre pour ce mander aux églises, et ainsy a esté fait. Et oultre a esté ordonné que, lundi prouchain, sera faicte procession générale où la Court sera
Matinées, VU (X*» 4789), fol. 328 70.
Gedit jour, flirent les seigoeurs des n Chambres assemblez en la Grant Chambre de Parlement pour oir la relation de messire H. de Marie, premier président, et yi des autres seigneurs de céans qui avoient esté envoiez à Aucerre de par la Court, au mandement du Roy nostre Sire pour le tractié faire de la paix d'entre les ducs d'Orléans et ses frères, d'une part, et de Bourgoigne, d'autre part. Si ont relaté à la Court que, le xxij* de ce présent moiz d'aoust, lesd. duc d'Orléans, le conte de Vertus et le duc de Bourgoigne, en la cité d'Aucerre, en plain Conseil où
presidoit monseigneur le Dauphin, ainsné fliz du Roy, presens les pers de France, les ducs de Berrj, de Bourbon, de Bar et pluseurs autres seigneurs du sanc royal, barons, chevaliers, escuiers, bourgois des bonnes villes et les messages de TUniversité de Paris, et conseilliers royauk, tous en moult grant nombre, lesdis seigneurs dessus nommez flrent, promitrent et jurèrent solennelment, les sains Evangiles et la croix touchez, paix entr'eulx selon la forme de certeinne cedule ilecques leue. Et pour ce que ce vient de moult grant grâce que Dieu a fait à ce royaume, considérez les maulx qui à occasion de la guerre desdiz seigneurs ont esté faiz depuis ii ans, à l'occasion de la mort du feu duc d'Orléans, père desd. duc d'Orléans et conte de Vertus, flrere germain du Roy nostre Sire et cousin germain de monseigneur le duc de Bourgoîgne, et nepveu du duc de Berry. Et telement, car Ten dit que desja avoient esté mors et tuez en ce royaume, tant d'un costé que d'autre plus de xx mil personnes de tous eslas, tant en armes que autrement, et par especial, puiz la S. Jehan, devant Bourges, où le Roy et monseigneur le Dauphin avoient esté en armes pour asseger le duc de Berry, de Bourbon et autres seigneurs qui y estoient du sanc du Roy et autres en grant nombre, les duc d'Orléans et conle de Vertus et le conte d'Angolesme, ses frères, estans à Orléans, ont esté mors des gens d'armes du Roy et du duc de Bourgoîgne plus de viii"*, comme Ten dit, que de fer que de povreté, mesaise et nécessité, pour les très excessives chaleurs et sécheresses qui ont esté et encores sont par m mois et plus, et aussi pour la tribulation que ont soufert autres gens povres, tant femmes que enfans que hommes, se soient mors et meurent par toutes les citez et villes de ce royaume en moult grant nombre. Et que, à l'occasion d^une lettre royal passée environ la S. Deniz derrainement passée ta publié abandonnement des corps et biens de ceulx qui seroient ou estoient fkvorisans auxdis d'Orléans, aient esté faiz tant de maulx, crimes, pilleries, roberies et calumpnieuses accusations et impositions sur pluseurs vaillans et sages hommes et sur pluseurs bons bourgoiz et bourgoises et autres simples gens et sur leurs parens et amis, et telement que par le conseil, comme aucuns disoient, de pluseurs de l'Université de Paris, ou d'icelle Université ont esté
publiquement excommuniez depuis ladicte S. Deniz jusques à Yiii ou XY jours cy devant, à cloches sonnans et chandoilles esteinctes, les ducs d'Orléans, de Bourbon, contes d'Âlençon, de Vertus, d'Armignac, messire Charles de Lebret, lors connestable de France, qui estoient venus devant Paris ceste année environ la Toussains, et leurs allez, complices, aydans et confortans, par vertu d'une bulle donnée par le Pape Urbain Quint. Ont aussi esté trop de gens mors es prisons de Ghastellet en cest yver, qui avoient esté priz, tant à la besoigne qui fu à Saint Gloud environ la Saint Martin, que ailleurs et à Paris, souspeçonnez et attainsd^avoir esté du cousté desdis enfans d'Orléans, desquelx pluseurs l'en laissoit morir de fain, comme Ten dit, et si leur nyoit Ten confession, comme l'en disoit, et ancores les mors l'en menoit tout nuz à charretées, sans braies ne sans autre couverture, ou Marchiéaux pourceaulx lez la porte Saint Honoré, et à peinne metoit l'en un po de terre sur eulx. Et si en a l'en tué pluseurs par la ville de Paris, et jour et nuit, et de gens de très bon nom^ comme le receveur de Chartres qui estoit venus au mandement de la Chambre des Comptes à Paris, pour ce que l'en disoit qu'il estoit Armighac. Car pour lors l'en appelloit ceulx qui estoient du costé desdis enfans d'Orléans, Armighas,anomtn« du conte d'Armighacque l'en disoit principal conseillier de celle partie pour l'amour qu'il avoit eue audit feu duc d'Orléans. Et somme toute, quicunques de quelque estât quUl fUst, ftist du sanc du Roy, fust chevalier, baron, bourgoiz, d'église, petit ou grant, qui estoit, ne tant ne quant, souspeçonné d'estre Armighac, estoit en péril, tant de son corps que de son estât. Et a falu pour sauver leur vie que par neccessité pluseurs de divers estas soient partiz de Paris et alez, ou à Orléans, ou à Bourges, ou ailleurs es terres desdiz seigneurs; si ont esté donnez leurs ofQces, prins leurs biens, abutinez, donnez, departiz ou vendus. Et estoit en ceste tempeste le plus
1. Juvénal des Ursins rapporte dans sa chronique (p. 467) que « terribles et horribles meurtres se faisoient à Paris contre ceux qu'on tenoit estre du parti d'Orléans. Et suffisoit pour tuer un notable bourgeois et le piller et desrober de dire et crier par quelque personne en haine : Voilà un Armagnac. »
auctorisé, qai plus hardiement se boutoit en la besoigne, pour ce que le péril avoit esté si grant par la témérité et oultrageuse entreprise de venir devant Paris par lesdis Armighas, que celx qui plus besoignoîent et plus avoient honneur. Et furent esta* bliz juges contre iceulx Armighas de par le Roy, c'est assavoir, maistre J. du Drac, président en Parlement quartus et antiquuSy maistre Eustace de TAitre, maistre Nycole d'Orgemont, chanoinne de Paris, maistre Nycole de Biencourt, maistre Pierre BufOere, conseilliers du Roy céans, maistre Jaques du Boiz, advocat ou Ghastellet, maistre J. de Troies, sirurgien, maistre Pierre Gauchon, licencié en décret et maistre en ars en T Université de Paris, Martin de Neauville, drapier à Paris, Thomas Le Goiz, bouchier à Paris, maistre Guillaume Barrant, secrétaire du Roy, et estoit clerc ou graphier, maistre Pierre de Fresnes; par lesquelx pluseurs ont esté puniz pecunielment de grans amendes, et aucuns corporelment. De toutes lesquelles choses et perilx et pluseurs autres a esté, par la grâce de Dieu seulement, ce royaume délivré par ladicte paix*. Pour quoy Ai ordonné que Te Deum seroit chanté par toutes les églises incontinent et les cloches sonnans. Et pour ce ftirent mandez le doien de Paris et TofScial, le Prévost des Marchaus et eschevins de Paris, qui, venus, louèrent ce. Et oultre fu ordonné que lundi prouchain seroient faictes processions generaulx de Nostre Dame à Saincte Geneviève pour mercier Dieu, qui de sa grâce a ainsy regardé ce royaume en pitié'.
Conseil, XIH (X<« 1479), fol. 212 V.
Lundi, xxix® jour d'aoust.
Ce jour, vaque la Court pour les processions gene-
1. En regard de ce passage est écrit dans la marge : Nundum tamen.
2. Quoique cette seconde relation ait été publiée dans le Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, pages 354- 358, nous croyons devoir la reproduire à cause des nombreuses incorrections et omissions qui se rencontrent dans le texte édité par Douôt d'Arcq.
DE NICOLAS DE BAYE (t412). 87
raies qui se font de Nostre Dame à Saiacte Geneyieve^, pour rendre grâces à Dieu, qui de sa grâce a fait paix entre nosseigneurs de France, à cause de la noise et division desquelx ce royaume estoit taillié d'estre destruit, car à occasion de la guerre, hors les occisions, roberies et pilleries et oultrages de fait, le peuple de ce royaume, tant prelas, gens d'église, boui^oiz et autres, ont esté telement pressez de tailles, disiemes, empruns divers et pluseurs, que là où Ten savoit argent, fust à église, fîist à pupilles ou autres gens, l'en le prenoit de par le Roy, comme l'en disoit, pour la nécessité qui estoit.
Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 213 v^
Ce jour, la Court a mis au néant certeinne appellation entrejectée par la femme de maistre J. 6. Gaudel, conseiller du Roy nostre Sire, de certains exécuteurs d'une taille mise sus pour le convoy faire de madame de Guienne à Sens ou Aucerre, que ladicte femme et son mari avoient exécuté pour la somme d'un escu.,
et sans amende.
Matinées, VU (X«« 4789), fol. 329 r«.
Samedi, iij^ jour de septembre.
Gedit jour, pour ce que pluseurs, qui avoient soy retrait devers nosseigneurs de France estans du parti de monseigneur d'Orléans et avoient esté leurs biens donnez et venduz, avoient eu et présenté céans lettres de restitucion^, à l'entérinement desquelles pluseurs
1. Ce paragraphe est reproduit par Doudt d'Arcq, dans son Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, 1. 1, p. 358.
2. On remarque, en effet, à la date du 30 août et à celles des
s'estoient opposé, et pour ce qu'il y avoit d'aucuns vignes à vendenger, si eussent requiz que par la main du Roy et au proufit fussent vendengées et les autres choses gouvernées par la main du Roy, ce que eust par rcqueste en escript octroie la Court, à quoy ancores se fussent aucuns opposez, la Court au jour d'ui a dit et ordonné que ladicte provision tendra et sera faicte de gouverner les choses contentieuses, et vendenger et faire autres choses neccessaires par la main du Roy, jusques à ce que autrement en sera ordonné.
Matinées, Vn (X^* 4789), fol. 332 ro.
Venredi, xyj« jour de septembre.
La Court, veues et oyes les requestes de Tenterinement de pluseurs lettres ^ sur la restitution des biens de pluseurs miz en la main du Roy à occasion des descors, divisions et debas qui des pieça et jusques à ores ont esté en ce royaume entre pluseurs du sanc royal et pluseurs officiers, vassaulx et subgiez du Roy, a ordonné et ordonne que iceulx biens meubles et immuebles, esquelx n'a aucun tiers détenteur ou pos-
l*' et 2 sept., plusieurs oppositions inscrites au registre des Matinées (fol. 329-332) contre l'entérinement des lettres obtenues par Philippot de Brebant, Pierre l'Orfèvre, Philippe de Gorbie, Pierre de l'Esclat et Jacques du Puy, portant restitution de biens et d'offices.
i. Voir au registre des Matinées (aux dates des 6, 10, 12 et 13 septembre) les oppositions interjetées au sujet de l'entérinement des lettres de restitution présentées par Jacques du Puy, J. Gaignet, J. Haudri, Gontier Gol, Martin Derian, ces trois derniers pour l'office de notaire du roi, par Tévêque de Chartres, par Guillaume Le Bouteiller et Nicole Le Dur ; des oppositions analogues sont reçues les 24, 27 septembre et !•' octobre (voirie registre des Matinées, X^» 4789, fol. 342).
sesseur, soient délivrez à ceulx à qui par avant ladicte main mise apartenoient, et qui sur ce ont lettres de restitution, et sans le préjudice du Roy ou temps avenir en autres choses.
Item, que l'en entérine les lettres de restitution des offices donnez à Toccasion dessusdicte.
Conseil, XEI (X^* 1479), fol. 215 yo.
Ce jour, maistre J. Le Clerc a renuncié à l'opposition qu'avoit faicte à l'entérinement des lettres de restitution de l'office de maistre des Requestes de maistre Phelippe de Gorbye, et a consenti et consent l'entérinement d'icelles lettres.
Matinées, VH (X^« 4789), fol. 341.
Samedi, xvij* jour de septembre.
Ce jour, a esté ordonné à la requeste de maistre Guillaume de Yilliers, président en la Chambre des Ënquestes, que je ne délivre point les amendes au jour d'ui pronunciées au receveur, mais soient exécutées par la Court, et l'argent qui en vendra miz devers la Court pour paier premièrement que à autres les officiers de ceste Court.
Conseil, XHI (X<* 1479), fol. 215 v.
Cedit jour, fina Parlement du tout, fors tant qu'il fu ordonné que tout ce qui seroit fait decy à mardi prouchain inclusive seroit dit fait comme en Parlement et
vaudroit arrest.
Matinées pC*» 4789), fol. 341 r^.
Mardi, xx* jour de septembre.
Ce jour, a esté ordonné maistre J. Charreton pour aler à Court de Romme porter le roole de Parlement,
90 JOIHINAL
et m'a esté commandé de signer les lettres missives à ce neccessaires du jour d'ui, et de faire lettres narratives de Fordonnance de la provision sur les bénéfices que tiennent les cardinaulx, qui sont en povre estât, pour quoy sera mandé audit Gharreton qu'il somme lesdiz cardinaulx de par le Roy et sa Court de tenir et maintenir lesdiz bénéfices en si bon estât et convenable et tel conune il appartient, selon les ordonnances, et la sommation ainsy faicte, la reporter et relater à la Court, afin de y pourveoir comme il appar-
tendra.
Conseil, XHI (X^« 1479), fol. 216 r*.
Furent leues lettres sur la restitution des offices qui par avant le débat des seigneurs du sanc royal les
avoient.
Matinées, Vn (X<* 4789), fol. 341 V.
Venredi, xxiij* jour de septembre.
Ce jour, ont esté présentées en la Chambre unes lettres, toutes contraires à unes qui furent lundi derrainement passé présentées céans, leues et enregistrées, par lesquelles derrenieres le Roy reçoit à opposition ceulx qui avoient esté mis es offices durant la guerre des seigneurs du sanc royal, et qui avoient bouté hors ceulx qui y estoient par avant, soubz couleur de ce que favorisoient contre le Roy la partie du duc d'Orléans, et mande le Roy qu'il joyssent intérim^ et toutevoie par les lettres de lundi voloit que les autres fussent restituez sans quelque opposition. Lesdictes lettres veues et considérées, tandem a esté respondu à messire Jaques d'Egreville qui content du bailliage de Sens contre messire Gasselin du Boiz, et à
maistre Baude des Bordes qui coDtent d'office de notaire, et à autres qui sont serviteurs du duc de Bourgoigne, que la chose est grant, et ne siet point le Parlement, et si n'y a que un président et la lettre s'adresse aux presidens, et faloit attendre qu'il fussent assemblez, mais pour ce qu'elle a esté leue, je y ay mis : Lecta in Caméra^ presentibus nonnullis de dormir niSj par conunendement.
Conseil, Xm (X^» 1479), fol. 216 v.
Lundi, iij* jour d'octobre.
Furent en la Tournelle criminelle messire H. de Marie et aucuns des seigneurs en petit nombre qui ont respondu à messire Jaques d'Aigreville, messire Regnault d'Azincourt et autres qui requeroient que, par vertu de certeinnes lettres derrainement obtenues au proufit de pluseurs qui estoient par vertu de certeinnes autres lettres precedens déboutez de pluseurs offices qu'avoient obtenu pendent le débat de nosseigneurs du sanc royal, fussent receuz à opposition et joissance d'iceulx offices, selon la forme d'icelles lettres, que les premières lettres avoient esté entérinées durant le Parlement, et les derrainnes, dont se voloient ayder lesdiz requerans, avoient esté présentées, fine le Parlement et les presidens absens, et pour ce que la chose estoit grande et grosse, et n'y avoit que un président et très po des seigneurs, ne povoient de présent à plain délibérer sur ladicte requeste, mais une autre foiz y feroient ce qu'il apartendroit par raison.
Gonseil, Xni (X<« 1479), fol. 216 v«.
Mardi, xv® jour de novembre.
Jaques de Bailleul, serviteur soy disans du duc de
Bourgoigne, est venu dire à la Court de par ledit duc que l'en ne procède point contre Olivier de Stannevelle ne ses compaignons, jusques à ce que l'en ait autre
nouvelle*. Matinées, VH (X«* 4789), fol. 346 v*.
Venredi, xviîj* jour de novembre.
Ce jour, ont esté présentées à la Court certeinnes lettres royaulx par manière d'ordonnance passées par le Roy en son Conseil, où estoientle duc de Guienne, le duc de Bourgoigne, le sire de Helly, le prevost de Paris et le duc de Guienne {sic)^ par lesquelles le Roy restitue tous offices et maladicres (sic) à ceulx qui les avoient au tenips de la paix faicte à Bourges, combien que ceulx qui par avant les descors des seigneurs de France eussent esté restituez auxdiz offices, et adnulle
i. Olivier de Stannevelle et ses compagnons, au nombre dé neuf, étaient poursuivis criminellement pour « port d'armes, infraction de sauvegarde, pilleries, roberies, à la requête de Jean de Rosoy, chevalier, et de Béatrix de Précy, sa femme, adjoints au procureur du Roi. • En 1411, Olivier de Stannevelle, avec d'autres nobles, s'empara du château du Ghatelier, appartenant à Jean de Rosoy, détruisit les granges et édifices de la bassecour et pilla les villages environnants ; il garda le château en dépit de toutes les sommations qui lui furent adressées par l'autorité, reçut mômQ fort mal le lieutenant du prévôt de Sainte- Menehould, qui fut gratifié d'un coup de dague, et un sergent frappé d'un coup d'épieu dans la poitrine. Dans les plaidoiries qui eurent lieu à la Tournelle, le 22 novembre 1412, l'avocat d'Olivier de Stannevelle, Philippe de Morvilliers, défendit son client en invoquant des raisons d'ordre politique, prétendant que Jean de Rosoy avait fait cause commune avec les ennemis du roi, notamment avec Glignet de Brebant, qu'il avait assisté dans maintes occasions. Le Parlement décida qu'il verrait les informations, conunissions et lettres dés parties et leur ferait droit, et en attendant élargit les accusés (Criminel, X^a 17, au 22 novembre 1412).
le Roy tous procès pendens en Parlement ou ailleurs, tous arrests, toutes sentences, oppositions, et en entredit la cognoiscence à la Court et en retient la cognoiscence à son Conseil et pour ce...^.
Conseil, Xin (X<* 1479), fol. 222 y*.
Samedi, xx\j* jour de novembre.
Ce jour, a esté monseigneur le Chancellier en la Chambre pour eslire ij consilliers céans es lieux de maistre Estienne des Portes, qui par avant avoit gages de clerc, et par vertu de lettres royaulx a requiz avoir gages de lay ou lieu de maistre J. de Laigny en la Chambre des Enquestes, nagueres trespassé. Et a esté par délibération des Chambres, presens les maistres des Requestes, pour la grant prière pluseurs fois faicte, tant de la Royne que de monseigneur de Guienne, ainsné filz du Roy, etatis de xvj ans ou environ, disans que c'estoit la première requeste que céans avoit faicte et a eu pour contemplation d^aucuns de ses serviteurs, délibéré par la plus grant partie des seigneurs desd. Chambres, excédent l'autre partie in duobtêSj que sans faire scrutine, en obtempérant à la requeste dudit duc, l'en pranroit maistre Thiebaut de Vitri, licencié en droit canon, comme l'en dit, et né de Paris. Et ou lieu de maistre J. Charreton, conseiller du Roy aux Enquestes de céans, qui vient en son ordre à monter en la Chambre, ou lieu de maistre Nycolas Fraillon^, fait maistre des Requestes de l'Ostel
1. Ici deux lignes ont été soigneusement grattées, et il semble impossible de restituer le sens de ce qui manque; du reste les redites et lapsus que contient ce texte témoignent de certaines préoccupations chez notre greffier.