NOSTRE AIDE SOIT AU NOM DE DIEU QUI A FAIT LE CIEL ET LA TERRE. AMEN
biitium sapientiœ timor DominL
PAPIER JOURNAL ET MÉMORIAL COMMANSÉ A FAIRE L'AN MIL SIX GENS ONZE (1).
Le lundy jour mil six cens unze, mon frère André,
s' des Touches, mourut, revenant d'Espagne (2). Mon père en fict les nouvelles, le sixiesme jour d'octobre ond. an je fus pour remersier nos amis, qui l'avoint assisté en sa maladye.
Le samedy \k^ jour de janvier mil six cens douze, sur la minuict, mon père mourut et fut enterré le lendemain dimanche 15, au cimetière donné à ceux de la religion réformée de Fontenay. Je luy fis ériger un tombeau, sur lequel est escrit ce qui s'en suit :
Matheus Vendeus pietate laudandus , fortitudine insignis , hic situs est, qui cùm optimam suae œtatis partem in bellicis expeditionibus consumpsisset, sibi quietem cum publicà salwte preparavit , tumultuante aestu civili regem et patriam pro
(1) Nous avertissons le lecteur que nous avons cru nécessaire de retrancher de ce journal plusieurs passages. Sans importance réelle, ils n'étaient souvent que de fastidieuses répétitions. Nous avons respecté l'orthographe.
(2) Il mourut à Bordeaux, comme il paraît par une procuration du 11 août 1612, passée par Robert, notaire à Fontenay-le Comte, par laquelle Perrette Goguet, veuve de Mathieu de Vendée, constitue Paul de Vendée, sieur de Bourneau, son fils aîné, son mandataire spécial, pour aller à Bordeaux, chercher les meubles et les hardes du défunt et régler les dettes qu'il pouvait laisser. (Archives du Bois-Ghapeleau.)
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viribus et facultatibus suis strenuè ac liberaliter défendit, ob id admirandus quod in ipsis thubarum clangoribus et furiosi Martis horrendis fragoribus, numquam animum à piis christianis exercitationibus avocavit ; sibi famam perennem , suis splendorem adeptus est. Vixit annos lxiii. Perretta Gogueta uxor amantissima, Paulus, Maria et Marguerita Vendei superstites liberi. M. M. P.P.
Icy gist Mathieu de Vendée, escuyer, sieur du dit lieu et de Biossay, recommandable durant sa vye en piété, charité et prudhomie, lequel, après avoir dès son jeune aage perdu ses père et mère, employa depuis le meilleur de son tens à servir son roy, ses amis et sa patrye, et ayant en plusieurs endrois franchi les périls et travaux de la guerre, il vient enfin fmir ses jours entre les bras de Perrette Goguet , sa chère espouze , laquelle , avec Paul , Marye et Marguerite de Vendée , leurs enfans, luy a basti ce tumbeau. Il vesquit soixante et trois ans, et en mariage trente et quatre.
Le jeudy lli^ jour de mars mil six cens trèze, le contract de mariage de ma femme et de moy fut passé à la Bodinatière (1) par Rousseau et Bouchereau, de Saint-Hillaire de Voust, notaires de la baronnie du Petit- Chasteau. Led. Bouhereau en a la minutte. M" le grand-prieur d'Acquitaine y estoit et Messieurs de Ligne et de la Touchotière, M. et Mademoizelle d'Escoué et Mademoizelle de la Place, de Rouen, leur sœur; ma mère y estoit , M. du May et ma sœur Marye, sa femme, et M. des Mothais et M. de Cougnac, advocat à Fontenay, que j'avois avec moy pour me servir de conseil.
Le vendredy, 15 du susd. mois de mars 1613, M. Tomsom, ministre de la Chastaigneraye, vint à la Bodinatière, qui nous fiansa, après que M. le grand-prieur d'Acquitaine, Messieurs de Ligne et de la Touchotière s'en furent en allés et après disner, ma mère et toute sa compagnye s'en retourna à Fontenay.
Le jeudy 28 du susd. mois de mars 1613, M. le grand-prieur d'Acquitaine, oncle paternel de ma femme, mourut à Changillon.
(1) La Bodinatière, paroisse de Saint-Hilaire-de- Voust, canton de la Châtaigneraie, aujourd'hui habité par M. Gougnaud,
Le dimanche 28' jour d'avril mil six cens trèze, ma femme et moy fusmes espouzés à la Boursardyère (1), par M. Tomsom, pasteur de l'églize réformée de la Chastaigneraye.
Le samedi û mai 1613, ma sœur du May mourut et fut enterrée le lendemain, sincquiesme dud. mois, à Fontenay, au cimetière de ceux de la religion réformée.
Le vendredy dix may 1613, ma sœur de la llousselotière mourut et fut enterrée le lendemain, samedy unziesme, auprès de ma sœur du Metz.
Ma fille Espérance , première de nos enfans , nacquit le dimanche quatriesme jour de septembre, l'an mil six cens saize, sur la minuict , et fut batisée en ma maizon de Vendée , le dimanche douziesme de febvrier en la susd. année , où le presche se fit exprès , qui avant ne s'y étoit jamais faict. Monsieur de Brebaudet (2) fut son parrain et Mademoizelle de la Bodinatière (3) , sa grand mère, fut sa marraine, Monsieur Vatable, ministre de l'église de Fossay, la batiza.
Mon filz, Henry, nasquit a Vendée aussi, le dimanche deuziesme jour de juing, sur le midy, l'an mil six cens dix neuf et fut batizé aud. lieu de Vendée, l'onziesme jour du susd. mois et an, où le presche se fit aussi exprès pour cest effect, par le mesme M. Vatable, qui avoit batizé ma fille, ministre en l'églize réformée de Fossay et Saint-Hillaire-sur-l'Autize. Monsieur le baron du Petit- Chasteau et de la Cressonnière fut son parrain et Mademoizelle de la Place, d'Escoué, fut sa marrainne.
Ma fille Renée nasquit au Bois-Ghappelleau , le mercredy sincquiesme jour de avril. Tan mil six cens vingt et trois, sur la minuict, elle fut batizée par M. Vatable, ministre de l'églize de CouUonges, qui pour cest effet fit le presche en ma maizon
(1) C'est la Brossardière, où Charles de la Forest, sgr de Vaudoré, avait établi le prêche comme seigneur haut justicier.
(2) Pierre Voussard, sgr de Brebaudet, fils de Christofle Voussard, et de Jacqueline de Belissac. On dit aujourd'hui par corruption, Breuil-Baudet, dans le voisinage de Vouvent.
(3) Espérance de Contour, fille de N. de Contour et de Françoise Le More, avait en premières noces épousé Bertrand d'Appelvoisin, sgr de la Bodinatière, qui se remaria avec Jacqueline Pizon ; Bertrand mourut en 1612 ; soi^ fils Henry lui succéda.
da Bois-Ghappeleau , le mercredy, douziesme jour du susd. mois et an. M. de la Place, d'Escoiié, fut son parrain et mademoizelle d'Estival (1), sa marrainne.
(Ici finit la 2" page — manque la page 3.)
L'an mil six cens sèze.
May 1616.
Le dimanche, premier jour de may, je fus au presche à la Buardière (2) ; Chevallereau estoit avec nous.
Le lundy 2, je donnay charge à Chevallereau de recevoir des héritiers de Vaudurant deus années d'arréragé de l'avoine qu'ilz me doivent, tant sur leur vigne de Birouire, que sur une autre de Cherzay, terme escheu de Nouel dernier, de Tannée 1615, et une année de la rente de 19 1., qu'ilz me doivent sur leur maizon, size devant la halle de Fontenay, terme eschu de la Saint-Michel de la susd. année 1615, et luy en ay donné un acquit du susd. deuziesme may, pour donner aux d. héritiers.
Le mardy 3 j'ay donné à Jean Mignaut unze livres pour payer à Breschaire, fermier de la Roussière, vingt ras davoine, que j'avois eu de luydès l'année 1 615.
Juillet 1616.
Le unziesme jour de juillet 1646, j'ai resu de Jean Martin la somme de trois cens livres, sur ce qu'il me doit de la ferme de la Freslerye et luy en ay donné un acquit, portant tant sur la susd. somme de trois cens livres, que autres, qu'il avoit cydevant payé tant à deffunct mon père, que à deffuncte ma mère que à moy, toutes icelles sommes faizans la somme de dix neuf cens quatre vingt livres.
Septembre 1616.
Le h^ jour de septembre 1616 ma femme acoucha, sur la
(1) M. d'Estival était frère d'Henry d'Appelvoisin , sgr de la Bodinatière.
(2) La Buardière, dont le nom reviendra souvent, relevait du fief de M. de Maleray de la Socelière. Le culte protestant y fut célébré avant l'érection du Temple de Foussay. Lièvre, Hist. des Protestants du Poitou, t. 2. p, 11.
minuict, de ma fille Espérence, pour le premier de nos enfans. Le 29, je racueillis Liénart, mon cuizinier, pour un an et je luy dois donner trente six livres.
L'an mil six cens disset.
Janvier.
Le jour de janvier 1617 jay resu de Perot, mon fermier des Touches, la somme de 330 livres, pour le terme eschu à Nouel de l'an 1616. Le 15, jay accueilli mon palfrenier la Tourette, pour un an, et luy dois donner 18 1. et rien autre choze.
Feburier 1617.
Le dimanche 12° jour du mois de fébvrier 1617, ma fille Espérence fut batisée, le presche s' estant fait exprès à Vendée pour cest effect, par M. Vatable, ministre de Fossay, qui ne s'i estoit jamais fait avant. M. de Brebaudet fut son parrain et Mademoizelle de la Bodinatière, sa grand-mère, fut sa marraine.
Mars 1617.
Le vingt neuf mars 1617, j'ay fait marché avec mon cuizinier, Claude, pour un an, pour le pris de 36 1. par an.
Auril 1617.
Le dimanche 2, je fus au presche, où nous fusmes reconcilyés, Malleray et moy.
Le lundy 3, je partis de Vendée, pour m'en aller au sinode à Touars ; je passay à la Bodinatière et fus coucher à Brethète (1).
Le mardy h, je partis de Brethète et fus disner à la Mocquarière , où arrivèrent Messieurs Pasquart et Challemot (2), ministres, avec leurs anciens, qui s'en alloint à Touars, je les laissay à disner et fus coucher à Pasdejeu.
(1) Brethète ou Berthète, paroisse de Fennery, près Parthenay, relevait de Saint-Aubin du doux. Henry d'Appelvoisin de la Bodinatière en rend
. hommage en 1625, à François de BetouUat, sgr de la Grange et de Saint- Aubin du doux .
(2) Jean Ghalmot, de Niort, ministre de Paysay-le-Ghapt et de Melleran.
Le mercredy 5, je fus à Touars loger au Grand-Saint- Jullyen^ où estoint Messieurs de la Bégaudière, de Marconnay, de Rozefleur (1), de Marbes , Tenaut et pluzieurs autres, tant ministres que anciens.
Le jeudy 6 Le vendredy 7
Le samedy 8 ] aud. lieu de Touars. Le dimanche 9 Le lundy 10
Le mardy 11, je partis de Touars et vins coucher à Pasdejeu. Le mercredy 12, je partis de Pasdejeu, vins disner à la Mocquaryère et coucher à Brethète.
Le jeudy 4 3, je partis de Brethète, vins passer à la Bodinatière et coucher à Vendée.
Le vendredy 14 Le samedy 15
Le dimanche 16 ( je ne bougeay de Vendée, M. de Rou estoit Le lundy 17 f avec moy.
Le mardy 18 \ Le mercredy 19/ Le jeudy 20, je fus à Biossay.
Le vendredy 21, je fus à Fontenay, où M. Besly (2), advocat du roy aud. lieu, nous accorda Malleray et moy, d'un procès que nous avions ensemble, à cauze de quelques terres en Loypie, près Vendée, ou il prétendoit le terrage, ce que je déniois. Je disnay et soupay chés des Mothais.
Le samedy 22, ma femme, M. de Rou et moy partismes de Biossay et vinsmes coucher à Vendée.
Le dimanche 23, je fus au presche à la Buardyère.
May 1617.
Le mardy 2, Chevallereau partit de Vendée et fut à la Bodinatière, affin d'aller à Nantes avec mon frère, pour bailler six
(1) Jean de la Place, s»" de Rosefleur, ministre de Pouzauges.
(2) Jacob Besly, d'une famille de robe qui a contribué à illustrer la ville de Fontenay.
milles livres à Mademoizelle du Breuil-le-Loup sur ce que nous luy devons ; desquelles six milles livres il y en a six milles livres de mes deniers. Ils en ont tiré acquit, duquel j'ay copie, et au bas d'icelle reconnoissance de M. de la Bodinatière, signée de luy, par laquelle il reconnoist avoir l'original dud. acquit, à nous donné, par lad. demoizelle du Breuil, de la susd. somme de six milles livres.
Le samedy 6, M. de la Bodinatière m'envoya son lacquay, et Chevallereau , qui estoit de retour de Nantes avec luy , s'en alla tout droit à Fontenay, sans venir à Vendée.
Le dimanche 7, Chevallereau vint à Vendée, il me donna la copie de l'acquit de Mademoizelle du Breuil et la reconnoissance de M. de la Bodinatière, portant au pied commant il a l'original dud. acquit. Nous fusmes après disner au presche. Ce mesme jour je donnay à Claude, mon cuizinier, 3 1. /i s.
Le jeudy 11, j'cscrivis à Roche-Guillaume (1) pour le procès que deffunct mon père et luy avoint ensemble. Il me fit responce et me remettoit à en traicter le dimanche prochain suivant.
Le dimanche lA, nous fusmes au presche ; M. Quinefaut (2) vint à Vendée, qui disna et soupa avec nous.
Le lundy 15, je ne bougeay de Vendée. J'escrivis à M. de Roche-Guillaume à Vouvant et luy donnois assignation à mercredy prochain pour nous trouver à Fontenay, pour sortir de nos procès à l'amiable, lequel me manda qu'il se trouveroit à Fontenay au jour que je luy mandois.
Le mardy 16 , je donnay à La Tourette 3 l. ; je partis de Vendée et fus coucher à Biossay.
Le mercredy 17, je fus à Fontenay dès au matin. Je vis M. de Roche- Guillaume, qui me prya d'attendre à son retour de Paris à traiter de nos affaires. Ce mesme jour je donnay à M. Pager, le procureur, 800 1. pour du Metz et ses compagnons feuillans, de reste de ce que je luy devois et ay tiré un acquit dud. Pager, qui, dans deus mois me doit fournir d'un acquit
(1) Pierre Draud. s»" de Roche-Guillaume, receveur des parties casuelles des baronnies de Vouvent et Mervent.
(2) Henri Quinefaut, sénéchal de Vendée, habitait près de Goulonges.
du (lit Du Metz et de ses compagnons et faire endosser la minutie de l'obligation d'acquit dud. Du Metz et du notoire qui l'a passée.
Le dimanche 21, le jeune Babin et deus de ses sœurs et la femme de son frère ayné et deus des autres filles de la Viaillère et la petite Maire, Desroziers et le prieur de Paire vindrent au logis.
Le mercred}^ 24, je resus des lettres de Paris, de M. Jarde. Le jeudy 25, Bazin et La Ronde vindrent au logis. Je donnay à Bazin cent explois, pour distribuer à ceus qui tienenten mon fief et les assigner aux assises, au lundy sincquiesme de juing. Après disner le prieur de Payré, Desroziers, Le Fontenier de CouUonges et quelques autres me vindrent voir. Il fit ce jour-là un bien fort tens, de grands vents, pluyes, grans cous de tonnerre et gresle, grosse comme œufs de poulies.
Le vendredy 26, Chevallereau nous vint voir ; ma femme se trou voit fort mal, qui fut cauze que je bougeay du logis.
Le samedy 27, je fis ferme de ma métairye de la Morinière à Guillaume Dieumeguard, pour sincq ans; lad. ferme passée par Michel Bonneau, de Saint-Hillaire, notaire de Vouvant.
Le lundy 29, M. Quinefaut et Couturier, procureur à Vouvant et Jean Martin vindrent à Vendée, pour voir ce que led. Martin me seroit redevable pour mes bois, qu'il avait laissé courir plus qu'il ne devoit ; il demanda terme deus jours pour en parler à son oncle et à son frère.
Le mardy 30 , René Morin m'aporta un contract en parchemin de certaines ventes par lui acquizes en mon fief Voussard : il m'en a payé les ventes.
Le mercredy 81, M. Quinefaut et Couturier et Jan Martin se trouvèrent de rechef à Vendée, où il fut dit que pour me récompenser de mes bois , qui avoient couru plus qu'il ne falloit, l'un un an, l'autre deus, l'autre trois, lesd. Martin me laisseroint une année de la coupe du marreau du bois appelle (1) qui n'estoit encore pas coupé, ou que je leur don-
nerois, pour avoir le tout, sincquante sine livres de retour. Ce jour-là, M. de Rou arriva à Vendée, qui venoit de Pasdejeu et
(1) Le mot manque dans le manuscrit.
avoit avec luy Jean Mignaut, que Mademoizelle de la Bodinatière envoyoit, pour savoir de nos nouvelles.
Ce mesme jour, Jacques Pougnet m'aporta un contract d'acquêt, qu'il a faict en mon fief, pour m'en payer les ventes ; je luy en ay donné acquit au dos du contract.
Juin 1617.
Le jeudy, premier jour de juin mil six cens disset, j'escrivis à Mademoizelle de la Bodinatière par Jean Mignaut. M. et Mademoizelle de la Place, ayant seu que ma femme se trouvoit mal, envoyèrent savoir de nos nouvelles.
Le vendredy 2 , M. Chapon nous vint voir et Viaillère ; M. de la Bodinatière nous vint aussi voir et sen retourna le mesme jour.
Le samedy 3, je resus de Dieumeguard, qui doit entrer mon métayer à la Morinière, à la Saint-Michel prochaine, 6 1. qu'il doit donner de pot-de-vin en entrant.
Le lundy 5, M. Quinefaut vint à Vendée où nous tinsmes notre première assize. Jean Mignaut arriva, de la part de Mademoizelle de la Bodinatière, pour savoir des nouvelles de ma femme. Les susd. assizes furent remizes à continuer au trentiesme et dernier jour du prézent mois.
Le mardy 6, j'escrivis aussi à Albert (1), affin qu'il vint à Vendée et qu'il amenast M. Barryère (1), pour voir ma femme qui se trouvoit mal.
Le mercredy 7, M" Barryère et Albert vindrent voir ma femme ; ilz disnèrent avec nous , puis sen retournèrent à Fontenay, d'où ils envoyèrent, se soir mesme, une médecine à ma femme, pour prendre le lendemain.
Le jeudy 8, Mademoizelle de la Place nous vint voir dès au matin ; elle disna avec nous, puis s'en retourna le mesme jour à Escoiié.
Le vendredy 9, Bazin vint au logis qui m'aporta trois déclarations, qu'il avoit chez luy, touchant mon fief de Vendée.
Le dimanche 11, M. Chapon nous vint, qui soupa avec nous.
Le mercredy 1/i, M. du Poiron vint à Vendée, où il coucha.
(l) Tous deux médecins à Fontenay.
Le jeudy 15, M. du Poiron s'en alla après disner ; sitost qu'il fut party Morisset , Barrière et Brunet , son beau-frère , le vindrent cercher au logis.
Le vendredy 16, Fransois Brézet et Bonneau vindrent à Vendée, où Brézet raferma mes dismes mixtes de Saint-Hillairesur-l'Autize, pour sine ans, pour le pris de 45 1., une charge de febves et un gorron de laict, pour commanser lad. ferme en l'année 1619, et en faire le premier payemant l'an 1620, au mars. Il luy reste encor deus ans de la ferme que luy avoit faicte deffuncte ma mère , Bonneau en a passé la ferme. Ce mesme jour il afferma la moitié de ma petite cloistre, pour la levée de ceste année seulement, le pris de 20 1.
Le dimanche 18 , M. Chapon nous vint voir et Viaillère. Après disner la femme de Rousseau vint voir ma femme qui se trouvoit mal.
Le jeudi 22, j'envoyay Henry à Vouvant à Bouron, affin de retirer de Martineau mon adveu de Vendée au Petit-Chasteau. Martineau promit de le sercher et de me le faire avoir.
Le samedy 2/i, M. de Rou arriva à Vendée et venoit de la Boustière, où il étoit allé, il y avoit neuf ou dix jours.
Le dimanche 25, je fus après disner à la Viaillère, voir Madame de la Viaillère ; son fils s'en vint avec moy à Vendée, puis après souper fusmes coucher à Biossay. Monsieur de Rou fut à la Bodinatière.
Le lundy 26, M. de la Bodinatière et M. de Rou vindrent dès au matin à Biossay, où nous disnasmes, puis fusmes à la Fuye, voir M. du Poiron, que nous trouvasmes disnant et M. de Semagne (1) avec luy. Nous fusmes tous ensemble à la foire : j'y vis M. de la Roche du Maine : j'y vis aussi M. de Sainte- Gemme, qui commanda à Porcher et à Maire, ses fermiers, de me payer ce qu'il m'estoit deu de reste, soit du principal ou des demeures. Nous retournasmes souper au soir et coucher à Biossay et avec nous les Oullyères.
Le mardy 27, je lis marché à Fourneau et Cherpentier pour me racommoder la maizon de Sauvaget, qui est auprès du moulin, pour le pris de 10 1. 11 me doit fournir de douze chevrons
(1) Henry de Salo, s»" de Semaigne. Gouget, Armoriai du Poitou, p. 170,
et (leus fiUyères et les mettre. Ce jour-là Mademoiselle de la Touchotière vint à Biossay, et sa fille ainée avec elle, elles soupèrent et couchèrent au logis. M. de la Bodinatière, M. du Poiron et M. des Oullyères s'en allèrent de Biossay à la Bodinatière.
Le mercredy 28, iMademoizelle de la Touchotière s'en alla après disner. Je fis marché à Desse, cherpentier, de me refaire le plancher de ma métairye de Biossay, je luy dois donner six livres, j'ai donné à la métayère quarante solz pour avoir du cloue. Ce mesme jour j'ai esté achevé de payer de Jacquette, vefve du feu sergent Arnaudeau, de tout ce qu'ilz me devoint et sommes demeurés quittes. J'ay donné à Mestivier, de Niort, 150 l. 10 s. sur ce que je luy dois. J'ay donné à Migner 30 1., sur ce que je lui doy. Je partis de Biossay, ma femme, M. de Rou et moy et sommes venus coucher à Vendée.
Le jeudy 29, nous fusmes M. de Rou et moy à la Viaillère et de là fusmes coucher à la Bodinatière, où nous trouvasmes M. du Rocheraud et M. du Poiron.
Le vendredy 30 et dernier jour du mois de juing mil six cens disset, nous partismes, M. de Rou et moy, de la Bodinatière et vinsmes à Vendée. Ce jour là Fortin vint disner avec nous et Quinefaut. Après disner nous tinsmes nos assizes, où M. de la Briaudyère se trouva et Salomon Pougnet et un homme de la part de Mademoizelle du Bignonnet (1). La susd. assize fut remize à continuer au seiziesme octobre prochain suivant.
Juillet 1617.
Le samedy premier jour de juillet mil six cens disset, je fus à la Viaillère. Ce jour là je resus des lettres de Paris de M. Jarde, mon procureur et une copie de contract, touchant l'affaire de Gohory.
Le dimanche 2, M. Chapon et sa femme nous vindrent voir.
Le lundy 3, je commansay à faire faucher mon grand pré. Nous resusmes des nouvelles d'Escoué et un lacquay de la part de Mademoizelle du Pin, qui m'escrivoit.
(1) Renée Girard de la Roussière-Gubrange, épouse de Louis Viault sgr du Buignonnet,
Le inardy û, j'escrivis à Mademoizelle du Pin par le lacquay qu'elle m'avoit envoyé. M. de Rou partit ce jour-là de Vendée, pour s'en aller à Estival, je luy prestay huit escus d'or sol.
Le jeudy 6, Quinefaut vint à Vendée, où nous fismes mes lettres de Paris à Jarde, mon procureur et une procuration aud. Jarde, pour deffendre pour moy contre Gohory.
Le vendredy 7, M. Fortin et le jeune Guiot vindrent à Vendée, qui me montrèrent leur procuration, pour envoyer à Poictiers, pour consentir ma demande du fief de Blanchefort. Ce jour-là Madame Chapon et Madame Besly, sa fille, vindrent au logis.
Le dimanche 9, nous fusmes au presche dès au mattin et fismes la cène par la grâce de Dieu. Chevallereau se trouva à la Buardyère , qui fit la cène avec nous. Je trouvai au logis Mathieu Bérard. Luy et Chevallereau demeurèrent tout le jour. Je fus au presche d'après disner. M. Chapon vint disner avec nous.
Le mardy 11, Madame de BretignoUe et Madame Vatable vindrent nous voir à Vendée.
Le mercredy 12, ma femme partit de Vendée après souper et fut coucher à la Bodinatière , pour aller à Pasdejeu , voir Mademoizelle sa mère.
Le jeudy 13, le prieur de Paire et Desroziers me vindrent voir, qui soupèrent avec moy.
Le vendredy lA, j'envoyay à Fontenay mon lacquay pour quérir une nappe, une couple de serviettes et trois escuelles d'estain, que j'ai acheté pour l'égHze, pour servir les jours de cène et seront à féglize, pour ce qu'ilz sont payés des deniers de féglize et ont cousté 9 1. 15 s.
Le samedy 15. Ce jour là ma femme arriva de Pasdejeu, où elle estoit allé voir sa mère.
Le dimanche 16, Quinefaut vint au logis dès au mattin, disna avec nous et après disner fusmes au presche à la Buardyère, et après nous vinsmes souper à Vendée et M. Chapon aussy.
Le mardy 48, Chevallereau et sa femme vindrent à Vendée ;
je resus ce jour-là des nouvelles de Boisgrollier (1), pour response à une lettre que je luy avois escrite. J'en resus aussi une de la vef ve de deffunct mon beau-frère Rousselotière (2) .
Le vendredy 21, Ghevallereau et sa femme s'en allèrent à Fontenay après disner.
Le samedy 22, je retiray de Bichaut le con tract de rétrocession, que la procureuze de Coullonges m'a faict, de la moitié du fief de Blanchefort. Le prieur de Paire me vint voir, qui collationna avec moy.
Le dimanche 23, Quinefaut me vint voir. J'escrivis à Paris touchant BoisgroUyer.
Le lundy 2A. Ce jour-là Brézet vint me faire plainte que les dismeurs de Saint-Hillaire emportoient sa part aud. dismes, qu'il tient de moy.
Le mardy 25, je montay à cheval pour aller trover les susd. disraeurs, pour leur faire rendre ce qu'ils avoient pris. G'estoit Bazin, Ferré, Boutoleau et autres, qui avoient le baillyage de la Doit, la Cousture et le bourg.
Le mercredy 26, M. Chapon nous vint voir et Dejean aussy, qui collationna avec nous^ puis s'en alla.
Aoust 1617.
Le mardy premier jour d' aoust mil six cent disset, j^escrivis à M. des Mothais, pour responce à celle qu'il m'escrivoit, touchant l'affaire de Rocheguillaume.
Le mercredy 2, le prieur de Paire me vint voir.
Le dimanche 6, je fus au matin au presche à la Buardyère. M. Quinefaut vint au logis, qui y soupa. Nous fismes mes lettres de Paris et des mémoires que nous envoyasmes à M. Jarde.
Le lundy 7, j'envoyay mes lettres à Coullonges au messager de Paris et huict cars d'escus. M. Chapon nous vint voir.
(1) Abimelec de Gumont, sgr de Boisgrollier.
(2) Gabriel Bitaud, s"" de la Rousselotière et des Goustaux, veuf de Marguerite de Vendée. Il avait épousé en 2^^ noces d"e Glaude Maistre,
Le mardi 8, je fus à la Bodiiiatière pour voir mon frère (1), lequel je ne Irouvoy pas.
Le mercredy 9, je fus à la chasse.
Le vendredy 11, M. de la Bodinatière envoya son lacquay à Vendée, savoir commant nous nous portyons.
Le samedy 12, le prieur de Paire me vint voir, qui fit collation avec moy, puis s'en alla. Ce mesme jour, Quinefaut vint à Vendée, à qui je fis voir mes lettres de Paris.
Le dimanche 13, le jeune Genay vint au logis dès au matin, puis s'en alla tout aussitost après desjusner.
Le mardy 15, je fus au presche au mattin, à la Buardyère, où M. de la Vallade (2) prescha. Ce jour-là je payay mon cuizinier et refis marché à 20 1. par an et les peaux de moutons, agneaus, chevreaus, veaus, lapereaus et autres, qu'il doit aussi avoir.
Le mercredy 16, M. Chapon nous vint voir. Je resus des lettres de Mademoizelle de la Bodinatière par Jamard.
Le vendredy 18, je fus disner avec M. de la Bodinatière.
Le samedy 19, le prieur de Paire me vint voir. Nous fusmes pescher. M. de Thory y vint aussi.
Le dimanche 20, je fus à la Fougeieuse, chésM. de Valdam, où se trouvèrent Messieurs de la Bodinatière, de la Rochejacquelin, de Thory, de Sainte- Anne, de la Frémodyère, Deschans (3) et l'Isle, Le Coustau et Chanduryère. Nous y disnasmes et après disner nous en partismes tous ensemble. Je m'en vins à Vendée coucher, où je trouvay M. Chapon (A); nous soupasmes
(1) Ce n'était que le beau-frère de Paul de Vendée ; c'est par amitié qu'il nomme ainsi le frère de sa femme, fils aîné de Bertrand d'Appelvoisin qui mourut en 1626.
(2) Ministre de Fontenay, originaire de Bergerac ; il avait épousé Louise Billaud. LiÈVHE, Hist. des pî^oteat., t. m, 149.
(3) P, Des Champs, écuyer, était propriétaire d'un petit fief nommé Mortaigne, contigu à la seigneurie de la Goujonnerie, près Loge-Fougereuse ; ces deux terres furent successivement aliénées par Charles Tiercelin d'Appelvoisin, la première à P. Des Champs, et la seconde à Charles Perreau, originaire du Breuil-Barret. (Archives de la Goujonnerie.)
(4) Ce M. Chapon était sans doute le ministre ou ancien delà Buardière ; sa fille aînée, Marie Chapon, mariée avec Jacob Leroy, sieur de la Saulnière
ensemble. Je luy donnay une lettre pour porter au prieur d'Azay, près Saint-Maisant, en passant en s'en allant à Poictiers.
Le lundy 21, je fus après disner h la chasse avec mon chien couchant.
Le mardy 22, M. de la Frémodyère et M. Deschans vindrent à Vendée ; ilz venoint de la Bodinatière.
Le mercredi 23, M. de la Bodinatière arriva à Vendée, comme nous voulions souper ; il y coucha.
Le jeudy 2/i, M. de la Bodinatière et M. de la Frémodyère et Deschans partirent après disner, pour aller à Escoiié, voir M. de la Place.
Le samedy 26, j'envoyay quérir le Flaman, auquel je donnay charge de me lever des estoffes chés Dejan, suivant le mémoire que je lui donnay, pour me faire un abillement, puis vinsmes à Vendée, ou nous trouvasmes Messieurs de la Bodinatière, de la Frémodyère et Deschans desja rendus, quiestoient de retour d'Escoiié. Ce mesme jour ils s'en allèrent après disner à la Bodinatière.
Le lundy 28, je disnay à la Bodinatière. Comme je partois de la Bodinatière M. de Thory y arriva, qui revenoit de Nantes.
Le mardy 29, je partis dès au matin de Vendée et fus au Poiron, où estoint desja rendus M. de la Bodinatière, de Thory, de la Frémodière et Deschans ; après disner M. du Poiron arriva, qui venoit de Ligne. Nous couchasmes tous au Poiron.
Le mercredy 30, nous partismes tous du Poiron et nous en vinsmes passer à Mervant, ou je les laissay aller à la Bodinatière et m'en vins coucher à Vendée.
Le jeudy 31, Messieurs de la Bodinatière, de Thory, du Poiron , de la Frémodière et Deschans vindrent souper et coucher à Vendée.
Septembre 1 617.
Le vendredy premier jour de septembre mil six cens disset, nous fusmes, dès au matin pescher en la rivière.
et demeurant à Puy-de-Serre, émigra avec son mari, à la révocation del'édit de Nantes ; la seconde avait épousé Jacob Besly, procureur à Fontenay.
Le samedy 2, nous mandasmes le prieur de Paire, pour nous venir aider à pescher, nous prismes force poisson, brochets, carpes et autres. Après disner Messieurs de la Bodinatière, de Thori, du Poiron, de la Frémodière et Deschans furent coucher à la Bodinatière, où j'envoyay une partie du poisson que nous avions pris.
Le dimanche 3, je fis mes lettres de Paris. •
Le lundy A, je partis de Vendée et fus coucher à Brethète.
Le mardy 5, je partis de Brethète et fus disner à la Mocquarière (1). Je rencontray Messieurs de la Bodinatière, deThory, de la Frémodyère et Deschans, au droit de Repérou (2) et nous en allasmes ensemble coucher à Pasdejeu.
Le mercredy 6, M. de la Noiie et ma tante vindrent disner à Pasdejeu ; M. de Thory partit, dès au matin, pour s'en aller à Loumois.
Le jeudy 7, Monsieur de la Bodinatière et Messieurs de la Frémodière et Deschamps partirent de Pasdejeu , pour s'en aller au Pin (3) . Je ne bougeay de Pasdejeu.
Le vendredy 8, je partis dès au mattin de Pasdejeu et fus disner à Champigny et de là coucher à la Loutière, chés mon frère (4) du Goudray, où je le trouvay et ma sœur.
Le dimanche 10, M. du Goudray et moy fusmes voir M. de Manne et de là fusmes au Goudray, où nous trouvasmes Mademoizelle du Goudray. Nous fusmes avec elle deus ou trois heures, puis nous en vinsmes à la Loutière, où, nous y rendant, nous trouvasmes M. de Nueil et M. de Melziart, qui venoint de Paris. '
Le lundy J1 , nous ne bougeasmes de la Loutière.
Le mardy 12 , nous partismes de la Loutière et fusmes à Nueil, où nous disnasmes. Après disner nous prismes congé
(1) Commune dç Tessonnières.
(2) Commune de Soulièvres, près Airvault,
(3) Commune de Marnay, canton de Vivône.
(4) Il s'agit ici d'un frère de sa femme, car Paul de Vendée n'avait alors que deux sœurs, Marguerite, mariée, comme nous avons dit, avec Gabriel Bitaud, s*" de la Rousselotiôre, et Marie qui avait épousé en 1602 Pierre Maignen, sieur du Mets ou du May et qui moururent l'une et l'autre en 1613.
de Messieurs de Nueil et Melziart et nous vinsmes à Lodun, où nous laissasmes Melziart et vinsmes coucher à Pasdejeu.
Le mercredy 13, je ne bougeay de Pasdejeu. Le lacquay de M. de Thory arriva, qui aporta à M. de la Bodinatière un espervier. M. de la Bodinatière y arriva sur le soir, qui venolt du Pin,
Le jeudy 1/i, M. du Coudray s'en alla chés luy.
Le vendredy 15, M. de la Bodinatière et moy partismes de Pasdejeu, vinsmes disner à Boussay et coucher à la Touchotière (1).
Le samedy 16, nous partismes de la Touchotière et vinsmes ensemble jusques à la Bodinatière, où je laissay mon frère et m'en vins coucher à Vendée.
Le dimanche 17, ma femme fut à la Touche, pour voir Mademoizelle de la Rochejacquelin (2), qu elle ne trouva pas.
Le lundy 18, le curé de Fossay, le sergent Lavallée et Chastellier vindrent à Vendée, disnèrent avec nous. M. de la Noue- Rocas vint à Vendée, qui venait de la Bodinatière.
Le mardy 19, M. de la Noue partit de Vendée et s'en alla à Escoiié, voir M. de la Place.
Le mercredy 20, M. de la Noue revint d' Escoiié et coucha à Vendée.
Le jeudy 21, M. de la Noiie partit après disner de Vendée et s'en alla à la Bodinatière.
Le samedy 23, le prieur de Paire me vint voir.
Le dimanche 2Zi, je fus au presche après disner à la Buar-
(1) Commune de Chanteloup.
(2) La famille de la Rochejaquelein, que les guerres de la Vendée devaient à jamais immortaliser, eut pendant plusieurs générations les seigneuries de la Touche, du Busseau, des Places et de Beugné. Madame de la Rochejaquelein, dont il est ici question, était Anne Viault, fille de Louis Viault, chevalier, sgr du Buygnonnet, de la Touche et des Places, et de Renée Girard de la Roussière ; elle avait épousé le 7 octobre 1598, Louis du Vergier, chevalier, sgr de la Rochejaquelein. De leur mariage naquirent René, marquis de la Rochejaquelein, s»" de la Touche et des Places, Simon et Louis, chevaliers de Jérusalem, Françoise et Anne.
(Note fournie par Monsieur le marquis Julien de la Rochejaquelein. Archives de M. le comte de Grimoûard du Péré, propriétaire actuel des Places.)
dyère. M. Chapon vint souper avec nous. Le prieur de Paire y^ soupa aussi et y coucha.
Le lundy 25, je partis au mattin de Vendée, le prieur de Paire avec moy et fus disner à la Bodinatière. Nous y couchasmes et M. du Palais, séneschal de Fontenay (1) et M. de Valdara y vindrent souper et Coucher.
Le mardy 26, nous partismes de la Bodinatière tous ensemble et vinsmes avec le sénéchal jusques à Boulosseau, où je le quittay et m'en vins à Vendée.
Le vendredy 29, je fus au presche au mattin à la Buardyère« M. Chapon vint disner avec nous.
Octobre 1617.
Le dimanche, premier jour d'octobre mil six cens disset, je partis de Vendée, pour m'en aller à Fontenay. Je rencontray sur le chemin M. de la Bodinatière et Lisle. Nous fusmes à Fontenay et disnasmes chés M. le séneschal. Après disner nous fusmes voir jouer une partye de longue paume qu'avoit faict M. le baron de la Cressonnière et au soir soupasmes chés M. le séneschal. Je couchay chés Chevallereau.
Le lundy 2, nous fusmes à la paume voir jouer Lebois contre M. l'Assesseur et M. de Beauheu le Franc. Nous disnasmes chés M. le séneschal. Après disner M. de la Bodinatière et moy partismes de Fontenay, vinsmes ensemble jusques à la Pibolyère, où nous nous séparasmes. Il s'en alla chés luy et moy à Vendée. Le mardy 3, je fus faire amasser les dismes du fief de vigne de Maussion , où Salomon Pougnet estoit , qui amassoit le complan.
Le mercredy A, je fis vendenger mon fief Voussard. Le jeudy 5, je partis de Vendée et fus à Biossay, et ma femme avec moy, pour faire vendenger à Biossay.
Le vendredy 6, nous fismes commanser à vendenger. Je fus à la ville, où je disnai chés Moulin-Billaud avec M. delà Vallade et le sieur de la Forés, beau-frère du d. Billaud.
(1) François Brisson, s»" du Palais, fils de Pierre Brisson et de Jeanne Bertrand. Il était le neveu du célèbre Barnabe Brisson,
^ Le samedy 7, nous fismes achever de vendenger nostre vigne. Je fus à la ville. Je fus longtens à la boutique d'Albert. Ma femme s'en retourna à Vendée.
Le dimanche 8, je fus au presche à Fontenay, où je fis la cène par la grâce de Dieu. Je fus au presche de l' après disnée, je disnay chez Besly, le procureur.
Le lundy 9, je fus à Fontenay, où je fus voir M. des Mothais.
Le mardy 10, ma femme vint de Vendée, je fus à la Grue voir des chevaux qu'un breton y avoit.
Le jeudy 12, je fus à la foire après disner et fus chés Grignon, le notaire, faire passer ma ferme des Tousches, que j'aflermois à Cornuaud.
Le vendredy 13, je fus à la foire après disner et n'en bougeay tout le jour.
Le samedy 14, je fus disner à Escoué et après disner ma femme y arriva.
Le dimanche 15, nous partismes, M. de la Place et moy, d'Escotié, dès au mattin, fusmes à Fontenay voir M. le séneschal, puis fusmes au presche. A la sortye je harday mon cheval allezan pour une haquenée brethonne et un petit roussin breton, je fis de retour quatre vingts escus, puis fusmes disner à Escoué.
Le lundy 16, M. Quinefaut vint à Vendée, nous avions une tenue d'assizejs. La Vergne, Grolleau, Coustau et la Viaillère y vindrent, je resus de Pigeau les ventes de certaines vignes, qu'il avoit acquizes, en mon fief Voussart. Les assizes furent remizes à continuer au quatriesme febvrier de l'année suivante mil si'x cens dishuict.
Le jeudy 19, je fus à la Morinière, voir les réparations qu'il y faut faire.
Le vendredy 20, je fus à Chantegrous, pour voir Quinefaut, lequel je ne trouvai pas.
Le lundy 23, Dejean, le marchand, et Besly, procureur, disnèrent avec moy aux noces des filles de ma métayère de Biossay. Je fis passer ce jour-là la ferme de mes moulins de Sauvaget à Vredon.
Le jeudy 26, je fus à Vouvant ou je vis M. de Rocheguillaume et Martineau. Je vis le papier terrier de Vouvant, où il
apert que la rente qui estoit dheue aud. Vouvant sur les moulins de Roust, est une rente seconde et non féodalle, laquelle a esté depuis amortye par la Tousche-Mouraut : l'arrentement estoit faict à un Pierre Pasquet , pour la ferme perpétuelle dud. moulin. • ^
Le dimanche 29, je fus au presche au mattin à la Buardyère.
Le lundy 30, le pryeur de Paire et M. Chapon me vindrent voir, j
Nouembre 1617.
Le jeudy 2, je resus mes sensifs de blé, qui me sont dheus à Vendée. Ce jour-là M. de la Bodinatière envoya savoir de nos nouvelles.
Le vendredy 3, Jacques Pougnet vint dès au mattin à Vendée, pour me pryer de luy permettre de faire arracher de terre des pierres d'un lyeu, qui est des communaus du village de la Fosse. Après disner je fus à Fossay faire ferrer ma hacquenée. En m'en retournant je fus voir la fosse-Lorans et passay chés M. Chapon.
Le samedy 4, Bazin, de Saint-Hillaire-sur-l'Autise, vint à Vendée, auquel je donnay charge de faire une sayzie sur le moulin de Rous.
Le dimanche 5, nous n'usmes point de presche à la Buardyère. Nostre pasteur estoit au sinode à Pouzauges (1). -^
Le jeudy 9, je fis donner jugement par M. le séneschal de Fontenay , la court tenant , au procès que Malleray et moy avions ensemble, touchant le sensif que je dois à Vouvant, qui luy a esté vendu par Madame de Longueville, sur certaines miennes terres en Loi-pie.
Le vendredy 10, je fus à Sauvaget voir travailler mes massons.
Le dimanche 12, je resus de Escotière, Mestès et les Motets sur le pris de la ferme de mon pré du Baudrain, la somme de soixante neuf livres , dont je leur ay baillé un mémoire. Hz me devront encor onze livres et deux chapons.
(l) Dans la liste des synodes provinciaux, M. Lièvre a oublié de mentionner celui-ci tenu à Pouzauges, au mois de novembre 1617. Hist. des protestants, t. m p. 323.
Le mardy 14, M. et Mademoizelle de la Place et M. des Nouelles arrivèrent à Vendée.
Le jeudy 16 , M. et Mademoizelle de la Place et M. des Nouelles partirent de Vendée et furent à la Bodinatière.
Le vendredy 17, Mademoizelle du Tranchard arriva à Vendée.
Le dimanche 19, Mademoizelle du Tranchard partit après disner de Vendée et s'en alla au Poiron. Je luy donnay mon lacquay, pour l'y conduire. M. Chapon et Maîescot disnèrent avec nous. Il y vint aussy deus bouchers de Coullonges, à qui j'ay vendu deus bœufz gras ; ilz m'aportèrent 60 1. et en emmenèrent un : dedans huict jours ilz doivent venir quérir l'autre et m'aporter autres 60 1.
Le jeudy 23. Ce jour-là, M. de la Robertière et M. Besly, procureur à Fontenay, vindrent à Vendée, auquel j'affermay tout le bien que j'ay autour de Fontenay, pour sine ans, à y entrer dès la feste de Saint-Michel dernière passée et en sortir à pareil jour, lesd. sine années finies, pour en faire le payement chasque feste de Noël.
Le dimanche 26, je fus au presche au mattin à la Buardière. M. Chapon vint disner avec nous. Sur le soir M. du Poiron arriva à Vendée.
Le lundy 27, après disner M. du Poiron et moy partismesde Vendée et fusmes coucher à la Bodinatière, où nous trouvasmes M. de la Métairye^ qui en sortait et s'en allait coucher à sa maizon de la Chesnelyère (1).
Le mardy 28, nous vismes la noce d'Embrelin.
Le mercredy 29, nous partismes après disner de la Bodinatière et fusmes coucher au Poiron.
Le jeudy 30, M. du Poiron et moy et Chevalier, de Merevant, fusmes à la chasse du sanglier et sur le soir, en nous rendant au Poiron, nous trouvasmes M. de laRoussière (2), Saint-Juire (3),
(1) Ancienne seigneurie, voisine de la Bodinatière et de la commune de Saint-Hilaire de Voust. Cent ans plus tard cette terre était possédée par Jacques Gentet, écuyer, qui avait épousé Marie-Anne Goullard. (Archives de M. Babin, de la Goujonnerie.)
(2) François de la Roussière- Girard, fils d'Emery de la Roussière et d'Anne de la Brosse.
(3) M. de Saint-Juire avait épousé Renée Viault, sœur de Anne Viault, mariée à M. Louis de la Rochejaquelein.
M. d'Auzay (1) et M. de la Roullyère, qui aussi chassoint ce jour là un sanglier,
Décembre 1617.
Le vendredy, premier jour de décembre mil six cens disset, je partis après disner du Poiron et fus coucher à Biossay.
Le samedy 2, M. du Poiron vint à Biossay, d'où nous fusmes voir M. de la Place, à Escoûé.
Le dimanche 3 , nous fusmes à la chasse aus îapereaus , dedans les roches de M. de la Place.
Le lundy 4, nous fusmes tout le jour vers Veluire et la Forest-
Naideau, à la chasse du chien couchant. t
Le mardy 5, nous partismes d'Escoué et vinsmes passer à Biossay, où M. du Poiron me quitta, pour s'en aller au Poiron.
Le jeudy 7, M. Chapon nous vint voir. J'achevay de payer Mesnager le marché que j'avais faict avec luy, pour mes moulins à l'eau de Sauvaget.
Le samedy 9, je fus à Fontenay, après disner, avec Robertière et Besly, aus quels je passay ferme de Biossay et de tout le bien que j'ay autour de Fontenay. La ferme est passée par Mignet et Pineau. De là, je fus voir des Mothais, puis m'en revins coucher à Biossay.
Le dimanche 10, je fus a.u presche à Fontenay et disnay chés Besly.
Le lundy 11, je fus à Fontenay, où je levai, chés Dejan, de l'escarlatte, pour m'en faire des bas de chausses. Je fus voir M. Roy chés luy. i
Le mercredy 13, je fus à Fontenay, où je fis mettre par le Lorrain, une guarde à mon espée. Ce mesme jour je resus de Simon Aumon ma rante de soixante livres, qu'il me doit sur les moulins Liotz, chasque feste de Noël.
Le jeudy lA, je fus disner chés M. Roy.
Le samedy 16, je fus dès au mattin en ville. Je fus disner au
(1) Nicolas Marois, écuyer, s*" du Bois et de la Maratte, en l'Ile de Ré, seigneurd'Auzay par sa femme, RenéeTiraqueau, fille de LancelotTiraqueau, neveu du célèbre jurisconsulte. (Note fournie par M. Louis de la Rochebrochard.) (V. V Armoriai du Poitou par Gouget, p. 32 et 97.) ♦
Petit- Louvre et avec moy Chevallereau et Bonnin, le borgle de Saint-Hermine, je fus tout le reste du jour en ville, je soupay et couchay au Petit-Louvre, Chevallereau avec moy.
Le dimanche 17, je fus au presche au mattin, puis emmenay disner avec moy, au Petit-Louvre, Besly et Real. Après disner, je fus au presche, ou je vis M. de la Place et Mademoizelle, puis je fus voir des Mothais et Madame du Plomb, qui estoit malade. J'y trouvay M. le séneschal de Fontenay, j'y soupay, puis m'en vins coucher au Petit-Louvre.
Le lundy 18, j'envoyay quérir Chevallereau, pour disner avec moy, puis je m'en allay à Biossay, où ma femme arriva. Je fis ferme, ce jour là, avec Marquet, mon métayer, demamétairye de Bourneau. Robert passa la ferme.
Le mardy 19, je partis dès au mattin de Biossay, Chevallereau avec moy. Je fus voir M. du Poiron.
Le jeudy 21, je resus de Jean Dousset la rente de 4 1., qu'il me doit chasque feste de Saint-Michel, sur la maizon et jeu de paume, des Loges de Fontenay. Je contay avec mon métayer de Biossay, pour les prés qu'il tient à ferme de moy, outre ceus de sa métayrye et sommes quittes pour ce reguard.
Le vendredy 22, M. Pineau me vint voir à Biossay.
Le samedy 23, je fus en ville. Je disnay chés M. Albert avec M. de Sainte-Anne et M. de la Briaudière et Real, puis je fus jusque chés Chevallereau et m'en revins à Biossay, où je montay à cheval et vins coucher à Vendée. Je trouvay sur le chemin Messieurs Chapon , du Portau , René Guilloteau et Denyau, mon métayer.
Le dimanche 24, je fus au matin au presche à la Buardyère.
Le mardy 26, M. Chapon, Malescot et le bonhomme Cornadeau vindrent disner avec nous. Ce mesme jour, le Cousteau, de la Chapelle-au-lis, vint à Vendée, de la part de M. de la Bodinatière, m'aporter cent sincquante livres.
Le jeudy 28, ma femme partit de Vendée, pour aller à Biossay, où elle livra à Bernardeau huict tonneaus de fromant.
Le dimanche 31 et dernier jour de décembre de l'an mil six cens disset, je resus dès au mattin une lettre de M. de Rocheguillaume, qui me pryait de me trouver à Fontenay le
mercredy prochain suivant, pour terminer nos différents. Je luy ay faict responce et promis de m'y trouver.
Lan mil six cens dishuict.
Januier 1618.
Le lundy, premier jour de janvier l'an mil six cent dishuict, je fus au presche à la Buardyère, où il se faizoit ce jour là. M. Chapon vint disner avec nous. Je contay avec Lardy et Bouron de la bezongne qu'ilz m'ont faite jusques à cejourd'huy. Ils me doivent de reste, savoir, led. Bouron, quatre livres et demye et led. Lardy unze livres et demye, et trois moutons, qu'il avoit chés luy, où il avoit la moityé, seront tous à moy.
Le mardy 2, j'envoyay à Bureau, de CouUonges, une peau de bœuf à couroyer.
Le mercredy 3, je fus trouver M. de la Place à la fm du presche et après disner fusmes au logis de M. de la Cressonnière, au Petit- Louvre, où Rocheguillaume et moy fusmes accordés des procès que nous avions ensemble, par l' ad vis desd. sieurs de la Cressonnière et de la Place. Led. Rocheguillaume me doit donner huict cens livres et me quitte d'une condennation de despans, qu'il avoit contre moy, et moyennant ce, je luy cède lesd. prétentions que j'avois sur la maizon, size au dessus et proche la fontaine de Fontenay, qui fut autrefois à ma grand-mère, mère de mon père, et de tout ce que j'eusse peu luy demander de restitution de ce qui avoit esté donné en mariage par mad. grand-mère à ma tante, sa fille, femme de Abraham Gallyer, assesseur à Fontenay , du quel Guallier la femme dud. Rocheguillaume estoit fille et seulle héritière d'une autre femme que ma tante.
Le jeudy A, dès au mattin Rocheguillaume et moy estans au Petit- Louvre, fismes passer une transaction, par l'advis de nostre conseil, de l'accord que nous avions faict le jour précédant ; passée lad. transaction par Robert, notaire à Fontenay, puis nous disnasmes ensemble au Petit-Louvre. Ma femme arriva ce jour là à Biossay, où je la fus trouver.
Le vendredy 5, ma femme livra à Bernardeau le reste de son blé, assavoir, troi^ tonjaeajus fVomant et dis tonneaus debaillarge.
Le samedy 6, M. de la Place vint disner à Biossay, ayant avec luy Real et Chevallereau et après disner s'en alla. Je retiray de Chevallereau les pièces de ma rente de Bourneuf et les donnay à Besly, mon fermier.
Le dimanche 7, nous fusmes au presche au mattin et fismes la cène par la grâce de Dieu.
Le jeudy 11, M. de Rocheguillaume vint me voir à Vendée. 11 avoit avec luy Jorryère, de Vouvant, et Desousches.
Le dimanche 1/i, Faucillon, le sellyer, aporta un harnois à ma hacquenée.
Le lundy 15, M. de la Robertière et M. Besly m'aportèrent à Vendée le pris de la ferme qu'ilz tiennent de moy à Biossay, assavoir tréze cens livres, dont le terme n'escherra qu'à Nouel prochain. Je resus une lettre de Rocheguillaume , pour nous accorder, Mademoizelle de la Touche-Mouraut et moy, je luy donnay jour pour cest effect à jeudy prochain.
Le mercredy 17, M. de la Place vint coucher à Vendée. M. du Coudray y arriva aussi.
Le jeudy 18, M. de la Place et moy, partismes ensemble de Vendée, il s'en alla à Escoiié et moy à Fontenay au Petit-Louvre, où je trouvay M. de Rocheguillaume. Fombryant nous y vint trouver pour parler du susd. accord, qui fut qu'elle me accommoderoit de ses moulins de Roust. Ce mesme jour je fus coucher à Nalliers.
Le vendredy 19. Je partis de Nallyers et fus à Lusson, pansant trouver Richardière, pour une affaire de M. de la Place, qui m'en avoit pryé, mais ne l'y trouvant pas, je revins coucher à Fontenay au Petit-Louvre, où je trouvay M. du Chagneron et Belleveue.
Le samedy 20. Je fus voir Richardière, chés Des Mothays, où je disnay , puis fus à Escoiié, où je trouvay M' du Coudray.
Le dimanche 21. Nous partismes, après disner d'Escoûé, M. du Coudray et moy, et vinsmes coucher à Vendée.
Le lundy 22. Je resus de Bernardeau trois cens livres, que j'avois envoyé quérir jusque chés luy, par Pierre Deniau, desquelles je prestay cent sincquante livres à M. du Coudray. Il me bailla une cédule de cent soixante deus livres, pour ce
que, quelque tens avant, ma femme lui avoit preste douze livres. Ce mesme jour je payay madame de la Viaillère, de la somme de cent soixante six livres, que je luy devois par obligation et retiray mon oblige, en la présence de M. du Coudray, de M. Chapon et de David Brunet, neveur de lad. Viaillère.
Le mercredy 2/i. Je resus au soir tout tard, une lettre de M. de la Place, par laquelle il me prioit d'estre le lendemain de grand matin à Fontenay, pour parler à M. de la Richardyère de son affaire du prieuré de Montreuil.
Le jeudy 25. Je fus à Fontenay, où je parlay à M. de la Richardière. Je disnay avec M. de la Place aux T?'ois- Piliers ; puis fusmes ensemble voir M. de la Richardyère qui promit à M. de la Place de luy conserver le prieuré de Montreuil contre tous.
Le mercredy 26. Je fus trouver Girardeau et luy donnay mon affaire contre Guérinière (1), et luy laissay la sentence donnée au profit de deffunct mon père contre Guinefolle (2) et la transaction dud. Guinefolle sur lad. sentence. Je fus disner au P etit- Louvre ; je donnay à Fombryant copie de la déclaration que m' avoit donné autrefois le feu s' de Guinefolle, pour son moulin de Roust. Je fus, après disner, aus commédiens, qui jouoint aus t7'ois-rois, puis fus souper au Petit-Louvre.
Le samedy 27. Je fus à Biossay et m'en revins en ville. Je disnay au Petit-Louvre avec Rocheguillaume et Petit-Pas, de La Rochelle. Après disner je fus au parquet, où il fut dit en ma cauz*e contre Guérinière, qu'on viendroit à quinzaine pour faire bail de mon bien, saizy à la requeste dud. Guérinière.
Le mercredi 31 et dernier jour du mois de janvier de l'an mil six cens dishuict, j'envoyay Lajeunesse, mon homme, à Fontenay, chés M. des Mothais, porter une couple de chous pommes, une perdry et une couple de pigeonneaus. Je payay à Chabot tout ce que ma femme et moy luy devions.
(1) Louis de la Guérinière, écuyer, s^ de la Roche-Henry, élection des Sables.
(2) N. Mesnard, s' de Guinefolle, paroisse de Nalliers.
Féburier 1618.
Le jeudy premier jour de fébvrier de l'an mil six cens dishuict, arriva à Vendée mon fermier des Tousches, qui me donna trois cens trente livres, qui est le pris de sa ferme. Le prieur de Paire estoit lors à Vendée, qui s'en alla aussitost.
Le vendredi 2. Cornuaut, mon fermier des Tousches, s'en alla et le métayer dud. lieu des Tousches, qui estoit avec luy. Le prieur de Paire disna avec moy et après disner, M. Chapon me vint voir.
Le samedy 3. J'envoyay mon homme à Fontenay, parler à Giraudeau, procureur, et luy escrivois de mon aiïaire contre Guérinière.
Le dimanche li. Je fus au presche au mattin à la Buardyère.
Le lundy 8. Le prieur de Paire fut tout le jour avec moy.
Le mercredi 7. J'envoyay au Poiron, pour savoir commant se portoit mademoizelle de Ligne; j'escrivois à M. du Poiron. Je fus à la chasse vers la Freslerye.
Le jeudy 8. M. Quinefaut estoit au logis, où nous tenions nos assizes, et fut lad. assize remize à continuer au huictiesme jour de mars suivant.
Le samedi 10. Je fus à Fontenay, où je vis M. du Plomb, chés M. des Mothais. Je fus au parquet longtens avec le lieutenant criminel. J'eus deffaut contre Guérinière, ne s' estant trouvé personne pour luy en l'assignation qu'il m'avoit faict donner. Je m'en vins coucher à Vendée. Chapon estoit avec moy. Nous trouvasmes en le chemin Boutet et Paiou.
Le dimanche 11. Maistre Jacques Faucillon vint à Vendée et Montauban avec luy. J'ay payé aud. Faucillon tout ce qu'il a faict pour mes chevaux et pour cens de ma femme. J'ay aussi payé led. Montauban. Je donnay à mes fagotteurs pour un millyer de fagotz et quatorze cens bougres (1) , qu'ils m'ont
(1) Ce mot, corruption de Bulgare, qui était une insulte et qui n'est plus qu'une parole grossière, s'emploie ici dans un sens qui a donné lieu à un proverbe du Bocage et de la Gâtine. A quelqu'un qui se sert de ce mot, fait-on quelque observation? Il répond : Bougre n'est pas un jurement, c'est un fagot d'épines l
faict en mon bois de Barrot, la somme de cent quatre solz , et suis demeuré quitte avec eus pour ce reguard.
Le jeudy 15. Je vendis à un boucher, un bœuf de ma métayrye , qui estoit seul et à moy et à mon métayer, le prix de 35 1.
Le dimanche 18. Je fus au presche au mattin à la Buardyère.
Le lundi 19. J'escrivis à Paris à M. de la Bodinatière et à M. Jarde, mon procureur, et à M. de Riges. J'envoyay mes lettres à Coullonges par Henry.
Le mardy 20. Ma femme arriva ce jour-là de Pas-de-jeu.
Le jeudy 22. M. du Poiron arriva à Vendée et un gentilhomme, sien parant avec luy, nommé Foureilles.
Le vendredy 23. MM. du Poiron et Fcureilles disnèrent à Vendée et après s'en allèrent à la Touchotière.
Le mardy 27. J'avois à disner avec moy à Vendée, M. Chapon, Malescot, Baage et le bonhomme Piaud, ensiens de Téglize de Fossay, et Daniel Audebran, ensien de l'églize de Saint-Hillairesur-l'Autize.
Le mercredi 28. Je fus après disner au grand estang de Puide-Serre que l'on peschoit, pour acheter du poisson.
Mars 1618.
Le jeudy, premier jour de mars mil six cens dishuict, j'envoyay à Pui-de-Serre quérir du poisson, que j'avois acheté le jour précédant.
Le dimanche h. Je fus au presche au mattin, je payay Bouron et Lardy de toutes les fosses qu'ils m'ont faict, savoir, vingt et une brace ; je payay aussi la Follye de tous les fers, qu'il avoit mis à mes chevaus.
Le lundy 5. Gabryel, mon cuizinier, vint à mon service, auquel je dois donner, par an, 24 l. etlespeaus de moutons, veaus, agneaus et chevreaus, qu'il abillera (1) à la maizon.
(1) Ahiller pour dépouiller et par extension préparer. De là le mot abillage, usité dans le Mirebalais, pour désigner tout ce que l'on mange avec son pain. Dans le Bocage on se sert pour exprimer la même chose du mot quementage. Glossaire poitevin, par l'abbé Rousseau, curé de Verruyes.
Le mardy 6. Je fis marché avec Débouté, le masson, et Deussou, son beau-frère, pour faire mon cellyer dessus ma cave, à quinze sols la brasse de la muraille, cent sols pour une porte de taille aud. cellier et une descharge, aussi de taille, au droict la met dud. cellyer.
Le mercredy 7. Pierre Denyau acheta un veau à la foire de Fossay, qui luy cousta trente deus livres, pour mettre au lyeu du noireau, qui nous estoit mort.
Le jeudy 8. Nous avions une tenue d'assizes, où M. Quinefaut estoit, Salomon, Pougnet, Laplante, Jubien, Bonneau et Bazin, qui disnèrent avec moy. J'affermay à La Ronde, ma noue de la Proustière et mon bois de Baudrain , le pris de 27 livres , par chacun an, pour sincq ans : Bonneau en a passé la ferme. La susd. assize fut remize à continuer au disneuvesme d'avril prochain ensuivant.
Le dimanche 11. Je parlay au métayer de Pui-de-Serre, nommé Giraut, pour le mettre en ma mestairie de la Freslerye.
Le lundy 12, M. Albert vint dès au mattin à Vendée pour voir ma fille, qui avait la fiebvre ; Babin (1), advocat, et sa belle-mère vindrent à Vendée et s'en retournèrent sur le soir à la Viaillère.
Le mercredy lA, M. du Poiron vint nous voir ce mesme jour.
Le jeudy 15, M. du Poiron s'en alla après disner au Poiron.
Le vendredy 16, Bonneau, de Saint-Hillaire-sur-l'Autize, vint à Vendée ; avec luy Tonnard, qui acheta de moy des vignes en mon Fief- Voussard, lesquelles j'avois prizes sur un homme de Nieiul, pour les avoir laissé courir de serpe ; je vendis aussi à La ronde les vignes que j'avois eu de Cadet.
Le samedy 17, je resus une lettre de Janneau, mon greffier des Tousches, qui me prioit de leur mander le jour, que je voudrois assigner à mes assizes dud. lieu des Tousches, et luy manday que ce fust au samedy, dernier jour de ce prézent mois de mars.
(1) Paul Babin, fils de Jacques Babin, s»* de la Ghopinière, et de Marie Gobin. Il avait épousé Gabrielle Sablon dont il eut sept enfants. L'aîné, nommé Paul comme son père, fut avocat au parlement de Paris.
Généalogie de la famille Babin, de la Goujonnerie.
Le dimanche 18, je fus au mattin au presche à la Buardière, M. Chapon et Daniel Boulliau (1), deSaint-Hillaire-sur-rAutize vindrent disner avec nous.
Le lundy 19, j'escrivis à Paris à M. de Riges et envoyay mes lettres à GouUonges par mon laquay.
Le mardy 20, ce jour-là vint à mon service La Crois-Blanche, de Fontenay, pour me servir de vallet de chambre.
Le mercredy 21, je fis marché avec Mesnager, pour me redresser une borderye ruinée à la Roullyère, touchant à la maizon à Jean Cornadeau, savoir est, une chambre de 18 pieds de long et 15 pieds de large avec la cheminée et les portes à un abajou double, pour donner jour à lad. chambre et me le rendre couvert, pour le pris de 25 1. et un pain, que je leur dois bailler.
Le vendredy 23, j'envoyay à l'estang des Broizes, où je fis acheter du poisson. M. Chapon vint à Vendée, qui fit amener une petite boude (2) de sa vache, qu'il donna à ma fille.
Le dimanche 25, M. Chapon m'amena Guachignard, métayer de Cute-praye, pour prendre ma métayrye de la Freslerye à ferme. Jean Martin à Tinstant y arriva aussi, qui fit aud. Guachignard un transport des années qui luy restoient à faire de sa ferme de ma métayrye de la Freslerye, auquel transport je fus estably comme le consentant et quittant iceluy Martin des années, par luy transportées aud. Guachignard, à prendre dès la Saint-Michel prochaine et prometz le tenir quitte de payement d'icelles, pour m'en adresser aud. Guachignard.
Le mercredy 28, M. Quinefaut vint à Vendée pour commanser à dresser mon papier censaire de Vendée. Ce jour-là je fus à Fossay au contract de mariage de mon filleuil, Paul Denyau. M. Quinefaut coucha à Vendée.
Lejeudy 29, M. Quinefaut estant à Vendée, comme nous estions pretz à disner, M. de la Bodinatière arriva, que nous
(1) Il existe encore à la Châtaigneraie des descendants d'une famille Bouilleau, originaire des environs de Saint-Hilaire-des-Loges, autrefois Saint-Hilaire-sur-l'Autise.
(2) Génisse, que sa mère allaite encore. Làlanne. Diction, de patois Poitevin,
n'avions pas veu, depuis son retour de Paris. M. de Fonbriant (1) vint à Vendée me voir en se rendant du Bois-Chapeleau à Fontenay. M. de la Bodinatière fut au Poiron.
Le vendredy 30, j'envoyay Lacrois aus Tousches, pour estre à mes assizes, n'y pouvant aller.
Auril 1618.
Le dimanche, premier jour d'avril mil six cent dis huict, je fus au mattin au presche à la Buardyère. Après disner Hourderye me vint voir.
Le lundy 2, j'escrivis à Paris à Jarde et à Roy, mes procureurs.
Le mardy 3, je fus à la Morinière en chassant.
Le mercredy Zi, je fus à laFreslerye, pour faire amoucher (2) mon bois et voir les arbres que Jean Martin laisse à esbrancher, pour le métayer qui doit entrer à la Saint-Michel prochayne.
Le jeudy 5, ma femme fut coucher au Poiron, voir sa tente. Ce jour-là je pris Fransois, pour me servir de lacquay.
Le vendredy 6, Desroziers et Viaillère vindrent me voir, qui soupèrent avec moy.
Le samedy 7, j'escrivis à M. de la Rivière (3), de Mouzoeuil, pour l'affaire que j'ay avec la vefve de feu mon beau-frère Rousselotière.
Le lundy 9, je donnay à mes bessons (A) six livres pour le fossé du bout de mon vergier ; je donnay aussi au picardoize douze livres sur ce que je luy dois donner lorsqu'il aura recouvert mon pavillon de Vendée et la vis, par où l'on y monte.
(1) Jacques Berthon, maire et capitaine de Fontenay, sieur de Fonbriant, avait une hypothèque de 24,000 hvres contre Charles Tiercelin d' Appelvoisin qui lui avait vendu à la mort de son père les deux tiers de la terre du Bois-Chapeleau. Le dernier tiers appartenait à Louis des Granges, sieur de Montfermier.
(2) Amoucher, mettre en mouche ou tas, se dit du bois et du foin.
(3) Judic de Bessay, sa veuve, maintenue noble par sentence de Barantin, du 26 fév. 1667. Elle était fille de N. de Bessay, sgr de Bonneuil-Matour. Armoriai manuscrit du Bas-Poitou, documents de ma collection. B. D.
(4) Besson, pionnier ou terrassier. Glossaire du patois poitevin par Vabbé Lalanne, au mot besson.
Le vendredy 13, je fus au presche au mattin.
Le samedy 1/i, j'envoyais Lacrois, mon vallet de chambre à Fontenay , pour assigner à mes assizes l'héritier au bien vacquant de deffunct Danyel Agroue.
Le dimanche 15 , nous fismes la cène à la Buardyère, par la grâce de Dyeu, puis retournasmes au presche après disner.
Le lundy 16, je fus au mattin à Saint-Hillaire-sur-rAutize et après disner je fus à la Bodinatière, où je trouvay M. du Poiron, qui y estoit, il y avoit trois ou quatre jours.
Le mardy 17, M. de la Bodinatière, M. du Poiron et moy fusmes à la chasse au sanglyer, aus bois de Faimoreau et des Places.
Le mercredy 4 8, nous retournasmes de rechef chasser dans les bois.
Le jeudy 19, je partis après disner de la Bodinatière et m'en vins coucher à Vendée. Je trouvai Quinefaut, Bazin, Laplace, gendre de Richardière, Gotin, GroUeau, Bonneau, Robert, procureur à Fontenay, Babin, gendre de la Viaillère et Chapon, qui s'y estoient rendus à la tenue d' assizes que nous y avions se jour-là et qui fut remize à continuer au dissettiesme may prochain suivant.
Le vendredy 20, Laplace, gendre de Richardière, de la Chataigneraye, passa à Vendée, disna avec nous, puis s'en alla à Saint-Maixant.
Le dimanche 22, je fus au presche après disner à la Buardyère, au retour duquel lyeu je resus de Bernardeau, du Gros- Noyer, qui estoit à Vendée dès au mattin, la somme de six cens soixante et une livres, trèze solz, quatre deniers, qu'il medevoit du reste du blé que je luy avois vendu.
Le mercredy 25, je partis de Vendée et fusmes, ma femme et moy, coucher à Escoiié, où nous trouvasmes M. de Brebaudet.
Le jeudy 26, M. de Brebaudet s'en alla chés luy.
Le vendredy 27, nous partismes d' Escoiié après disner et fusmes coucher à Biossay.
Le samedy 28, je fus de Biossay à Escoiié, ayant avec moy Pineau et Mignet, notaires royaus à Fontenay, où le bon homme Hurtaud me passa un contract de vente de son bien, pour me
payer des arrérages de la rente de vingt boiceaus de blé, moityé fromant et moityé sègle, qui m'estoit dheue à Bourneuf, sur certains domaines d'une partie desquels led. Hurtaud estant détenteur, comme héritier de cens qui dévoient lad. rente, il estoit condamné au payement et arrérages, sauf son recours contre ses cohéritiers, par sentence donnée à Fontenay, de laquelle n'y avoit point eu d'appel, ains en suitte de lad. sentence, y avoit heu transaction entre deffunct mon père, où il est obligé à payer les arrérages et continuer la rente à Tadvenir. En mesme tens je passay à sa fille qui le gouverne, une ferme dud. bien pour trois ans et confessé, par lad. ferme, avoir esté payé contant du pris de chasque année et pour lesd. trois années. Je fus voir M. de la Place.
Le dimanche 29, je fus au presche au mattin à la Buardière et après disner je payay Bouron et Lardy, de , tous les fossés qu'ilz m'ont faitz.
Le lundy 30 et dernier jour d'avril de l'an mil six cens dis huict, je fus à la Bodinatière, puis m'en revins à Vendée, où je trouvay M. de Brebaudet.
May 1618.
Le mardy, premier jour de may mil six cens dishuict, M. de Brebaudet estoit à Vendée, qui y disna et Fortin qui l'y vint trouver , puis, après disner , en partit et s'en fut coucher à Brebaudet.
Le mercredy 2, j'ai donné à la Tourette, mon palfrenier, douze livres, et 7 livres qu'il avoit heu par cy-devant, font disneuf livres. Il est tout payé de son service de l'année passée et aura vingt solz d'avance sur celle-cy. Ce mesme jour je fournis d'une déclaration au chambryer de Niœuil, pour le pré de la Morinière, sis es isles, apelé les Peirotz, près Fonboullant, que je tiens de luy, à cauze de son fief de la Doit.
Ce mesme jour, Pierre Denyau et moy avons vendu à Reverdy deus bœufz gras, le pris de cent trois livres, terme à la Pentecoste. Je donnay à Débouté et à son beau-frère, quatre livres.
Le jeudy 3, je partis de Vendée, pour aller aus Tousches et fus coucher à Biossay.
Le vendredy h, je partis de Biossay et fus coucher àLusson, où je trouvay le lieutenant criminel de Fontenay et l'assesseur et Fombriant, qui estoint près de s'en retourner à Fontenay. Je fus trouver M. de la Richardière au jeu de paume ; nous fusmes, luy et moy, souper à la Madeleine^ chés Cailler. M. Roulleau et sa femme soupèrent avec nous, puis je m'en allay coucher à mon logis chés Laguarde.
Le samedy 5, je fus dire adyeu à la Richardyère en son logis. Je vis M. de Sainte-Gemme à mon logis et le salluay, puis je partis de Lusson et vins coucher à Vendée.
Le dimanche 6, M. de la Frémaudière (1) et un autre gentilhomme avec luy, arrivèrent après disner à Vendée.
Le lundy 7, M. de la Frémodière ne bougea de Vendée. Nous passasmes l'après disnée à jouer à l'homme. M. Chapon vint souper avec nous.
Le mardy 8, M. de la Frémodière partit de Vendée après disner^ pour s'en aller à la Bodinatière. Je payay aussi le Flaman de tout ce que nous luy devions, savoir : la fasson de mon habit de camelot et la robe de taffetas fassonné de ma femme et de tout ce qu'il a fourny en faizant lad. robe.
Le mercredy 9, M. de la Bodinatière vint souper et coucher à Vendée.
Le jeudy 10, nous partismes, M. de la Bodinatière et moy, de Vendée et fusmes coucher à Lusson, où nous arrivasmes sur les deus heures. M. de la Rivière, de Mouzeuil, nous vint trouver, qui nous mena chés M. de Beauchans, pour nous voir, Mademoizelle de la Rousselottière et moy, pour nous accorder des différons que nous avions ensemble et des prétentions qu'elle avoit sur moy ; où il fut trouvé par ses amis et les miens^ que je ne luy devois rien de toutes ses prétentions, fors d'une année de la rente, que mon deffunct père avoit promis, par chascun an, à ma deffuncte sœur, et moy je dizois au contraire ; et de ce nous remismes à nous en accorder à Fontenay et en passer par deus advocats.
Le vendredy 11, nous disnasmes à la Madeleine^ chés Cailler,
(1) Louis Boisnet; sr du Pin et de la Frémaudière.
avec Mademoizelle Dotiet et un autre et M. de la Haye avec elle, et Madame Roulleau. Nous partismes de Lusson après disner et M. de la Place avec nous, qui nous quitta à Mouzeuil, pour s'en aller à Escoué ; nous fusmes coucher au Poiron, où nous trouvasmes M. de Ligne ; M. du Poiron n'estoit pas de retour de Poictiers.
Le samedy 12 , nous partismes après disner du Poiron. M. de la Bodinatière s'en alla chés luy et moy à Vendée.
Le mardy 15, je fis marché à deus baissons, pour me.jfaire des clapiers en ma guarenne de dessous mon village de la Roullyère, à douze solz la brasse ; ils doivent avoir deux mères (?) dis piedz d'assiette et quatre piedz sur trace ; ilz ont commencé dès ce mesme jour.
Le mercredy 16, Mathieu Bérard me^vint voir en passant, pour s'en aller à Coullonges.
Lejeudy 17, nous avions une tenue d^assizes où se trouva Mademoizelle de la Rochejacquelin, qui fit les foy et hommage qu'elle me doit, pour sa maizon des Places, du fief de la Teublerye et du fief d'El, près la Morinière. Laplante, Jubien, Jacques PoUgnet et Bonneau s'i trouvèrent aussi, qui disnèrent avec nous. Bavière y vint aussi. La susdite assize fut remize au settiesme juing prochain suivant.
Le dimanche 20, je payay Dieumeguard, le cherpentier, ' de la bezongne qu'il m'a faict à ma borderie de la Roullyère et ay faict marché avec luy, pour me faire la cherpente de mon logis de sur ma cave. Je luy dois donner neuf livres et pour les chevrons qui y fallent, un double du pied, pour les tirer. Ce mesme jour, je payay Mesnager des cartiers qu'il me tire à la pierrière de Martinet.
Le mercredy 23, le prieur de Paire vint à Vendée et Caffin, de Foussay, qui soupèrent avec nous.
Lejeudy 2/i, nous partismes^ ma femme et moy, pour aller à Sauvaget, où se trouva Mademoizelle de Ligne, M. du Poiron et M. de la Bodinatière, qui avoit avec luy Larocque ; nous y peschasmes : nous disnasmes là, puis nous en vinsmes à Vendée, fors Mademoizelle de Ligne, qui s'en alla au Poiron.
Le samedy 26, je fus à Fontenay, où je vis M. de la Rivière,
de Mouzeuil, chés Pager, le procureur, où nous ne fismes rien en l'affaire de la vefve de la Rousselotière. J'avois Besly, procureur, avec moy. Je m'en revins à Vendée.
Le lundy 28, le prieur de Paire et Desroziers me vindrent voir après disner.
Le mercredy 30, M. de la Place et sa femme vindrent disner à Vendée et de là coucher à la Bodinatière. M. de la Place s'en alla de là à Paris et à Rouen.
Le jeudy 31, et dernier jour de may de l'an mil six cent dix huict, je fus à la Bodinatière, où je trouvay Mademoiselle de la Bodinatière, qui avoit avec elle ma couzine de la Vergne. Mademoizelle de la Bodinatière, Mademoizelle de la Place, ma couzine de la Vergne, M. de la Bodinatière et moy vinsmes coucher à Vendée.
Juing 1618.
Le vendredy, premier jour de juing mil six cent dis huict, M. de la Bodinatière partit de Vendée, pour aller à Sainctes. Je luy prestay mon grand cheval et un de mes lacquays.
Le dimanche 3, je fus au presche, après diner, avec Mademoizelle de la Bodinatière.
Le mardy 5, Macoin m'amena un millyer de latte que je luy payay à huict livres.
Le mercredy 6, je ne bougeay de Vendée. Je resus quatre brasses d'aisses seiches, que je dois payer à quarante set solz, sis deniers la brasse.
Le jeudy 7, nous avions nos assizes, qui furent remizes au 5 juillet prochain suivant.
Le vendredy 8, je ne bougeay de Vendée. Je fis marché à un faizeur de thuiles, pour m'en fournir sincq millyers à quatre livres le millyer et quatre livres le tonneau de chaus, j'en dois prendre trois pipes ; il y en aura une qui ira sur les sine millyers de thuille et outre sur chasque millyer il me doit donner six fètaus; je luy ay donné un cart d'escu d'esre (d'arrhes).
Le dimanche 10, je fus au presche au mattin à la Buardyère.
Le lundy 11, nous fusmes à la Bodinatière.
Le mardy 12, M. de la Bodinatière vint coucher à Vendée , retournant de Sainctes d'avec M. de la Roche-du-Maine,
Le mercredy 13, M, de la Bodinatière s'en alla après disner chez luy.
Le jeudy là, Mademoizelle de la Bodinatière, ma femme, ma couzine de la Vergne et moy fusmes coucher à Escoûé. Ce jour mesme vint à mon service La Verdure, mon cuizinier : il doit gaigner par chascun an douze escus et toutes les peaus de moutons, agneaus, veaus et chevreaus.
Le vendredy 15, nous partismes d' Escoûé, fusmes passer à Fontenay et de là au Poiron, voir Mademoizelle de Ligne. Nous y disnasmes, puis vinsmes coucher à Vendée, où nous trouvasmes M. de Thory.
Le samedy 16, M. du Poiron vint à Vendée.
Le dimanche 17, M. de la Bodinatière vint à Vendée ; puis luy et nous tous qui estions à Vendée, fusmes souper et coucher à la Bodinatière.
Le mardy 19, Mademoizelle de la Bodinatière partit de la
Bodinatière, pour s'en retourner à Pas-de~jeu, et ma femme et
moy vinsmes coucher à Vendée.
Le vendredy 22, je fus aus Tousches et de là coucher à Mareuil.
Le samedy 23, je vis Janneau, mon greffier des Tousches, et la vefve Pasquereau, laquelle vendit à Gornuaut, mon fermier du d. lieu, les terres qu'il avoit eu de moy, en eschange d'autres qu'il avoit parmy les miennes, et ce pour le pris de 83 1. , qu'il me donneroit, pour demourer quitte envers moy de pareille somme, que son deffunct mary me de voit par obligation. Ce mesme jour je vis M. de Loudryère (1) et luy donnay la sentence quej'avois contre les seigneurs du Plessis de Rosnay (2) etdeus baus à ferme de ma maizon des Touches, faicts à la requeste du s" baron de Mareuil, pour le rachat à lui obvenu, de ma d. maizon,
(1) René de Tallensac, sieur de Loudrière, frère utérin du sieur de la Boulaye, sénéchal d'Aunis. Il épousa, vers 1623, Françoise de Goligny , sœur de M. de Ghastillon. Lettre écrite par Jean Beslij, le 28 février 1623, et communiquée par M. Edgard Bourloton, de Maillezay.
(2) Gabriel des Ville-Neuves, écuyer, s»* du Plessis -Rosnay, fils de celui dont il est fait ici mention, fut maintenu noble par sentence à expédier. Armoriai manuscrit du Bas-Poitou. Documents de ma collection.
par la mort d'un s' du Plessis et un acquit d'un des d. baus à ferme. Ce mesme jour je partis de Mareiiil et fus coucher à Lusson.
Le dimanche 2/1, M. de la Richardière et moy desjunasmes à mon logis, puis fusmes disner chés Richardyère, où se trouva l'aumosnier Cailler; puis fusmes à la Madeleine chés led. Cailler, où nous soupasmes. Je m'en vins coucher à mon logis.
Le lundy 25, je partis de Lusson de bon mattin, vins à Biossay, où ma femme se rendit, puis après disner fusmes à la foire.
Le mardy 26, ma femme et moy fusmes voir Mademoizelle des Mothais , où MM. de la Bodinatière , de Thory et du Poiron nous vindrent trouver. Nous fusmes ensemble en foire. Ma femme s'en alla à Vendée et moy je fus coucher à Biossay.
Le mercredy 27, je fus à la foire dès au mattin, où je trouvai M. de la Bodinatière, M. de Thory et M. du Poiron. M. de la Cressonnière me parla des différens, que nous avions ensemble, touchant mes droits du fief de Vendée et me prya que nous en passassions à l'amiable, qui seroit au retour de Martineau de Paris, dont il me donneroit advis. Je luy promis que nous nous rendrions chés luy pour cest effect. Je vis aussi M. de Rocheguillaume, qui me parla de terminer le différent de Mademoizelle de la Tousche-Mouraud et de moy à l'amiable et s'obhgea de m'en escrire.
Le vendredy 29, je donnay à Mesnager deus cars d'escus, dont il y en a vingt et quatre solz, pour m'avoir blanchy mafuye, et les huict solz faudra les y rabattre sur le marché de trois livres, que j'ay faict avec luy, pour me recouvrir le logis de dessus ma cave.
Le samedy 30 et dernier jour de juing mil six cens dis huict, M. de Roche-Guillaume vint à Vendée, pour me parler de l'accord d'entre Mademoizelle de la Tousche-Mouraud et moy et me prya d'en passer par nos amis, ce que je luy promis et de luy savoir dire quel jour.
Juillet 1618.
Le dimanche, premier jour de juillet mil six cens dis huict, M. de Thory arriva dès au mattin à Vendée. Je fus voir M. de
la Bodinatière et le pryay de se trouver à Fontenay au sixiesme jour de ce prézent mois, pour m' assister en l'accord de la Tousche-Mouraud et de moy, que Roche-Guillaume avait entrepris de faire, ce qu'il me promit.
Le lundi 2, j'escrivis à Roche-Guillaume, pour l'afFaire de la Tousche-Mouraud, il me manda qu'il m'en feroit responce le mardy ou mercredy suivant.
Le mardy 3, je ne bougeay de Vendée, avec M. de Thory.
Le mercredy A, M. de Thory fut à la Bodinatière; je resus une lettre de Roche-Guillaume, où il remettoit nostre affaire au lundy prochain suivant. J'en avertis M. de la Bodinatière, par M. de Thory.
Le jeudy 5, nous avions une tenue d'assizes à Vendée, où se trouva Fortin, Pougnet, Fourneau, Le Boulleus, Bonneau, Aubusson, Loryal, Arnaud, Desroziers, lechambryer de Nieuil et autres. Lad. assize fut remize au jeudy vingt sincq d'octobre prochain suivant. Le pryeur de Paire me vint voir, qui soupa avec nous et Desroziers.
Le dimanche 8, nous fusmes au presche à la Buardyère, où nous fismes la cène par la grâce de Dieu. M. de Thory s'y trouva, qui s'en vint à Vendée avec nous.
Le lundy 9, nous fusmes longtens, M. de Thory et moy à Mérevant, à attendre M. de la Bodinatière, qui s'y devoit trouver à une chasse, que faizoit Roche-Guillaume, où après avoir* longtens attendu, nous fusmes à Vouvant voir Roche-Guillaume. Nous soupasmes avec luy.
Le mardy 10, M. de Thory et moy fusmes à la forest, où nous avions promis à M. de Roche-Guillaume, de nous rendre. Nous tuasmes une biche. Nous nous en revinsmes à Vendée.
Le mercredy 11, le pryeur de Paire me vint voir.
Le jeudy 12, le pryeur de Paire me vint voir, disna avec nous, puis nous fusmes pescher à la rivière, où nous prismes force poisson.
Le vendredy 13» je fus à Paire voir M. de Paire (1) et M. de
(1) Nous pensons qu'il s'agit ici de « Jacques Grimouard, écuyer, sieur de Paire, maintenu noble par sentence du 23 septembre 1667, dont les an-
Granzay, son fils. M. de Thory partit de Vendée pour s'en retourner à Estival. Après souper je fus voir derechef M. de Paire, qui estoit à Fossay logé chés la bouchère.
Le vendredy 20, je fus faire pescher au-dessus le mouhn de Roust.
Le samedy 21, je fus disner avec M. de la Bodinatière, où arriva, comme nous estions prestz de sortir de table, M. de la Touchotière, et presqu'aussitost M. de la Gort (1) y arriva.
Le dimanche 2, M. Chapon vint disner à Vendée et luy et moy fusmes après disner à mon petit fief Voussard et à la Morinière : Pierre Denyau estoit avec nous.
Le lundy 23, je partis après disner de Vendée, pour aller voir M. de Paire et fus coucher à Niort, au faubourg, hors la porte Saint- Jean, au fer-de-chevaL
Le mardy 2A, je partis de Niort et fus disner à Paire, je trouvay M. de Paire et M. de Granzay, son filz. J'y couchay. Ce jour-là, arriva le filz de M. du Breuil-Coiffaut ; y arriva aussi le filz aine de la Fores t-Naid eau, qui y soupa, puis s'en alla chés luy.
Le mercredy 25, le capitaine Laroche, de Niort, arriva à Paire et un autre avec luy, qui disnèrent avec nous. Après disner je partis de Paire et m'en vins à Niort, au Port, au Chapeau-rouge^ où je fis donner une mezure d'avoine à mes chevaus, puis m'en vins souper à Vendée.
Le samedy 28, je disnay à la Bodinatière. Après disner nous fusmes voir Guédézière.
Le lundy 30, je fus à la Freslerye, où je ne trouvay personne que le bonhomme Jean Martin. Je fus de là à la Bodinatière, où je ne trouvay aussi personne. En m'en revenant à Vendée, je trouvay M. de la Court, des Oullyères.
cêlres portaient anciennement le nom de Chevalier, changé par le contrat de mariage de Jehan Chevalier avec Claude Trochart, dame de la Girardière, pays d'Anjou, et par stipulation de Phelippes Grimouard, écuyer, sieur de Perré, oncle maternel dudit Chevalier, qui lui fit un grand don à cest effect. Armes: d'argent fretté à six bâtons de gueuUes, au franc canton dextre d'azur. Armoriai manuscrit du Bas-Poitou, documents de ma collection. (1) François de Grange, écuyer, sieur de la Rée, eut pour fils aîné Charles de Grange, sieur de la Gort, à Xaintray. Ibid.
Aoust1618.
Le mercredy, premier jour d'aoust mil six cens dis huict, je fus à la Bodinatière, où je trouvay M. du Coudray; après disner, nous partismes, luy et moy, de la Bodinatière et vinsmes coucher à Vendée. M. de la Bodinatière me promit de se trouver le lendemain à Fontenay, pour l'affaire d'entre la Tousche-Mouraud et moy.
Le jeudi 2, nous partismes de Vendée, M. du Coudray et moy et fusmes à Fontenay, où M. de la Bodinatière se trouva et ne fismes rien en notre affaire ; elle fut remize au samedy vingt sincquiesme de ce prézent mois. Nous disnâmes chés Chevallereau. Après disner M. du Coudray et moy fusmes aus comédyens, puis soupasmes et couchasmes chés Chevallereau.
Le vendredy 3, nous disnasmes chés Chevallereau et après disner fusmes aus comédyens, puis fusmes coucher à Vendée. Je prestay à M. de Coudray un escu soleil et un cart d'escu.
Le samedy h, nous partismes de Vendée après disner et fusmes à Fontenay aus comédyens, puis fusmes coucher à Escoiié, voir Mademoizelle de la Place.
Le dimanche 5, nous partismes dèsaumattind'Escoué, avec ma couzine et fusmes au presche avec elle, puis fusmes disner, M. du Coudray et moy â la Grue, et après disner aus comédyens, puis fusmes coucher à Vendée.
Le lundy 6, nous partismes après disner de Vendée, pour aller à Fontenay voir jouer les comédyens, qui ne jouèrent point.
Le jeudy 9, M. Qurnefaut vint à Vendée, qui disna. Y vint aussi, dès au mattin, M. Fourneau et Desroziers. M. du Coudray partit dès au mattin, pour s'en retourner chés luy et fut coucher à la Bodinatière.
Lo vendredy 10, M. du Coudray envoya dès au mattin à Vendée un nommé Taschereau et m'escrivoit une lettre, par laquelle il me prioit de luy prester douze escus et les luy envoyer par son homme porteur de sa lettre, par lequel je luy envoyay huict escus soleil, faizant la somme de trente livres huict soiz.
Le dimanche 12, M. Quinefaut vint à Vendée. Nous fusmes
à la Morinière et avions avec nous le bonhomme Jean Cornadeau. Nous vinsmes souper à Vendée.
Le lundy 13, je partis de Vendée et fus à la Bodinatière, puis, après disner, je fus au Poiron, où je vis Mademoizelle de Ligne, ma tante et M. du Poiron, mon couzin.
Le mardy IZi, je partis du Poiron et m'en vins à Vendée, d'où je partis après disner, pour faire mon voyage de Paris et fus passer à la Bodinatière et coucher à Brethète.
Le mercredy 15, je partis de Brethète et fus coucher à Pasde-jeu, où M. du Goudray arriva le mesme jour.
Le jeudy 16, je ne bougeay de Pas-de-jeu. Je renvoyay la Tourette à Vendée et j'escrivis par luy à ma femme.
Le vendredy 17, M. du Goudray et moy partismes de Pasde-jeu, fusmes disner à Champigny et coucher à la Loutière.
Le samedy 18, je partis après disner de la Loutière, avec le bonhomme Josef Ghardon et fusmes collationner à Azay et de là je fus coucher à Tours.
Le dimanche 19, je partis de Tours, fus disner à Escuré et coucher à Blois.
Le lundy 20, je partis de Blois, fus disner à Saint-Loransdes-Eaux et coucher à Orléans.
Le mardy 21, je partis d'Orléans, fus disner à Thoury et coucher à Estampes.
Le mercredy 22, je partis d'Estampes, fu3 disner à Ghastre et coucher à Paris, en la rue de la Huchette, à la fleur-de-lis. Le jeudy 22, je fus louer une chambre au marché neuf, à la Petite Corne, chés un homme de la religion, nommé Onet, devant la boucherye. Je vis M. de la Place et Mademoizelle de la Place, sa sœur et M. de la Noue-Rocas.
Le vendredy 24, je fus au presche à Gharenton, où M. Durant prescha.
Le samedy 25, jour de Saint-Louis, je fus à î'hostel de Longueville et M. de la Noiie avec moy, où je parlay à M. de Beauvois et à Faumosnier de Madame, qui me promirent de me faire parler à Madame. M' estoit en Picardye. Je vis le roy fort accompagné de noblesse et de ses guardes , qui alloit à la chapelle Saint-Louis des jézuisttes, en la rue Saint- Antholne,
où il toucha les malades. Le mesme jour, après souper, M. de la Place et moy, raontasmes à cheval et fusmes sur le quay du Louvre, voh' les feus d'artiffice qui s'y faizoint sur l'eau, devant le Louvre, qui furent fort beaus. L'on y fit jouer force boite le long de l'eau, du costé de l'hostel de Nevers. Les guardes du roy estoient tous en armes, tant sur l'un que sur l'autre quay, et firent une fort belle escoupéterye. En revenant nous voyons aussi cler par les rues, comme en plain jour, pour la grande cantité de lanternes et chandelles qui esclairoient, car il n'y avoit fenestre ne ouverture aus maizons, où il v en eust une.
Le dimanche 26, M. de la Place, M. de la Noue et moy fusmes au presche à Charenton, où nous ouismes M. Mestrezat. Nous disnasmes aud. Charenton et à T après disnée, fusmes au second presche, où Monsieur Durand fit le catéchisme sur les sacremans, puis, après le presche, vinsmes coucher à Paris. Je parlay ce soir-là à Madame de Longueville, la douayrière, en son cabinet, comme elle estoit preste à souper, pour la prier de ne prendre les ventes du Bois-Chapelleau que de moy et de m'en faire compozition, pour ce que je le voulois retirer par droit lignager, comme parant de Monsieur de la Rochedu-Maine, qui l' avoit vendu, ce qu'elle mepromist de faire.
Le jeudy 30, M. de la Place et moy partismes de Paris, luy en le coche d'Orléans et moy sur ma hacquenée. Nous vinsmes disner à Chastre et coucher à Estampes.
Le vçndredy 31 et dernier jour d'aoust mil six cens dishuict, je partis d'Estampes, vins disner à Thoury et coucher à Orléans.
Septembre 1618.
Le samedy, premier jour de septembre mil six cens dishuict, je partis d'Orléans, Monsieur de la Place avec moy, nous vinsmes sur l'eau et envoyasmes nos chevaus par terre et vinsmes coucher à Blois.
Le dimanche 2, nous partismes de Blois dans le mesme bateau et vinsmes disner à Amboize et coucher à Tours.
Le lundy 3, nous partismes de Tours en un bateau, où nous mismes nos chevaus et vinsmes coucher à Monsorreau.
Le mardy h , nous partismes de Monsorreau et vinsmes coucher à Pas-de-jeu.
Le mercredy 5, nous fusmes de Pas-de-jeu nous pourmener à Terzay (1) , où se trouva Mademoizelle de la Noiie et Mademoizelle de Sillé^ qui s^en vint avec nous à Pas-de-jeu.
Le mercredy 7 , nous partismes de Pas-de-jeu , vinsmes disner à Amaillou et coucher à la Morinyère de la Sye (i).
Le samedy nous partismes de la Morinyère et fusmes à Vendée, d'où M. de la Place partit après disner.
Le dimanche 9, je fus au mattin au presche à la Buardyère.
Le vendredy lA, je fus à la Freslerye et Bonneau avec moy et de là fusmes à Pui-de-Serre, où estans à disner, chés Lepetit sergent, nous mismes d'accort Martin et Gaschignart, mon métayer.
Le samedy 15, je fus à Fontenay, où je vis M. des Mothais. Je parlay aussi à Pager (2) , l'eslu, pour Denyau, mon mestayer, qu'il poursuivoit en abus, pour l'assiette de la taille de Paire. Il me promit de cesser lad. poursuitte.
Le dimanche 16, je fus au presche à la Buardyère.
Le vendredy 21, je resus de François Besly, d'Arty, trente boiceaus de blé, tiers froment et les deus autres tiers baillarge, pour la ferme qu'il a de moy des terrages du fief de Blanchefort.
Le samedy 22, je resus de Monsieur Besly, mon procureur, les trois pistolles qu'il avoit reseu pour moy de Creuzeron et l'escu de despans contre Guérinière.
Le mardy 25, M. du Poiron vint disner à Vendée, puis s'en alla coucher à la Bodinatière ; il me laissa son chien couchant, qu'il avoit avec luy.
Le mercredy 26, je donnay à un homme, que Quinefaut envoya à Vendée, le blé que j'avois receu de Besly, d'Arty, pour les terrages de Blanchefort.
Le dimanche 30, je fus au presche à la Buardyère.
(1) Terzay, village d'Oiron qu'habitait Henry d'Appelvoisin , marié â Isabeau de Vacliier, beau-frère de Paul de Vendée.
(2) Prononciation vulgaire de l'Absie. La Morinière est un village fort ancien dont les maisons bordent l'antique voie Romaine de Rom à Nantes.
(3) Son fils Jean Pager, s»" de la Maison-Vieille, fut annobli par lettres du mois de Juillet 1652. Gouget, Armoriai du Poitou, p. 182.
Octobre 1618.
Le jeudy h, je partis de Vendée, et fus coucher à la Couture chés moud, fermier.
Le vendredy 5, je fus dès au mattin à mon lief de vigne, pour empescher que Bouillaud, fermier de la Gerbaudière, ne le levast, où il estoit desja avec des charrettes, que je renvoyay et levay mon complant. Il vint ave moy chés mon fermier, où nous nous accordasmes du rachat des Tousches, à cent livres. Je vis ce jour-là, M. de la Guityère et sa femme, chés Vieilchamp ; il me parla d'acheter ma maizon des Tousches. Je fus ce jour-là coucher à Lusson.
Le samedy 6, je fus voir mon couzin de la Richardyère et luy et moy fusmes desjuner à l'Aumosnerie avec Cailler, puis je partis de Lusson et vins coucher à Vendée.
Le dimanche 7, je partis de Vendée avec Chevallyer, guarde de la forest et Lesec, qui m'y estoint venu trouver et fusmes à la Bodinatière, où estoit M. du Poiron. Après disner nous fusmes à la chasse en le bois du Busseau où nous tuasmes un sanglyer.
Le lundy 8, je partis de la Bodinatière et m'en fus à Bégrolle, (1) où Quinefaut me vint trouver. Nous fusmes aus Places viziter ce qui est en mon fief, puis nous en revinsmes, moy à Vendée et Quinefaut chés luy.
Le mercredy 10, ma femme et moy, partismes de Vendée et fusmes à Fontenay, où par la grâce de Dieu, se célébra le jusne où nous fusmes tout le jour. Ma femme fut coucher à Vendée. Le jeudy 11, Chevallereau vint disner avec moy. Le vendredy 12, nous fusmes après disner à la foire. Je vis Mademoizelle de la Rochejacquelin, chés Limonneau, le notaire, où nous ne nous accordasmes point, pour les rachas qu'elle me doit de sa maizon des Places et de quelques fiefs qu'elle a près de Cougon, pour ce que M. de la Grange-Maronnière ne si trouva pas.
Le samedy 13, je fus disner chés des Mothais, où estoit Richardyère.
(1) Aujourd'hui BigroUe, village de Saint-Laurs.
Le dimanche 1/i, ma femme et moy fusmes chés Besly, le procureur, où se trouva M. du Tens et son couzin Fransois, de la Rochelle, où nous passasmes aud. Fransois contract de vente de nostre maizon de Biossay, droit de fief, jardin, métayrie et dépendances d'icelle, enclos de vigne et prés, que nous avions dans les prayries, pour le pris de seize mille livres, et cent livres d'espingles à ma femme, les d. cent livres payées contant et les ceize mille livres payables à Nouel. M. du Tens, pleige (1). Pineau en passa le contract. Ce mesme jour je partis de Biossay, fus coucher à Lusson et soupay chés Richardyère.
Le lundy 15, je partis de Lusson et fus coucher à Mareuil, où j'us tout le jour avec moy Maizonneufve, Jenneau, mon greffier des Tousches.
Le mardy 16, je partis de Mareuil et fus au Plessis de Rosnay, où je ne trouvay que la demoizelle et en m'en retournant aus Tousches, je trouvay en mon chemin led. sieur du Plessis et nous en fusmes aus Touches ensemble , où mes assizes se tindrent. Je fus disner chés mon fermier à la Gouinière, et tous mes officiers et le sieur de Saint-Germain, de la Riboulerye. Je retiray, par puissance de fief, de mon fermier, les terres qu'il avoit achetées de Pasquerelle, que deffunct son mary avoit heu de moy en eschange pour d'autres qu'il avoit, qui touchoint à mon bois des Touches.
Ce mesme jour j'amortis aud. Cornuaud, mon fermier, dis boiceaus de fromant de censif, qu'il me devoit sur une piesse de terre et y retins dessus douze deniers de censif pour reconnoisssance de fief. Je luy amortis aussi quatre chappons de censif. Je luy donnay aussi un petit lopin de terre de ma terre de la Follye, qui estoit en j inchère, pour joindre à son pré et il me payra un denier de cens pour cella et de tout en sera faict un article en mon papier censaire.
Le mercredy 17, je fus voir M. de Loudryère. Je disnay avec luy et fus coucher à Lusson.
Le jeudy 18, je partis de Lusson, après avoir veu Richardyère ^t m'en vins coucher à Vendée.
(1) Caution.
Le vendredy 19 , Guillaume , mon cuizinier , vint à mon service, que la Verdure m'adressa avant que s'en aller.
Le jeudy 25 , nous avions à Vendée une tenue d'assizes. Braudyère s'y trouva qui disna avec nous (1).
Le vendredy 26, je ne bougeay de Vendée avec M. de la Braudyère et M. Rocas de la Barinière (2).
Le samedy 27, M. de la Braudyère s'en alla chés luy et M. Rocas aussi s'en alla à Escoiié.
Nouembre 1618.
Le jeudy, premier jour de novembre mil six cens dishuict, M. Quinefaut et Bazin vindrent à Vendée, où nous reguardasmes à nos déclarations.
Le samedy 3, je fus à Fontenay. Je fus voir Fombryant, pour luy parler du retraict lignager , que je veus faire du Bois- Chapelleau. Je vis aussi M. des Mothais.
Le dimanche h, je fus au presche au matlin. Je vis M. de la Place. Je vis aussi M. des Mothais, puis je montay à cheval et m'en vins à Vendée.
Le lundy 5, je fis marché avec Bouron, Lardy et Mathelin des fossés qui sont au bout du vigneau, le long du grand chemin, à quatre solz la brasse, et de ceus qui séparent le vignaut d'avec ma vallée verte, à deus solz. Ce jour-là arriva au logis M. de la Place, qui y coucha et M. Rocas, de la Barinière.
Le mardy 6, M. de la Place partit dès au mattin pour s'en aller à Saint-Maixant. Je parlay ce jour-là à Encrevée, beaufrère de Blanchardyère, de le marier avec la sœur dud. Blanchardière, ce qu'il trouva bon et dès l'heure prismes jour au mardy prochain suivant, pour en passer le contract.
Le mercredy 7, comme mon couzin Rocas et nous estions pretz de nous mettre à table, arriva Mademoizelle de Puiguion
(1) Sur la copie, écrite par le même, oa lit Briaudyère. Il semble que Briaudyère et Braudyère soient indistiactement pris l'un pour l'autre par l'auteur et désigne M. Louis Bernardeau, sgr de Puy-de-Serre.
(2) Louis Rocas de la Barinière fut ministre de la Châtaigneraie, puis du Breuil-Barret 1626-1683.
et Mademoizelle de la Michelyère, sœur de M. de Puiguion et M. de Luzarches, cadet de la Michelyère, qui faizoit compagnie à sa belle-sœur. Nous disnasmes ensemble ; elles y restèrent tout le reste du jour.
Le jeudy 8 , toute la compagnie demoura tout ce jour là à Vendée. Je fus à Maigre-Sourit (1), où nous accordasmes les conditions du con tract de maryage d'entre Blanchardyère et Encrevée. Le con tract fut passé ce jour-là, mais je n'y estois pas, pour ce que le notaire n'y arriva que il estoit nuict, et je m'en estois venu pour l'amour de la compagnye que j'avois au logis.
Le vendredy 9, partit toute la compagnie que.nous avions à Vendée, fors mon couzin Rocas. Ce jour-là, Blanchardyère et un de ses beaus-frères et Bonneau m'aportèrent le contract de mariage qu'ils avoient passé le jour précédent, lequel je signay.
Le samedy 10, M. de la Barinière partit de Vendée pour aller coucher à Brethète. J'escrivis par luy à M. du Metz et à M. de la Piedmente.
Le vendredy 16, M. de la Fournyère me vint voir et fut quelque deus heures avec moy, puis s'en retourna à la Fournyère.
Le dimanche 18, Pierre Denyau et moy avons conté en* semble; il m'a payé la somme de vingt-sincq livres, restantes d'un autre conte, que nous avions faict par ci-devant , plus dis neuf livres qu'il me devoit pour un veau que j'avois, qu'il me vendit à une foire de Saint-Michel, qu'il m'a aussi payé, partye en argent et l'autre part en une vache qu'il a acheté à Goullonges, qu'il a payé pour moy le pris de vingt et quatre livres, et sur ce qu'il avoit ci-devant vendu à Reverdy deus bœufs, la somme de cent trois livres, et à Jean Bargeau deus veaus, la somme de quatre-vingts livres, et à mon métayer de la Morinière, deus bœufs, la somme de cent quatre livres, le susd. bestail estant de ma métayrie de la Roulyère , en laquelle demeure led. Denyau, qui est moytié à luy et à moy, nous avons
(1) Village de Foussay.
accordé que les cent trois livres deus par Reverdy et les quatre vingts deux livres, deus par Bargeau, luy demourront, moyennant qu'il payera deus bœufs que nous avons acheté de Dieumeguard, métayer de la Morinière, avant cens que nous luy avons vendu, et à moy me demourront les deus bœufs que nous avons vendu aud. Dieumeguard, desquels nous n'avons encore esté payés; et par ce que les sommes qui demourront aud. Denyau sont plus grandes que celles qui me demourent, led. Denyau me doit rendre la somme de sincq livres.
Le dimanche 25, je donnay à Denyau sincquante solz, pour ma moytié de ce que nous devons aux buailleurs (1).
Lejeudy 29, Mademoizelle de Puiguion et M. deLuzarche, frère de M. de la Michelyère, vindrent coucher à Vendée, revenant du Fraisneau. Quinefaut estoit au logis , nous avions ce jour-là une tenue d'assizes.
Le vendredy trentiesme et dernier jour du mois de novembre mil six cens dis huict, Mademoizelle de Puiguion et M. de Luzarche partirent de Vendée après disner, pour s'en aller coucher à la Bodinatière.
Décembre 1618.
Le lundy 3, M, Fransois m'envoya des tripes de moulues, demy cent de citrons et une douzaine de grenades de Portugal.
Le vendredy 7, M. Diné, delà Chastegneraye, vint à Vendée pour me marchander ma métayrye de Bourneau. Nous ne susmes nous accorder ; il ne m'en promit que quatre mil sincq cens livres, et j'en voulois avoir cin mil. Il s'en retourna chés luy sans conclure marché.
Le dimanche 9, je partis de Vendée pour aller à Poictiers et fus coucher à la Bodinatière.
Le lundy 10, je partis de la Bodinatière et fus disner à Par-
(1) Buailleurs, en patois poitevin, signifie ceux que l'on occupe à faucher, après la moisson, la moitié inférieure de la paille de froment ou d'autres céréales. Cette méthode tend à disparaître et les cultivateurs coupent leur paille au ras du sillon, et par suite la buaille ou bueille devient de plus en plus rare.
tenay-le- Vieil, à Sainte- Catherine, puis fus coucher à la Ferryère.
Le mardy 11, je partis de la Ferryère et fus à Poictiers, où je mis pied à terre au Petit-More, fus voir M. de Monthelon et luy donnay la lettre de Madame de la Boulaye (1). Je fus voir M. Besly, puis envoyay quérir mes chevos, remontay dessus et m'en vins coucher à Vieille-Fontaine.
Le mercredy 12, je partis de Vieille-Fontaine , vins disner à Rouillé et puis coucher à Saint-Maixant, à/'^5cw de Bretaigne,
Le jeudy 13, je partis de Saint-Maixant et vins coucher à Vendée.
Le vendredy IZi, je partis de Vendée et fus à la Bodinatière, où je trouvay M. de la Roche-du-Maine et M. de Valdan et risle.
Le samedy 15, M. de la Roche-du-Maine s'en alla dès au mattin et je m'en retournay coucher à Vendée.
Le mardy 18, je fus à la Bodinatière porter à mon frère la lettre de M. de la Levrodière et prendre de luy la responce, puis m'en vins à Vendée.
Le mercredy j'escri vis à M. de la Levrodière et lui mandois que je serois samedy matin chez luy.
Le jeudy 20, je resus la response de M. de la Levrodière, par laquelle il me mandoit qu'il feroit trouver ma partyechés luy, pour l'affaire de la Ferryère.
Le vendredy 21, je partis pour aller trouver M. de la Levrodyère à la Barre et lus coucher à Tiré, à la Crois- Blanche,
Le samedy 22, je partis de Tiré et fus à la Barre où je trouvay M. et Mademoizelle de la Barre et M. de Levrodyère. J'y disnay et ne fis rien avec ma partye. Je revins coucher à Vendée.
Le mardy 25, nous disnasmes chés Denyau, et au soir soupasmes au logis. Ce jour-là je passay à Simon Aumon contract d'amortissement de vingt livres de rente, des soixante qu'il me
(l) Marie du Fou, veuve de Charles Eschallard de la Boulaye, gouvernante de la ville de Fontenay pour son petit-fils Maximilien. Tbipaudeau, Hist. du Poitou, t. vi, p. 74.
devoit sur les moulins Liotz, tellement qu'il ne me restera plus d'ores en avant que quarante livres de rente par chascun an. Led. con tract passé par Bonneau, de Saint-Hillaire, nothaire de Vouvent.
Le mercredy 26, Ghevallereau vint dès au mattin disner avec nous.
Le jeudy 27, nous fusmes cercher à tirer jusques vers la Grange-Mestivier.
Le vendredy 28, M. Chapon, Malescot et Piaad vin cirent à Vendée, disnèrent avec nous, et après disner Ghevallereau s'en alla à Fontenay.
Le samedy 29, ma femme et moy fusmes coucher à Biossay.
Le dimanche 30, je fus dès au mattin en ville et fus chés M. Besly, procureur, où Fransois, de la Rochelle, me vint trouver avec Bastard, son beau-frère. Led. Fransois me donna douze mille livres sur seize mille qu'il me doit, il ne me restera plus que quatre mil livres. J'ay laissé les douze mille livres chés led. Besly, en sa chambre haute , en un petit coffre, dont j ay la clef.
Le lundy et dernier jour de décembre, je fus à Fontenay où je payay Mademoizelle de Moulin-Billaud , de cent livres, que je luy devois par deus cédules, que je n'ay point retirées, pour ce qu'elle dist les avoir perdu. Je n'en ay non plus retiré d'acquit. M. Albert estoit prézent, qui conta l'argent. Au partir de là, je fus disner chez led. Albert.
De l'an mil six cens disneuf.
Januier 1619.
Le mardy, premier jour de janvier de l'année mil six cens dis neuf, je fus au presche au mattin, à la Buardyère. Jenneau, mon greffier des Tousches, vint me voir, auquel j'asseiiçay un petit lopin de terre en j inchère et aguast ou chemin , près son pré Taron, à un denier de cens et le fossé qu'il fera faire le long de ma terre sera sien. Ledit acensement n'est passé que sous mon escrit et seing; il est obligé de l'émologuier à mes assizes ou à mon greffe, pour en estre faict article en mon papier censaire.
Le jeudy 3, j'ay conté avec Dieumeguard, mon métayer de la Morinière, il m'a tout payé le pris de sa ferme, fors six aunes de toille de lin , et ce pour le terme eschu de la Saint-Michel mil six cens dis huict.
Le vendredy û, Chevallereau partit de Vendée pour s'en retourner à Fontenay et de là à la Barre de Saint-Jusre, pour terminer mon affaire avec cens des Chapeletz et pour cest effet luy ay donnné cent livres, et soixante livres que je luy ay donné charge de prendre de Besly, qui a cent escus à moy.
Le samedy 5, je fus coucher à la Bodinatière, où je trouvay M. du Goudray, M. de Valdam, M. du Lis (1) et Lisle.
Le dimanche 6, après disner, je vins à Vendée où je trouvay Chevallereau, et luy et moy fusmes coucher à Fontenay ; il soupa avec moy au Petit-Louvre. Ce mesme jour je pris le Poitevin, pour me servir de lacquay ; je luy dois donner 18 1, par an et l'entretenir.
Le lundy 7, je partis de Fontenay et fus à Escoûé, où M. du Chastelier vint disner et avec luy MM. de Junzac, d'Artiganaud, le lieutenant criminel de la Fournière , Mesnaudière , Puibernier (2), son filz et les Oullyères. Après disner nous fusmes voir voiler les oizeaus de M. du Chastelier, qui s'en alla chés luy; lesd. autres à Fontenay et nous à Escoiié ; j'envoyay à Paris trois cens livres pour payer M. de Riges.
Le mardy 8, je partis d' Escoûé et vins coucher à Vendée, où je trouvay M. du Coudray.
Le mercredy 9, M. du Coudray et moy fusmes disner à la Fogereuse, chés M. de Valdam, où se trouva M. de la Bodinatière et MM. du Plessis ; après disner nous fusmes coucher à la Bodinatière et cens du Plessis chés eus.
Le jeudy 10, M. de Valdam et ceus du Plessis vindrent disner avec nous à la Bodinatière. Après disner nous fusmes à la chasse. Valdam fut coucher chés luy, ceus du Plessis chés eus et nous à la Bodinatière.
(1) Dominique de Mouillebert, sgr du Lys, paroisse de Giiapelle-aux-Lys,
(2) Pierre Robert, sieur de Puibernier, seigneur de Longesve.
Le vendredy 11, nous partismes, M. du Goudray et moy, et vinsmes disner à Vendée.
Le samedy 12, M. du Coudray fut à Escoiié et moy à Fontenay. Ce mesme jour je vendis à Pouponneau mon estai, que j'avois en la halle de Fontenay, au rang. de la porcherye, qu'il avoit accoustumé de tenir à louage de moy, pour le pris de six vingts livres. Le contract est passé par Pineau.
Le dimanche 13, ma femme bailla à Marye Guarenne la somme de quatre vingts dix livres, et quarante sincq livres, qu'elle luy avoit donné par cy-devant, font six vingts quinze livres, pour le payement de trois années de service, à raizon de quarante sincq livres par an.
Le mesme jour elle partit de Vendée et fus coucher à Brethète. Ge soir-là M. du Goudray retourna d' Escoiié.
Le lundy 1/i, M. du Goudray et moy fusmes à la chasse vers la Freslerye. M. Ghapon et son gendre vindrent ce soir à Vendée.
Le mardy 15, M. Besly et moy contasmes ensemble. Je suis demeuré quitte envers luy de tout ce qu'il a mis pour moy, et luy envers moy, de tout ce qu'il a receu pour moy. Il doit jouir des moulins de Sauvaget jusques à la Saint- Jean, savoir est, du Cartier qui sera deu ^ la Nostre-Dame de Mars et de celuy qui sera dheu à la feste de Saint-Jean. Il me quitte la ferme et pour la restitution du pot-de-vin, qu'il avoit donné et pour la part qu'il pouvoit prétendre au bois de Sauvaget, je luy demeure redevable de 2lili 1. , dont je luy ay faict ma promesse, payable à la Saint-Michel et il m'a baillé un dézistement de lad. ferme, portant reconnoissance que les mille livres, que je confessois avoir receu d'advence, pour la ferme que je leur avois faicte, ilz ne me l'avoint point baillée et m'en quitte et descharge par iceluy, du remboursement, comme ne l'ayant point receu.
Le mercredy 16, nous partismes de Vendée, Monsieur du Goudray et moy, et fusmes disner à la Bodinatière. Après disner, nous fusmes avec M. de la Bodinatière à la chasse, vers Pellevoizin et fusmes voir M. de la Roche-du-Maine et Madame sa mère (1), qui estoit malade.
(1) Dame Claude de Chastillon, veuve de Charles de la Roche-du-Maiae.
Le vendredy 18 , nous partismes de la Bodinatière après disner et vinsmes coucher à Vendée.
Le samedy 19, M. du Coudray fut à Fontenay et revint coucher à Vendée. Je donnay à Guillaume, mon cuizinier, la somme de six livres huict solz.
Le lundy 21, je resus du seigneur Bonneau, de Saint-Hillaire, la somme de cent livres et trèze pistolles et un quadruple, pour et à l'acquit de Jean Martin. Après disner, M. du Coudray et moy, sommes partis pour aller à la Bodinatyère.
Le mercredy 23, M. de la Bodinatière, M. du Coudray et M. de Valdan vindrent disner à Vendée et de là nous fusmes à Fontenay descendre au Petit-Louvre, où nous laissasmes nos chevaus, fusmes souper chés M. le sénéchal et coucher chés Puibernier.
Le jeudy 2/i, nous disnasmes, soupasmes et couchasmes chés Puibernier.
Le vendredy 25, nous disnasmes chés M. le sénéchal, puis vinsmes coucher au Poiron.
Le samedy 26, nous disnasmes au Poiron, puis en partismes et vinsmes ensemble jusques auprès de Maigre-Sourit, où nous nous séparasmes ; M. de la Bodinatière et iM. du Poiron furent à la Bodinatière, et ?«. du Coudray et moy vinsmes coucher à Vendée, où nous trouvasmes ma femme de retour de son voyage de Pas-de-jeu.
Le dimanche 27, M. du Coudray fus coucher à la Bodinatière.
Le jeudy 31 et dernier jour de janvier, je fus disner au Plessis, du Busseau, où se trouva M. de la Bodinatière, M. du Coudray et M. de Valdans ; M. du Coudray s'en alla coucher à la Touchotière ; je m'en revins coucher à Vendée.
Feburier ^619.
Le vendredy, premier jour de febvrier, M. de la Bodinatyère vint coucher à Vendée.
Le samedy 2, nous partismes de Vendée et fusmes à Fontenay ; nous disnasmes au Petit-Louvre^ puis après disner fusmes chés M. le séneschal, où nous trouvasmes Fonbryant, où nous traictasmes de l'affaire du Bois-Ghapelleau et ne nous susmes
accorder, pour ce jour-là. Nous soupasmes, MM. de la Bodinatière, de Valdan et moy chés M. le séneschal, puis vinsraes coucher au Petit-Louvre.
Le dimanche 3, nous disnasmes chés M. le séneschal et après disner Fonbriant fut mandé, où nous nous accordasmes et fut dit qu'il me rétrocéderoit ce qu'il a eu de M. de la Roche-du- Maine ; fut dit aussi que je prendrois les quinzains qu'il y a, qui sont trois, fors une petite porsion d'un qu'il n'a pas ; fut dit aussi que je prendrois deus métayryes et une borderye qu'il a près le Bois-Chapeleau et que de tout cella ensemble, pour demourer quitte des ventes, frais, loyaus-cous, droit de consination et autres chozes, dont j'eusse peu estre tenu, je luy dois donner quarante huict mille livres, savoir est, sèze contant, et le parsus, il m'en fera crédit, en luy payant la demeure, au denier sèze. Nous partismes ce soir là de Fontenay et m'en vins coucher à Vendée et mon frère à la Bodinatière.
Le lundy A, je partis de Vendée après disner et fus à la Bodinatière et de là mon frère et moy fusmes chés M. de Valdan, où se rendirent MM. le séneschal, lieutenant criminel, assesseur, Puibernier et Saint-Martin et Albert. Nous y couchasmes.
Le mardy 5, nous partismes de la Fougereuze et fusmes coucher à la Bodinatière , où M. de la Roche-du-Maine vint, qui s'en retourna aussitost.
Le niercredy 6, nous vinsmes disner tous à Vendée et après le disner chascun s'en retourna chés soy.
Le samedy 9, je partis de Vendée, pour aller à Fontenay et m'en revins le mesme jour coucher à Vendée.
Le dimanche 10 , je partis de Vendée et fus coucher au Poiron, où je trouvay, avec M. du Poiron, M. delaTouchotière et le chevallier de la Roche-Piché.
Le lundy 11 , nous partismes tous ensemble du Poiron et fusmes à Fontenay, où je demeuray ce jour-là chés des Mothais.
Le mercredy 13 , je fus tout le jour à Fontenay et vins coucher à Biossay.
Le jeudy lA, je disnay chés M. le séneschal et Messieurs le lieutenant criminel, assesseur, Valdan et Albert.
Le vendredy 15, je disnay chés M. le séneschal et MM. le lieu^
tenant criminel, assesseur, Puibernier, Bourneuf, Fonbriant et Albert. Après disner, nous nous accordasmes, Fonbriant et moy, des clozes de nostre contract de rétrocession.
Le samedy 16 , nous disnasmes tous les susnommés chés M. l'assesseur ; après disner nous nous fusmes promener, puis je sortis chés Pibernier avec le lieutenant, l'assesseur, laséneschalle, la lieutenande, l'assesseresse et la sœur de Pibernier, de la Vallée.
Le dimanche 17, je fus au presche au matin et fus coucher à Biossay.
Le lundy 18, nous passasmes, Fonbriant et moy, notre contractjde rétrocession et je lui donnay sèze mille livres.
Le mardy 19, je fus coucher à la Bodinatière.
Le mercredy 20 , nous fusmes , mon frère et moy, au Bois- Chapeleau, où je promis à Joubert de luy laisser la ferme, jusques à la fin de ses années. Il m'a laissé la pesche de l'estan des Crèches, pour luy en faire récompence, telle que je voudray. Je luy promis^mon greffe. Je promis aussi au cadet Charrier, qui vint là, une sergentize de ma terre. Nous revinsmes coucher à la Bodinatière.
Le jeudy 21, je partis de la Bodinatière et vins couchera Vendée.
Le vendredy 22 , M. Chapon et M. Besly y vindrent nous voir.
Le samedy 23, je fus à Fontenay et ma femme avec moy. Nous fismes, Fonbriant et moy, un contract d'eschange, il me donne les quinzains qu'il a au Bois-Chapeleau et les deux métayryes et le bordage qu'il a auprès, et je lui donne Bourneau, Sauvaget et les Tousches.
Le jeudy 28 et dernier jour de febvrier , nous avions une tenue d'assizes, où se trouva Quinefaut et Bonneau et M. Fourneau et son filz et Arnaud, de la Fougereuze.
Mars 1619.
Le lundy û, je resus une lettre de M. de la Roche-du-Maine et ce jour-là je fus coucher à la Bodinatière, où Touchotière vint aussy.
Le lundy 11, je montay à cheval, pour aller à la pesche de l'estang du Reseaudou (1), ou n'ayant trouvé personne, je m'en revins à Vendée.
Le mardy 12, M. de la Bodinatière m'envoya son homme et jne mandoit que j'allasse disner avec luy, où estant je trouvay Messieurs de la Roche-du-Maine , de la Rochejacquelin et du Poiron. Je m'en revins coucher à Vendée et M. du Poiron avec moy.
Le mercredy 13, M. du Poiron partit de Vendée et quelques deus heures après y arriva Monsieur du Tranchart.
Le jeudy lu, M. du Tranchart partit de Vendée pour s'en aller aux Chastellyers. Se jour vint le lacquay de mon frère, pour me dire que son estang estoit en pesche. Le lendemain mattin j'envoyay au Poiron mon lacquay, pour le dire à M. du Poiron.
Le vendredy 15, M. du Poiron vint à Vendée de bon mattin. Nous fusmes disner à la Bodinatière, puis à l'estang où nous peschasmes, et revinsmes coucher à Vendée.
Le dimanche 17, je partis dès au mattin de Vendée et fus aus Boules, de Faimoreau , près le Fougerou , où je trouvay la Rochejacquelin et Messieurs de la Bodinatière, Messieurs du Plessis, Louvrardière, de la Court et des Oulyères et Fortin et Desbroizes et Lisle, où nous chassasmes, tuasmes un loup et au soir m'en revins coucher à Vendée.
Le lundy 18, je ne bougeay de Vendée. Je resus une lettre de Mademoizelle de la Rochejacquelin, à laquelle je fis responce et luy donnois assignation au lendemain mardy à Vendée, pour terminer les affaires que nous avons ensemble.
Le mardy 19, Mademoizelle de la Rochejacquelin vint disner à Vendée, ayant avec elle un homme de conseil et un homme de M, de la Grange-Maronnière, pour terminer nos différens. J'avois avec moy M. Quinefaut et Bonneau. Nous demourasmes d'accord qu'elle me de voit deus rachatz, l'un pour la mort de son père, l'autre par son maryage et elle m'en doit donner
(1) Aujourd'hui on dit ruisseau doux. Cet étang est dans la paroisse du Busseau, entre ce bourg et celui de Marillet.
quatre cens livres, à laquelle somme je l'ay quittée pour tout ce que ce fust peu monter lesd. deus rachaps, sans préjudice de plus grandes sommes, ou de lever par mes mains, advenant d'autres muances.
Le samedy 23, j'escrivis à Giraudeau et luy mandois qu'il donnast à Crampon soixante livres, pour mes pistoletz et à Chevallereau trente livres, ce qu'il fit.
Le dimanche 2/i, Madame Chapon nous vint voir, M. du Poiron, M. du Tranchardet M. de la Touchotière vindrent coucher à Vendée.
Le lundy 25 , nous fusmes tous quatre aus Places , pour chasser. Nous y trouvasmes Messieurs de la Bodinatière, de la Roche du Plessis, des Oulyères, de Champolant et autres. Nous revinsmes coucher à Vendée.
Le mardy 26, nous fusmes tous quatre à la Cornulière et dans mes bois de la Freslerye. M. de la Bodinatière s'y trouva. Au soir, ses Messieurs se retirèrent chés eus et moy je m'en vins coucher à Vendée, après avoir tué une biche.
Le mercredy 27, Joubert, mon fermier du Bois-Chapeleau, me vint voir. Je luy donnay l'office de greffier de ma terre du Bois- Chapeleau et luy en signay des lettres.
Le vendredy 29, je fus au Bois-Chapeleau, ayant avec moy le sergent Chevallereau et Denyau.
Le dimanche, trentiesme et dernier jour du mois de mars mil six cens disneuf, nous fismes, par la grâce de Dieu, la cène à la Buardyère.
Auril 1619.
Le lundy, premier jour d'avril mil six cens disneuf, le cadet Charrier, de Beuigné, vint à Vendée, auquel je donnay un office de sergent verdier, en ma terre de Bois-Chapeleau et luy en signay des lettres.
Le mercredy 3, Joubert et son filz vindrent à Vendée.
Le jeudy li, j'escrivis à M. Daillé (1) à Poictiers. Je partis le
(l) Jean Daillé, précepteur des enfants du fameux Duplessis-Mornay, fut d'abord ministre à la Forêt-sur-Sèvre, 1623, puis à Saumur et enfin en 1626 à Gharenton, près Paris*
mesme jour cle Vendée, pour aller à la Loutière. Je passay à la Bociinatière et fus coucher à Brethète.
Le veudredy 5, je partis de Brethète, fus disner à la Mocquarière et coucher à Pas-de-jeu.
Le samedy 6, Mademoizcllc de la Bodinatière et moy partismes de Pas-de-jeu, fiismes disner à Chanipigny, de là passer l'eau au port de Sazilli et coucher à la Loutière.
Le dimanche 7, estant à la Loutière, nous ouismes le presche aud. lieu de la Loutière, et après Mademoizelle de la Bodinatière et moy fusines parrain et marraine de la fille de rvîathiea du Coudray, qui eut nom Espérence. Mademoizelle du Goudray y estoit et Monsieur et Mademoizelle de la Brosse.
Le lundy 8, Mademoizelle et moy partismes, vinsmes passer l'eau à Sazilly, disner à Seau (1) et coucher à Pas-de-jeu.
Le mardy 9, Mademoizelle de la Noiie y vint et le bonhomme Lahaye.
Le mercredy ^0, je partis dès au mattin de Pas-de-jeu et vins coucher à Brethète.
Le jeudy 11, je partis de Brethète, vins passer au Bois- Chapeleau et coucher à Vendée.
Le samedy 13, M. et Mademoizelle de la Place arrivèrent à Vendée sur le soir.
Le dimanche 1/i, nous fusmes tous au presche au mattin à la Buardyère ; après disner Monsieur Vatable, revenant de faire le presche à Saint-Hillaire, nous vint voir, soupaavec nous et s'en alla chés luy.
Le lundy 15, M. de la Place s'en alla dès au mattin à la Bodinatière, et moy, après disner, au Bois-Chapeleau. Au soir nous nous rendismes tous deus à Vendée.
Le mardy 16, après disner M. et Mademoizelle de la Place partirent de Vendée.
Le mardy 23, je resus une lettre de Roclieguillaume, par laquelle il me pryait de vouloir entendre à la continuation de l'accort de la Tonsche-Monraud et de moy ; je hiy fis responce que je le dézirois et luy baillois assignation à Fontenay, an quatriesme de may, pour cest effect.
(1) Geaux, canton de Loudun.
Le dimanche 28, je fus au presche à la Buardyère. Le lundy 29, j'escrivis à Paris à M. du Metz.
May 1619.
Le jeudy 2, je fus au devant de Monsieur delà Cressonnyère, qui , avec sa brigade de la compagnye de gens d'armes de Monsieur de Rohan, venoit de Saint- Pompain et s'en alloit à Foussay et luy fis compagnye jusques aud. Foussay. Jesoupay avec luy, puis m'en vins coucher à Vendée.
Le vendredy 3, je retournay aud. Foussay voir led. sieur, où vint aussi M. de la Bodinatière, qui après s'en alla coucher chés luy, et moy après souper m'en retournay coucher à Vendée.
Le samedy /i, je fus dès au mattin à Foussay, où je trouvay M. de la Bodinatière. Nous fusmes à Fontenay avec M. de la Cressonnyère, saluasmes Monsieur de Rohan (J), disnasmes avec luy, puis prinsmes congé de M. de la Cressonnière, puis nous en vinsmes, M. de la Bodinatière chés luy et moy à Vendée. Nous ne fismes rien en l'affaire de la Tousche-Mouraud. Nous la remismes après le départ de Monsieur de Rohan, de Fontenay.
Le dimanche 5, je fus à la Bodinatière disner et après disner mon frère et moy fusmes au Breuil-Barret voir Monsieur de la Cressonnière, nous y soupasmes. Led. sieur me prya de le vouloir assister et estre de la compagnye de Monsieur de Rohan, ce que je luy promis. Nous vinsmes coucher à la Bodinatière, mon frère et moy.
Le mercredy 8, je fus au devant de Monsieur de la Cressonnière, qui venoit d' Antigné et entrasmes en ville et fusmes loger aus Loges. Nous fusmes trouver Monsieur de Rohan, qui nous mena au chasteau, où Madame de la Boulaye et Monsieur son filz estans. Monsieur de Rohan chassa Saint-Fiaut, lieutenant de Monsieur de la Boulaye au chasteau, et mit en sa place M. de Valdan ; il en chassa aussi Clivois, enseigne, et y mit en sa place Le Goustau, le plus jeune des enfans du Plessis, du
(l) Benjamin de Rohan, sieur de Soubise, second fils de René de Rohan et de Catherine de Parthenay -Larchevêque ; nous le retrouverons bientôt au siège de Saint-Jean-d'Angély.
Buceau ; il en chassa un sergent et pluzieurs soldars et y en mit d'autres. Cella faict nous en soriismes.
Le jeudy 9, nous montasmes à cheval, toute la compagnye de Monsieur de llohan sans armes, et fusmes jusques en les chans, mond. sieur estant avec nous, où il nous fit faire l'exercice, puis nous en revinsmes.
Le vendredy 10, nous fismes montre en la pi^ée tous armés.
Le samedy 11, nous reseumes tous argent, chascun quarante escus, puis montasmes à cheval et fusmes coucher au Boupère, en intention de charger des troupes de cavallerye, que levoit le marquis de la Flosselyère (1) pour mener à la reyne mère à Angoulesme.
Le dimanche 12, nous partismes du Boupère et fusmes coucher à Moncoustan. Ce jour-là ma femme eut Catherine avec elle.
Le lundy 13, nous ne bougeasmes de Moncoustan.
Le mardy 1/i, nous partismes de Moncoustan, vinsmes passer à la Chapelle-Tireuil et coucher à Ardin, où se rendit ce jour-là Monsieur de Rohan, qui nous dist que la pais estoit faite et nous hcentya et remercya tous, où estans, fit une telle pluye que le lendemain, que nous partismes dud. Ardin, les rivières estoient tellement débordées, que nous ne susmes passer la rivière, pour aller chés Malleray, ains fusmes tout droict à Fontenay.
Le mercredy 15, nous partismes avec mond. sieur de Rohan et vinsmes avec luy coucher à Fontenay.
Le jeudy 16, je partis de Fontenay et vins coucher à Vendée.
Le vendredy 17, j'envoyé à Joubert des boutons de roze, pour faire le chapelet que je dois à Vouvant, le jour de la Pentecoste.
Le samedy 18, je partis ce jour-là pour aller à Fontenay, où je fus coucher.
Le dimanche 19, je fus au presche au mattin, où j'ouis prescher Monsieur Mermet. Jour de la Pentecoste, mon fermier paya à Vouvant le chapelet de rozes que j'y dois, à cauze du Bois-Chapeleau.
(1) N. de Maurays, sgr de la Flosselière. Ne pas confondre avec la Fosseliêre, qu'habitait la famille de Malleray.
Le lundy 20, je ne bougeay de Fontenay d'avec Monsieur de Rohan. ;<,j
Le mardy 21, je ne bougeay de Fontenay.
Le mercredy 22, je fus au presche ouyr Monsieur de la Valade.
Le jeudy 23, je resus de Monsieur Maire, la moytié des intéretz et frais que luy et M. Porcher me dévoient de la dette de Monsieur de Sainte-Gemme. Led. Porcher me promit de me payer mardy prochain. Je vins ce jour-là coucher à Vendée.
Le vendredy 2/i, je fus disner à la Bodinatière, où estoint Mesdemoizelles de la Bodinatière, de la Noue et du Pin et mes couzines de Silly et Boinet. Après disner nous vinsmes coucher à Vendée.
Le dimanche 26, nous fusmes tous au presche au mattin à la Buardyère.
Le lundy 27, Monsieur de la Bodinatière vint disner avec nous, et après disner, Mademoizelle du Pin et luy partirent de Vendée et furent coucher à la Bodinatière, et ne demeura à Vendée que Mademoizelle de la Bodinatière, ma tente de la Noue et ma couzine de Silly.
Le mardy 28, nous fusmes tous à Escoûé et ne demoura à Vendée que ma femme.
Le mercredy 29, nous partismes, M. de la Place et moy d'Escoiié, dès au mattin, fusmes à Fontenay, prendre congé de Monsieur de Rohan et de là au presche et après le presche je m'en vins coucher à Vendée.
Le jeudy 30, M. Quinefaut vint à Vendée, disna avec nous et après disner montasmes à cheval et fusmes au Bois-Chapeleau où nous soupasmes, puis nous en vinsmes, luy chés luy et moy à Vendée.
Le vendredy trente-uniesme et dernier jour de may , M. Chapon nous vint voir et un sien neveur.
Juin 1619.
Le samedy, premier jour de juing, je ne bougeay de Vendée ; Mesdemoizelles de la Bodinatière , de la Noue et de Silly vindrent d'Escoué.
Le dimanche 2, sur le midi, ma femme accoucha de mon lîlz Henry.
Le mardy /i, Monsieur de la Bodinatière et M. de Rou vindrent à Vendée.
Le jeudy 6, je fus à Fontenay, où je vis M. de la Place et peu de tens après, je vis Messieurs du Poiron et de Bougon, avec lesquelz je fus au Poiron.
Le vendredy 7, je partis du Poiron après disner et fus à Bourneau, où je sus chés le mareschal que le baron du Petit- Chasteau (1) n^y estoit pas, feus passer outre et retournay à Fontenay, où je le trouvay à la Paume. Nous fusmes ensemble voir M. de Valdan, au Chasteau ; nous soupasmes avec luy ; après souper nous fusmes chés des Mothais, puis nous retirasmes hors la ville et fusmes coucher à Sainte-Catherine.
Le samedy 8 , nous partismes de Fontenay et fusmes à Bourneau.
Le dimanche 9, je vis M. de la Place qui s'en alloit au presche. Je partis de Fontenay et sur le chemin je trouvay ma couzine de la Place et vinsmes ensemble à Vendée.
Le lundy 10, Mademoizelle de Ligny (2) vint à Vendée dès au mattin, y disna, puis s'en alla coucher au Poiron, et le mesme jour, sur le soir, arriva céans M. du Poiron et M. de la Place.
Le mardy 11, M. le baron du Petit-Chasteau vint à Vendée, où le presche se fit et mon filz, Henry de Vendée fut batizé : led. sieur baron fut parrain et Mademoizelle de la Place (3) fut marraine. Messieurs du Plessis y vindrent et M. de la Bodinatière.
Le mercredy 12, Mademoizelle de la Bodinatière et Mademoizelle de la Noue et ma couzine de Silly et moy et ma fille nous fusmes pourmener au Bois-Ghapeleau, où nous trouvasmes M. de la Bodinatière et M. de Piou.
(1) C'était le fils du célèbre Cressonnière, lieutenant de M. de Soubise.
(2) Cette dame se convertit au catholicisme et son fils N. Garipault de Ligny était curé de N.-D. de Fontenay en 1683.
(3) Elle était fille de Pierre Rousseau, sgr de la Place.
. Le jeudy 13, nous fusmes tous à la Bodinatière, où mon frère nous attendoit.
^ Le vendredy IZj, Mademoizelle et ma tente et ma couzine s'en allèrent coucher à Brethète et moy je m'en vins coucher à Vendée.
Le dimanche 23, Monsieur de Rou vint à Vendée, dès au mattin ; nous fusmes au presche ensemble. Ma femme et moy fismes la cène, par la grâce de Dieu. Après disner M. de Rou s'en alla à la Bodinatière.
Le lundy 2/i, mon vallet Nicollas vint à mon service et fismes pris ensemble ; il doit gagner 18 L, une paire de souliers, une chemize et un bas de chausse de carizé, par an.
Ce mesme jour je raccueilly la Tourette, mon palfrenier, il doit gagner, par an, U 1. et une paire de souliers.
Le mardy 25, je fus à Fontenay à la foire, d'oùjenebougeay tout ce jour-là.
Le mercredy 26, je fus tout le jour en la foire ; ma femme y vint aussi.
Le vendredy 28, j'affermay à Charrot et au mareschal de Paire et à ColHnet, de Paire, ma grande cloistre, pour le pris de soixante livres.
Le samedy 29, Mademoizelle de Puiguion vint à Vendée, qui y coucha.
Le dimanche trentiesme et dernier jour de juin, Mademoizelle de Puiguion s'en alla. Ce mesme jour je donnay au passementier, pour ce qu'il a faict pour ma femme, la somme de iiO l et je luy reste encor 30 1. 10 s.
Juillet 1619.
Le lundy premier jour de juillet ma femme a accueilly Pierre, le vacher et luy doit donner, jusques à la Saint-Jean, h 1. en argent, une paire de souliers et une chemize. Le mesme jour on a amené Madelaine à ma femme, pour luy servir de fille de chambre. Le mesme jour j'ay receu de Crampon deus pistolletz, pour M. du Boisron.
Le jeudy à, Quinefaut vint dès au matin à Vendée et après disner luy et moy fusmes aus Places, où se trouva Mademoizelle
de la Rochejacquelin et son conseil. Fortin y estoit aussi. Nous vismes tout ce qui tient de moy aud. lieux des Places, tant du fief des Tuilleryes, que du principal et giand fief de la maizon; elle me promit d'estre à Vendée le jeudy d'enprès prochain, pour me payer ce qu elle me doit : Cella foict nous nous en revinsmes à Vendée ; après souper Quinefaut s'en alla.
Le vendredy 5, M. du Coudray, M. de Rou et moy partismes de Vendée, après disner, et fusmes coucher à la Bodinatière.
Le dimanche 7, je fus à la Chapelle-Tireuil, au prevail (1) ; je disnay chés Je prieur (2), où estoint Chevalier, garde de la forestet sa femme, Bréchaire, Béthuy, son gendre, Charrier, Benjamin, fermier du Breuil, Clavyer de Vouvant, le receveur de la Braudyère et pluzieurs autres; j'y soupay aussy et y soupa Rambourgère (3). Après souper je m'en revins.
Le lundy 8, Denyau me donna trente livres, faizantla moytié des soixante qu'il avoit receu d'un homme de Nyeuil, à qui il avait vendu deus bœufs de nostre métayrie, le pris de 93 1.
Le mardy 9, je vendis à une femme de Bonneuil une charretée de foing, le pris de 8 1.
Le mercredy 10, Lepuy, de Cougon, me vint voir.
Le jeudy 11 , Mademoizelle de la Rochejacquelin vint à Vendée, qui me remit à mardy prochain, pour terminer nostre af[iiire. M. Quinefaut et Bonneau y estoient.
Le dimanche 1/i, M. de Rou vint à Vendée.
Le mardy. 16, Mademoizelle de la Rochejacquelin vint à Vendée, qui me donna quatre cens livres, je luy en donnay acquit par notaires, qui fut Bonneau, qui a passé led. acquit et qui en a la minute et Anonier y a signé avec led. Bonneau. M. Quinefaut estoit ce jour-là à Vendée.
(1) « Assemblée religieuse occasionnée par des voyages à quelque relique ou à quelque saint et accompagnée d'une foire. » L'abbé Lalanne, Diction, de patois Poitevin, au mot Prevail. L'assemblée de la Chapelle-Tireuil était en l'honneur de Sainte-Macrine ; elle se tient encore le l^"" dimanche de juillet.
(2) Pierre Bourdault, prieur de la Chapelle-Tireuil, auquel succéda, en 1657, Thomas Drapeau, religieux profès de l'ordre de Saint- Augustin, de l'abbaye de Nieuil-sur-l'Autise.
(3) René de la Porte, escuyer, sieur de la Rambourgère.
— iOli —
Lejeudy 18, j'envoyay mon homme à Bois-Grollyer, pour savoir quand il voudroit que nous terminassions Tafaire que nous avions ensemble, pour la terragerye de Blanchefort, il me donna assignation au samedy d'emprais prochain pour cest effect à Fontenay.
Le vendredy 19, je resus de mon métayer de la Morynyère, soixante livres sur cent deus livres qu'il me devoit pour deus bœufs que je luy ay vendu.
Le samedy 20, je fus à Fontenay, où Boisgrôllyer me fit la rétrocession de la terragerye de Blanchefort, en ce qui le conserne et pour les droictz qu' il y a. Pineau a passé lad. rétrocession.
Le dimanche 21, j'achevay de payer e passementier, des trente six livres 10 s., que ma femme luy devoit de reste de son passemant de son petit lit vert-brun, de la chambre.
Le lundy 22, je donnay au sieur Crampon soixante livres pour les deus pistolletz de M. de Boisron, lesquels je luy ay envoyés à Orignac par cy-devant, par Henry.
Le mardy 23, Quinefaut vint icy et Bonneau. Nous fismes Quinefaut et moy un contract d'eschange du fief de Blanchefort, que je luy laisse pour une certaine rente de trente livres, qui luy est dheue. Bonneau en a passé led. contract.
Le mercredy 2/i, M. Dubois vint à Vendée, pour savoir de moy si j'avois point le testament de Demoizelle Jeanne Voussard et m'en donna une copye.
Le vendredy 26, je fus voir M. de la Bodinatière, pour le pryer de cercher en ses viens tiltres s'il y trouveroit point le testamant de demoizelle Jeanne Voussard, laquelle fit exécuteur de son testamant, Guillaume d'Appelvoizin, père du grand- père de mond. sieur de la Bodinatière , ce qu'il me promit.
Le samedy 27, je fus à Fontenay, où je vis M. Albert, M. des Mothais et M. de la Richardyère, je fus voir le bonhomme Monsieur Dubois, qui me donna un papier d'assizes et un papier de notifications de Vendée, qu'il avoit retiré d'entre les mains de deffunct Goineau, greffier de Vendée.
Le mardy 30, Chevallereau et moy fusmes après disner à la
chasse ; au retour nous trouvasmes Mademoizelle de Puiguion à Vendée.
Le mercredy, trente et uniesme et dernier jour de juillet, je fus au mattin à la chasse.
Aoust 1619.
Le jeudy premier jour d' aoust mil six cens disneuf, Mademoizelle de Puiguion partit de Vendée , pour s'en aller à Puiguion.
Le vendredy 2, ma femme et moi partismes de Vendée, pour aller à la foire de Fontenay. Ce mesme jour ma femme retourna coucher à Vendée et moy je demouray à souper aus Trois- Piliers et couchay chés Chevallereau.
Le saniedy 3, je fus tout le jour à Fontenay.
Le dimanche h, Catherine Dénuée vint avec ma femme»
Le mardy 6, M. Albertvint voir nostrefilz, qui estoit malade. Chevallereau et y vindrent aussi. Led.
me fit des entes d'abricotz et de pommes de Rembourg et de passe-pommes, puis les uns et les autres s'en retournèrent à Fontenay.
Le dimanche 11, je fus au presche à la Buardyère, après disner, où nous eslumes gens, pour aller à l'assemblée provincialle de Chastelleraud (1). Ce soir-là M. de la Place vint coucher à Vendée, qui alloit à lad. assemblée.
Le lundy 12, M. de la Place partit de Vendée.
Le mardy 13, Bouéry et un de mes fermiers de Bois-Chapeleau vint à Vendée.
Le vendredy 16, je fus me pourmener à la Grois, voir les dommaines de la Noue-Audebrand, ce qui est en mon fief et les terres de la Grois, qui sont aussi en mon fief.
Le mercredy 21, Monsieur Chapon, venant de Chastelleraud, passa à Vendée et y disna.
Le jeudy 22, j'envoyay Denyau à Vouvant, pour voir s'il me trouveroit deus coiraus (2).
(1) Cette assemblée de Ghâtellerault ne semble pas avoir été connue de M. Lièvre, qui n'en fait aucune mention dans la liste des synodes provinciaux,
(2) Veaux de deux ans.
Le vendredy 23, je donnay à Denyau 81 1. 12 s. pour m* avoir deus bœufs, le lendemain, à la foire de Benêt, (qu'il m'acheta).
Le samedy 2A, Denyau m'amena deus bœufs, qui coustent soixante-dix livres.
Le dimanche 25, je fus au presche, après disner. Je resus de Jean Martin sincquante hvres quatorze solz, sur les six vingts livres qu'il me doit de reste de la ferme que deffunct mon père luy avoit fait de la Freslerye.
Le samedy trente uniesme jour d'aoust, je fus à Fontenay, où j'achetay une vache, la somme de 29 1., que j'ay donné à Mathelin, à moityé de croist. Led. Mathelin avoit un petit boudet, que j'ay acheté de luy et que je luy ay payé la somme de cent sols, en prézence de Pierre Denyau et de Gachignart, mon métayer de la Freslerye, lequel aussi je luy ay laissé à moityé de croist, à la charge que je reprendray mon principal de cent solz, lorsque nous vendrons led. boudet et le parsus le partagerons par moityé : Ainsi ne restera que la somme de 29 1. de la vache, qui fera souche et le profit d'icelle, le partagerons tous les ans.
Septembre 1619.
Le vendredy 6, je donnay à la Tourette, mon palfrenier, douze livres, sur son service.
Le samedy 7, je fus à Fontenay.
Le dimanche 8, j'estois à Fontenay, où je fus parrain *du lilz de M. Besly , })rocureur. M. et Mademoizelle de la Place disnasmes chés led. Besly.
Le mardy 10, je fus coucher au Poiron.
Le mercredy 11 , je partis du Poiron et fus à Bourneau, voir le baron du Petit-Chasteau , qui estoit malade de la picotte. M. de la Cressonnière n'y estoit pas. J'y disnay. MM. deMarsay et Deschans y estoient.
Le vendredy 13, Quinefaut et moy fusmes au Bois-Ghapeleau , où nous peschasmes l'escluze de mon moulin. Les Jouberts y estoient et Benjamin ; Chapon estoit avec moy. Nous fusmes manger notre poisson chés Benjamin, au Breuil.
Le samedy l/i, je fus à Fontenay.
Le dimanche 15, ma femme partit, pour aller voir sa mère à Pas-de-Jeu. , ..
Le iiiardy 17, M. Albert vint voir ma fille, qui se trouvoit mal de la petite vérolle.
Le mercredy 18, Quinefau vint au logis, puis fusmes nous pounnener au Bois-Chapeleau.
Le jeudy 19, Jean Martin et Couturier, de Vouvant, vindrent à Vendée : nous terminasmes nos affaires, Jean Martin et moy, par une transaction : il me doit donner dans la feste de Toussains, la somme de six vingts livres, pour tout, tant principal que frais.
Le vendredy 20, je partis de Vendée, fus disner à Saint- Hillaire, chés Brézet, et Bonneau avec moy et le petit Guarnier, puis fus coucher à Fontenay.
Le samedy 21 , je partis de Fontenay et vins coucher à Vendée.
Le lundy 23, ma femme arriva à Vendée qui venoit de Pasde-jeu voir sa mère.
Le jeudy 26, nous partismes, ma femme et moy, de Vendée et fusmes coucher à Escoûé.
Le vendredy 27, à Escoûé, M. de la Vallade y vint, qui y coucha.
Le samedy 28, nous partismes d' Escoûé et vinsmes coucher à Vendée. i-
Octobre 1619.
Le dimanche 6, je fus à Saint-Hillaire, où je fis la cène parla grâce de Dieu.
Le mardy 8, je resus de Ferchaud, de Fonbouillant, 13 1. pour mes prés Pelaut, qu'il tient à ferme de moy.
Le mercredy 9, je resus de mon métayer de la Fosse, 15 1. pour le profit de bestail de sa métayrie et pour le pourceau qu'il nous doit.
Le dimanche 13, nous fusmes au presche à la Buardyère.
Le lundy l/i,.nous fusmes à Fontenay à la foire, nous couchasmes chés Chevallereau, au Ghail.
Le mardy 15, je resus de la femme de M. de la Tourtelière les
ventes de ce qu'ils tiennent en mon fief à la Vieille- Vergne, et luy en donnay acquit, au dos de son décret.
Le mercredy 10, à Fontenay.
Le samedy 19, je partis de Vendée et fus coucher à Brethète.
Le dimanche 20, je partis de Brethète et fus coucher à Pas-de-Jeu, où je trouvay M. du Coudray.
Le lundy 21, je partis de Pas-de-Jeu et fus coucher à Fayela-Vineuze.
Le mardy 22 , je partis de Faye-la-Vineuze et fus à la Guerche, où estant, je vis Madame de Chapes (1) et Messieurs ses enfants. Je soupay avec eus. Madite dame me promit de me faire donner tous les papiers qu'elle auroit, consernant ma maizon de Vendée.
Le mardy 23, je partis de la Guerche et passay à Chastelleraud, et vins coucher à Mon-sur-Guesne.
Le mercredy 2ii, je partis de Mon, vins disner à Sillé (2), avec Mademoizelle de la Noiie et couchera Pas-de-Jeu.
Le jeudy 25, à Pas-de-jeu. Ma femme paya 81 !. pour deus bœufz, savoir l'escorné et son parsonnier.
Le samedy 26, je partis de Pas-de-jeu, fus passer à Touars et coucher à Brethète.
Le dimanche 27, parti de Brethète, vins passer au Bois- Chapeleau et coucher à Vendée.
Nouembre 1619.
Le mercredy 6 , je fus au Bois-Ghapeleau où je vis Fombryant et Quinefaut et les Joubers, j'y vis aussi Louvrardyère, qui passa par là, puis m'en revins coucher à Vendée.
Le jeudy 7, je partis de Vendée et fus coucher à Escoûé, où arriva M. et Madame de Ghandolan (3).
(1) Elle était l'héritière de Georges de Villequier, chevalier, vicomte delà Guierche, qui avait vendu la terre de Vendée en 1581.
(2) 11 s'agit ici de Sillé ou Silly, commune de Mouterre , cantoQ de Loudun, et nullement de Scillé, petit bourg voisin de l'Absie et du canton de Coulonges.
(3) François Eschallard, baron de Ghampdolant, gouverneur de Marans, fils de Charles Eschallard de la Boulaye, gouverneur de Fontenay. et de Marie du Fou. C'est le même sans doute que celui qui est précédemment nommé Monsieur de Ghampolant.
Le vendredy 8, M. de Chandolan s'en alla d'Escoûé, après disner.
Le samedy 9, je partis d'Escoûé, fus disner à Fontenay et coucher à Lusson.
Le dimanche 10, je vis Richardyère, je disnay avec luy et fus voir Cailler et fus coucher à Marœuil.
Le lundy 11, je disnay à Mareuil et avec moy Janneau, je fus tout seul me promener aus Tousches, puis revins coucher à Marœuil.
Le mardy 12, nous fusmes, mon fermier Jeanneau et moy nous pourmener vers la Couture.
Le mercredy 13, je disnay à Marœuil, puis fus coucher à Lusson.
Le jeudy lA, j^ disnay avec Richardière, à l'aumosnerye, chés Cailler, où estoit Rabatelyère (1) et son frère, nous y soupasmes encore Richardière et moy.
Le vendredy 15, je desjunay chés Richardière avec Cailler, puis m'en vins coucher à Fontenay.
Le samedy 16, je partis de Fontenay après disner et vins coucher à Vendée.
Le lundy 18, Joubert et son fils vindrent à Vendée.
Le mardy 19, j'ay payé le mareschal de la ferrure de mes chevaus et de ceus de ma femme, d'une pale (2) neufve, des enferges (3), d'une accuze de testrau {h) et deus ferrures de seillau (5), et luy ay donné 26 1. Ce mesme jour, j'ay payé Fourneau de son blé.
Le mercredy 20, Monsieur le Baron de la Cressonnière vint à Vendée et M. de la Vazonnière, du Plessis, avec luy.
Le jeudy 21, M. le Baron partit de Vendée, après disner et s'en alla coucher à Bourneau.
(1) La Rabatelière est un vieux château proche le bourg- de Loge-Fougereuse. On dit aujourd'hui la Rabatelerie. Celte propriété sortie de la famille des Roches de Ghassay appartient aujourd'hui à M. le comte de Rouhault, par sa femme, Mademoiselle de Pidou.
(2) Pelle.
(3) Entraves pour les chevaux.
(4) Aiguisement de cognée.
(5) Seau en bois cerclé de fer.
Q/i ,éj'
Le vendredy 22, je partis de Vendée et fus à Fontenay, je soupay et couchay chés M. des Mothais.
Le samedy 23, je disnay chés des Mothais. Après disner Fonbryant bailla en eschange à Pineau, la métayrye de Bourneau, pour autres dommaines et néantmoins led. Pineau doit faire valoir aud. Fonbriant son eschange /i600 1., qu'il luy fera toucher par gens qui prendront ce qu'il adonné pour led. pris, dans deus mois.
Le dimanche 24, je fus au presche à la Buardyère.
Le mardy 26, ma femme envoya à Pas-de-Jeu, la Tourette, pour quérir une fille de chambre, que Mademoizelle de la Bodinatière luy a trouvée.
,;; / Le mercredy 27, ma femme envoya sa fille de chambre et la paya et la fit conduire par Henry, jusques chés son oncle, à Sigournay.
Ce mesme jour j'ay conté avec Dieumeguard, mon métayer de la Morinière ; il m'a payé le pris de sa ferme. Il m'a aussi achevé de payer ce qu'il me de voit des deus bœufs qu'il avoit eu de moy, que je luy vendois 82 1. , partye en argent, partye en ferrures de portes pour la métayrie, qu'il a payé pour moy. Ce mesme jour M. du Poiron vint au soir coucher à Vendée et aussy M. de Rou qui venoit d'Escoiié.
Le jeudy 28, M. du Poiron et moy partismes après disner de Vendée et fusmes coucher à la Bodinatière.
Le vendredy 29, je partis de la Bodinatière et vins coucher à Vendée.
Décembre 1619.
Le mercredy A, je donnay à Denyau un veau que j'avois au logis. Je luy vens la moytié 8 1.
Le jeudy 5, je resus mes sens de Vendée. ' Le samedy 7, je fis marché avec la femme de Michel Cornadeau, de la Morinière, de dis brebis qu'elle a et qui me doivent couster dix livres, elle les tiendra dores en avant à moytyé de ce qui proviendra et les dis , faizant la souche , sera toute à moy.
Le lundy 9, Monsieur Chapon et M. Besly et Madame Besly noua vindrent voiré
Le mardy 10, M. Rou partit de Vendée, pour s'en aller à Pas-de-Jeu; ce mesme jourje fus au Bois-Chapeleau.
Le uiercredy Jl, Benjamin me vint voir au Bols-Chapeleau; nous fusmes luy et moy à l'estang des Crèches, voir ce qu'il y faut faire pour le mettre en estât de pescher.
Le jeudy 12, je fis marché avec Neau, le botier, de deus milliers de polis de quatre pietz de haut et de deus deniers la piesse.
Le vendredy 13, le prieur de la Chapelle, Joubert et ses deus enfants me vindrent voir au Bois-Chapeleau. Je partis pour m'en venir à Vendée.
Le dimanche 15, je fis marché à Colas Coquilleau, pour me refaire les gouletz de mes clapiers et me les battre tout à lenteur. Je luy dois donner 55 sols, je luy en ay donné sincq solz et quatre d'entrée, en faizant marché.
Le lundy 16, nous resusmes des lettres de Pas-de-Jeu et de la Loutière, par La Montagne.
Le veïidredy 20, je fis marché à Coquilleau, de me faire un fossé à ma Penoterye et un fossé trassé en ma garenne, depuis le jardin de Bouron, jusques à mon grand pré. Je leur dois donner sincq solz de la brasse du fossé tracé et deus solz de l'autre.
Le dimanche 22, Monsieur de la Braudière vint à Vendée, qui y coucha.
Le lundy 23 , Monsieur de la Braudyère partit de Vendée et moy avec luy et fusmes coucher à la Bodinatière.
Le mardy 2/i, je partis après disner de la Bodinatière et vins coucher à Vendée, où Chevallereau arriva aussitost après moy. Ma femme renvoya Catherine Dénuée chés son père et sa mère et la paya.
Le mercredy 25, je ne bougeay de Vendée et Chevallereau avec moy.
Le samedy 28, ie fus dès au mattin à Fontenay, où je parlay à M. de Taire (1) à la bouticque de Carrel. De là je m'en retournay à mon logis, où je vis M. de Brebaudet qui s'y vint chofTer. Il s'en alloit à Brebaudet et moy je fus coucher à Vendée.
(1) Pierre Dubois, sgr de Taire.
Januier de l'année mil six cens uingt.
Le mercredy, premier jour de janvier de l'an mil six cens vingt, je partis de Vendée et fus coucher à Brebaudet, où je trouvay M. de Brebaudet tout seul.
Le jeudy 2, je partis de Brebaudet, où comme je partois, arrivèrent Messieurs de la Loge, Deschaumes et Fortin.
Le vendredy 3, je fus disner à la Bodinatière ; mon frère et moy fusmes coucher à la Touchotière, où nous ne trouvasmes que ma couzine. M. de la .Touchotière et M. du Poiron estoient allés à Poictiers.
Le samedy à, nous partismes après desjuner de la Touchotière et fusmes tout d'une traite, sans repailre, à Pas-de-Jeu, où nous ne trouvasmes que les serviteurs. Mademoizelle estoit allé coucher à Sillé, pour estre le lendemain de meilleur matin au presche.
Le dimanche 5, nous fusmes, mon frère et moy, après disner, voir Mademoizelle de la Rochepot à Oiron, où, après avoir resté quelque tens avec mad. dame et ayant pris congé d'elle, Monsieur de Puzay nous mena voir la galerye haute et la chapelle, puis nous retirasmes à Pas-de-jeu, où quelque tens après être arrivés arrivèrent aussi Mademoizelle, M. de Rou, M. de la Braudière, qui revenoint de Lodun.
Le lundy 6, nous fusmes, mon frère et moy, à Lodun, où nous disnasmes chés la Cailline, avec Monsieur de la Noue, puis fusmes voir M. de la Moussay. Nous vismes M. d'Embezaigue ; mon frère y demoura à coucher et moy je m'en revins coucher à Pas-de-Jeu.
Le mardy 7, nous fusmes tous de Pas-de-Jeu disner à Terzay, où se rendirent Messieurs de la Bodinatière, le lieutenant du juge de Lodun, Renart, procureur, le greffier et le gros La Haye. Nous fismes faire inventaire des meubles qui demoureront en la maizon, quand Mademoizelle entrera, et vizite des réparations qu'il faut faire à la maizon. Après cela nous nous en vinsmes coucher à Pas-de-Jeu et les autres à Lodun.
Le mercredy 8, nous partismes M. de la Braudière et moy, de Pas-de-Jeu, après disner, vinsmes passer à Touars et coucher à Monfermier,
Le jeudy 9, nous partismes, après disner, de Monfermîer et vinsmes ensemble jusques à Nerla (ou Verla) ? où nous nous séparasmes, M. de la Braudière s'en alla à Puiguion et moy je vins coucher a la Bodinatlère : j'y trouvay, au dessous de Bersuire, le sieur de la Renaudière, beau-frère de Groizinière. Ce jour, M. et Mademoizelle de Monferniier me promirent de mander à Robert, leur procureur à Fontenay, qu'il se dézistast pour eus de i'opozition, par eus formée, sur la terre du Bois- Chapeleau, en leur donnant par mqy , leur seuretés. Nous prismes aussi ensemble assignation au lundy unziesme jour de may prochain, pour faire les partages de nostre terre du Bois- Chapeleau.
Le vendredy 10, je partis de la Bodinatière et vins disner à Vendée.
Le samedy 11, je fus à Fontenay, où je vis Briaudyère et disnasmes ensemble. Je vis aussi Messieurs de Brebaudet, de la Place, de la Bourrillère, des Goustaus, du Plessis, de la Forge, de Bois-Russeau et autres.
Le dimanche 12, je signay à Brézet et autres une ferme de ma Grande-Cloistre, pour sincq ans, à soixante douze livres par an, la ferme passée par Boutolleau, notaire de Vouvant.
Le lundy 13, Gornuaud, mon fermier des Tousches, vint à Vendée avec Ghovin, le métayer ; il me donna trois cens dis livres et vingt livres , que je luy rabatis pour le dommage qu avoit faict le débord de l'eau dans les prés.
Le mardy l/i, je signay à Guachignart une ferme de la Freslerye, pour set ans.
Le mercredy 15, M. Ghapon nous vint voir, en retournant de la foire de Saint-Hillaire. Ge mesme jour Marquet, métayer de Bourneau, me paya un pourceau d'un an venant à deus.
Le jeudy 16, le métayer de la Poterye et cens qui ont les deus tiers de la Jordronnière, vindrent parler à moy pour reprandre ferme.
Le vendredy 17, je partis de Vendée et fus coucher à Fontenay, aus Trois- Pily ers. M. Pineau et Ghevallereau, soupèrent avec moy. Le frère de Fabé de Grandmont y estoit logé.
Le samedy 18, je fus en ville, puis m'en vins disner à mon logis.
Le dimanche 19, je fus au presche à la Buardyère. M. de Rou arriva à Vendée, après disner.
Le niardy 21, je partis de Vendée et fus coucher au Bois- Chapeleau ; j'avois avec moi Villefranche.
Le mercredy 22, je fis amasser une partye des sens du Bois- Chapeleau. Les Joubers et Benjamin y estoint, j'y vis aussi Fonbriant, qui disna avec nous. Je partis duBois-Chapeleauet vins à Vendée, où je trouvay M. de la Place, M. delaBraudière et son filz et Mademoizelle de la Vergne, du Pin.
Le vendredy 2/i, M. de la Place et M. de la Braudière s'en allèrent à Escoûé, ma couzine de la Vergne demeura à Vendée et M. de Rou et moy fusmes coucher à Fontenay.
Le samedy 25, je fus disner au chasteau avec M. de Valdan. Après disner Briaudière y vint, puis nous en retournasmes à nostre logis. Je donnay deus acquitz à maistre Jacques Faucillon , pour recevoir 19 1. de Bretaud, procureur, pour Mademoizelle Dreus, qu'elle me doit sur sa maizon devant la halle de Fontenay et quatre livres, aussi à moy dheues, sur le jeu de paume des Loges, qui font vingt trois livres, que led. maistre Jacques a receu sur ce que je luy dois.
Le dimanche 26, je resus d'Escotière, Mestès et Maletz, le pris de leur ferme du Baudrain.
Le lundy 27, je fus à la chasse vers la Freslerye, où je vis ceus qui abatent de mon bois. Je vis aussi Jen Martin, auquel je fis remettre une des cordes des Fenestres et mercredy, il doit retourner mettre les autres.
Le mardy 28, maistre René Amiraud arriva après disner à Vendée.
Le mercredy 29, ma femme vendit deus moutons à Millouet, dont elle doit avoir huict livres.
Le jeudy 30, Sauvaire vint à Vendée, qui me parla des contracts qu'il a consernant mon fief de Vendée, il me promit de revenir et les aporter dans quelques jours. Bazin estoit avec luy et Laronde.
Feburier 1620.
Le samedy, premier jour de febvrier, je partis de Vendée et fus à Fontenay. Je disnay au chasteau, où estoint Beaulieu, Puibernier et Malleray, lequel M. de Valdan me prya de voir et que nous fussions amis, ce que je luy accorday et nous embrassasmes.
Le lundy 3, je fis marché avec les Maupetitz, pour m'acommoder ma maizon de Bois-Ghapeleau, suivant le mémoire que je leur ay donné.
Le mardy /i, je partis de Vendée et fus coucher au Bois- Chapeleau. Je menay maistre René avec moy.
Le mercredy 5, je fus voir racomnioder l'estang de Quignon, où Benjamin, Joubert, Bouérye, Monsieur le pryeur et Bretineau me vindrent trouver ; nous fusmes desjuner à la Bobinière, chés mon métayer, qui faizoit des noces, puis nous fusmes disner chés Monsieur le pryeur.
Le jeudy 6, nous fusmes dès au mattin pescher l'estang du Quignon, que nous avions laissé courre, pour le racommoder. Nous trouvasmes de poisson dedans que bien peu, nous en fusmes faire acommoder chés Goulart, à la Mesnardière, pour notre disner. Ce mesme jour je payay à la femme de Charles Pommier le veau de laict, que j'avais eu d'eus, je luy en donnay un escu.
Le vendredy 7, je fus coucher à Fontenay, ans Tr ois-Pilier s.
Le samedy 8, je fus en ville. Je vendis deus tonneaus de seigle, le pris de 87 1.
Le dimanche 9, je fus à Fontenay. Je vis M. de Valdan, je fus au presche avec luy, de là à la paume, d'où Puibernier et moy fusmes chés des Mothais, où je donnay aud. Puibernier cent quatre vingtz livres, pour payement des armes de jendarme complètes, que j'ay eu de Chamfeu ; led. Puibernier m'en a donné acquit. Valdan nous y vint trouver ; au sortir de là, je leur dis adieu et fus coucher aus Trois- Piliers.
Le lundy 10, je partis de Fontenay avec Valdan, Puibernier, Fournière, Pager l'éslu, la Caillère, Dutens et Cailler, procureur du roy en l'élection et fusmes disner à la Focelyère. Le mardy 11 , Valdan , St-Anne , Puibernier , Pager ,
Cailler, Maleray, sa femme, sa fille et ma couzine de la Coussaye, Fournière vindrent disner à Vendée et après disner s'en allèrent.
Le jeudy 13, je fis marché avec Coquilleau, pour racommoder l'estang du Quignon. Benjamin et moy luy devons donner 10 1.
Le samedy 15 , Fombriant et Pipé passèrent un contract d'eschange ensemble. Fombriant donne à Pipé les moulins de Sauvaget pour autres dommaines. Led. Pipé doit faire valoir led. escbange /i,000 1. et trouver marchand qui luy baille led. pris. J'ay signé au contract, comme ayant déclairé les devoirs dheus sur lesd. moulins. Pineau a passé led. contract.
Le dimanche 16, Brunetière, fis de Beauchans de Lusson, vint à Vendée, de la part de la Rivière, de Mouzeuil, et de Bois-Plaizant. Je luy donnay 7/i0 I. et il me donna un acquit de 8/iO 1. Je luy fis une promesse de cent livres que je luy dois de reste de la transaction, que nous avions fait ensemble, pour le don de ma sœur à Rousselotière et de luy à Claude Maitre, femme dud. Bois-Plaizant. Il faut faire ratifier la transaction à lad. Lemaistre, avant que payer lesd. cent livres.
Le mardy 18, je fus voir Monsieur de la Fournière, le pryer de faire soulager mon mestayer de la Freslerye à la taille, ce qu'il me promit. Je parlay aussi aus asseyeurs qui me le promirent.
Le vendredy 21, je fis ferme à^tous les métayers du Bois- Chapeleau, fors de la métayrie de la Vaus. Bouhérye a passé lesd. fermes.
Le samedy 22, je partis du Bois-Chapeleau et fus passer à la Bodinatière, où je pris des greffes et vins coucher à Vendée.
Le dimanche 23 , Chevallereau nous vint voir, qui disna avec nous, i soupa et y coucha.
Le lundy 2/i, jenvoyay à Vouvant, à Couturier l'assination, que Bélesbat m'avoit faict donner , affin de comparoir et y respondre.
Le jeudy 27, je fus me pourmener au Bois-Chapeleau; je fus à l'estang des Crèches, où l'on faizoit les fossés et la loge pour la pesche. Joubert m'y vint trouver, lequel, de là, s'en
alla chés luy et moy je fus au Bois-Chapeleau, où je trouvay Benjamin, et le pryeur qui m'y attendoint ; je fus quelque tens avec eus.
Le samedy et dernier jour de febvrier, je fus à Fontenay. Je vis M. Bourdau et fus longtens avec luy. Je menay Bonneau et Lavallée boire à mon logis.
Mars 16^0.
Le dimanche, premier jour de mars mil six cens vingt, Bonneau vint nous voir dès au matin, pour passer mardy-gras avec nous. Quinefaut y vint aussi, qui disna avec nous.
Le lundy 2, M. Chapon vint nous voir, qui disna avec nous. Paul, retournant de chés Mademoizelle de la Bodinatière, arriva ce jour-là à Vendée. Ce mesme jour je donnay à Isaac, un acquit du pris de la ferme de la métayrie de la Fosse, qu'il tient de moy, pour le terme échu de la Saint-Michel 1619.
En marge: Isaac Valenchère, j'ay donné acquit pour la Fosse, de 1619.
Le mardy 3 , je ne bougeay de Vendée, avec Bonneau et Chapon.
Le mercredy A, je fus à Fontenay, dès au mattin, je vis Chevallereau, je luy donnay assination de Baudouine, pour y faire comparoistre par Renaut, son couzin, je vis aussi M. Bourdaut, avec qui je fus longtens.
Le vendredy 6, M. de Rou arriva à Vendée, dès au matin.
Le lundy 16, je faizôis enter. M. de la Place arriva à Vendée, sur le soir; Chabot n'estoit que party du logis, duquel je pris une paire de souliers à haut quartier, que je donnay à René.
Le mardy 17, Chevallereau arriva sur le soir.
Le mercredy J8, M. de la Place et Chevallereau partirent de Vendée après disner.
Le jeudy 19, ma femme envoya à Bourdeau 70 1. par Pierre Denyau, que je luy devois de reste de 150 1. que nous estions accordé et qu^il avoit fait marché avec Monsieur de 55 x 2. (sic), pour l'avoir traitté et guéry de sa grand maladye.
Le samedy 21, j'envoyay Villeneufve à la Sye, chés Ourgon,
pour avoir une seenne (1) pour pescher à mon estang des Cresches, que je ne sus avoir.
Le dimanche 2'2, je fus coucher au Bois-Chapeleau. M. Chapon estoit avec moy. M. de la Place vint au matin à Vendée et y disna, puis luy et M. de Rou furent coucher à la Bodinatière. Le lundy 23, ma femme vint à Festang du Bois-Chapeleau, puis M. de Rou et M. de la Place ; nous peschames quantité de brochetz, que nous partageasmes moy et Benjamin, fermier de Monfermier, qui en ut son tiers, puis nous vendismes à des marchands de Coulonges le reste, la somme de 150 1. et six carpes ; ils doivent remettre tout le peuple de brochetz et de perchaude et de carpeau, qui se trouvera et une charge de menu.
Le mardy 2A, M. de la Place s'en alla après disner et peu après arriva M. de la Bodinatière, qui venoit de Fontenay, Nous promismes de nous trouver le lendemain à l' estang.
Le mercredy 25, nous fusmes dès au matin, M. de Rou et moy, à l'estang, où M. de la Bodinatière nous vint trouver. Nous disnasmes au Bois-Chapeleau, puis vismes pescher. Nous achetasmes du poisson, il s'en alla chés luy, M. de Rou à Vendée et moy je demouray.
Le jeudy 26, je ne bougeay de l'estang, fors que je fus disner chés Joubert, à la Grange, puis revins à l'estang. Je resus par les mains de Benjamin 86 1. de l'argent de nostre poisson et ili 1. des marchans. Ce jour-là Denyau fut à la foire à Vouvant, qui vendit un de nos viens bœufz, le pris de 52 1. J'en ay reseu ma part.
Le vendredy 27, je partis, dès au mattin, du Bois-Chapeleau et vins coucher à Vendée et M. Chapon aussi, qui n'avoit bougé de l'estang avec moy.
Le dimanche 29, je fus au presche. J'envoyay quérir, à Saint-Hillaire, sis millyers de plante de vigne, chés Laronde, qui me cousta seize solz le millier.
Le lundy 30, j'envoyay au Bois-Chapeleau un preneur de renars, pour en prendre et me faire des trapuzes et engins à
(1) Engin de pêche.
prendre foins. Ce jour-là j'envoyay Le Poitevin, au quel je donnay 1/i livres et demye et 6 livres, que je pris à payer pour luy, là où il devoit, pour un an et deus mois, qu'il a esté à mon service. Maistre René partit de Vendée pour s'en aller à Estival. Pierre Denyau fut avec luy jusques à Terzay.
Auril 16*20.
Le samedy A, Denyau revint de Terzay, qui amena le veau de Mademoizelle de la Bodinatière, qui nous couste /i5 1. argent contant.
Le dimanche 5, je fus au presche après disner.
Le lundy (3, M. de Beaurepère y vint qui ne descendit point de cheval, il me prya de me trouver le lendemain à Fontenay, pour son affaire, ce que je luy promis.
Le mardy 7, je fus dès au mattin à Fontenay, je disnay à mon logis, je fus voir M. des Mothais, puis le lieutenant criminel, auquel je parlay de M. de Beaurepère, il me promit de le gratiffier ; je vins voir le sieur de Beaurepère, avec lequel ayant esté quelque tens, je pris congé de luy et m'en vins à mon logis, où M. de Valdan me vint voir.
Le jeudy 9, nous avions une tenue d'assizes. Quinefaut vint à Vendée ; nous fusmes luy et moy, au Bois-Chapeleau, où je vis Fombriant.
Le samedy 11, je fus à Fontenay, où Robert, pour M. de Monfermier, se dézista de l'opozition , par luy formée, aus criées du Bois-Chapeleau et pour l'Erodière-Brisson (1). Il fut dit que les deniers cousines, seroint levés, fors la somme de 1200 1. deus aud. Brisson, pour quoy a esté formée son opozition, puis je m^en revins coucher à Vendée.
Le dimanche 12, je ne bougeay de Vendée.
Le lundy 13, je fus à Fontenay, où je vis M. des Mothais et
(1) Michel Brisson, s»" de rEraudière, était frère de François Brisson, s"^ du Palais, sénéchal civil et criminel à Fontenay -, il exerçait la charge de receveur des tailles en l'élection de MonLreuil-Bellay. Il se trouvait héritier d'un tiers du Bois-Chapeleau, du chef de la nière de sa femme, Renée Girard, veuve d'Antoine d'Appelvoisin, sgr du Bois-Chapeleau, au même titre que Pierre Rousseau, sgr de la Place.
sa femme et Mademoizelle de la Jarrye (1). En m'en venant, je vis la Pibernière et la lieutenande criminelle au jardin de des Mothais.
Le mardy 1/i, je fus encor à Fontenay dès au mattin.
Le mercredy 15, je fus coucher à la Freslerye, pour aller au guet dans mes bois.
Le jeudy 16, je fus à la Freslerye toute la matinée, ma femme fit tuer son bœuf.
Le dimanche 19, ma femme et sa couzine de la Vergne furent à Saint-Hillaire faire la cène.
Le lundy 20, Pierre Denyau m'a donné 49 1. d'un bœuf qu'il avoit vendu 57 1., dont pour ma part des 57 1,, il m'en apartenoit 28 1. et demye, moyennant quoy led. mareschal demoura quitte envers moy, comme de set livres, qu'il devoit à ma femme, pour sa gorrette, qu elle luy avoit vendu, somme tout mis ensemble, outre les 20 1. 10 s. qu'il m'a donné, il me demoure redevable de la somme de 20 1. 16 s. et 8 deniers, moyennant quoyje demoure quitte envers luy d'un mouton que j'avois pris en la bergerye, qui estoit sien, pour lequel j'ay déduict 3 1. et par ce, il me reste 26 1. 16 s. 8 d. et nous demourrons quittes ensemble de tout le tens passé.
Le mercredy 22, je fis commencer de planter ma vigne folle de Vendée.
Le jeudy 23, je partis dès au mattin, pour m'en aller au Pin (2) remmener ma couzine de la Vergne (3) ; nous fusmes coucher à Saint-Maixant, au logis de VEscu de Bretagne^ chés Bardon.
Le vendredy 2/i, nous partismes de Saint-Maixant, fusmes passer à Lusignan et disner à Vivonne, au Doffln^ puis fusmes passer à Ghastelacher et coucher au Pin.
Le mardy 28, nous partismes du Pin après disner, ma tente, ma couzine Florence et moy et fusmes coucher à Poictiers. Je
(1) Epouse de Jacques Tiraqueau, s»" de la Jarrie.
(2) Village de la commune de Marnay, canton de Vivône (Vienne.)
(3) Voir sur celte dame et sa famille ce que nous en avons dit dans Château- Lar cher et ses seigneurs, p. 426 et 514,
logeay à Saint-Martin et ma tente et ma couzine chés M. Besly, procureur; dès le mesme soir nous fusmesvoir M. Clemenceau. Le mercredy 29, je fis sigtiifier à L'Hérodière-Brisson, la semence que j'avois obtenue à Fontenay, pour la délivrance des deniers consinés, de la vente du Bois-Gliapeleau.
Mai 1620.
Le vendredy, premier jour de may , je partis de Poictiers, après desjuner, je vins disner à Luzignan, aux Trois-Pilliers^ où je vis Chevallier, messager, qui alloit aud. Poictiers et avec luy le filz de M. Besly, advocat du roy à Fontenay et Chauvire. Je vins coucher à Saint-Maixant, à FEscu de Bretaigne.
Le samedy 2, je partis de Saint-Maixant et vins disner à Vendée.
Le lundy h , M. Chapon partit pour s'en aller en son pais, avec un de ses neveurs.
Le mardy 5, Rousseau, revenant de Coullonges mit piet à terre, au bout de mon allée et vint à moy en ma vigne, que je faizois planter.
Le mercredy 6, Laronde vint au logis, pour me dire qu il avoit assigné des tenanciers aux assizes.
Le jeudy 7, nous avions une tenue d' assizes, où se trouva Quinefaut, et La Remendye (1) et Charryer; l'homme de Monsieur de Taire y vint. Ma femme fut à Niort à la foire, qui changea ses boutons d'or pour une sainture d'or de mesme fasson que la chesne. Ce mesme jour je resus une lettre de Montfermier, par laquelle il me mande que, pourlamaladye de son conseil , il ne peut se trouver à l'assignation , que nous avions prize à l'unziesme du prézent mois, pour nos partages. Il me prye de le remettre au deuziesme de juin prochain, ce que je luy ay promis.
Le samedy 9^ je fus à Fontenay. Je vis M. et Mademoizelle des Molhais chés eus ; je vis Fombriant, auquel je donnay la signiffication que j'avois faict faire à L'Erodyère-Brisson , à Poictiers, afin qu'il la donnast à Besly. Ce mesme jour je payay
(1) Louis Dellaremendye, procureur du Bois-Ghapeleau.
Genay de 24 1. pour de la tanelle et soye cramoizie, que Béziers avoit pris chés luy pour moy, et outre luy payay 32 1., pour la demeure de ceste année, de l'argent que je luy dois.
Le dimanche 10, Jacquette, la lingère, vint à Vendée et avec elle Cateryne Dénuée, que ma femme a loué, pour luy bailler 18 1. par an, pour servir ma fille.
Le lundy 11, ma femme fut voir Mademoizelle de la Rochejacquelin à la Tousche.
Le mardy 12, Monsieur de la Rochejacquelin vint nous voir à Vendée, disna avec nous, puis s'en retourna.
Le mercredy d3, je fus à la Bodinatière, où je vis M. de la Rochejacquelin ; j'y trouvay Lacombe , Desaivre (1) et son filz et le baillif et son fis ; je compozay avec eus, pour la sœur d'Heniy à 30 1.
Le samedy 16, je resus une lettre de Fombryant, par laquelle il me mandoit que cens qui veullent avoir les Tousches, seront à Fontenay le vingt sincquiesme jour de ce mois, affin que je m'y trouve.
Le lundy 18, je payay mes vignerons, pour avoir planté ma vigne et leur ay donné 13 1. 10 s. à tous trois, c'est chascun quatre livres dis solz, pour disset journées.
Le mercredy 20, ma femme partit pour aller à Estival, estre marraine de la fille de M. d^Estival et en s'en allant emmena ma fille avec elle et Cateryne Dénuée, lesquelles elle laissera à Terzay, avec Mademoizelle de la Bodinatière. Je les fus conduire jusques au Bois-Chapeleau.
Le jeudy 21, M. du Coudray arriva à Vendée et avec luy un nommé Crossart. Ce jour-là M. de Brebaudet y arriva aussi.
Le vendredy 22, M. de Brebaudet s'en alla chés luy.
Le samedy 23, M. du Coudray et Crossart s'en allèrent après desjuner à la Bodinatière. Ma femme, estant à Terzay, envoya la Roche, sa fille de chambre et la paya.
Le dimanche 2h, je fus, après disner, aus nosses de la fille
(t) Famille originaire du Breuil-Barret. Celui qui est mentionné ici est sans doute Hélie Desaivre, s»" de la Vergue, fils de Pierre Desaivre et petitfils de Philippe, mort au Breuil-Barret, en 1549. Généalogie de la famille, dressée par M. Léo Desaivre.
-Vih-
de Gachignart, je n'y fis que faire la collation, puis m'en revins. J'avois avec moy Paumier l'ainé, et la Fontaine-Gelot.
Le lundy 25, Paumier et La Fontaine s'en allèrent, après desjuner. Paul revint de Terzay, qui m'aporta des lettres de ma femme et de ma fille et m'amena les deus chevaus qui avoint mené ma fille et sa servante, Caterine Dénuée.
Le vendredy 29, je resus une paire de bouteilles (1), que je payay à trente un sous et en commanday une autre paire. Je les envoyay ferrer chés le mareschal. Je payay à Vignaut dix sols et deux boiceaus de seigle, pour ma part d'avoir aivé (2) mon grand pré et pris des taupes.
Juing 1620.
Le lundy, premier jour de juing, j'avois à Vendée une tenue d'assizes, où vinrent Fortin, Laplante , Jubien , Bonneau , Quinefaut et la Remandye.
Le mardy 2, ma femme, estant à Estival, resut de Mademoizelle d'Estival les 150 1. que j'avois preste à son mary, comme nous estyons à Lodun, durant la conférence.
Le jcudy li , M. de Fonbryant vint à Vendée, pour me parler de l'affaire contre L'Eraudière-Brisson.
Le vendredy 5, je partis de Vendée, fus disner au Bois- Chapeleau et y couchay ; le pryeur me vint voir. Je payay les cherpantiers, qui avoint travaillé à refaire les essais et les bondes de mes estangs des Crèches et du Quignon, au Bois- Chapeleau et leur donnay, pour mes deux tiers de vingt journées, la somme de sincq livres et demye.
Le samedy 6, Benjamin me vint voir. Je payay à Henry 12 solz, pour un chevreau, qu'il m'avoit acheté, et pour son voyage de Terzay 12 sols.
Le dimanche 7, jour de la Pentecoste, je fus à Vouvant ou je disnay et soupay avec Roche-Guillaume, sa femme, Auzay et Fief-Milon. Je fis porter le chapeau de rozes, que je dois Vouvant, à cauze du Bois-Ghapeleau.
(1) « Espèce de meuble en bois tressé, dans lequel on serre le lait. » L'abbé Lalanne, au mot bouteille,
(2) Aiver un pré, y conduire l'eau par des rigolles. Id.
Le lundy 8, je payay Bouron, Lardy et Mathelin, du premier labourage de ma vigne, et leur ay payé neuf journées à 3 sols. C'est quatre livres un sol. Denyau vendit nos deus grans bœufz, que nous avions eu de Dieumeguard, de ma métayrie de la Morinière à la foire de Saint-Poaipain, la somme de 1/i7 1., à Escotyère, de Ghandenier, payable à la Saint-Jean.
Le mercredy 10, Lafoiitaine-Gelot me vint voir.
Le jeudy 11, Denyau acheta deus bœuz de travail, à Saint- Lorans de la Salle, qui coustent 120 1. , payables à la Saint-Jean.
Le samedy 13*, je fus, dès au mattin, à Fontenay. Je vis M. des iMothais et sa femme et Mademoizelle de la Jarrye; je vis Besly et M. l'avocat du roy, à qui je parlay de l'affaire de Terzay, pour les francs-fiefz.
Le mardy 12, ma femme arriva au Bois-Chapeleau , qui revenoit d'Estival et de Terzay ; elle amena avec elle Marguerite Fleury pour luy servir de fille de chambre. M. de Ligne arriva à Vendée.
Le mercredy 17, j'empruntay de Madame de la Viaillère 650 1. pour un an. M. de Ligne s'en alla après disner à Saint- Maixant. Ce mesme jour M. Chapon aporta à Fontenay 510 1. pour payer Baudouine, laquelle il ne trouva pas et me rendit la susd. somme.
Le jeudy 1 8, ma femme donna à la nourrice de mon filz 37 1. qu'elle luy devoit donner jusques à la Saint-Jean de marché faict. Ce mesme jour elle refit marché pour achever de nourrir mon filz, et ce, jusques au premier jour de fan, elle luy doit donner 18 1. et deus aunes de carizé blanc , à faire des brassières.
Le lundy 22, je fus dès au mattin à Fontenay, pour l'affaire de la Tousche-Mouraut, où nous ne iismes rien, pour ce qu'elle n'avoit pas son conseil prest. Je vis Roche-Guillaume à la bouticque de Dejan et Puibernier. Je vis M. de la Place devant le chasteau et luy et moy fusmes trouver M. de Valdan, entre ses barrières. Je vis M. et Mademoizelle des Mothais chés eus.
Le mercredy 2h , jour de la Saint-Jean j'estois au Bois- Chapeleau.
Le jeudy 25, je fus, dès au mattin, à la foire de Fontenay, où
je vis MM. de Ligne et du Poiron ; je disnay avec eus à la Crois-Blanche , puis revinsmes en foire. Ce mesme jour je vis Roche-Guillaume, chés Bretaut, qui s'en alla à Vouvantetmoy je payay Beaudouine de huict cens quatre vingtz livres de principal et vingtz deus livres de despans et d'intérêtz.
Le vendredy 26, M. de Rou s'en alla de Vendée coucher à la Bodinatière, pour de là aller à Touars trouver M. d'Estival, son frère. Je fus à la foire dès au mattin, je vis M. desMothais, du Plomb et mes couzines ; je soupay chés des Mothais.
Le samedy 27, je vis M. de la Cressonnière et M. le Baron, son fiiz. Je fus tout le jour en ville, puis m'en vins coucher à Vendée.
Le dimanche 28, je fus dès au mattin à Fontenay, où M. de la Rapidye et M. de Fombryant s'acommodèrent ensemble, de la maizon des Touches, que la Rapidye fait valoir à Fombryant set mille livres. Je soupay au Petit-Louvre avec eus tous ; Chevallereau estoit avec moy. Robert a passé le contract.
Juillet 1620.
Le mercredy, premier jour de juillet mil six cens vingt, je partis du Bois-Chapeleau et vins à Vendée, où nous avions une tenue d'assizes. La Remendye s'y trouva et Charrier : Quinefaut ne s'y trouva point.
Le jeudy 2 , Joubert , Benjamin , le pryeur et Bouhérye vindrent disner avec moy. J'envoyay Villefranche et Henry à Terzay, pour quérir ma pique et mes hallebardes.
Le vendredy 3, j'affermay à Jaudonnet les mouhns de Billette pour sincq ans et seize charges de seigle par an, réduites en argent à la somme de 115 1. et sis oizons, ou sis chapons. Nous disnasmes à la Chapelle, chés Peloquin, Joubert, Benjamin, le prieur et moy. J'envoyay quérir le mulet de Nau, que je fis amener au logis.
Le samedy l\, Villefranche et Henry revindrent de Terzay et m'aportèrent ma picque et mes deus hallebardes.
Le lundy 6, je resus du Parc une quesse qu'il m'aporta.
Le mardy 7, M. Besly, procureur à Fontenay, me vint voir, qui disna avec moy, puis s'en alla. Joubert me vint voir. Je
donnay au Parc une pistolle, pour aller à Fontenay et à la Chastegneraye me cercher des soldars.
Le jeudy 9, M. de la Dubrye (1) vint disner avec moy, puis s'en alla après disner, puis vint Aubusson, eslu à Fontenay, pour faire les hommages, pour l'abé de la Scye, de ce qu'il tient de moy ; puis M. de la Vazonnyère, du Plessis, Quinefaut, La Renardière, Joubert et Benjamin i furent.
Le vendredy 10 , Chagnon me vint voir , pour avoir ma maizon de Vendée à ferme.
Le dimanche 1*2, je fus disner à la Chapelle cliés Bouhérye, puis je partis et fus passer à Vendée et coucher à Fontenay.
Le lundy 13, i
Le mardy l/i, 1
Le mercredy 15, \ je fus à Fontenay avec Monsieur de Rohan.
Le jeudy 16, i
Le vendredy 17, )
Le samedy 18, je party de Fontenay et fus coucher à Vendée.
Le dimanche 19, je fus au Bois-Chapeleau.
Le lundy 20, je partis de Vendée, fus à Fontenay, d'où je partis après disner avec sincquante soldars, fus à Bourneau trouver M. le Baron de la Cressonnière, d'où, avec les soldars, qu'il avoit, nous partismes tous ensemble et fusmes coucher à Gheufois (2).
Le mardy 21 ,
Le mercredy 22, i
"^ i" -, ' « , nous ne bougeasmes de Gheufois. Le vendredy za, °
Le samedy 25,
Le dimanche 26, i
Le lundy 27 , nous partismes de Gheufois, après disner et fusmes à Saint-Pol (3) loger et le mesme jour je partis de Saint- Pol et fus coucher à Vendée.
(1) René de la Haye, sgr de la Dubrie, paroisse' de Beaulieu-sous- Bressuire.
(2) Gheffois, canton de la Châtaigneraie.
(3) Saint-Paul-en-Gâiine, près l'Absie.
Le mardy 28, je partis dès au mattin de Vendée et fus à Fontenay au chasteau, où estant, jetrouvayavecM. deValdan, Messieurs le séneschal de Fontenay, de Vendié, capitaine des guardes de Monsieur le duc de Kohan, de Ïlaute-Fontaine, de* Landebaudyère, de la Bretaudyère et de Moulines, qui disnoint. Après disner je fis charger 50 corseletz en une charrette et fus coucher à Vendée.
Le mercredy 29, je partis de Vendée avec mes corseletz et fus coucher à Sain t-Pol. M. le Baron n^y estoit pas; il estoit pariy, pour aller coucher à Fontenay, avec M. de la Bodinatière.
Le jeudy 30, nous ne bougeasmes de Saint-Pol.
Le vendredy 31 et dernier du mois de juillet mil six cens vingt, nous ne bougeasmes de Saint-Pol. M. le Baron y arriva ce soir-là.
Aoust 1620.
Le samedy, premier jour d' aoust mil six cens vingt, nous partismes de Saint-Pol et fusmes coucher à Pampelye (1).
Le dimanche 2, nous ne bougeasmes de Pampelye.
Le lundy 3, Monsieur des Chans et M. du Vignaut et leurs compagnyes arrivèrent avec nous à Pampelye.
Le mardy Zi, ne bougeasmes de Pampelye.
Le mercredy 5, sur le soir M. de la Place arriva à Pampelye»
Le jeudy 6, nous partismes tous ensemble de Pampelye et fusmes coucher à Bécelleu (2) .
Le vendredy 7, nous ne bougeasmes de Bécelleu.
Le samedy 8, nous partismes de Bécelleu et fusmes coucher à C4handenyer. Nous nous arrestasmes près du bourg, en un pré, où deus heures après, Monsieur de Rohan, Monsieur de Soubize et pluzieurs autres nous vindrent voir en bataille.
Le dimanche 9, Monsieur Marmet nous fit le presche, où nous estyons.
Le lundy 10, nous ne bougeasmes de Ghandenier.
Le mardy 11 , nous partismes de Ghandenyer et fusmes
(1) Pamplie, canton de Ghampdeniers.
(2) Béceleuf, canton de Goulonges.
coucher à Benêt, où tout notre régimant se rendit à celuy de M. de Soubize ; et M. de Rohan et sa coinpagnye furent à Coulonges.
Le mercredy 12, nous ne bougeasmes de Benêt.
Le jeudy 13, nous partismes de Benêt; nostre régimant fut coucher a Salnt-Pompain et celluy de M. de Soubize à Denans (1).
Le vendredy IZj, nous partismes de Saint-Pompain ; nostre régiment fut coucher à Fontaine, celluy de M. de Soubize ne bougea de Denans. Monsieur Deschans et moy fusmes coucher à la fuye de Biossay, où M. le Baron nous vint trouver, sur la minuict, ayant le jeune Paumier (2) avec luy.
Lesamedy 15, après desjuner, Lagrange, qui est à Monsieur dePiohan, M. Ouimes, qui est à Monsieur le Baron et autres des guardes de M. de Pxohan, nous vindrent cercher aud. lyeu, pour nous arrester et empêcher de joindre Fillas, Homandye, Chantemerle et le lieutenant de Remegou, contre qui M. Deschans, Monsieur d'Angle, son frère, M. le Baron et moy, nous devions battre. M. le Baron et Deschans furent pris et menés devant M. de Rohan ; nous autres deus et nos quatre adverses partyes mandés, et la querelle fut accordée. Je fus coucher ce soir-là au Langon où nostre régimant fut ce soir-là coucher et celuy de M. de Soubize à Auzay (3).
Le dimanche 16, Monsieur d'Angle et moy partismes dès avant jour du Langon, fusmes à Fontenay, où nous desjunasmes à la Grue, puis vinsmes coucher au Langon. M. le Baron se rendit ce jour-là au Langon.
Le lundy 17, nous fusmes licentiés. Nous retirasmes nos armes de nos soldars, les fismes emmener à Bourneau, où M. le Baron s^en alla, et nos soldatz, chascun chés soy, et moy m'en vins coucher à Vendée. Ce jour-là La Jeunesse s'en vint avec moy, que je retins à mon service, je luy dois donner trente 1. et l'entretenir de soulyers.
(1) Près le bourg de Nieuil-sur-l'Autise.
(2) N'est-ce point Pierre Paumier qui fat plus lard ministre de Parthenay, et qui, au moment de la révocation de l'édit <le Nantes, se relira chez Pierre de Savignac, sieur de la Brémaudière, et revint à la religion catholique. Lièvre, t. m, p. 319.
(3) Petit bourg près de Fontenay.
Lejeudy 20, je partis de Vendée et fus à Maillezay, pour voir M. le Baron, que je n'y trouvay point. Je fus au chasteau, où je vis Vazonnière, puis je fus souper chés M. de la Roche et coucher chés Fourneau.
Le vendredy 21, je desjunay chés La Roche avec Vazonnyère, Ouimes, des Isles, le Baron et Gombaut, puis la Roche et moy fusmes disner au chasteau avec Vazonnière et Ouimes, où se trouva Lagrange. Après disner, sur le soir, je partis et m'en vins coucher à Vendée.
Le lundy 2/i, le pryeur, Joubert, Bouhérye me vindrent voir au Bois-Chapeleau ; nous fusmes disner chés le pryeur.
Le mardy 25, Joubert et Lagrange, son fils, disnèrent et soupèrent avec moy.
Le mercredy 26, je fus dès au mattin, chés Joubert à la Grange.
Lejeudy 27, Joubert, le pryeur et Bouhérye vindrent disner avec moy.
Le vendredy 28, je fis pescher la prize de Lambert et le poisson fut porté chés Benjamin, où nous fusmes disner.
Le lundy 31, je payay à Ghalons une paire de coutretz et un seau.
Septembre 1620.
Lejeudy 3, je payay au faizeur de bouteilles 32 sols, pour une paire, que ma femme envoya à la Bodinatière. Ce même jour je payay à Grignon 3 1. 10 sols pour la ferrure de mes panyers de guerre et de cens que ma femme envoya à son frère, pour les ferrures des deus portes de la grange et la ferrure d'une clice à mettre du pain et la ferrure d'un sillau et un pic à bêcher au jardin, et ne luy dois plus rien.
Le vendredy /i, Joubert et Benjamin vindrent me voir et Desrouziers.
Le dimanche 6, j'ay donné à Denyau 72 1. 12 s. pour payer deus coiraus, qu'il m'a achetés. Ge mesme jour j'ai donné à Ghabot une pistolle et une autre, que je luy ay donné auparavant, sont deus, qui valent \li i, 12 s., à déduire sur les party es que je luy dois.
Le lundy 7, je partis, après disner, de Vendée, fus à Maillezay où je trouvay M. le Baron, j'y soupay et y couchay; durant le souper arriva M. de la Grange, qui s'en alla dès le soir nnesme.
Le mardy 8, je disnay à Maillezay et après disner, M. le Baron, M. Ouymes et moy fusmes à Fontenay, où nous trouvasmes, à Sainte» Catheryne, M. de la Cressonnyère, où aussitost arrivèrent Messieurs de Rohan et de Soubize ; nous les saluasmes et fusmes avec eus au Petit-Louvre^ où ilz se logèrent. Je soupay avec eus, puis fus coucher chés Chevallereau.
Le mercredy 9, je fus au logis de M. de Rohan ; je desjunay avec eus, puis quand ils montèrent à cheval, je pris congé d'eus et de M. de la Cressonnière et de M. le Baron, puis m'en vins avec Bernardeau et Chevallereau, puis montay à cheval et vins coucher à Vendée.
Le vendredy 17, Monsieur de la Place, de Béceleu^ me vint vint voir et avec luy le moine de la Scye, quiablessélefiilastre de Sérafni. Denyau m'amena deus coiraus et une vache pour engresser. La vache est payée. Gacbignart, mon métayer, la payé 15 1.
Le samedy 12, je fus coucher au Bois-Chapeleau.
Le dimanche 13, Monsieur de Champolant vint au logis et peu de tens après M. de la Bodinatière et avec luy Tutière et Randyère ; ilz disnèrent avec moy ; après disner ma femme y vint et puis, au soir, s'en alla et Messieurs de la Bodinatière et de Champolant aussy.
Le lundy IZi, Monsieur de Beaureguard et Bastard, moine de la Scye, vindrent au logis ; ilz disnèrent avec moy, puis s'en allèrent. J'escrivis à Paris à Jarde, pour Gillet et pour Giraut et leur parsonniers. J'envoyay un escu.
Le mercredy 16, M. du Coudray arriva au logis, qui fut à Coulonges. Ce mesme jour Vignaut, de la Vau, me donna, pour mes deus tiers de sa ferme, douze charges de seigle, faizans le nombre de 96 boissaux.
Le jeudy 17, M. du Coudray s'en alla dès au mattin.
Le dimanche 20, M. Chapon disna avec nous et le tailleur Flamant, auquel ma femme bailla 7 1. 10 s., pour les fassons de robes qu'elle luy devoit.
— iM —
Le mercredy 23, M. de Beaureguard et le moine Bastard y vindrent , Quinefaut et La Remendye et Joubert, qui tous disnèrent avec moy.
Le vendredy 25, je me fus pourmener vers la Baugizière et vers Fontenay, puis m'en revins à Vendée.
Le samedy 2(5, idem.
Le dimanche 27, je fus à la Bodinatière, où je couchay.
Le lundy 28, je vifls à Vendée. M. de la Bodinatière y vint coucher et M. du Poiron aussy.
Le mardy 29, M. de la Bodinatière fut dès au mattin à la Baugizière, pour parler à Baugizière de ma part, et cependant je l'attendois à cent pas de là ; il ne sut rien faire, pour ce que deus gentilzhommes de M. le duc de Rohan y arrivèrent, qui l'empeschèrent , savoir Brochetière , de Chandevant , et La Noue , du Plessis du Busseau , qui prirent la paroUe de Baugizière et vindrent prendre la mienne, où j'estois, attendant led. Baugizière. Ils nous donnèrent une lettre de la part de M. le duc^ qui me prioit d'estre le vendredy suyvantdeuziesme d'octobre au Parc (1), avec deus gentilzhoinines de mes amis. Nous nous en revinsmes disner à Vendée et après disner, ces deu3 Messieurs s'en allèrent.
Octobre 1620.
Le jeudy, premier jour d'octobre mil six cens vingt, je fus disner au Poiron et de là mon couzin et moy, fusmes à Ligne, où se trouva M. de la Bodinatière.
Le vendredy 2, nous partismes de Ligne et fusmes au Parc, où M. le duc de Rohan nous accorda, Baugizière et moy et nous fit embrasser et promettre que nous vivrions amis (2).
(1) Château situé dans le voisimge de Fontenay, où vivait Catherine de Parthenay, veuve de René de Rohan, avec ses enfants, Benjamin et Henri.
(2) La provocation en duel, dont il est ici ([uestion et qui se dénoua à l'amiable, grâce à l'intervention de M. de Rohan, avait pour origine une ancienne querelle entre M. de la Baugizière et MM. de Vendée, père et fils.
Pendant le siège de Fontenay, par le duc de Joyeuse, en 1594, Mathieu de Vendée, huguenot déclaré, mais pressé par la rigueur des édits, se
Monsieur le Baron de la Cressonnière et M. de Sain te- Gemme furent aussi mis d'accord et faict embrasser.
décida à obéir à l'ordonnance de Henri III, du mois de juillet 1585, et sans faire abjuration, s'engagea à ne pas prendre les armes.
Cette conversion forcée n'inspirait pas de confiance aux catholiques et Mathieu de Vendée se trouva souvent molesté par les gens de M. de Joyeuse, soit à Vendée, soit à Biossay, encore plus rapproché de Fontenay. Dans le but de se soustraire à ces tracasseries, M. de Vendée demanda refuge à un de ses amis, habitant un château fort, dans le voisinage de Fontenay. C'était justement Philippe Bouthon (et non Bouton, comme l'écrit M. Lièvre, T. II, p. 22) sieur de la Baugisière, auquel il vendit toute la récolte de ses métairies.
Ce marché fut cause de la division. Il s'en suivit un procès, dont nous avons parr^ouru le volumineux dossier et dont le résultat fut de laisser entre les prétendants une telle animosité qu'elle se traduisait à toutes les occasions, et de la façon la plus violente.
On en jugera par l'exposé suivant, que nous trouvons écrit de la main de Paul de Vendée, intitulé: « Griefs hors le procès que mettent et baillent par devant vous Nosseigneurs tenans la cour de parlement, Mathieu de Vendée, escuyor, sieur du dit heu et de Biossay, et Paul de Vendée, aussy escuyer, sieur de Bourneau, père et tils, appelants d'une sentence définitive, donnée parle gouverneur de la Rochelle, le 13 febvrier 1G06, d'un apoinctement du l*^"" décembre 1604, ensemble d'une ordonnance du sieur mareschal de Bois-Dauphin, du 6 febvrier IG06 a), portant décret de prize de corps contre ledit Paul de Vendée, contre Philippes Bouthon, escuyer, sieur de la Baugisière et Jacques Hélies, escuyer, sieur de Seurin, inthlmés, aussi appelants d'une sentence du 13 febvrier IG06. »
Paul de Vendée qui ne mentionne pas ses torts envers ses adversaires, torts toutefois assez considérables pour lui mériter une double condamnation aux praisidiaux de Fontenay et de la Rochelle, énumère avec complaisance les griefs reprochés à MM. de la Baugisière et de Surin. Afin d'obtenir la révision de la sentence du 13 février, il expose que cette sentence est mauvaise par ce qu'elle n'a pas assez sévèrement puni la partie adverse-, il demande en conséquence que les dits Bouthon et Hélies soient, s'il plaît à la cour, condamnés, pour réparation de leurs crimes, à comparaître en jugement, la tète nue, à genoux, ayant le flambeau de cire en la main, et là reconnaître que, malicieusement, témérairement et sans objet ils ont commis des excès en la personne dudit de Vendée avec intention de le tuer,
{a) C'est le père de Henry-Marie de Laval de Bois-Dauphin, dernier évêqiie de Maillezais, sous le gouvernement duquel ce siège épiscopal fut transférée la Rochelle, en 1666.
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Le samedy 3, nous prismes congé de M. le duc de Rohan et de M. de Soubize et de toute la compagnye qui estoit avec eus, puis nous en vinsmes coucher à Ligne.
qu'ils en sont déplaisants, en demandent pardon à Dieu, au roy et aux dits Mathieu et Paul de Vendée, et outre qu'ils soient à perpétuité bannis de la sénéchaussée de Poitou et condamnés à GOOO livres de réparation.
« La vérité est. ajoute- 1- il, que par cy-devant ledit Bouthon, sieur de la Baugisière, en haine d'un jugement, obienu par Mathieu de Vendée, contre le prieur de Paire (b), oncle du sieur de la Baugisière, il fit efforce d'assassiner les appelans parpluzieurs fois, mesmement il est advenu qu'un jour de dimanche, 20 d'avril 1G03, ledit Paul de Vendée estant dans la prée de Fontenay, avec aulcuns de ses amis et se pourmenant après souper, lesdits Bouthon et Hélies, en ayant eu advis, font complot de l'assassiner, montent à cheval, s'arment d'armes à feu, déffendues par les édits, se couvrent le corps de cuirasse, se déguizent et estans huit ou neuf accompagnés de lacquais, qui avaient 'ies épées, viennent de gaîté de cœur, sans subjet quelconque, voire de guet à pends, attaquer ledit de Vendée, en telle furye qu ils le blessent furieusement, le jettent par terre et font passer et repasser leurs chevaux sur luy et le laissent comme pour mort. Et comme c'estoit un crime capital, commis en grand chemin, le prévost des maréchaux de Fontenay, ou visénéchal de robe courte, en informa et décréta de prise de corps contre tels assassins.»
« Mais quand la cause se plaida, lesdits Bouthon et Hélie s'aidèrent de certaines prétendues informations que le dit Bouthon avait fait faire par le lieutenant crimmel de Fontenay, son inthime amy, comme aussy mirent en avant un prétendu procès-verbal de maistre François Dubois, lors maire de Fontenay, aussy l'un de ses amis inthimes, qui mesme est son conseil ordinaire et sénéchal de la Baugisière et outre s'aida encore ledit Bouthon d'un prétendu cartel de défi falsifié. »
« Que les prétendus excès dont ledit Bouthon se plaignait avoir été victime de la part du dii sieur de Bourneau et des sieurs Pierre Maignen, sieur du Metz et Gharles-Gézar Pépin, sieur de Fredonville , ne sont que vaines récriminations. »
« Il y a donc, conclut le réquisitoire, trois ou quatre crimes, port d'armes, desguizement et assassignat, qui sont punissables par le dernier supplice, mesmement l'assassinat, comme il est décidé par l'ordonnance du roy Henry deuziesme, de l'an 1547, art. ler et par celle des Estats de Blois, art. 194 et 195; mais tant s'en faut que cela ait été observé, que tandis que lui dit de Vendée était contraint, en vertu d'une première sentence de se
(b) Jean Bouthon, écuyer, religieux de l'abbaye de Nieuil-sur-l'Autise, prieur de Paire.