‹ Journal de Paul de Vendée, capitaine huguenot, 1611-1623Chapitre 2 sur 10 · ROYRAND · texte numérisé non relu

ROYRAND

Cet acte de violence, commis dans l'église de la Chapelle, n'était pas le seul grief que René d'Appelvoisin eut contre Jacques Rateaud, écuyer, seigneur de Curzay. Cette même année une autre enquête fut faite par Jehan Besly, sergent du roy et notaire juré en cour laye et Pierre Leberton, aussi notaire juré de Fontenay. Neuf témoins furent entendus, c'étaient Mathurin Boutin, laboureur, demeurant à Brelouze ; Pierre Guerry, au Breuil-Charlet ; Colas Raoult, à la Brangière; Thomas Ragueneau, à la Ranfrère; Jehan Boutet, chapelier, à la Brangière; Jehan Jousse , à la Théaude ; Colas Dagnen , marchand,

àla Vergne, Jehan Charrier, id. à la Maynardière, et Jehan Couraud , meunier, tous paroissiens de la Chapelle. Nous ne résisterons pas au plaisir de transcrire ici une de ces dépositions qui, en indiquant le fait, résume toutes les autres.

Mathurin Boutin, interrogé sous la foi du serment, répond que H il est recors que le jour Madame Saincte Macrine passée, (( vil* jour de juillet, estant à la Chapelle-Tiroil , où il estoit « allé en l'onneur et révérence de la dite feste, luy estant « devant l'églize du dit lieu, il vit et fut prézent, comme ung « nommé François Bonneau , soy-disant illec estre venu pour (( Jacques Rataud, escuyer, seigneur de Curzay, pour amasser (( la vente des merciers et marchans qui avoient estallé leurs « marchandizes, ledit jour, à la Chapelle-Tiroil , accompaigné « d'ung nommé Jehan Vivien, sergent du dit Rataud et de (( quatre hommes à cheval , armés de brigands, aians à leurs u costés dagues et espées, qui vindrent au dit lieu de la Cha- (( pelle, en menant grand bruyt et scandalle , comme en pas- « sant avecques leurs chevaulx par la presse des gens, qui « estoient illec assemblés, et en mennant et faizant grand bruyt a et grand cry, vit et fut prézent que le dit Bonneau leva la « vente des dits merciers et marchans qui estoient estallés « et avoient leurs marchandizes en certains lieux et places, « estans en la terre et seigneurie du Bois-Chapeleau, qui sont (( certains foussés et places, tenant d'une part à l'ousche de la « Chapele et d'autre au chemin qui va du rivau à la Vault, (( d'ung bout au carrefour estant entre des hormmeaux, par « lequel l'on va du rivau au cymentière dud. lieu de la Cha- M pelé, une planche, pour entrer en la dite ouche, entre deux, « comme ledit depposant dit bien scavoir de tout son congnais- (( sèment, mais dit que nonobstant, le dit' Bonneau voulut lever « la dite vente par force des dits merciers , lesquels distrent « qu'ils n^en dévoient point et que jamès ils ne Favoient payé « et que au cas qu'elle seroit deue, ils la devroient au seig' du « Bois-Chapeleau, pour ce qu'ils estoient en sa terre ; et tout « incontinent arriva ung nommé Jehan Guillet, praticien en « court laye, lequel comme procureur du seign' du Bois-Chau peleau, demanda au dit Bonneau qui l'avoit illec fait venir

« et que il vouloit faire ; lequel Bonneau luy fit response qu'il « estoit illec venu pour et au nom du dit Rataud, son maistre, « pour lever la vente des dits merciers ; lequel alors luy dist « le dit Guillet qu'il ne luy appartenoit point et que les dits « merciers estoient en la terre du Bois-Ghapeleau , aussi qu'il H n' estoit pas bien fait à luy de la lever parce que procès en « estoit pendant à Poictiers, tant en matière d'appel que com- « plainte ; lequel Bonneau tout esmeu, aiant toujours avecques « luy les dits gens de guerre, dit qu'il la lèveroit réaniment et de (( fait, quelques choses qu'il en deust avenir, et vit le dit deppo- « sant comme ledit Bonneau leva ladite vente par force des dits (( marchans etpenetiers, quelque remonstrance qu'en fist le dit « Guillet, lequel en appela à tesmoings le dit depposant et « autres. Et plus n'en dit. »

Cette enquête porta ses fruits, car dès le 7 septembre suivant, iZiQO, le roi Charles VII, par lettres données à Angers et scellées du sceau de France, ordonnait aux sénéchaux de Poitiers ou de Fontenay « de faire comparoir Jacques Rataud et de le punir de son usurpation, ainsi que Jean Vergnault, fils du sieur de la Jolière, François Bonneau et un certain Petit- Jean, serviteur de l'archiprêtre d'Ardin, et autres leurs alliés et compains (1). »

Mais laissons là ces aventures qui pourtant peignent assez bien les mœurs violentes de cette époque et reprenons la succession des seigneurs du Bois-Chapeleau.

Au mois de décembre 1505, cette terre était passée aux mains de Gilles d'Appelvoisin, fils de René et de Louise de Puiguyon ; nous n'avons sur lui trouvé aucun renseignement.

Sa fille Hélène, dame d'Appelvoisin, de Thiors et de Bois- Chapeleau, à raison de ce dernier fief, rend son hommage, le 16 avril 1526, à M"* Jeanne, duchesse de Longueville. La

(l) Nous avons ici une preuve nouvelle et la confirmalion du jugement porté par notre honorable confrère, M. Ledain, sur les membres de cette famille : « Leur caractère indocile semble avoir toujours conservé quelque chose de la violence de leur ancêtre, meurtrier de saint Thomas.» M. Ledain. Notice hist. sur les seigneurs de Vernay. (Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. xv, p. 441,

pièce en parchemin est signée Cant, notaire, et sur le dos est contresignée Cailleau, pour réception d'aveu.

Elle renouvelle cet hommage le 8 décembre 15/il, entre les mains de François III, duc de Longueville, qui venait successivement de sortir de la tutelle de sa mère, Marie de Lorraine et de celle de son grand-père, Claude de Lorraine, duc de Guise (1).

Nous ne devinons pas à quelle occasion Hélène d' Appelvoisin, pour obéir à l'ajournement qu^elle avait reçu de Jean de Brilhac , conseiller en la sénéchaussée de Poitiers, réitère son aveu du Bois-Ghapeleau au mois de juin 15/i8, par l'intermédiaire de Joseph Château, son procureur (2).

En 1550, Antoine d'Appelvoisin, concurremment avec Hélène d'Appel voisin, qui ne mourut qu'en 1559, est porté comme seigneur du Bois-Chapeleau. Antoine avait épousé Renée Girard, qui, devenue veuve, épousa en secondes noces, Jean des Granges, sieur de Montfermier; nous retrouverons bientôt Louis des Granges, leur fds, héritier pour un tiers dans le Bois-Chapeleau. Du premier mariage naquirent plusieurs enfants, François qui suit et cinq filles qui épousèrent, l'une Michel Brisson, sieur de l'Eraudière , et l'autre Pierre Rousseau, sieur de la Place. Son fils aîné François, seigneur d'Appelvoisin, baron de Loge-Fougereuse et de Thiors, hérita vers 1561 du Bois-Chapeleau.

Deux ans après, au mois de mars, le nouveau châtelain, désireux d'arrondir le parc de son château, arrenta, moyennant quarante-six sols tournois , plusieurs pièces de bois taillis et de terres labourables. Ces terres, dépendant de Saumore et de la Vau, faisaient partie du domaine que Geoffroy-la-Grand-Dent avait dû donner à l'abbaye de l'Absie, en compensation des brigandages commis contre les religieux et les biens de cette abbaye (3). Nous donnons aux pièces justificatives cette transaction passée entre François d'Appelvoisin, d'une part et

(1) Ledain. Gâtine hist. p. 240.

(2) Archives du Bois-Chapeleau.

(3) Thibaudeau , Mgr Gousseau, Ledain, p. 127.

David Panter, évêque de Rochester, abbé de l'Absie et les religieux du couvent, d'autre part (1).

François d'Appelvoisin était lieutenant de la compagnie de Charles Tiercelin de la Roche-du-Maine et chambellan du roi François II. 11 avait épousé en 15/i2 la fille de ce capitaine, un des plus célèbres de la pléïade qui illustra le règne de François I". Par son mariage, François d'Appelvoisin, devenu immensément riche, s'engageait à faire revivre, en le joignant au sien, le nom de la Roche-du-Maine, destiné à disparaître à la mort de son beau-père (2) . François d' Appel voisin mourut en 1584. Voici un détail intéressant que nous copions dans le journal inédit de Pierre Desayvre, sgr de la Berjardière , sénéchal de Saint-Paul-en-Gâtine , en 1562. Page 40, il écrit: « Messire François d'Appelvoisin, chevallier de l'ordre du Roy, décéda en son chastel de Ghistré, le S" jour de may l'an mil cinq cens quatre-vingts-quatre , et fut son corps aporté et ensepvely en l'église de TAbsie-en-Gastine, le 16' jour desd. moy et an. » •

L'aîné de leurs enfants portait le nom de Charles Tiercelin- D Appel VOISIN, comme son père; il épousa Claude de Ghastillon; il était déjà chevalier de Tordre du roi, quand en 1599, nous le trouvons pour la première fois, successeur de son père au Bois-Chapeleau. Quand sa charge né l'appelait pas près du roi ou aux armées, Charles Tiercelin habitait de préférence la Bodinatière , gracieux séjour dans le voisinage de Saint- Hilaire-de-Voust, qu'il transmit en héritage à Bertrand d'Appelvoisin, son fils. C'est la fille de ce Bertrand, nommée Françoise, qu'épousa Paul de Vendée, auteur du journal que nous pubhons.

Paul de Vendée nous racontera lui-même les détails de son mariage, les difficultés qu'il lui faudra vaincre pour devenir seul et paisible possesseur du Bois-Chapeleau. Cette terre n'entrait que pour les deux tiers dans les propriétés du père de

(1) Voir pièces justificatives, n" 3.

(2) Thibaudeau. T. m, p. 315. La seigneurie de la Roche-du-Maine sq trouve dans la paroisse de Princay, près de Monts, en Loudunais,

son beau-père, dont les embarras financiers déterminèrent la mise en vente du Bois-Ghapeleau (1). Une expertise, faite en 161A à la requête des nombreux créanciers, signée Daniel Roy, procureur, et Alexis Vexiau, greffier, nous montre le château et la seigneurie dans le plus lamentable état. Le château déserté par ses maîtres n'était plus habité que par quelques rares serviteurs et par Pierre Joubert^ sergent, qui, conjointement avec son frère Jacques Joubert, aussi sergent, demeurant à la Grange, rédigea le procès-verbal des criées. L'instigateur principal de la vente du Bois-Ghapeleau était Jacques Berthon, sieur de Fonbriant, assesseur en la maréchaussée de Fontenayle-Comte, envers lequel Charles Tiercelin-d'Appelvoisin, sieur de la Roche-du-Maine était déjà obligé pour une somme de 2/i,000 livres et auquel la vente avait été secrètement consentie dès l'année précédente. Les criées furent faites simultanément à Poitiers et à Fontenay au mois de mars 1618. Voici les noms des juges et procureurs des deux Cours, mentionnés dans le volumineux dossier de cette vente. Pour Poitiers ce sont René Brochard, sieur des Fonthaines, plus ancien juge, en l'absence du lieutenant général, Jehan Estivalle, Jehan Baron, François Boynet, René Irland, François de Brilhac, René Beugnon, Jacques Blacvot, Lucas Gabriau, André Allard, Guy Chevallier et Louys Degoret.

Pour Fontenay, Jean Gaudin, Paul Babin, N. Thubin, Pierre

Frai , advocats , Mathurin Bertaud , Paul Pay ré, Guillaume ,

Chatenayre, Mathieu Daguin, Pierre Giraudeau, Jehan de Rié,

(1) Charles Tiercelin avait bien d'autres dettes. Le 6 juillet 1616, il est obligé de payer 48,000 livres à Charles de Jalesme. fils de Michel, sgr de Jalesmes, paroisse de Vernaise, pays d'Anjou, et de Jacqueline d'Appelvoisin, et la moitié de cette somme à damoiselle Claude-Tiercelin d' Appelvoisin, « religieuse, nourrice de l'église Saini-Sulpice, en Bretaigne. » Les témoins de cet arrangement, passé à Ghinon, sont Louis de Chérité, sgr de la Verdrière, près Beaufort, gendre dudit de Jalesmes, Daniel de Saint- Quintin, baron de Blet, Jacques du Fiesné, Jehan Le Bascle, sgr du Marais, Claude du Pré, trésorier de France, pour la Généralité de Limoges, Françoise d'Appelvoisin, épouse du seigneur de Saint-Ophange, Anthoine Gitois, avocat à Poitiers, Febvrier et Paillé, notaires. — Archives du Bois-Ghapeleau.

NicoUas Charron, Jehan Martineau, Laurence Pascaud, Barthélémy Renaud ou Revaud, Jacob Besly, procureur, et Pierre Robert, aussi procureur.

La seigneurie du Bois-Ghapeleau fut adjugée au mois d'avril 1618 au sieur de Fonbriant, moyennant la somme de 3^,000 livres.

Paul de Vendée, à titre de neveu du vendeur, usant du bénéfice que la loi accordait, s'empressa de retirer par retrait lignager cette seigneurie, qu'il lui répugnait de voir passer en des mains étrangères. Après de longs pourparlers, dont il nous racontera plus loin les péripéties , il redevint propriétaire des deux tiers du Bois-Chapeleau.

Paul de Vendée avait épousé Françoise d'Appel voisin. Leurs fiançailles se firent le lA mars 1613, au château de la Bodinatière, et le mois suivant, 2!i avril, se célébrait leur mariage, au temple de la Brossardière, en présence de M. Tomson, ministre de la Châtaigneraie.

Ici se présente sous notre plume une réflexion bien triste ; comment Françoise d'Appelvoisin avait-elle été amenée à embrasser le protestantisme? Elle, la petite-fille de Charles Tiercelin, si vaillant pour défendre la foi catholique; elle, la petite nièce de Baptiste Tiercelin , évêque de Luçon , et du grandprieur d'Aquitaine, que nous verrons s'enfuir de la Bodinatière pour ne pas assister à son mariage; elle enfin l'héritière d'une si chrétienne famille, qui avait fourni à UEglise tant d'illustres personnages?

La réponse se trouve dans les entraînements de l'époque. Malheureusement la noblesse du Bas-Poitou versa presque toute entière dans les erreurs de la prétendue réforme, qui faillit ruiner la France, dont les enfants s' entr' égorgeaient.

A la vérité, la noblesse, pressée d'abord par les rigoureux édits de Louis XIV, et plus encore par la raison, est revenue à la religion de ses grands-pères, selon une parole célèbre.

Quant à Paul de Vendée, il avait été élevé par son père dans le protestantisme.

Avant de poursuivre la nomenclature des seigneurs de Bois- Ghapeleau, il convient d'en faire connaître le nouveau châtelain et de dire quelques mots de sa famille.

Paul de Vendée, écuyer, sieur de Bourneau, était fils de Mathieu de Vendée, aussi écuyer, sieur dudit lieu et de Perrette Goguet (1), dont le père Christophle Goguet, sieur de Biossay, et docteur en droit, faisait fonction de sénéchal pour l'abbaye de Nieuil-sur-l'Autize.

Vendée, d'où cette famille tirait son nom, est un antique manoir, caché dans un des méandres que forme la rivière de la Vendée dans son ravissant parcours. Cette petite seigneurie était sur le territoire de la paroisse de Pairé-sur- Vendée, aujourd'hui réunie à Foussay.

En 1581 , Mathieu de Vendée avait acquis cette terre de messire Georges de Villequier , chevalier , vicomte de la Guierche en Touraine, seigneur de la Pioche, près Gençay, qui mourut sans enfants au mois de février 1582. Ce détail se trouve dans un procès que le sieur du Gluzeau et sa femme avaient intenté à Paul de Vendée, au sujet de cette acquisition.

Nous n'avons nulle part retrouvé la trace des aïeux de Mathieu de Vendée, qui prend à la vérité le titre d' écuyer, et qui devait être d'ailleurs d'assez bonne famille pour marier un de ses fils dans la puissante maison des Appelvoisin.

Les titres de noblesse des Vendée , vériiiés en 1667 par Barentin, ne furent, pensons-nous, définitivement approuvés qu'en faveur d'Henry de Vendée, fils de Paul. La famille de

(\) Dans une lettre d'Henri III, donnée à Paris, le 26 mars 1580, nous trouvons la généalogie de la famille Goguet, alors en procès au sujet d'un testament. Hilaire Goguet, sieur de Puiletard, mort en 1565, avait eu de son mariage avec Perrette Leblanc, native de Saint-Porchaire, près Bressuire, trois enfants : André, Christophle et Hilaire. André eut pour fille unique Perrette, épouse de Mathieu Robin, sieur de Sauvaget-, Christophle, n'eut aussi de son mariage avec Marie Vernède, qu'une fille, Perrette, épouse de Mathieu de Vendée. Quant à Hilaire nous ne savons pas s'il fut marié.

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Vendée portait de gueules à la croix encrée de sable, au chef de chargé de cinq besans d'or (1).

Paul de Vendée était l'aîné de quatre enfants, issus du mariage de Mathieu de Vendée et de Perrette Goguet. Les autres étaient André, qui mourut jeune, ne laissant qu'une fille, nommée dans le journal W" des Touches; Marie, qui épousa Pierre du Mets et qui mourut le h mai 1613, et Marguerite mariée à Gabriel Bitaud, écuyer, sieur de la Rousselotière , qui mourut 6 jours après, 10 mai 161 3.

La seigneurie de Vendée relevait du Petit-Château à foi et hommage lige et au devoir de rachat, comme il paraît par un dénombrement rendu en 1561 à Louis de Pontlevoys, chevalier seigneur de la Mothe-Pontlevoys, gentilhomme de la chambre du roi et baron du Petit-Château , par Claude de Villequier, chevalier, baron de Villequier, vicomte de la Guerche, seigneur de la Roche-de-Gençay, le Chaillou près Thouars , la Grange- Clerbaud, la Rivière, les Nouhes, Airafou et Vendée, à cause de Renée d'Appelvoisin, sa femme.

Nous allons résumer ce dénombrement, qui nous donnera la consistance et les arrière-fiefs de Vendée.

Outre le château, la seigneurie comprenait : 1" Le village de la Redellière, paroisse de Vouvent ; 2° le fief de la Roullère, tenu de M. du Paty ; 3" les villages de la Marinière et de la Vieille-Vigne ; A" les droits de disme, en la paroisse de Saint- Hilaire-sur-l'Autise , partagés avec les chanoines de Saint- Hilaire-le-Grand, de Poitiers; 5° le village du Poiron, en la Chapelle-Thireuil ; 6° un fief de cent journaux de vigne, tenu en parage avec M. Voussard, de Brebaudet, appelé le fief Voussard, et touchant à celui de l'abbé de Saint-Maixent et à celui du commandeur de la Vau-Dieu ; T le Retail-sous- Vendée, tenu à foi et hommage par les héritiers de Guillaume du Retail et d'Antoine de la Rochefaton, sieur de Saveilles: 8° le fief de l3i Donge, delà, Barrotière; 9° le fief Cherbomieau, sis en la paroisse Saint- Hilaire-sur-l'Autise; 10° le tènement de la Mousnerie; 11° \q fief Brémaud et de la Cherrye^ tous tenus

(l) Archives du Bois-Ghapeleau.

par le sieur de Saveilles; 12" le fief de la Marterye ; 1S° le tènement de Ylvernière, proche d'Ardin; 14'' Seize borderies, en la paroisse de Saint-Pierre-du-Ghemin , tenues par René Buignon, sieur de laFauconnière; 15" cinquante-deux journaux de vigne, près Saint-Hilaire , tenus par Joachim Berland, sieur des Places ; 16° ainsi que le village de la Teiiblerie, paroisse de Faymoreau; \.T le fief du Couldray, paroisse Sainte- Radégonde-la-Vineuse; J8° le fief du Plessis-Voussard, sis en la paroisse de la Châtaigneraye, tenu par Pierre Gazeau, écuyer, sieur du Plessis-Voussard, à cause de sa femme Jeanne de Mouillebert; 19° le fief du Taillis , sis en la paroisse du Taillis, près Mouilleron.

La terre de Vendée était chargée d'une rente de 10 livres, payables aux Jacobins (dominicains) de Fontenay. En 1706 Henry de Vendée s' étant refusé à continuer le paiement de cette rente si on ne lui en montrait les titres authentiques, s'attira une réponse aussi calme que concluante de la part de F. Pierre Brilloûet, sous-prieur en chef des Jacobins. Nous extrayons de la lettre de ce religieux quehjues passages.

Il y est dit « Que bien que notre couvent ait esté bruslé et qu'il ait perdu la pluspart de ses titres par les guerres des religionnaires, nous en avons cependant un assez ancien et assez authentique : C'est une sentence rendue au siège de Fontenay le 5 janvier \ 572 ; il y a 1 3/i ans ! contre Jean Jubin et Remy Garnier, fermiers de Vendée, qui sont condamnés à payer la dite rente en conséquence d'un testament de demoiselle Jeanne Vcuzart vefve de Guy Bessé, dame de Vendée, laquelle est enterrée dans notre église. J'ay delà peine à me persuader que vous ne soyez pas informé de ces détails et de l'obligation de cette dette puisque vous-même payâtes encore l'an passé... »

Vendée est aujourd'hui la propriété de Madame de la Barre, sœur de Monsieur de Rogier, de Poitiers.

Paul de Vendée mourut en 1627, durant le siège de La Rochelle, à peine âgé de cinquante ans. Il laissait à sa veuve le soin d'élever leurs trois enfants, Espérance, Henry et Renée.

Avant de suivre les destinées de cette famille, étudions la physionomie féodale et l'étendue de la terre du Bois-Chapeleau, dans un dénombrement fourni le 9 mai 1631, par Françoise d'Appelvoisin, veuve de Paul de Vendée à « très-haut et très- « puissant Henry d'Orléans, duc de Longueville et d'Estoute- « ville, prince souverain de Neufchastel en Suisse, comte de « Dunois, seigneur de Montreuil-Bellay, Parthenay, Vouvent « et Mervent, lieutenant-général pour le roy en Normandie. »

Ce dénombrement contient 35 pages in-folio et porte la signature de Françoise d'Appelvoisin.

Elle déclare premièrement tenir la terre du Bois-Chapeleau à foi et hommage hge et sans ligence, au devoir de rachat à mutation de vassal et au devoir annuel d'un chapeau de roses, au jour et fête de Pentecôte, pour l'abony de la ligence du guet, et continue ainsi :

1** Ma maison et hostel noble du Bois-Chapeleau, avec ses appartenances de grange, escuries, four, prisons, cour, pourpris, closture de murs, dhoue, forteresse canonnière, barbesà-cannes (sic), arbalétrière , avec jardins, prés, bois taiUis et futays auquels j'ai droit de héronnière défensable, estangs, garennes et deffends de poil et plume, vignes, terrages, complans, dixmes, moulins à vent et à eau, droit de véroHe, avec droit de justice, haute moïenne et basse et exercice d'icelle; devant la porte de mon dit hostel est un vieil étang remis de présent en pasturault d'environ cinq à six boisselées.

2'' « Item, ma forteresse que j'ai on bourg de la Chapelle- Tiroeil, estant de présent en mazure, rencloze de fossés et dhoue et qui peut contenir en soy la place d'une boisselée de terre ou environ avec les placettes qui sont au devant, lesquels ont leur estandue le long de l'église paroissialle et maison prioralle et

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jusqu'au grand humeau du bourg de la Chapelle , iceluy comprins, esquels se fait l'assemblée des marchands vandans leurs marchandises, le jour et feste de sainte Maigrine (sic), desquels marchands j'ai droit d'avoir charge et prendre droits de plassage, tout le dit jour ; soubs les appartenances de laquelle forteresse est comprinze l'église paroissialle avec la maison prioralle de la dite Chapelle-Tiroil ; en laquelle église, j'ai tout droit honorifique, préhéminence et droit de sépulture au chœur d'icelle, comme estant dame du fief suzerain et dominant » (1).

3" « Mon grand pré, vulgairement appelé le Grand-Pré du Bois-Chapeleau, situé près le bourg de la Chapelle, joignant d'une part la douhe de ma forteresse et le chemin de la Vau, et retournant à main dextre le long de la terre de Pierre Morin, qui fut à Pierre Pelloquin et aux terres de ma mestairie de la Jollière et d'autre bout à la queue de mon estang du Quignon, le long d'un marreau de seppe, despendant du prieuré, puis continuant le long des terres des héritiers de Hugues Paillissier, d'Anthoine Girard, d'Hillaire Beaubeau et des héritiers Mathurin Chauvin , contenant vingt journaulx ou environ , en ce comprins trois lopins de pré qui appartiennent à Louis des Granges, sieur de Montfermier, qu'il tient de moy, lesquels prés je fais faucher par bians. »

II"" « Ma mestairie de la Jeollière qui peut contenir deux centscinquante boisselées, dix journaulx de pré et trois boisselées de jardrins, tenant à mes bois taillis, au fief que tient de moy le prieur de la chapelle et aux terres des Morissets. »

5° (( Ma mestairie de la Vau, contenant trois cents boisselées, neuf journaulx de pré et deux boisselées de jardrins, tenant au fief du prieuré de Saint- Lors, au fief des Vaux que tient de moy l'abbé de l'Absie-en-Gastine et à mes bois taillis. »

6° « Un mas de terre en bran des, landes et ageoncs, situé dans la paroisse de la Chapelle et dans celle de Saint-Lors, contenant deux cents boisselées, tenant au chemin par lequel

(1) Ge droit devait être d'application difficile quand les seigneurs étaient protestants comme dans le cas présent.

on va de la Chapelle à Coulonges-les-Réaux et d'autre au fossé qui départ les paroisses de la Chapelle et de Saint-Lors et d'autre à la rivière du Fougerou et au domaine du prieuré de Saint-Lors. »

T (( Ma mestairie de la Potherie^ contenant deux cents boisselées de terre, huit journaulx de pré et deux boisselées de jardrins, tenant le tout à mon fief de Vendée, que je tiens du sieur baron du Petit-Chasteau, d'autre part au chemin qui conduit de la Barre à Beugné et au fief Bugnon, qui dépend du Breuil- Charlet, tenu de la seigneurie de Sazay. »

8° f( Ma mestairie de la Maynardière, tenant aux terres du prieuré du Buceau, et à mes boys, une muraille entre deux, contenant six vingts boisselées, sept journaulx de pré et deux boisselées de jardrins. »

9° {( Ma métairie de Luguetière, tenant à mes bois taillis et au fief du Buceau , qui peut contenir sept vingts boisselées, six journaulx de pré et une boicelée de jarclrin ; toutes lesquelles mestairies sont en la paroisse de la Chapelle-Tiroil. »

10° « Mes moulins à eau et à vent, assis en la rivière de Saumore, avec droits de vérolie, de deffands et pescheries en la dite rivière. »

11° « Certains fiefs de vigne au devoir de sixte des fruits pour complant et à ung denier pour chascun journault pour recongnaissance de fief, savoir 1° le fief des Fraignay, contenant 150 journaulx, renclos de vieille haye, tenant au village du Cousset et au tennement de la Girardière, au fief de vigne du prieur de la Chapelle. 2° Le fief des petites-vignes, contenant 90 journaulx, renclos de vieux fossés, tenant au fief des Fosses, appartenant au dit prieur et d'autre part au chemin par lequel on va à la Bobinière. 3° Le fief des vignes de Coupperie^ contenant 70 journaulx renclos de vieille haye, tenant au tennement de la Boutterie, qui est tenue de moy rotnrièrement par Damoiselle Renée Rouhault. A° Le fief des vignes de Goumenchère, de présent en terre labourable, contenant AO journaulx, tenant au chemin par où Ton va de la Goumanchère à la Mairière, que tiennent Jean Goullard et Anthoine Giraud. 5° Le fief du Petit-Grefier^ contenant 30 journaulx, touchant au fief de la

Salle, autrement la Marche, appartenant au sieur delaBrénau-

dière, à cause de son chasteau de 6° Une partie du fief

des vignes du Grand-Greffier , comprenant 12 journaulx , tenant aux terres du Grand-Greffier, appartenant au sieur de la Rembourgère. »

12" « Le village de la Mesnardière^ que tiennent roturièrement de moi Mathurin Goullard, Jehan Dazelle, Hilayre Pasteau, Mathurin Basty, Lucas Daguin et leurs parsonniers, au devoir de la sixte des fruicts, 16 raz avoine, 10 sols, 5 gelines et 2 chapons. »

13° « Les dessus dits tiennent de moy le village de la Tuaudière^ au droit de terrage et dixme des fruicts et au devoir de 11 raz avoine, 6 sols, ung chapon et 2 poules. »

14° « Les dessus dits tiennent de moy ung tennement de terre appelé le Pasty^ contenant 30 boisselées, et un autre appelé les Nouhelles^ contenant AO boisselées. »

15° « Le village de la Vergne^ que tient de moy Lucas Daguin et autres, au droit de terrage et au devoir de douze sols, ung chapon et 9 boisseaux de fromant, tenant au fief du Buceau et aux vignes du Treuil, despendant de l'abbaye de l'Absie-en-Gastine. »

16° (( Le fief Boisseau^ contenant 100 boisselées, que tiennent de moy le dit Daguin, Blays, Durand et leurs parsonniers. w

17° « Le village de Blllonnière, que tiennent de uioy Loys Martineau, Cyprian Bourdeau, la veuve Mathurin Tapon et leurs parsonniers, au devoir de terrage, 18 raz avoine, 3 boiceaux fromant, h chapons, 2 gelines et 1 sol de cens, touchant à la Rembourgère et au fief de la Mairière. »

18° (( Le village de la Girardière , que tiennent de moy Jacques Joubert, Nouel Esnaud, Jean Richay, les héritiers François Guyard et autres leurs parsonniers, tenant au chemin qui va de la croix du Gousset à la Verdonnière et aux vignes des Fraignays. »

19° (( Le tennement des Crèches, contenant 80 boisselées, que tiennent les dits Goullards, Joubert et consorts. >;

20° « Mon estang des Crèches avec ses chaussées, esseds, agouty et pasturages. »

21° « Le tennement des Cailletières, contenant 30 boisselées, que tient de moy Louis des Granges, sieur de Montfermier. »

22° (( Un autre tennement, appelé les autres Cailletières, contenant 20 boisselées de terre, que tient aussi le dit des Granges. »

23° (( Le village de la Renfrayre, tenu par Anthoine GouUard et les héritiers François Macoin et Jacques Joubert, auquel tennement sont tenus de moy par Pierre Girard, ung moullin à fromant, ung moullin à gros bled, ung moullin à draps et ung mouilin à vaut, au devoir de 11 boisseaux seigle, 10 boisseaux fromant, 2 chapons. »

24° « Le tennement de la Bruière (ou la Boiihère), contenant environ 12 boisselées, tenu de moy par Jacques Joubert et les héritiers Jean Maceau. »

25° « Le village et tennement de la Bra?igerie, que tiennent de moy Anthoine Goullard , Jacques Moyroux , Jean Tapin l'aîné, Hilaire Beaubeau, tenant à la mestairie de Saulmore, despendant de l'abbaye de l'Absie, à la rivière de Saulmore et à mon fief de Vandée, que je tiens du sieur du Petit-Ghasteau.»

26° a Le moulin à draps de la Follie, avec maison, jardins, bets, rebets, poullée, pré, terres, que tiennent Estienne Girard et René Fourré. »

27° (( Le village et tennement du Puy, que tiennent Louis des Granges, escuyer, sieur de Montfermier et Pierre JoufTrit, tenant au rivau du Saulmore et au fief de Brachechien, que tient de moy Pierre Joubert. »

28* (( Le village et tennement des Champs, que tient Hugues Gaultier. »

29" f( Le village et tennement de la Lardère, que tiennent Nouel Vignault, Jacques Baudet, Jean Guignard. »

30° (( Le village et tennement du Poiron, que tient de moy à roture messire de la Porte, chevallier, sieur de la Melleray et de la Lunardière, Clément Guisnaud, Jean et Mathurin GouUard.»

31° « Le dit sieur de la Porte tient de moy le tennement des Grissatières, contenant 200 boisselées de terre. »

32° « Le village et tennement de la Landrière, que tient de moy Bastien Roy et Pierre Ayraud. »

'^Tl — 21 --

33** « Le tennement de U Aubier, contenant 70 boisselées, que tient de moy à roture le prieur de la Chapelle , à droit de terrage des fruicts et au devoir d'une geline et 6 deniers de cens. »

3A° « Le tennement de Gaschet, sur le Chesne-Charron, contenant 200 boisselées, que tiennent de moy Jean Tapin le jeune, Fransois Malescot, Bastien Roy, Clément Guinaud, Jean et Mathurin Goullard. »

35° « Le moulin Fousché, du Busseau (ou de Bousleau), que tient de moy Pierre Baraton, Sicot Chaboceau, au devoir de 15 sols, ung chapon et une geline. »

36° f< Tient de moy Louys des Granges, sieur de Montfermier et du Breuil-Charlet , un tennement de terre labourable et bois taillis, appelé les Coustault-Gernays, contenant \ 50 boisselées, touchant à la terre du Breuil, tenu de la seigneurie de Serzay, au cours d'eau de Brelouze à Saulmore et aux terres du prieur de Puyhardy. »

37° (( Le tennement bois et pré de Gaschet, une moitié de mon domaine et l'autre, que tiennent Jean Goullard et Pierre Boismoreau, pour le prieur de Puyhardy. »

38° « Le tennement appelé Bois-Bouchard, contenant 20 boisselées, que tient Louis des Granges. »

39° « Un autre tennement appelé la Verte- Tein, contenant 3 boisselées, tenues par le même. »

hO° (( Un troisième, appelé le Bois-Sigeon, aussi par le même, et tenant au Puy de la Fouille ;, appartenant audit d'Appelvoisin. »

h\° (( La maison Juliette, autrement la petite Brelouze, tenue à roture par le dit des Granges et les héritiers Sébastien Malescot. »

42° (( Le fief Bugnon, contenant 50 boisselées, que tiennent Fransoys Malescot, Jean Billard, le dit des Granges et Jean Tapin, touchant au tennement du Serizier-au-Loup , appartenant au sieur du Plaissis. »

/i3° « Le tennement du Porier, contenant 25 boissellées , tenus par les dessus dits. »

/i/i° « Tiennent de moy André Baribaud et Pierre Joubert, l'herbergement qui fut aux Tenauds, »

45° ,( Le village et tennement delsi Bre7îardière, que tiennent Mathurin Bichon, les héritiers feu Jean Gaygnaocl et Pierre Joubert. »

liQ" La maison et herbergement qui fut Escottière. »

47° (( Le village et tennement de Brelouze, que tiennent Jean GouUard , Jean Tapin , Fransois Malescot et ledit des Granges.

48° « Le tennement de la Fontayne-Micheau , que tiennent Mathurin Guionneau, Nouel Vignault et Jacques Gaultier. »

49° « Le village et tennement de la Barre-Bodin ^ que tiennent de moy iPierre Joubert , Nicolas Mullot , Hillayre Baubeau. «

50° « Le village et tennement de la Mouhérie, que tiennent Hillayre Baubeau et René Maynard, tenant au fief de la Salle, autrement la Marche et au fief de Brachechien. »

51° a La Maison de la Feste, sise au bourg de la Chapelle, que tient de moy Jacques Joubert le jeune. »

52° « L' herbergement Guillemineau, que tiennent de moy Pierre Joubert et René Mullot.

53° « Le tennement de la Minée, contenant 6 boisselées, que tient le dit Pierre Joubert. »

54° « Le tennement de Baubaret, que tiennent de moy Jean Mestayer et Anthoine Massé. «

55° « Une maison, sise devant l'églize de la Chapelle, tenant par le devant aux presclotures de ma forteresse, tenue par la vefve Pierre Bran, Jean Dazelle et Pierre Aultin, au devoir d'une fourche de bian et ung boiceau de fromant. »

56° « Le village et tennement de la Barre, que tiennent de moy les héritiers Jean Baribaud, Anthoine Massé, René Mesnard, Pierre Joubert, Jean Mesiaier et les héritiers Pierre Portet. »

57° (( Le village et tennement de la Bobinière, que tiennent en partie de moy Pierre Pasteau, Jean Fabvreau. »

58° {( Le tennement de terre labourable, d'environ 100 boisseilées, appelé le Petit- Greffier, tenu par le dit des Granges. '

59° f( Le tennement dit des Bevollées, que tiennent de moy Noël Vignault et les héritiers feu Laurent Macoin, d'environ 25 boissellées de terre, w

60" (( Les villages et tennemont de la Boutherie, et Goumanchèrey joignant l'un à l'autre, tenus de moy par damoiselle Renée ilouhault, Hugues Paillissier, Jean Goullard et autres. »

61° « Le tennement dit du Greffier, tenu de moy par Loys Martineau et Pierre Aultin. »

62° « Le tennement du Terrail, tenu par Jean Goullard, Mathurin et Anthoine Giraud. »

63° (( Le tennement de la Garnerie, tenu par Lucas Daguin, Biaise Durand, d'environ 20 boissellées. »

64° « Le tennement du Quignon, tenu par Anthoine Giraud, d'environ 15 boissellées, touchant au bois du Quignon, appartenant au prieur de la Chapelle. »

65° « Le tennement de la Planche-Luneau, d'environ 30 boissellées, tenu par Hillaire Bobeau et Anthoine Giraud. »

(( Sur les quelles choses cy-dessus j'ai droit de justice haute, moïenne et basse avec droit de dixmes, tant mixte que prédialle, non seulement en l'estendue de mon fief, mais aussi dans toute la paroisse de la Chapelle sur les fiefs d'autruy, et la dixrae des aigneaux, laynes, gorrons, desquelles dixmes le prieur prend la moitié. »

(( Soûls lequel hommage lige tiennent de moy et sont mes vassaux, ceux qui s'ensuivent :

1° (( Le prieur de la Chapelle-Tiroeil tient à foy et hommage et au devoir de rachapt, quand le cas y advient de son costé, ses maisons du prieuré et sa mestairie y joignant, ensemble son fief des Fosses, contenant 60 journaulx de vigne, et lesdites terres d'environ 12 boissellées, /i journaulx de pré et 2 arpents de bois, tenant au chemin qui conduit de la Barre à Saulmore. »

2° (( V abbé de l' Absie-en-Gastine tient de moy à foy et hommage plain et au devoir de 10 livres tournois à mutation d'homme vassal, quand le cas y advient de son costé , sa mestairie, appelée la Grand-Vaux, situé au village de la Vaux, paroisse de la Chapelle, contenant !x boissellées de terre, tenant au chemin qui va de la Vaux à Saint-Lors et d'autre au pré Noyron, appartenant au dit abbé. »

{( Ensemble un autre tennement de terre labourable, appelé le fief des Marzelles, contenant 15 boissellées. »

u Item , tient de moy le dit abbé à foy et hommage plain et au devoir de plect et cheval de service, suivant la coustume, une borderie appelée les Ruelles, paroisse de la Chapelle. »

« Item, tient de moy ledit abbé, en franche aumosne, le village du Treuil et les vignes des B arrêts et tout ce qui est par luy tenu en la paroisse de la Chapelle, de sa mestairie de Saulmore. »

y « Le prieur de Puy -Hardy, despendant du prieuré de Parthenay-le- Vieux, à foy et hommage plain et au devoir de 25 sols d^abony à mutation d'homme vassal, tient de moy une borderie de terre appelée Gaschet. »

A" « Louis Reigiier, escuier, sieur du Plaissis, tient de moy à foy et hommage plain , au devoir de plect et cheval de service, un fief, appelé le fief Gillet, autrement Neuf-Chèze, contenant une borderie de terre labourable , size en la paroisse de la Chapelle. »

5° (( François Joubert et les héritiers feu Jean Macoin, tiennent de moy à foy et hommage plain , au devoir de plect et cheval de service, à mutation de vassal, le fief des vignes, appelées les Petites-Vignes, autrement les Chamaillères, d'environ une demye borderie. »

6" « Michel et Pierre Le Merle tiennent de moy à foy et hommage plain, au devoir de plect et cheval de service, un quarteron et demy de terre, situé à la Chebetière, paroisse de Feniou. »

7° <i Les héritiers du sieur de la , Jean Geslineau et

autres tiennent de moy, par hommage plain, deux pièces de terres, contenant lA boissellées, 1/2 journault de pré et une pièce de bois taillis de 12 boissellées, situé au village de la Pouge, paroisse de Feniou, au devoir de 5 sols, ung comble chauché d'avoine. »

8° René de la Porte (1), escuier, sieur de la Rembourgère, tient de moy à foy et hommage lige, au devoir de rachapt, à

(1) Sur l'origine de la famille des La Porte, plus lard ducs de la Meilleraye, voir l'intéressante étude de M. Ledain. La Gâtine hist. et mojiwn., p. 294 et suiv.

lÀ

mutation de vassal, son hostel et maison noble de la Rembourgère et les terres labourables, d'une contenance de 300 boissellées, tenant au chemin de Saulmore au Buceau, et à celui du Treuil à Scillé. »

H Item, tient de moy le dit de la Porte par hommage plain et . au devoir d'un cheval de service, une borderie de terre appelée la Perdrissonnière, sise en la paroisse de la Chapelle. »

9° (( Messire de la Porte, chevalier, seigneur de la Mesleraye, tient aussi à foy et hommage plain et à cent sols de plect et soixante sols de cheval de service, son hostel et herbergement de la Lunardière, contenant AOO boissellées, touchant à la rivière de Saulmore, aux terres de la Bernardière , et au bois du sieur de Laignelière. »

10° a Je tiens à mon domaine le fief de YArcherie^ contenant 200 boissellées de terre et 10 journaulx de pré, lesquelles choses sont tenues par Jacques Jousbert, Anthoine Goullard et les héritiers Jean Macoin. »

« En toutes les quelles choses cy-dessus est mon parprenant, pour une tierce partie , le dit Louis des Granges , sieur de Montfermier, à cause du don cy-devant fait à deifuncte damoizelle Renée Girard, sa mère, par deffunct Anthoine d' Appelvoisin, vivant, chevalier, sgr du Bois-Ghapeleau , fors ma mestairie de la Bobinière, en laquelle ledit des Granges n'a rien, comme estant un acquest fait par mes prédécesseurs depuis le susdit don. »

\ 1° (( Item, je tiens à mon domaine à foy et hommage lige et au devoir de rachapt, quand le cas y advient de mon costé, mon fief et mestairie noble de la Mairière ^ contenant deux borderies de terre, dans la quelle le dit des Granges n'a aucune portion , comme estant un acquest fait par moy despuis le susdit don, fait à la dite Girard, èsquels fiefs, mes vassaux ont droit de jurisdiction basse et amande de 7 sols, 6 deniers et ce qui en despend, suivant la coustume. »

« Et est tout ce que tiens et advouhe tenir de vous , mon dit seigneur, soubs ledit hommage, faisant arrest à cetuy mon présent fief et adveu soubs les protestations accoustumées d'icelle accroistre, etc. , et pour présenter mon dit adveu par-

devant mon dit seigneur ou messieurs les officiers, j'ai constitué mon procureur général et spécial M , auquel j'ai

baillé charge de ce faire et d'en requérir tels actes qu'il appartiendra. En tesmoing de quoy je, ladjcte d'Appelvoisin , ay signé mon présent adveu et fait sceller du scel de mes armes et d'abondant fait signer ma requeste aux nottayres cysoubscripts, ce neufviesme jour du mois de may, l'an mil six cens trante et ung.

Françoyse d'Appelvoisin.

F. Malescot. J. Tapin.

Notaires du Petit-Ghasteau , à la requeste de la dite constituante. »

Présenté par Jacques Boutron , procureur de Françoise d'Appelvoisin, cet aveu fut reçu, le 13 mai 1632, par Josias Martineau, s' de la Bellonière, sénéchal des baronnies de Vouvent et Mervent, et contresigné par Gerbet, procureur.

La possession de la terre du Bois-Ghapeleau causa de longs procès à la veuve de Paul de Vendée et à ses enfants.

Louis des Granges, s' de Montfermier, propriétaire pour un tiers dans ce domaine, voyant que cette terre était pour lui une source de contestations incessantes devant les tribunaux, vendit son tiers à Gabriel, s"" de la Pastelière et des Nouhes. Cette vente mit le comble aux embarras et multiplia les difficultés. Les héritiers de Gabriel de la Pastelière se divisèrent entre eux le tiers du Bois-Ghapeleau, à la réserve d'une petite portion, que Gabrielle de la Pastelière donna à M*"* Elizabeth de Beaucorps, première femme de Daniel Ghastaigner, sgr du Bergeriou (1). Geci se passait vers 1678. Les autres héritiers la Pastelière arrentèrent leur portion à Jean Boutron et à dame Françoise Suaudeau sa femme ; ce ne fut qu'en 1708, par une

(1) Le Bergeriou est une vieille maison noble, située au Busseau.

transaction passée entre Henry II de Vendée et le seigneur du Bergeriou, au nom de tous les héritiers de la Pastelière, que toutes les prétentions de ceux-ci furent éteintes, moyennant d'assez grosses compensations.

Quand donc Henry de Vendée succéda à sa mère, versl65/i, il trouva un héritage très-embrouillé , sur lequel il dut donner 15,000 livres à chacune de ses sœurs.

Henry P' de Vendée épousa Suzanne Robineau, fille de Claude, sgr de la Cantinière et d'Esther Bodin. Sa sœur aînée, Espérance, avait été mariée avec Louis de Voulions, sieur de la Vergnays, dont elle était veuve en 1655 , et Renée, la plus jeune, épousa Pierre de Gremme, s' de la Gantrie, paroisse de Lamairé, près Saint-Loup.

Du mariage d'Henry de Vendée et de Suzanne Robineau naquirent trois garçons : Henry, qui suit, Alexandre, sieur de la Morinière, René, sieur de Vendée et de la Maisonneuve, et une fille nommée Espérance. Les deux cadets servirent dajis les armées de Louis XIV. Le 15 janvier 1689, le roi signa de sa main le brevet qui le créait cornette des chevau-légers dans la compagnie de Beaucamps. Nous donnons ici cette pièce curieuse.

(( Aujourdhui quinziesme du mois de janvier 1689, le Roy '( estant à Versailles , se confiant en la valeur, courage, expert riance en la guerre, vigilance et bonne conduite du s' de « Maisonneuve et en sa fidélité et afection à son service. Sa {( Majesté lui a donné et octroyé la charge de cornette en la <( compagnie de chevaulx-légers de Beaucamps, pour d'oresen- « avant en faire les fonctions et en jouir aux honneurs, autou rites, prérogatives, droitsetapointementsquiyapartiennent, 0 tels et semblables dont jouissent ceux qui sont pourveus de a pareilles charges, m' ayant Sa Majesté, pour tesmoignage de « sa volonté, commandé de luy en expédier le présent brevet « qu'elle a signé de sa main et fait contresigner par moy, son (( conseiller secrétaire d'Estat et de ses commandemens et « finances. »

Louis, Le Telliér.

Le maréchal de Tourville « veu le choix et consentement donné par les gentilshommes de l'escadron du Bas-Poitou, en faveur de René, sieur de la Maisonneuve, » le nomma maréchal-deslogis du dit escadron, le 11 juillet 1697. Donné à La Rochelle, signé de Tourville et scellé de ses armes.

Les deux frères avaient ensemble fait la campagne d'Allemagne, comme lieutenants dans le régiment de Marivaux. L'un d'eux, René, mourut en 1697 des suites d'un coup de feu reçu en pleine poitrine. Voici en quels termes il raconte l'événement à sa mère, dans une lettre datée de Vahequen, le 29 juillet 1693:

« Madame et très-honorée mère ,

(( Vous aurez appris par mon frère le malheur qui m'est « arrivé; le Seigneur m*a ramené de bien loin; j'ay eu un « coup de pistolet dans la poitrine, c'est un petit miracle « comme j'en suis reschapé ; j'en dois rendre grâce à Dieu et « à mon bon tempérament ; je n'ay pas eu un seul moment de « fièvre et je fis 8 grandes lieues après être blessé. Je fus ca- « nardé; j'essuyé plus de 60 coups de fusil et le coup qui me « blessa fut un coup de pistolletàbrusle-pourpoint; ma pauvre « et brave jument resut dix ou douze coups et tomba roide ; il (( y eut un cuirassier qui me manqua d'un coup de carabine à (( brusle-pourpoint ; je paray le coup avec le bras ; il me persa « mon justaucorps à co%té de la cuisse.... Vostre onguent a « guéry ma playe. »

Cette blessure ne fut pas si bien guérie qu elle ne devînt la cause de la mort de ce jeune gentilhomme. Son frère était à Trêves trois ans plus tard et c'est dans cette ville qu'il dressa la procuration qu'il envoyait à Suzanne Robineau, sa mère, chargée de représenter ses intérêts dans les partages.

Tandis que ses frères cadets s'illustraient sur les champs de bataille et mouraient pour la France avec l'entrain, alors héréditaire dans les familles chevaleresques, Henry, d'une santé délicate, aux prises avec la goutte, habitait le Bois-Chapeleau, se débattant en d'interminables procès.

Le 19 mars 1672 , il était à Paris pour ses affaires, il donne commission à René Renfray, s"" d'Argelly, son procureur, de rendre en son nom l'hommage du Bois- Chapeleau. Celui-ci comparaît devant Michel Dubet, sgr de Chavanne, bailly de Preuilly, commissaire pour la tenue des assises de Vouvent, Mervent et Mouilleron, assisté de David Arnault, s' de la Morandière, lieutenant des dites baronnies. Il est constaté qu'il n'est survenu aucune mutation depuis le dernier hommage, rendu par le dit de Vendée, le 25 août 1654, quelques jours après la mort de sa mère.

Henry de Vendée mourut le 10 septembre 1682 laissant un fils et une fille. Ce fils qui portait le même nom que son père et que nous appellerons Henry II de Vendée , était lieutenant des grenadiers au régiment d'Anjou. Il nous faut dire que malheureusement le nouveau châtelain du Bois- Chapeleau tint une conduite en plusieurs points très-répréhensible.

Il se convertit à la révocation de l'édit de Nantes, mais cette conversion forcée ne rendit point ses mœurs plus correctes. Sa mère, d'ailleurs, mécontente de cette conversion, commit envers son fils de grandes injustices, que Henry estimait à la somme de 60,000 livres ; de son côté, sous prétexte que ses intérêts avaient été lésés pendant son absence; il intenta à sa mère un procès scandaleux et fit vendre les meubles du Bois- Chapeleau (1683). Suzanne Robineau, affligée des procédés de son fils, se retira à la Doit , paroisse de Saint-Hilaire-surl'Autize, où elle vivait avec sa fille Céleste, également protestante.

A la révocation de l'édit de Nantes, Madame de Vendée se retira en Allemagne avec ses deux fils et sa fille , mais ils revinrent en France, comme nous le verrons plus loin.

Le mariage d'Henry II de Vendée donna lieu à un scandale nouveau. Il épousa sa cousine germaine, Esther de Greime, fille de Louis de Greime, s" de la Ganterie et de Renée de Vendée, demeurant à Lamairé. Il fallut une dispense de parenté, obtenue du pape Innocent XI, et une double dispense de bans de Nosseigneurs les Evêques de La Rochelle et de Poitiers, la première signée Jean Lambert, docteur de Sor^

bonne, trésorier de l'église cathédrale et vicaire général de La Rochelle, et la seconde Anthoine Rogier, licencié en droit, chanoine de l'église de Poitiers, officiai et vicaire général.

L'enquête faite par ce dernier mit au jour de fâcheuses révélations. Leur mariage eut lieu au commencement de mars 1685. A la fm de cette même année nous les trouvons déjà séparés; Esther de Greime se retira chez les Dames de l'Union chrétienne de Fontenay, où elle demeura jusqu'en 1705, époque de sa mort. Henry continua d'habiter tantôt le Bois-Chapeleau, tantôt le château de Champron, paroisse de Romagne, près Couhé, dont il avait hérité de sa tante Gabrielle Robineau, veuve de Pierre de Jousserand, et tantôt le château de Vendée. Dans ces divers endroits il ne donnait guère le bon exemple. Il servit de caution à Daniel Châteigner, s' du Bergeriou, emprisonné pour cause de religion. Il promit de donner 6,000 livres à l'intendant si son protégé sortait du royaume dans l'intervalle de l'année (1).

Henry II de Vendée mourut le 10 mars 1708, au château de Vendée, à l'âge de soixante- seize ans. Il établissait par son testament, daté du lA mai 1702, Suzanne Jobert, veuve du sieur Venaud, et Jeanne Venaud, sa fille, ses légataires universelles. Il donnait de plus 600 livres de rente viagère à une certaine Marie Bailly, femme Bruneau, de Poitiers.

Il n'avait point eu d'enfants de son mariage avec Esther de Greime, laquelle était morte avant lui. Le seul héritier naturel était son frère Alexandre, seigneur de Vendée et de la moitié de Champron. Apprenant la maladie de son frère, celui-ci s'empressa d'accourir. Aussitôt après le décès il mande René Moreau, sieur de la Mesleraye, suppléant le sénéchal du Petit- Château, pour venir mettre les scellés sur les meubles du défunt, 11 mars 1708. Puis immédiatement s'engage devant le présidial de Fontenay et ensuite devant celui de Poitiers un long et triste procès entre lui et les légataires de son frère défunt. La contestation se termine seulement en 1713 et à

(1) Lièvre, Hist. des protestants du Poitou; t. ii, p. 129.

l'avantage d'Alexandre de Vendée , moyennant quelques compensations.

Pendant ces longues chicanes, les officiers du roy avaient mis en séquestre la terre du Bois-Chapeleau. Vouvent, dont relevait cette seigneurie, avait été réuni à la couronne, et c'est devant les officiers royaux de Poitiers, Le Peultre, Soûlas et le comte du Rivault, que Alexandre de Vendée dut rendre son hommage provisionnel, le 22 juin 1708.

A l'avènement de Louis XV, l'hommage fut renouvelé par Jean Ghoquin, procureur au présidial de Poitiers, au nom d'Alexandre de Vendée, en vertu d'une procuration du 1" mai, signée Baschard, notaire à la Chapelle-Seguin. Afin de se dispenser de rendre son hommage en personne, le seigneur du Bois-Chapeleau allègue une indisposition, constatée par le certificat de Biard, chirurgien, et du sieur Cochon, sénéchal de Coulonges.

Alexandre de Vendée avait épousé Jeanne-Th'érèse-Ursule Fradin, dont il n'eut qu'une fille, iMarie-Françoise-Suzanne- Louise, mariée avec Messire Jean-Jacques de l'Esmerye, chevalier, COMTE DE d'Eschoisy, lieutenant pour le roi en Angouraois et demeurant paroisse de Colette.

Alexandre de Vendée était mort en 17/i2, puisqu'à cette date sa veuve afferme le moulin des Noues à Jacques Caillault, farinier, demeurant à la Touche du Busseau.

Déjà précédemment M. le comte d'Eschoisy avait commencé à jouir des biens que sa femme lui avait apportés en dot.

Le II mai 17Zi2 il constituait M° Charles Masson, s' de la Motte , procureur fiscal du Bois-Chapeleau, et M. François Pottier, sénéchal de Vendée et du Bois-Chapeleau, à l'efiet de reconstituer le terrier de la seigneurie. En conséquence il est fait commandement à tous les vassaux, tenanciers, censitaires et justiciables de la dite seigneurie de comparoir devant M" Paul Moreau, notaire à Fontenay-le-Comte, pour rendre tous les hommages, aveux, dénombrements et déclarations roturières dus au Bois-Chapeleau.

Quelques mots pour finir sur la succession des propriétaires du Bois-Chapeleau jusqu'aux temps présents.

Jean- Jacques de l'Esmerie, chevalier, marquis d'Eschoisy, qui avait épousé l'héritière du Bois-Chapeleau, était fils de Jacques de l'Esmerie et de Marie-Anne Gabaret. 11 était né le 2 février 1693 et son mariage avec Mademoiselle de Vendée se fit à la fin de novembre 17*29. 11 mourut à l'âge de 89 ans, le 24 juillet 1772, dix-neuf ans après son épouse. Ils reçurent l'un et l'autre la sépulture dans la chapelle du château d'Eschoisy, paroisse de Celette.

Six enfants restaient de leur mariage, deux garçons et quatre filles.

Jean-Jacques-Philippe- Joseph , faîne , épousa demoiselle Claudine-Cézarine de la Tour-du-Pin de Montauban. 11 mourut sans enfants en 1759 à la bataille de Minden.

Le cadet Jean-Jacques-Frangois-Joseph de l'Esmerie eut en partage le Bois-Chapeleau et Vendée. Il était né le h juin 1735 et fut baptisé dans f église de Saint- Agn an de Luxé. A peine âgé de trois ans il fut proposé pour être admis dans l'ordre de Malte , dont faisait partie son grand-oncle , Frère Joseph de l'Esmerie, prieur commandataire de Blizon et grand-prieur d'Aquitaine.

Une lettre de Malte, datée du 2/i août 1757, constate que le jeune novice a fait ses caravanes pour Tordre de Malte.

Cependant il ne se pressait guère de prononcer ses vœux. Il obtint même vers cette époque un bref de Rome qui éloignait la date de sa profession.

La mort de son père en 1 772, en lui ouvrant de nouveaux horizons, fit décidément sombrer sa vocation chancelante. Il se trouvait d'ailleurs le seul héritier du nom d'Eschoisy.

Cette même année, 9 avril 1773, M. le duc de la Vrillère, ministre du roi, lui accordait par lettres authentiques la succession laissée vacante par son père, comme lieutenant de la province d'Angoumois. 11 est désigné dans cette pièce « anciennement chevalier de Malte » .

Le vingt-cinq mars 1777 il affermait la terre du Bois- Chapeleau à André Drillaud, laboureur, demeurant à la Chapelle-Tireuil.

De ses quatre sœurs, l'une avait été mariée à M. le marquis Duleau et mourut très jeune.

Le 26 février 1783 il épousa demoiselle Charlotte-Elisabeth- Isi dore-Suzanne de Bizemont, fille de André- Victor, marquis de Bizemont, maréchal de camp des armées du roi et de Angélique-Isidore de Lannoy.

De ce mariage naquit le 29 août 1785, dans la paroisse de Saint-Barthélémy de Long-Pont, près Paris, Agathe-Jeanne de l'Esmerie d'Eschoisy. L'enfant fut présentée au baptême par son grand-père le marquis de Bizemont et par dame Agathe- Geneviève Sauvestre de Glisson, comtesse des Mothes.

Quand éclata la Révolution M. le marquis émigra en Suisse, d'où il revint en sa propriété d'Eschoisy. Il y était au 16 germinal an III (5 avril 1795), puisqu'à cette date il passe une convention devant Huet, notaire à Mansle, concernant le Bois- Chapeleau, dont le bail est réduit à A, 000 livres. Les preneurs Jean et Pierre Boutin, oncle et neveu, qui avaient succédé à André Drilleaud, se chargent d'acquitter les deniers na'tionaux. Ce bail devait courir jusqu'à la Saint-Michel 1797.

M. d'Eschoisy mourut en son château le 2/i fructidor an X (9 septembre 1802), laissant deux filles encore jeunes, confiées aux soins de sa veuve.

La cadette, Luce- Joséphine- Angélique épousa M. Armand- Vespasien de Bizemont, son cousin, et l'aînée, Agathe- Jeanne, fut mariée, au mois de mars 180/i à M. Jean Prévost-Sansac,

MARQUIS DE ToUCHlMBERT (1).

De ce mariage sont issus six enfants, quatre filles et deux fils. Des quatre filles deux moururent en bas âge. L'aînée des survivantes, Sabine, a épousé M. de Maubué, ingénieur de ponts et chaussées, propriétaire de l'antique seigneurie d'Appel voisin; la plus jeune, Louise, en religion sœur Sainte-Suzanne, est morte récemment supérieure de la maison d'Ancenis.

L'aîné des fils, M. Léopold-Charles marquis de Touchimbert, habite le château de Londigny près deRuffec. C'est à sa science et à son obligeance que nous devons les détails généalogiques qui précèdent. Il a épousé Mademoiselle de Loyac.

Le cadet M. Alfred Prévost-Sansag, comte de Touchimbert

(1) V. sur cette famille, Thibaudeau, Hist, du Poitou t. m. p. 273.

est le propriétaire actuel du Bois-Ghapeleau. 11 a épousé Mademoiselle Suzanne Sallentin. Leur iille unique est mariée à un officier de grand mérite et qu'attend, selon toute vraisemblance, un brillant avenir, M. le comte Jean de Ses-Maisons, capitaine-écuyer et instructeur à Fécole militaire de Saumur. L'antique demeure du Bois-Chapeleau a été remplacée par un château moderne, construit en 1862, sous l'habile direction de M. le comte de Touchimbert.

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