‹ Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris, 1400-1417Chapitre 46 sur 58 · Nicolas Fraillon, créé maître des Requêtes de THôtel par · texte numérisé non relu

Nicolas Fraillon, créé maître des Requêtes de THôtel par

OU lieu maistre Henry de Savoisî, a esté esleu communi eaneordia en la Chambre sans ce retraire à scrutîne maistre Adam de Cambray, né deMontespereur*, ou dyoeese de Chaalons, licencié in utroque et maistre es ars, qui par v ans a leu l'ordinaire en Gloz Brunel, nonobstant que ledit Fraillon eust resigné au proufit de maistre Guillaume Garroble, marié, qui n*a pas esté receu, mesme pour ce que le lieu estoit de clerc.

Conseil, XHI (X<* 1479), fol. 223 v^.

Hardi, xxix* jour de novembre.

Ce jour, sont venus devers la Court messire J. de Calleville, chevalier, de par le Roy nostre Sire, et Guillaume de Norray, escuier, de par monseigneur le Dauphin, dire que la Court cogneust de la cause d'entre J. Campion, d'une part, et les habitans de Caen, d'autre part, et feist raison et justice aux parties, et est à occasion de ce que lesdiz habitans avoient impetré lettres par lesquelles le Roy mandoit à la Court qu'elle ne cogneust point de ladicte cause et que l'avo-

coit devent lui.

Matinées, VH (X^« 4789), fol. 356 r*.

Samedi, iij* jour de décembre.

Ce jour, a esté délibéré que je ne rendisse point les lettres qui furent leues juedi derrain céans sur l'ordonnance que l'en dit avoir fait le Roy, que les heri-

lettres du 21 novembre 1412, conserva ses fonctions pendant Toccupation anglaise ; il fut envoyé, en 1422, avec Pierre de Morviliiers et Hugues Rapiout, auprès du duc de Bedford, et figure comme maître des Requêtes en 1429 (Blanchard, Généalogies des maistres des Requestes de VHostel, p. 93).

1. Montépreux (Marne), arrond. d'Épernay, canton de la Fère- Ghampenoise.

DB NICOLAS 1» BAYB (1412). 95

tages de pluseim qui s'estoient retrais hors de Paris pour leur seurté ou autrement durant le temps séditieux qui a esté, et lesquelx avoient esté baillez de par le Roy à pluseurs à tiltre d'achat, de recompense, acquit ou autrement, leur demeurassent, et non à ceulx à qui paravant estoient, quousque les gens du Roy les eussent veues et debatues^

Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 224 i^.

Venredi, ix* jour de décembre.

Ce jour, a esté empeschée la Court à occasion d'un procès d'entre maistre J. de Vailly, d'une part, et m* Henry de Savoisy, à cause de l'office de gênerai sur le fait des generaulx sur la Justice^, laquelle cause voloit le Roy avoir devent lui à la requeste dudit Savoisy, et ledit de Vailly au contraire voloit demeurer céans; sur quoy hinc inde estoient empêtrées lettres contraires, et a escript la Royne et monseigneur le Dauphin que la Court en cogneust, et le Roy mandé et escript pluseurs foiz qu'il en voloit cognoistre.

Samedi, x* jour de décembre.

Et a esté ancores la Court empeschée de la besoigne de Savoisy de quo supra, et non est conclusum.

GonBeil, XHI (X«* 1479), fol. 224 V, 225 r*.

1. Nicolas de Baye a ajouté cette note en marge : ReddiU /lierunt domino cancellario per J. clerieum meum, ad efjus mandatum, de auctoritate domini primi presidentis.

2. Henri de Savoisy, doyen de Langres, et Jean de Vailly, avocat en Parlement, étaient en procès pour Toffice de président de la Chambre des aides; le roi, ayant attribué cet office à Henri de Savoisy, ordonna, le 16 décembre 1412, de mettre au néant l'action judiciaire engagée devant le Parlement; en conséquence, la Cour annula la procédure (Jugés, X^* 59, fol. 296 r«).

Ce jour, Guillaume Valée, huissier de sale, a dit à la Court, de par le Roy, qu'il welt que la cause de Bertran Gampion contre les habitans de Gaen demeure céans, et que la Gourt y face bonne et briefve

justice.

Matinées, VH (X^* 4789), fol. 359 yo.

Mercredi, xiiij* jour de décembre.

Sur ce que les habitans de Gaen avoient présenté lettres à la Gourt pour renvoier certeinne cause céans introduite entre lesdiz habitans, d'une part, et Bertran Gampion, d'autre part, pour occasion d'une certeinne haie extant à Gaen, que ledit Gampion maintient, avecques une place ou lesdiz habitans avoient fait asseoir une croix, à lui apartenir, et eust empêtré lettres au contraire ledit Gampion que la Gourt cogneust de ladicte cause, et y eust eu divers mandemens tant de bouche que par lettres patentes, finablement, après ce que les presidens ont adverti le Roy des ordonnances royaulx contre teJx lettres et mandemens, le Roy a mandé et envoie lettres patentes par ij foiz, par lesquelles welt avoir la cognoiscence de ladicte cause en son Gonseil, et pour ce, veues icelles lettres, les ordonnances, et tout considéré, la Gourt a dit aux parties qu'elle ne cognoistra point de ladicte cause, si feront ajourner l'une l'autre partie, se bon leur semble, par devent le Roy.

Conseil, Xni (X<* 1479), fol. 225 r*.

Jeudi, xxij* jour de décembre.

Sur ce que la Gourt avoit appoinctié en la cause d'entre maistre Hahiu Gauforrier, d'une part, et le bailli et maieur et eschevins d'Amiens, d'autre part,

que ledit Mahiu seroit visité par les prieur et maistres de S. Ladre, à savoir s'il estoit infect de lèpre, ou non, veu la relation de Robert Ghaurre et veue la lettre desdisde S. Ladre^

Matinées, VH (X^* 4789), fol. 367 y\

Samedi, xxiiij* jour de décembre.

Sur certeinne requeste baillée par Phelippe de Gamaches, religieux de S. Deniz, prisonnier en la Conciergerie, et soy disant apelant de l'abbé dudit S. Deniz, tout veu, appoincté que la Court met l'appellation au néant, sans amende, et s'en ira ledit Phelippe en son cloistre dudit S. Deniz. Factum in CasteU Uto et dictum hodie.

Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 226 v.

Mardi, iîj* jour de janvier.

Messire Guy d'Autre, chevalier, requiert l'entérinement de certeinnes lettres de don d'office de senechal de Rouergue. ,

Messire Raoul de Loire dit au contraire que ledit office lui appartient, dont ne doit point estre débouté, considérées les ordonnances royaulx, puis qu'il a bien servi le Roy et loyaument, et s'oppose et requiert estre oy. Guy réplique du contenu desdictes lettres. Appoinctié au Conseil à demain.

Mercredi, iiij* jour de janvier.

Cedit jour au matin, sont venu au Conseil le Borgne

1. La phrase n'est pas terminée, le reste de la ligne est resté en blanc.

de la Heuze et le bailly de S. Pierre le Houstier de par le Roy, et ont dit que le Roy saluoit la Court et leur mandoit qu'il voloit pour certeinnes causes qui le mouvoit {sic)^ et par especial pour doubte que l'eu a que messire Raoul de Loire ne se tourne contre le Roy ou païz de Rouergue qui est dangereux de présent, et lequel est seneschal de Rouergue, dont welt qu'il soit deschargié, et le messire Guy d'Autre

soit receu à faire le serment céans audit office.

Ce jour, le duc de Bourgongne a fait prier de par lui par messire Gauchier de Ruppes à la Court qu'elle receust messire Guy d'Autre, chevalier, en seneschal de Rouergue, ou lieu de messire Raoul de Loire, que le Roy pour les causes cy dessus touchées en a deschargié, et ce m'a esté commendé d'enregistrer.

Jeudi, V* jour de janvier.

En présent est venu au giron de la Court messire André de Vaillins, chevalier, qui a rapporté de par messire Renier Pot, gouverneur du Dauphiné, à la Court, que messire Raoul de Loire, chevalier, seneschal de Rouelle, a bien servi le Roy avec le sire de S. George en Guienne, et n'y a point veu de faute. Matinées, Vn (X^* 4789), fol. 371 r>, 372 ro.

Mardi, x* jour de janvier.

Messire Guy d'Autre, ut aliàSj requiert estre receu à office de seneschal de Rouergue.

Messire Raoul de Loire, chevalier, dit au contraire que aliàs s'est opposé et oppose, et ancores wolt hier le Roy que l'en ly feist céans raison et justice, et si a lettre à la Chancellerie d'estre receu à opposition et que justice lui soit céans faicte, si supplie la Court ly

face justice et weille delaier jusques à mercredi prouchain, et intérim le Roy envoiera dire sa voleaté, et apportera ses lettres.

Gedit jour» le Borgne po avant ceste requeste a dit à la Ck>urt de par le Roy que pour certeinnes causes le Roy welt que ledit d'Autre soit receu et face le serment acoustumé, et ne welt point que Loire y demeure. Appoinctié que ledit d'Autre sera receu, attenduz les mandemens du Roy reiteratifs. Si a fait le serment acoustumé ledit d'Autre.

Matinées, VH (X^* 4789), fol. 376 i*.

Venredi, xvij* jour de février,

Gedit jour, l'Université de Paris, le Prévost des Marchans et les eschevins de Paris en grant compaignie sont venus en la Court, et, appelles toutes les Chambres de céans, ont proposé par un maistre en théologie que ^ , pour ce que le Roy a trop grant nombre de conseillers et de trop insufiîsanS, et aussy que les finances de ce royaume ont esté ou temps passé levées en moult grant quantité et despendues moult excessivement, à quoy est nécessité de remédier, et pour ce se soient miz ensemble d'un commun accort et comme par la voix du Saint Esperit lad. Université et

i. On voit dans Juvénal des Ursins, p. 480, que l'Université de Paris et l'Échevinage firent exposer une première fois, par Benoît Gentien, la < pauvreté du peuple et la grande et excessive mangerie des finances >, ensuite, par un docteur en théologie de Tordre des Cannes, Eustache de Pavilly, les gages exorbitants que prenaient aucuns officiers, à commencer par le chancelier ; l'abbé du Mont-Saint-Jean, bien notable clerc, parla dans le môme sens et déclara qu'on devait reprendre les dons exagérés faits par le Roi.

aussy la ville de Paris, si ont requiz que la Court s'adjoigne avec eulx à faire ladicte poursuite et qu'elle députe aucuns des Chambres de céans pour estre avec eulx à faire ladicte poursuite, et en oultre ont défendu, sub pena perjurii, à ceulx qui sont leurs jurez que ladicte poursuite n'empeschent en aucune manière. Et sur lesdis excès et faultes ont baillié et présenté à la Court certains articles. Sur laquelle requeste, quant au premier point, a la Court respondu en les louant et recommandant de leur bonne affection, volenté et propos, et qu'elle averoit moult grant plaisir que bon remède fust mis auxdis defaux. Mais attendu Testât de la Court dessusdicte, qui est souverainne et capital et representans le Roy sans moien, et tenue de faire justice, se requise estoit, ne se povoit adjoindre ne faire partie, mais, en tout ce qu'elle pourroit aider et conforter à la besoigne dessusdicte, estoit tousjours preste. Et quant au secont point, estoit preste, toutes et quantes fois qu'il plairoit au Roy ou à son Conseil de mander ou ordonner aucuns de céans telx et en tel nombre que voudroit, de les envoier et bailler pour faire avecques lesdis requerans du miex que pourroient. Et quant au tiers point la Court estoit seure que les jurez de l'Université se garderoient bien de faire chose qui à faire ne fust^.

Cedit jour, survint monseigneur le Chancellier cpans pour eslire un procureur du Roy gênerai ou lieu du

1. Ce paragraphe, où se trouve relatée la démarche de TUniversité de Paris et de TÉchevinage auprès du Parlement pour la réformation des ahus en matière de finances, a été imprimé dans le Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. I, p. 362.

maistre Deniz de Maurroy, procureur gênerai, qui puiz iij ou iiij jours estoit aie de vie à trespas^ Et fii commencée l'élection par scrutine en la Toumelle criminelle, tenens icellui scrutine ledit Ghancellier et les presidens, mais survint maistre Estienne Lombart, notaire du Roy, qui dist auxdiz Ghancellier et presi- , dens de par le duc de Bourgoigne que hier avoit esté ordonné au Conseil, présent monseigneur le Dauphin, que Ton esliroit oudit ofQce au Grant Gonseil, appeliez aucuns de céans, et que Ten seurseist. Et pour ce le Ghancellier ne volt procéder oultre, mais furent ordonnez maistre J. du Drac, président, J. Juvenel, advocat du Roy^ et sire Micheau de Laillier, maistre en la Ghambre des Gomptes, et nioy pour aler au Dauphin et au duc de Bourgoigne dessusdis, et incontinent y alames. Et proposé devent ledit monseigneur le Dauphin la teneur des ordonnances royaulx de faire élection en Parlement des offices de céans principaulx, et la nécessité dudit office de procureur gênerai, et le péril qui estoit en la vacation et la notice qu'avoit la Gourt trop plus grant que nulz autres de ceulx qui estoient utiles ou inutiles audit office, et ce que dit est cy dessus, respondi que de ce que ledit Lombart avoit respondu rien ne savoit, mais voloit que l'en procedast à élection, et que c'estoit mau fait d'avoir déféré ne différé à ladicte élection pour le rapport dudit Lombart. Ge fait, alasmes à l'ostel dudit duc, et exposé

1. Denis de Mauroy, avocat, originaire de la Brie, avait succédé, le 16 mai 1404, à Pierre Le Cerf, procureur général du Roi; il fut inhumé dans Féglise de Goulommiers ; son testament, en date du 16 octobre 1411, fait partie de notre recueil de Testaments enregistrés au Parlement de Paris, p. 528.

m JOURNAL

ce que dessus, après po de paroles, plut audit doc que l'en procedast en la Court à ladicte élection, mais il voloit bien que Ten rapportast au Gonoeil ce qu'averoit esté fait en ladicte élection. Et connue apparoit, ce empeschement avoit fait aucuns de la ville de Paris qui voloient, à l'instance de maistre J. Rapiout, advocat céans assez nouvel et né de Paris, comme Ten disoit, que ledit Rapiout fust procureur

du Roy gênerai.

Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 230 r«, 231 r>.

Samedi, xviij* jour de février.

Gedit jour, vint le Ghancellier en la Court, et appellées toutes les Chambres, tant de Parlement que des Comptes et du Trésor, fu vaqué au scrutine de l'élection de procureur du Roy, et nundum conclusum. Conseil, Xm (X<* 1479), fol. 232 r*.

Mercredi, xxij* jour de février.

Ce jour, le fîlz du sire de Boissay^ chambellant de monseigneur le Dauphin, a dit à la Court de par ledit seigneur qu'elle face raison et justice en la cause introduite entré messire Anguerran de Marcoignet, d'une part, et sa partie adverse nommée de Brimeux, pour cause du bailliage de Meleun, nonobstant quelxconques autres mandemens.

Matinées, VII (X^« 4789), fol. 405 r^.

Samedi, xxv* jour de février.

Sur ce que ja pieça Charles de Creseques et Guil-

1. Les deux fils de Robert de Boissay, dont Tun était chanoine de Notre-Dame et Tautre chambellan du Dauphin, figurent parmi les seigneurs qui furent emmenés par les Gabochiens, lors de leur irruption dans Thôtel du duc de Guyenne (cf. Monstrekt, t. Il, p. 345, et le Journal d'un bourgeois de Paris ^ p. 96).

laume de Dampmart, dit Brunet, chevaliers, baillèrent devers la Court une cedule d'accort fait entre eulx sur oerteinnes fraudes et malices commises par ledit Charles et les siens ou préjudice dudit Brunet, laquelle cedule veue, le procureur du Roy la debati et conclut à amende contre ledit Charles, finablement la Court a receu ledit accort en condempnant ledit Charles pour amende envers le Roy en ij<^ livres tournois ^

Conseil, Xm (X^* 1479), fol. 232 V.

Lundi, xxyj* jour de février.

A esté par les seigneurs de ta Grant Chambre, estans

en nombre de xv ou xyj, dedaré au Conseil que les

enfans issus du costé des nepveuz ou frère du cardinal

de Beauvaiz^ et leurs parens de par la femme dudit

1. Les fraudes et malices punies d'une amende de 200 livres étaient la fabrication de lettres fausses par Charles de Gresecques, ëchanson du roi. Marié à Jeanne de Lannoy, qui possédait 5 à 600 livres de rente, il l'avait complètement subjuguée et, non content de lui arracher un testament par lequel elle laissait 100 livres de rente à Villemot de Gresecques, dit Galois, bâtard de son mari, et à une niôce, Marguerite de Mailly, au détriment de Guillaume de Daropmart, dit Brunet, et de sa femme, sœur et héritière de Jeanne de Lannoy, « il fist seeller plusieurs blans de son seel et du seel de lad. defuncte sa femme, puis fist fiedre des minutes et les grosser de quatre ans par avant, par lesquelles donnoit lad. defuncte plusieurs biens à plusieurs, et que ceulx par qui il les vouloit faire grosser l'en blasmerent, et neantmoins les fist grosser et regraver un pareil seel que avoit sa feu femme, de quoy riens ne savoient lesd. de Dampmart et sa femme. » L'accord passé entre les parties, le 25 février 4413, annula tous ces contrats ; il figure parmi les Accords homologués par le Parlement (X^e 105).

2. Jean de Dormans, cardinal évèque de Beauvais, fondateur du collège; le plus connu de ses frères, Guillaume de Dormans,

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frère estoient comprins par les status du collège de Dormans pour avoir les bourses dudit collège, pour la doubte qui estoit oudit cas contre J. de Gougy.

Mercredi, premier jour de mars.

Cedit jour, a esté dit que maistre J, du Drac*, président in quarto loco^ estoit hier trespassé à Espineuil

près S. Deniz.

Conseil, Xm {X<« 1479), fol. 232 vo.

Venredi, iij* jour de mars.

Oudart Le Gompasseur, procureur d'Ântoinne des Essars, escuier, s'oppose que aucun ne soit institué en Toffice de conciei^e du Palaiz, ipso inaudito.

Matinées, VH (X<* 4789), fol. 410 i*.

Samedi, iiij^ jour de mars.

Ce jour, a esté parfaicte l'élection per viam scrutinU de l'office de procureur du Roy gênerai, presens lés chancelliers, les presidens et moy en la Tournelle criminelle, et a esté esleu par plus de voix maistre J. Haguenin, advocat céans, et ay reportée l'élection

chancelier de France, marié à Jeanne Baule, dame de Silly, laissa une nombreuse postérité ; parmi ses fils figurent Jean de Dormans, chanoine de Paris, Bernard de Dormans, seigneur de Boupy, Regnault de Dormans, Miles de Dormans, qui devint chancelier de France, et Guillaume de Dormans, archevêque de Bens.

1. Le président Jean du Drac acquit une certaine notoriété, comme Tun des ju^es institués contre les Armagnacs; son testament, en date du 28 février 1413, fait partie de notre recueil de Testaments enregistrés au Parlement de Paris, p. 563; il est précédé d*une notice biographique ; de son mariage avec Jacqueline d*Ay, Jean du Drac eut trois fils et quatre filles ; Tun de ses fils obtint le siège épiscopal de Meaux.

à monseigneur le Dauphin, pour ce que le Roy estoit malade de sa maladie acoustumée^ et m'a commendé ledit seigneur que je lui feisse sa lettre.

. GonseU, XIH (X^* 1479), foL 233 r^.

Lundi, yj* jour de mars .

Maistre N. Fraillon, soy disant maistre des Requestes de TOstel, s'oppose que nul ne soit receu en son office, ipso inaudito^.

Matinées, VH (X<* 4789), fol. 411 v^.

Venredi, xvij* jour de mars.

Ge jour, a esté faicte l'élection de président ou lieu de maistre J. du Drac, nagueres trespassé, . et a esté par devant messeigneurs le Chancellier et H. de Marie» premier président, par voie de scrutine fait en la Tournelle criminelle, moy présent, esleu par le plus

de voix*

ConBeil, Xm (X<» 1479), fol. 234 r*.

Lundi, XX* jour de mars.

Maistre Hébert Camus, procureur de monseigneur d'Orléans, ou nom qu'il procède, a appelle et appelle de certain exploit fait contre lui par l'auctorité de messire J. de Bournonville, chevalier, soy disant commissaire en ceste partie ou autrement, qui a fait abatre le pont leviz de son chastel de Suessons, fait persef, démolir et abatre partie des murs d'icellui chastel, fait boucher, murer et estouper certeinne

1. Voir au registre des Matinées les plaidoiries dans le procès relatif à la possession de cet office entre J. Le ilerc et Nicolas Fraillon (X<* 4789, fol. 422 vM24 vo).

2. La phrase est restée inachevée, ou plus vraisemblablement rélection suspendue.

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poterne que ledit duc et ses prédécesseurs, contes de Suessons, ont acoustumé d'avoir et tenir oudît chastel sur la rivière d'Esne, de tout temps, et autres plu*seurs exploiz, tors, griefs, excès, abus et entreprises à declairer plus à plain en temps et en lieu^ Et a requis ledit procureur ce estre enregistré assez secrètement pour les perilz, car il dit que lesdiz exploiz sont faiz au pourchas, requeste ou instance des bourgoiz, manans et habitans de Suessons ou d'aucuns particuliers, et conrnie de nouvel iceulx excès venus

à sa cognoiscence^.

Conseil, XHI (X<* 1479), fol. 235 r».

Lundi, iij* jour d'avril.

J. de Gaillon, sergent d'armes, a ce jour dit à la Court que le Roy welt que justice soit faicte au procureur du Roy et Âmé de Bleterens à l'encontre de Humbert de S. Amourt^, qui welt avoir l'office dudit

Rieterens ^ •

Matinées, VH (X<* 4789), fol. 429 v*.

1. D'après Monstrelet, t. n, p. 336, les bourgeois de Boissons « s'esmurent soudainement » et rompirent le mur du château appartenant au duc d'Orléans, qui joignait aux remparts de la ville, de façon à ce que Ton pût circuler tout autour de ces remparts sans danger; ils démolirent également le pont devant le château, afin que personne ne pût y entrer sans leur assentiment. Le duc d'Orléans, ajoute Monstrelet, < en fut fort desplai* sant, » mais n'y put remédier, « nonobstaRt plusieurs complaintes » qu'il fit adresser au roi et à son Conseil pour en avoir réparation.

2. Ce passage fait partie du Choix de pièces inédites relatii>es au règne de Charles VI, t. I, p. 363.

3. Humbert €e Saint-Amour, seigneur de Yinzelles, est cité, dans l'état de la maison de Philippe le Bon, au rang de ses conseillers.

4. Il s'agissait de l'office de châtelain de Sainte-Colombe et de

DE mCOLAS DE BATE (1413). 107

Mardi, xj* jour d'avril.

L'Université de Paris s'est opposée et oppose à ce que Anlboinne Alemant, prisonnier ou Ghastellet, ne soit délivré jusques à ce qu'il ait miz reaument et de fait en main seure les bulles que l'en dit qu'il a apartenens à maistre J. de Varten^, abbé de S. Eloy de Noion, car combien qu'il eust paie le vacant à Romme in propria tel qu'il apartenoit, neantmoins ledit Anthoinne ne lui welt expédier ses bulles s'il ne baille iiij mil francs et plus audit Anthoinne, et ancores dit l'en que ledit Anthoinne a bulles à part au proufit d'autre pour le faire abbé, ou cas que Varten, qui avoit esté esleu, ne baillera ladicte somme ^.

Matinées, VH (X<a 4789), fol. 436 r«.

la tour en deçà du pont de Vienne, ainsi qu'il résulte des plaidoiries du 4 avril (Matinées, X«* 4789, fol. 43! v»).

1. Le Gallia christiana, qui ne donne pas une chronologie bien certaine des abbés de Saint-Éloy de Noyon, signale pour cette époque un théologien du nom de Jean d'Artem.

2. Cette affaire délicate fut plaidée devant le Parlement les 15 et 18 avril ; ces débats révèlent de curieux détails sur le trafic des bénéfices; l'abbé de Saint-Ëloy de Noyon, lors de son élection, dut payer 3,500 ducats à la chancellerie pontificale, et lorsqu'il réclama sa quittance on lui demanda encore une somme d'argent pro munere benedictionis ; comme il faisait difficulté de payer, on déchira sa quittance et on lui déclara qu'il n'aurait ses bulles k moins de 1,500 ducats. Ne pouvant disposer de cette somme, l'abbé de Saint-Éloy s'en retourna et se plaignit au cardinal de Pise qui obtint le renvoi des bulles par Antoine Lalemant, mandataire du pape, chargé de recueillir les deniers dus au Saint-Siège, lequel réclama 4,500 ducats, et ne se fit faute de signifier qu'il attribuerait l'abbaye à un autre candidat (Matinées, X^* 4789, fol. 439-440). Par arrêt du 18 avril, le Parlement interdit à Antoine Lalemant, sous peine de 2,000 livres, de poursuivre, directement ou indirectement, l'abbé de Saint-Éloy, ni son église, ailleurs qu'en la Cour et conserva les bulles en litige (X^> 1479, fol. 239 r<»).

Venredi, xxviij* jour d'avril.

Gedit jour, depuis tierce jusques à vespres, se sont assemblez, au mandement, comme Ten dit, des eschevins et quaterniers de Paris, grant nombre de gens d'armes des habitans de Paris, et sont alez en la rue Saint Anthoinne et se sont tenus et rangez depuiz le cbastel de S. Anthoinne jusques outre Sàincte Katerine, attendans response de monseigneur le Dauphin à ce querequeroient les eschevins, c'est assavoir, messîre Pierre des Essars, chevalier, nagueres prevost de Paris et souverain gouverneur des finances de ce royaume, et qui devant tous autres avoit eu auctorité es guerres et besoignes des descors et debas qui puiz ij ou iij ans ont esté en ce royaume, et pluseurs autres de Tostel monseigneur le Dauphin. Et tant a esté fait que ledit des Essars, qui s'estoit retrait oudit cbastel de S. Antoinne* pour sa seurté à esche ver fureur de pueple, est demeuré prisonnier oudit cbastel, comme Ten dit. Puiz ont prins en la chambre et hostel dudit Dauphin iceulx eschevins et pluseurs des bouchers de Paris, comme Ten dit, le duc de Bar, cousin germain du Roy, du roy Loiz^, du duc de Boui^oigne et de ses frères, nepveu du duc de Berry et frère de la royne d'Arragon^, maistre J. de Yailly, chancellier dudit

1. Voir dans le Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 15, le récit du siège de la Bastille Saint- Antoine par la populace, du discours adressé aux assaillants par Pierre des Essarts et de l'intervention du duc de Bourgogne.

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