‹ Journal de Nicolas de Baye, greffier du Parlement de Paris, 1400-1417Chapitre 55 sur 58 · Ici quelques mots ont été grattés · texte numérisé non relu

Ici quelques mots ont été grattés

DE NICOLAS DE lUYE (1416). 271

devers la Court à en faire ce qu'il apartendra. Et ancores commande au procureur du Roy, que s'il trueve aucuns faisans le contraire, qu'il les face punir ainsy qu'il apartendra; et oultre ordonne que ces choses soient publiées ou Ghastellet de Paris et es lieux principaulx des baillies, senechaucées, prevostez et autres lieux royaulx, afin que aucun n'en puisse prétendre ignorance.

Item, a esté délibéré que ladicte ordonnance sera publiée et pronunoée par le président aux premiers

an^sts^

Conseil, XIV (X<» 1480), fol. 68 v«.

Jeudi, xxiiij* jour de septembre.

Ce jour, ont esté commiz maistres 6. de Yilliers et M. du Boz à soy informer de l'insuffisance de messire Simon de Dreux, bailly à présent de Chartres, et de la suffisance de Giles d'Eschanviller.

Lundi, xxviij^ jour de septembre.

Fu le Chancellier céans et les seigneurs en grant nombre ; et, veues certeinnes informations de quibus die precederUij fut esleu Gilles d'Eschanviller, escuier, en bailli de Chartres ou lieu de messire Simon de Dreux, lequel a le Roy deschargié dudit office, etl'ayoit fait son maistre d'ostel, conune apparoit par certeinnes lettres veues par mesdis seigneurs.

Conseil, XIV (X<» 1480), fol. 69 y».

Jeudi, xij^ jour de novembre.

Monseigneur Henry de Marie, chancellier de France,

1. Cette décision a été reproduite par D. Félibien dans ses extraits du Parlement {ffisUrire d$ la tnlle de Paris, t. IV, p. &62).

chevalier, tint le Parlement, presens maistres Robert Mauger, premier, et J. de Yailly, président, les aroevesques de Reins, de Tours, les evesques de Lisieux, de Paris, de Glermont, de Luçon, d'AJbit et de Gous^ tances et Fabbé de Saint Deniz, maistres J. de Norry, 6. Ghanteprime, Àrnault de Marie, maistres des Requestes de l'Ostel du Roy, et les maistres des iij Ghambres de Parlement jusques au nombre de liiij ou environ, et furent leues les ordonnances et les sermens accoustumez fais par les advocas et procureurs.

Ge jour, fii esleu maistre Adam de Gambray^, conseiller du Roy en la Gbambre des Enquestes à gages de clerc, aux gages de lay que tenoit et avoit en son vivant maistre Regnault de Sens*, conseiller dudit Seigneur céans, à la requeste dudit de Gambray, pour ce que puiz qu'il avoit eu ledit office de clerc s'estoit marié, non obstant lettre scellée présentée par maistre Pierre l'Orfèvre, filz de feu maistre Pierre l'Orfèvre, jadiz chancellier d'Orléans, du don dudit office lay que tenoit icellui de Sens; et par ce vacca l'office

1. Adam de Cambrai était conseiller aux Enquêtes depuis 1412; lorsque les Bourguignons entrèrent à Paris, il suivit le parti du Dauphin et fut pourvu de la charge de premier président du Parlement de Poitiers en 1434, après la mort de Jean de Vailly, conserva môme ses fonctions lorsque le Parlement fut rétabli à Paris, et occupa le lieu et place de Philippe de Morvilliers ; il mourut le 15 mars 1456 et fut inhumé aux Chartreux de Paris, ainsi que sa femme, Charlotte Alexandre, décédée le 12 mars 1473 (cf. Blanchard, Us Éloges des premiers présidents du Parlement de Paris, p. 29).

2. Son testament, en date du 15 octobre 1416, faisait partie du registre des Testaments (fol. 424) ; il se trouve dans la copie de la collection Moreau, vol. 1162, fol. 110 r».

clerc que teooit ledit de Gambray en la Chambre des Enquestes.

Et ce mesme jour, je requiz à messeigneurs dessus nommez que, comme par la grâce de Dieu, du Roy et de sa Court, eusse servi céans et exercé l'office de graphier par Tespace de seze ans tous entiers et continuez, car par lesdis xvj ans onques n'y avoie failli jour, exceptez viij jours, ores avoit xj ou xij ans, que j'avoie esté malade au lit et telement que je cuidié morir, et eusse exercé mondit office le plus loyaument et le plus diligemment que j'eusse peu selon ma fragilité et plus loyaument que sagement ou gracieusement, car, en office si publique que est ledit office, n'estoit pas bien possible faire à la grâce d'un chascun, si conune miex le savoient, et y me deust suffire d'avoir servi oudit office si longuement; car aussi estoie-je aucunement débilité de ma veue et ne.povoie pas bien enregistrer sans avoir lunettes ; combien que je me sentoie ancores sain et entier, et n'estoie ne rompu ne froissié, mais seulement ploie, si povoie ancores bien servir oudit office, mais avant que piz me venist, entendiz que j'estoie en santé, me siembioit bon issir dudit office ; et il vacast un lieu de clerc en la Chambre des Enquestes, y pleust à la Court moy descharger de l'onneur et charge dudit office, et moy pourveoir dudit office de clerc, pourveu que icellui office excersasse en la Grant Chambre, conmie mes autres seigneurs d'icelle Grant «Chambre, car attendu ledit temps que j'avoie servi ledit Seigneur et sa Court en la dicte Grant Chambre, moins mal le deveroie servir en icelle Chambre que en ladicte Chambre des Enquestes. Ce fait, monseigneur le Chancellier me fit II 18

m JOURNAL

retraire et, fait sur œ conseil, fu appelle et me fu reapondu que la Court m'octroioit ma requeste.

Conseil, XIV (X«* 1480), fol. 73 r».

Mardi, xvij^ jour de novembre.

Hier, avant les plaidoiries, sont venus en la Chambre les procureur et advocas du Roy, Michiel de Laillier, maistre en la Chambre des Comptes, et J. de la Fon* teinne, changeur et marchant de Paris, d'une part, et maistre J. du Boiz, procureur du conte de Harcourt, d'autre part ; et a offert ledit procureur du Roy audit maistre J. du Boiz oudit nom l'argent de la terre de Manneval, que tient ledit conte, montant viij°^ frans ou environ, et laquelle terre puet racheter le Roy et ravoir entrecy et trois ans ou environ, selon certain accort passé céans nagaires entre lesdiz procureur du Roy et conte M et a requiz que ledit du Boiz oudit nom preist ledit argent et rendist ou feist rendre ladicte terre au Roy selon «ledit accord. Et ledit du Boiz oudit nom a dit qu'il faloit qu'il escripsist premièrement sur ce que dit est audit conte, et eue sa responae, fera ce qu'il apartendra. Et ce fait, ledit procureur du Roy a requiz ce que dit est estre enregistré, qui lui est octroie, et demoure ledit argent en la main dudit Fontainne, ou là où il est arresté de par la Court quousque pour emploier en ce que dit est. Matinées, IX (X<* 4791), fol. 148 ro.

1. Le comte de Harcourt avait acquis du seigneur de Breauté la terre de Menneval en Normandie ; mais, à la suite de la saisie opérée par le bailli d'Évreux, procès s*était engagé au Parlement entre le comte et le procureur général du Roi; l'accord qui intervint le 20 février 1416 (n. st.) donnait au Roi la faculté de prendre et de réunir cette terre au domaine, à charge d'exercer

Lundi, vij* jour de décembre.

Ce jour, messire Pierre Minée, curé de S. Thomas de la Gauchie, comme il dit, maintient que ladicte cure vaca ou moiz d'octobre derrienement passé par le décès de feu messire J. du Mesnil, et le vj° jour dudit moiz fu présenté entre x et xj heures au matin et plus près de x que de xj.

Et messire Ysembart Âlixandre, soy disant curé de ladicte cure, dit que le Roy en venant de son retrait en sa garde robe de sa chambre environ x heures, le Roy, avant qu'il alast à sa messe ne qu'il disnast, ly donna ladicte cure de S. Thomas, et si la donna audit Minée, ce fu au lever du disner du Roy et après son don. Et Minée dit que ce auroit esté environ xj heures de matin et après le disner du Roy, ouquel y estoit bien avancié et après son don^.

Matinées, IX (X<« 4791), fol. 158 r«.

Lundi, xiiij"" jour de décembre.

Ce jour, ont esté receuz les procès par escript du bailliage d'Amiens, et pour ce que par l'empesdiement des gens d'armes qui sont par les païz, telement que l'en n'ose rien porter par le païz, la Court a réservé aux parties à debatre les évangiles d'iceulx procès. Matinées, IX (Xi« 4791), fol. 160 ro.

ce droit dans le laps de quatre ans et de rembourser le prix d'achat (Accords homologués au Parlement, X*» 111).

1. Aux termes d*un accord du 13 février 1417 (n. st.), Pierre Minée reconnut que la cure de Saint-Thomas-de-la-Cauchie avait été donnée par le Roi à Ysambard Alexandre le 6 octobre, et, se désistant de toutes prétentions, consentit à la mise en possession de son compétiteur par Tarchevêque de Rouen (Accords homologués au Parlement, X^e 113).

Samedi, xix* jour de décembre.

La Court a baillié la détention de damps Robert de Villers, Jaques de Boves, Guillaume Le Raté, Jaques d'Avredoing, J. Le Normant et Jaques Le Brun, religieux de S. Joce sur la mer, à leur abbé qui leur fera leur procès au regart du delict commun ; et a défendu la Court audit abbé qu'il ne procède à sentence diffinitive jusques à ce que la Court ait déterminé du delict privilégié, et interrogueront maistres P. de Oger et G, Petit Sayne lesdis religieux sur les cas dont sont accusez, et intérim accorderont iceulx commissaires les parties, si puent.

Jeudi, xxiiij^ de ce moy.

Ou Chastellet de Paris furent commiz à poursuir les conmiissaires sur le fait des finances pour le paiement des gages des seigneurs de céans par messeigneurs qui vacoient aux prisonniers oudit Chastellet.

Conseil, XIV (Xi» 1480), fol. 77 r*.

Jeudi, xiiij^jour de janvier.

La Court a commiz maistres Ja. du Gard et 0. Gencien pour aler à Compiegne devers monseigneur le Dauphin, avecques les ambaxateurs de l'Université de Paris et de la ville de Paris, et les a chaîné la Court de supplier audit seigneur de pourveoir à la guerre que font en ce royaume les Angloiz, et aussi à ce que les pillars, qui en plusieurs lieux de ce royaume se tiennent, soient boutez hors S et aussi que ly plaise

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