ISA
Le dimanche /j, M. de la Bodinatière et moy partismes de Ligne.
Le lundy 5, je fis vendanger mon fief Voussard.
Le mardy 6, je fus jusques au Bois-Chapeleau, d'où estant de retour, je trouvay mon chien couchant, mon arquebuze et ma tirasse, que M. de Valdan m'avoit envoyé.
Le mercredy 7, j'escrivis à M. de Valdam par deus de ses soldars, qui m'avoint amené mon chien.
Le jeudy 8, je payay 9 1. à Crampon, que je luy devois, je luy ay donné un pistollet à racommoder.
Le lundy 12, ma femme et moy fusmes, dès au mattin, à Fontenay à la foire. Je vis Messieurs de la Bodinatière, de Ligne, du Poiron, de la Touchotière et autres. Je couchay chés des Mothais.
Le mardy 13, Messieurs de la Vazonnière et de Ouymes soupèrent avec moy, chés Chevallereau, et y couchasmes.
Le mercredy 1/i, Vazonnière, Ouymes et le chevalyer de la Rochejacquelia et moy desjunasmes ensemble chés Ghejallereau, puis nous en allasmes à la foire.
Le jeudy 15, je retiray de chés Grignon, la commission de M. Gendre, partizan des Francs-fiefs en Poitou, avec deus acquitz de lecettes, qu'il a faict des deniers, provenant des taxes, faictes sur les contribuables, et luy en ay payé soixante quatre solz, le tout pour M. de la Bodinatière.
constituer prizonnier, es prizons du Four-l'Evêque, au contraire le juge, dont est appel, s'est contenté d'adjuger aux appelans pour toute réparacion, une somme de 100 livres, beaucoup trop modique eu esgard aux grands frais qu'il leur a convenu faire, tant pour la cure des blessures griefves, reçues par le dit Paul de Vendée, qui à cauze de ce, a été plus de trois mois au
lict, et desquelles il se resseulir.i toute sa vye ! »
Il est regrettable que nous ne sachions ce que décidèrent en dernier ressort les juges du Parlement, mais il est vraisemblable que le sieur de la Baugisière fut puni, car en IGOO il avait été l'objet d'une enquête du même genre, pour excès, juremei>ts, et tenlalives d'assassinat contre Louis Maurax, écuyer, sieur de Ghassenon-le-Vieux ; reconnu coupable, il n'avait pu échapper à une condamnation sévère. — Archives du Bois-Chapeleau.
Le samedy 17, je payay à Chalon 20 solz pour une paire de basses (1).
Le jeudy 22, je resus de Frelant, de la Mesnardyère 8 charges seigle et 20 ras avoine, pour mes deux tiers de sa ferme.
Le vendredy 23, mon couzin Rocas vint au Bois-Chapeleau.
Le dimanche 25 , mon couzin fut à Fontenay , pansant i trouver M. de la Place, lequel il ne trouva.
Le lundy 26, mon couzin fut à la Gibouynière, où est M. de la Place.
Le mardy 27, je resus de la Maryatière la rente de douze b. de seigle, dont Benjamin en a reseu quatre.
Le mercredy 28, Boutet, Paiou, Benjamin et moy fismes arpenter le bois que nous avions vendu aud. Paiou et Boutet, ou nous avons trouvé, en celuy de la Geollyère 1 arpent, 3 cars et 7 chesnées, en celluy de la Grande-Fenestre, un costé tout pur de chastaigner, auquel y a un arpant et 11 chesnées, et en celluy des Caillerolz, y a 2 arpans et un cart et deus chesnées, qui faict en tout 5 arpaiis et deus chesnées ; à 66 1. l'arpant, c'est en tout 330 1. qu'ilz nous devront à Nouel. Mademoizelle de la Place et M. Rocas nous arrivèrent à Vendée.
Le jeudy 29, je fus coucher à Vendée, où je trouvay Mademoizelle de la Place et M. Rocas.
Le vendredy 30, Mademoizelle de la Place et M. Rocas partirent de Vendée, pour s'en aller coucher à Escoûé.
Le samedy 31, je resus la rente de la Brosse 15 b. un tiers de boiceau, pour mes deus tiers ; c'est au pris de 23 b. le tout.
Nouembre 1620.
Le lundy 2, je resus 2/j 1. pour la vache que j'ay vendu, que le métayer de Ja Freslerye m'avoit acheté quinze livres. Ce mesme jour, lundy 2, je resus de Dieumeguard, mon métayer de la Morinière, 23 1. pour la moytyé d'un bœuf, que je luy avois aparyé avec un qu'il avoit, pour estre, tant le sien que le mien , à moytyé à luy et à moy et dont le
(l) Cuve en bois, propre à transporter la vendange ou l'eau. (L'abbé Lalanne.)
sien est mort et dont j'ay aussi reseu trois livres pour ma part de la peau, qu'il avoit vendu six livres. Led. bœuf me coustoit 42 1., s'est disneuf livres que j'y pers. Les deus veaus de 2A escus , que je luy avois vendu cy-devant , seront à moytyé d'ores en avant.
Le mardy 3, je fus me pourmener à l'estang des Crèches et de la Bobinière, où je fis bragsayer la muraille que m'y a faict Chatry. J'y en trouvay 1/i brasses. M. Rocas partit du Bois- Chapeleau, pour s'en aller à Terzay.
Le mercredy /i, je resus de Yignaut 12 1. pour mes deux tiers du profit du bestail de sa métayrie, qu'il tient de moy et douze solz, pour quatre fromages.
Le jeudy 5, je payay un grand panyer de clisse, à mettre le pain, que ma femme avoit fait faire.
Le vendredy 6, M. des Oulyères (1) me vint voir qui soupa avec moy.
Le samedy 7, je resus de Chauvet , mon métayer de la Mayrière, 4 3 livres qu'il me doit, pour le profit du bestail, plus set livres et demye, pour une charge de seigle, plus 2 1. pour un pourceau, plus dix sols pour !i fromages. Ce mesme jour j'ay baillé à Henry, pour les deus hommes, qui mont faict ma grande fenestre de la Vau, 2/i s., pour deus journées chascun.
Le dimanche 8, je partis du Bois-C^lhapeleau, pour aller au presche à Coulonges et de là m'en fus à Vendée.
Le mardy 10, ma femme fut à Brethète, pour de là, aller à Terzay voir Mademoizelle sa mère (2) .
(1) Les Houllières, château dans la commune du Busseau, étaient alors habitées par la famille de la Court, dont une branche se fixa vers cette époque au château du Fonteniou , commune de Vernou-en-Gâline. Une autre vint résider au château de la Forêt-sur-Sèvre , après la mort de Duplessy-Mornay. V. Gouget. Armoriai du Poitou, p. 104, 119, 179.
C2) Le lecteur doit trouver étrange que Madama de Vendée aille voir « Mademoiselle sa mère ». Ce terme de demoiselle, privilège des femmes nobles, s'appliquant à une dame, mariée et mère de famille, s'est retrouvé un certain nombre de fois déjà dans ce journal, lantôt pour Madame Henry d'Appelvoisin, d'autres fois pour Madame de la Rochejacquelein. En raison du sens équivoque qu'elle nous présente, cette locution dut vieillir très-vite ;
Le mercredy 11, je fus coucher à la Bodinatière, dire adyeu à mon frère qui s'en alloit à, Paris.
Le vendredy 13, je fus voir M. de la Rocbejacquelin.
Le dimanche 16, je fus au presche à Goulonges, d'où estant de retour, je trouvay un homme, de la part de M. de la Place, qui m'escrivoit et me prioit de l'aller trouver jusques à la Gibouynière, où je fus et y couchay.
Le mardy 17, M. de la Place et moy partismes de la Gibouynière, pour aller trouver M. le duc de Rohan. Nous seusmes, estans à Mouchans, qu'il n'y estoit pas, ny M. de Soubize, ny Madame ; nous couchasmes à Mouchans.
Le mercredy 18, nous partismes de- Mouchans, je m'en vins à la Gibouynière, d'où je ne bougeay tout le reste du jour et y couchay. M. de la Place fut trouver M. le duc à Belin, en Bretagne (1) , où il estoit.
Le jeudy 19, je partis après disner de la Gibouynière et vins coucher à Vendée.
Le samedy 21 , ma femme arriva de Terzay au Bois-Chapeleau. M. de la Rocbejacquelin me vint voir.
Le dimanche 22 , arriva à Vendée les s" Ghavanes et Joumier, pour voir mon filz, qui estoit indisposé.
Le lundy 23, les sieurs Ghavanes et Joumier partirent de Vendée après disner. Je donnay à Ghavanes huict pistolles et à Joumier demye pistolle.
Le mardy 2/i, M. de la Place arriva à Vendée. Je fus au Retail-en-Guastine (2), pour luy et revins coucher au Bois- Ghapeleau. Denyau partit pour aller à Terzay, pour faire venir un tonneau de vin, que ma femme y a acheté.
Le mercredy 25, M. de la Place partit de Vendée, pour s'en aller chés luy.
Le jeudy 26, je fus au Retail, parler au s' Dubien, pour l'affaire de M. de la Place.
aussi, à cinquante ans de distance , voyons-nous les personnages de Molière, écho de la génération suivante, adopter un usage opposé et appeler «< Madame » les filles qu'ils viennent demander en mariage.
(1) Blain aujourd'hui est un chef- lieu de canton de la Loire-Inférieure.
(2) Village d'Allone.
Le vendredy 27 , ma femme vint se pourmener au Bois- Chapeleau où j'étais. M. des Oulyères y vint aussi, qui passa l'après disnée avec nous. Denyau arriva avec un tonneau de vin, dont Mademoizelle de la Bodinatière ne voulut pas prendre d'argent, ains nous le donna et renvoya l'argent, par led. Denyau.
Le samedy 28, j'ay faict marché à Chassay, de me blanchir et chomantir (1) mes trois chambres hautes avec les autres chambres^ ma salle, ma cuizine, ma dépance, mon degré et ce qui est entre le degré et la salle , et me bouziller (2) et carreler la chambre sur la salle, et refaire les fouyers et remplir les crevasses des fenestres, portes et murailles, dont jeluy dois donner 18 1. Ce mesme jour j'ay payé Colas, de ce qu'il avoit payé pour moy, savoir des balais, du sel, de la rouzine, de la viande et de la moulue qu'il avoit payé à Robin. Je luy ay de plus achevé de payer son service de l'année passée, savoir 10 1. 15 s. et 7 1. 5 s. que je luy avois donné par cy-devant, font 18 1., qui est ce qu'il devoit gagner. Je ne luy devray rien pour ses services, que à la Saint-Jean, que je luy devray l'année où nous sommes.
Le dimanche 29, je partis de Vendée et fus à Maillezay, où je trouvay que Monsieur le marquis de la Varenne sortoit du chasteau comme j'y entrois.
Décembre 1620.
Le mardy premier jour de décembre, je payay à la Tourette 24 1. pour l'année, qui commensa à la Saint-Jean 1619, et finit à la Saint-Jean dernière passée. Ce mesme jour j'ay resus de Bichon, de la Poterye, 12 1. pour mes deus tiers du profit de bestail de la métayrye, il me doit les chapons et le leufaict. (?)
Le samedy 5, j'ay resus du vitryer 136 pies de vitre, à trois sols le piét ; nous avons arresté conte à 19 1. 10 s.
Le mardy 8, M. de la Place arriva à Vendée.
Le mercredy 9, M. de la Place partit de Vendée après disner
(1) Passer à la chaux.
(2) Cloisonner ou même plafonner, avec de la terre.
pour aller à Poictlers. Fortin disna avec nous, qui l'estoit venu trouver.
Le jeudy 10, Pierre Denyau me vendit à Vouvant un de mes petis beeufz, à Orgerit, la somme de 50 1.
Le samedy 12, La Fontaine, de Goulonges, et la Paille vindrent au logis.
Le mercredy 16, La Pomelle et La Violette me vindrent voir.
Le vendredy 18, je donnay à Jacques Léger, l'un de mes blanchisseurs du Bois-Ghapeleau !i 1. Le s' Chavanes arriva après disner à Vendée.
Ici manquent les feuillets G9, 70, 71, 72, 73, 74, comprenant la fin de décembre 1620 jusqu'au 24 avril 1621.
Le samedy 24, nous partismes, M. du Coudray et moy et fusmes à Maillezay, où nous fusmes bien deus heures avec M. le Baron de la Cressonnière, puis partismes, vinsmes collationner à Vendée et coucher à la Bodinatière.
Le dimanche 25, Monsieur de Nueil et M. du Coudray partirent de la Bodinatière après disner, pour aller coucher à Monfermier (1) et moy je vins coucher à Vendée.
Le lundy 26, ma femme fut à la Bodinatière, où elle fit porter nos papyers en un coffre de bois, en lequel est aussi nostre vaisselle d'argent, puis le baheu que j'ay faict aporter de Paris et un autre baheu (2) et un autre coffre de bois et un lict avec le travers et deus couvertes.
Le mardy 17, je donnay au piccardoize (3) 121., sur 18 1. que je leur dois donner, pour m' avoir recouvert la tour de la vis de mes greniers et ma grosse tour du fourny.
Le jeudy 29, je vendis à Jean d'Isle, de Beugné, 8 b. seigle, huict livres, terme à la Saint-Jean. Ce mesme jour je vendis au filz du secretain {h) de la Chapelle 8 b. seigle huict 1. , terme à la Saint-Jean. Je vendis aussi à Grignon 8 b. seigle dis livres, terme à la Saint-Jean-Batiste.
(1) Château de la Chapelle-Gaudin, habité par M. de la Grange.
(2) Un de ces bahuts , conservé au Bois-Ghapeleau , vient d'être réparé par les soins de Madame la comtesse de Touchimbert.
(3) Quel dommage que ce mot ait vieilli!
(4) Sacristain.
May 1621. H
Le dimanche 2, je partis de Vendée, dis adyeu à ma femme et à mes enfans et m'en allay à Maillezay. w
Le lundy 3, j .^
Le mardy /i, | à Maillezay.
Le mercredy 5, )
Le jeudy 6, je fus à Fontenay, avec M. le Baron de la Cressonnière , lequel emprunta de la Roche- Picquet trois mille livres, sous la procuration de M. de la Cressonnière. J'entray caution pour eus en lad. obligation, que Robert a passée et en a la minutte ; cella faict nous nous en revinsmes h Maillezay, où ce jour mesme la Porte de l'isle me fut baillée à guarder, j'y logeay ma compagnye, et les soldars que Puichenin (1) y avoit furent envoyés avec luy à Maillé.
Le mercredy J9, Monsieur de la Cressonnière et nous, avec toute la guarnizon, partismes de Maillezay, sur le commandement que M. de Rohan nous avoit faict, de nous jetter dans Saint-Jean. Le s^ de la Vazonnière fut laissé dans le chasteau, avec quelque trente hommes, pour le tenir jusques à ce que le roy y envoyast. Ma femme, me pensant venir voir et me trouvant party, me joignit sur le chemin, à laquelle, sans mettre pied à terre, je dis de rechef adyeu, puis m'acheminay, et elle s'en retourna. Nous nous embarquasmes tous à Maillé et fusmes coucher au Grand Taire. En partant de Maillezay, je payay Biraud, hoste de la pye, de la despense que moy et mes soldars avions faict chés luy. Je luy donnay 60 1.
Le jeudy 20, nous partismes du Grand Taire, fusmes passer à Saint-Jean de Livresay et à Nuaillé et fusmes coucher à Bourneuf, en Aunix.
(l) Pyniot, S'" de Puy-Chenin. Un Pyniot, parent de celui-ci, faisait partie de la bande qui incendia l'église de l'Absie, le 24 décembre 1576. C'est lui-même qui nous révèle ces détails dans une inscription gravée avec la pointe d'un couteau sur un des murs de la chapelle dite de la Trémoille. Cette chapelle fut saccagée et pillée avec un acharnement particulier, comme nous avons pu nous en convaincre en y exécutant des fouilles récentes. Cette famille n'est plus représentée que par Madame Parenteau de la Voûte, née de Pyiiyot, habitant la Bréchoire à Saint-Hilaire-du-Bois, près la Caillère. (Puy-Chenin est dans la commune de Fenioux.)
Le vendredy 21, nous partismes de Bourneuf, à la sortye duquel nous trouvasmes M. de Loudryère et ses troupes ; il fut coucher à Saint- Cristoffle et nous à Pédelouart.
Le samedy 22, nous partismes de Pédelouart, sur les dis heures, fusmes passer au Pairay et à Maransaine, où nous repusmes, puis fusmes passer à Paransay et à Lande, puis à Saint-Jean-d'Angély, où nous arrivasmes sur les dix heures de nuict.
Le dimanche 23, M. de Loudryère et ses troupes arrivèrent
à Saint- Jean (1).
\ ces jours se passèrent en escarmouches,
J * j tant à cheval que à pied, par des sortyes, Lie maroy ^o, i n \ • t
•^ ■ que nous hsmes ou nos ennemis perdu'ent
Le mercredy 26, Lejeudy 27, Le vendredy 28, Le samedy 29,
force gens, sans que nous perdissions un
seul homme. Cependant notre canon ti-
roit , qui faizoit toujours force brèches
dans les troupes ennemies.
Le dimanche 30, dès au mattin le régimant de Champagne,
soustenu de force cavallerye, vint attaquer le faubour de Tail-
lebourg et se logèrent en l'éghze Saint-Ladre et en le haut
dud. faubour.
he lundy trente uniesme jour de may mil six cens vingt et un, les susd. firent jouer deus pièces de canon dans la barriquade, que nos gens avoint faict-, au travers la rue du susd. faubour de Taillebourg, laquelle ilz rompirent et avancèrent à la faveur de leur canon, ce que voyant nos gens, ils mirent le feu dans led. faubourg et se retirèrent dans la ville. Le maistre de camp dud. régimant de Champagne y fut tué et pluzieurs avec luy, nous n'y perdismes que un soldat. En mesmetens, hors la porte de Niort, au travers du grand chemin, on travailloit à faire des tranchées et barriquades, que nous fismes cesser quelque tens, par des soldars que l'on fit sortir escarmoucher sur eus, mais
(1) Le siège de Saint-Jean-d'Angély, par D. Manceau, a été publié déjà dans les Archives historiques de la Saintonge et de VAunis, t. i^r^ p. 188. Il sera curieux de comparer les deux récits ; le premier écrit par une plume catholique, et le nôtre par un capitaine huguenot.
la nuict suivante ilz parachevèrent leur euvre et y logèrent quatre pièces de' canon.
Juing 1621.
Le mardy, premier jour de juing mil six cens vingt et un, dès la dyane, on commensa à nous battre furieusement avec lesd. canons, principallement à la tour ronde, à la porte de Niort et au travers la ville, dans les maizons ; ilz tirèrent ce premier jour 377 cous de canon, sans que aucun offansast une seulle créature ; au contraire le nostre en tua pluzieurs des leurs.
Le mercredy 2, sur les huict heures ou environ, un trompette vint, assisté du conte de Pourrons, sommer de rendre la ville au roy, de quoy M. de Soubize estant adverty, il fut sur la muraille à la porte de Nyort et nous avec luy, où led. conte parla en ceste fasson : « — A toi. Benjamin de Rohan, je te fais com- (( mandement, de par le roy, ton maistre et le mien, que tu ayes « à luy rendre sa ville de Saint-Jean-d'Angély, en laquelle tu « es, et que tu ayes à te retirer et tous les gens de guerre, qui (( sont avec toy, autremant il te déclare et la noblesse, qui est « avec toy, criminelz de lèze-majesté, ignobles et routurierset « toute vostre postérité, vos biens confisqués, et qu'il vous « fera punir comme rebelles et les autres seront pendus et « estranglés. » —
A quoy mond. sieur de Soubize respondit que « ce que le « roy luy demandoit n'estoit point en son pouvoir et qu'il « avoit esté mis en Saint- Jean par l'assemblée des églizes ré- (( formées de France, à qui il se falloit adresser et non à « luy. M —
A quoy le héraut dist : « Vous n'estes donc pas serviteur du « roy ? )) — M. de Soubize luy dist : « — Nous sommes très- « humbles, très-fidelles et très-obéissans subjectz et serviteurs « du roy, mais je ne puis faire davantage. » — A quoy led. héraut dist : « Escrivez et signez donc ce que vous dites ! » Ce que M. de Soubize fist aussitost ; led. héraut s'en retourna à leur batterye, où estant rendu et la responce de M. de Soubize veue, on commansa de rechef à tirer cous de canon contre nos
— lûS —
murailles et nous à leur respondre et ainsi la journée se passa. Le dimanche 6, je fus au presche d'après disner, j'entray en guarde au soir.
Le lundy 7, l'on fit sortir quelque trente soldais, sous la conduitte de Monsieur du Coudray et de Petit-Bois, son lieutenant, pour aller escarmoucher les ennemis, pour leur faire cesser leur travail , qui faisoint une tranchée, depuis leur batterye de Saint-Eutrope, jusques au grand chemin par lequel on va de la porte de Mata à Saint-Jullyen. Les ennemis quittèrent leurs trenchées et se retirèrent jusques dans Saint-Eutrope, d'où sortit incontinent un bataillon de quelques deus cens hommes sur nos gens , lesquelz aussi furent soustenus par quelque trente ou quarante hommes , sous la conduitte du Brœuil, capitaine, et des Places, enseigne du Baron de la Cressonnière. On repoussa les ennemis jusques à leur canon, où ilz se rengèrent tous. Cependant le canon tiroit d'une part et d'autre et de dessus nos bastions et courtine , nous faizions sans cesse tirer sur nos ennemis et ce fut principallemant ce qui les obligea de fuir et se retirer. Nous leur tuasmes, ou mismes hors de combat, six vings hommes, entre lesquels i eut nombre de gens de marque, entr' autres le sergent-major du régimant, qui estoit lors de guarde et trois capitaines. Nous n'y perdismes que quattre hommes , deus soldars et Faujou , gentilhomme bourguignon , qui estoit au Baron de la Cressonnyère et la Chesnay-Vauvert, qui estoit a M. de Soubize et deus soldars blessés. Je fus blessé par un gros esclat de pierre de taille, que le canon tirant, me fit donner par la teste, qui m'occazionna de quitter, par la grande quantité de sang que je perdois; l'escarmouche dura deus heures, laquelle finye nos gens se retirèrent.
Le mardy 8, les ennemis continuèrent de tirer force cous de canon.
Le mercredy 9, furent tirés aussy force cous de canon.
Le jeudy 10, dans la tranchée d'un de nos bastions de la porte de Matha, Lavois (ou Lanois) , beau-père de Remegou, l'un des capitaines de Saint-Jean, eut le bras coupé d'un coup de canon; sur le soir Bois-Russeau fut tué d'un coup de canon en son logis, voullant aller voir le dommage qu'avoit faict un autre coup qui donna dans son logis.
Levendredy 11, La Vergne, escuyer de M. de Loudryère, fut tué d'un coup de mousquet, estant sur les murailles à la porte d'Aunix et un autre gentilhomme. M
Le samedy 12, nous eusmes un allarme de quelque soldars, qui s'estoint jettes dans le fossé, à la tour ronde ; chascun s'estant rangé à son cartier, ceus de M. de Boissec à la porte de Niort, où un capitaine de Bregion, nommé Bertramerye et un lieutenant y furent tués.
Le dimanche 13, nous creusmes que l'on donneroit à la Tenaille de Taillebourg, pour ce que l'on vit des gens se prézenter, pour reconnoistre le fossé, mais ilz ne firent autre choze.
Le lundy 14, fut faict une sortye par ceus de la porte de Taillebourg, où y eust une furieuze escarmouche, l'espace de deux heures ; l'on fit quitter aux ennemis leurs barriquades, que l'on rompit, et leurs gabions. Un gentilhomme de M. le Baron de la Cressonnière, nommé Grangerye, y fut tué d'un coup de mousquet. La nuict suivante les ennemis creùzèrent une mine sous lad. Tenaille et se logèrent au pied d'icelle et y firent barricades et trenchées et y pozèrent gabions, pour s'y tenir couvert et la mesme nuict, nous mismes sur notre grand espron de Matha une piesse de canon, nommée la Dame de Chizé et y fismes une embrazure, affin de battre le long de lad. Tenaille pour la deffendre.
Le mardy 15, dès au mattin, moy estant de guarde, je fis tirer nostre canon deus cous sur ceus qui estoint le long de la Tenaille de Taillebourg, qui rompirent leurs guabions et tuèrent force des ennemis ; aussitost ilz mirent le feu à leur mine qu'ilz avoint faict sous lad. Tenaille, le jour et la nuict précédente, qui ne fit pas grande exécution et n'offensa pas un des nostres, ains lit tout soneffect sur eus mesmes, renversa et rompit leurs guabions et tua pluzieurs de leurs soldars. Aussitost la mine jouée, je fis derechef tirer deus cous de canon, ainsy qu'ilz vouloint donner, qui tua pluzieurs soldars et gens de marque ; ilz furent en outre vivemant repoussés par ceus qui estoint en lad. Tenaille ; de dessus la courtine aussi et de dessus nos bastyons on tiroit perpétuellement. Ces escarmouches durèrent environ deus heures, où nos ennemis per-
dirent force gens, nous n'y perdisnies que deus hommes, habitans de Saint-Jean (l). Le reste du jour se passa en canonnades et mousquetades de part et d'autre. Je sortis ce soir-là de guarde.
Le mercredy 16, ne se passa rien de digne de remarque, seulement l'on nous tira force cous de canon. J'entray au soir en guarde ; ilz firent la nuict une mine, laquelle faicte ilz en bouchèrent l'entrée, pour la faire jouer à leur commodité.
Le jeudy 17, ils nous bâtirent tout le jour sans relasche, avec huict pièces de canon, savoir à la tour Canyot et la courtine, qui est entre lad. tour et l'espaule de nostre bastyon avec lad. espaule, pour y faire bresche, où ilz ne firent que ruyner le paremant de la muraille et restoit toujours par derryère une espèce (de) terrasse et outre un bon retranchemant avec une forte et haute terrasse. Au soir je sortis de guarde. Un soldat des ennemis se vint jetter parmi nous, que nos soldars, qui estoint au corridor de la contrescarpe, entre nostre bastyon et la Tenaille , reseurent.
Le vendredy 18, l'on battit aus chans dans le cartier de M. de Diguière et peu après arrivèrent gens frais, dens le Cartier de Saint-Eutrope et en leurs trenchées le joignant, ce qui nous obligea de nous tenir prests, croyans qu'ilz s'essayassent à enlever la Tenaille de Taillebourg et faire jouer leur mine ou donner un effort à nostre muraille, où ilz croyoint avoir faict brèche, ce qui ne manqua d'arriver, car sur les neuf heures, ilz firent jouer leur mine, qui, comme l'autre précédente, fit tout son effect sur eus, rompit et renversa tous leurs gabions et leur tua force hommes. Hz s'essayèrent aussitost de donner et d'abort six hommes armés de toutes pièces montèrent sur lad. Tenaille , lesquels furent tués ; d'autre costé nostre canon tua force peuple de ceus qui s' estoint préparés de nous emporter, suivant les six premiers; il s'y fit une furyeuse
(1) Ne croirait-on pas lire un de ces télégrammes flattés qui, de l'Est,
de Metz, des bords de la Loire, des environs de Paris, nous annonçaient, il y a neuf ans , de prétendus avantages après lesquels il fallait cependant reculer toujours et finalement se rendre?
escoupéterye, qui dura bien deus heures, à la fin de laquelle nous vismes un grand nombre de cens dehors mors, et de nos gens y furent tués MM. de Haute-Fontaine, de M. de Nieiiil, le lieutenant de la Renaudye et le filz du capitaine la Plante et trois soldars et un jeune homme habitant. Après cela je fus tiré de nostre cartier et commandé d'aller à la tour ronde, avec ma compagnye et prandre avec moy Le Coudray, avec sa compagnye , auquel lyeu , cous de canon et mousquetades tiroint perpétuellemant , et fus commandé de guarder tout ce quartier-là, où ilz firent mine de vouloir donner, mais, à nostre arrivée, ilz se retirèrent et se contentèrent de nous canonner sans relasche tout le reste du jour. J'y couchay la nuict suivante et Le Coudray se retira.
Le samedy 19, je fus tout le jour à la tour ronde, où l'on nous tira force cous de canon et force mousquetades, je sortis au soir de guarde de lad. tour ronde.
Le dimanche 20 , tout le jour se passa sans choze de remarque, nous croyions que l'on feroit un effort à la Tenaille, qui fut cauze que nous fusmes tout le jour en armes et pour renforser la guarde et lad. tenaille. Nous y envoyasmes, outre les hommes que nous y tenions d'ordinaire, encores sincquante hommes de nostre régimant, commandés par M. de Rou, mon lieutenant, lequel j'en retiray au soir, pour entrer en guarde. La nuict nous eusmes une alarme, qui ne dura guères, que M. de Bois-Ragon , sergent-major dans Saint-Jean , vint dans notre cors de guarde , pour changer l'ordre, à cauze que un caporal de M. de Loudryère, qui avoit l'ordre, s'alla, la nuict, avec trois ou quatre de ses camarades, rendre à l'ennemy, par le moyen duquel l'ennemy eust peu entreprandre quelque choze sur nous.
Le lundy 21, tout le jour se passa avec force canonnades et mousquetades, surtout sur le soir, quand ilz chengèrent leurs guardes. Le mesme jour Pibernier demandé vers le quartier d'Aunis à parler au sieur des Chasteliers-Barlot, lequel luy ayant permis, il luy dist qu'il avoit charge de M. de Soubize de luy parler de compozer, ce que le sieur du Chastelyer ayant faict savoir à Monsieur le Gonnestable, il fit savoir aud. Fui-
bernier que l'on pouvoit envoyer vers mond. sieur le Connestable, ce qu'estant raporté a M. de Soubize, il se rézollut d'y envoyer le lendemain.
Le inardy 22, Ton envoya à M. le Connestable, dès au mattin, un trompette, qui aporta sauf-conduict à M. de Monmartin (1) , pour aller trouver mond. sieur le Connestable, ce qu'il fit dès le jour mesme et s'en retourna, dès le soir mesme, dans Saint-Jean.
Le mercredy 23, led. sieur de Monmartin sortit de rechef, où il fut tout le jour et ne retourna que la nuict suivante.
Le jeudy 24, led. sieur de Monmartin et le sieur de Loudryère, le sieur de la Bégaudière et deus eschevins sortirent avec sauf-conduict de M. le Connestable.
Le vendredy 25, fut achevé le traité de la redition de Saint- Jean, après lequel le sieur de Loudryère et le sieur de la Bégaudyère et un des eschevins rentrèrent dans la ville, et le sieur de Monmartin et un des eschevins demourèrent en ostages, et aussitost fut envoyé un trompette aus batteryes du roy, pour icelles faire cesser, et fut faict trefve, tant d'une part que d'autre.
Le samedy 26, fut envoyé, dès au mattin, en la ville le sieur Des Plan avec le secrétaire des camps et armées du roy , pour faire délivrer passeportz et sauveguardes (2) . Aussitost entra
(1) Esaïe du Mats de Montmartin.
(2) Voici la copie du passeport qu'obtint l'auteur, pojr se retirer à Vendée :
« Le duc de Luynes, pair et connestable de France.
« A tous gouverneurs de provinces et villes, maires et eschevins d'icelles, « cappites, chefs et conducteurs de gens de guerre, tant de cheval que de « pied, mes des ports, ponts, péages et passaiges, nous vous mandons et « ordonnons laisser seurement et librement passer le s*" de Vandée, cappit» « d'une compie de gens de pied, son lieuienant, enseigne et autres membres « de la dite compagnie, avec leurs chevaulx, armes et bagaiges, sortant de « S^-Jehan-d'Angély, par permission du Roy, pour se retirer à Vandée, *c près Goulonges-les-Réaulx, sans leur donner ny souffrir qu'il leur soit « donné aucun trouble ny empeschement, ains tout confort et ayde, attendu « que c'est la volonté de Sa Ma^é. En tesmoin de quoy nous avons signé « ces prés»«» et fait apposer le cachet de nos armes et contresigné par le
Monsieur le grand prévost ; sur les unze heures , entrèrent deus compagnyes des guardes du roy et après nous sortismes dud. Saint-Jean et fusmes coucher à la Charryère.
Le dimanche 27, nous fusmes coucher à Nyort.
Le lundy 28, MM. de Rou et Rocas et moy fusmes coucher à Vendée.
Les quatre jours suivants, nous ne bougeasmes de Vendée.
Juillet 1621.
Le samedy 3, je fus voir M. de la Bodinatyère.
Le mardy 6, j'accueillis le fis de Malescot, pour estre mon vallet pour un an, je luy dois donner 16 1., une chemize et une paire de souliers.
Le mercredy 7, M. de Rou vint avec moy au Bois-Chapeleau et ma femme, ayant M. Rocas avec elle, fut à la Bodinatière et puis vint me trouver au Bois-Chapeleau. Je fus coucher à la Bodinatyère, où je trouvay M. de la Roche-du-Maine.
Le jeudy 8, M. de la Roche-du-Maine, M. de la Bodinatière et moy fusmes à Fontenay , où je pensols faire ratiffyer à M. de la Roche la vente du Bois-Chapeleau. Fombryant dressa lad. ratiffîcation ; je couchay au Petit-Louvre et MM. de la Roche et de la Bodinatière à Sainte-Catherine.
Le vendredy 9, je baillay lad. ratiffîcation aud. de la Roche, pour la faire voir à son conseil, lequel y aporta des difficultés ; nous ne fismes ryen.
Le samedy 10, je partis, dès au mattin, de Fontenay.
Le lundy 12, M. du Poiron, Mademoizelle du Trenchart et un gentilhomme avec elle, nommé La Blanchye, vindrent à Vendée et y couchèrent, fors M. du Poiron, qui s'en alla, dès le soir mesme.
Le mardy 13, JVIademoizelle du Trenchart partit de Vendée.
Le vendredy 16, nous fusmes, M. Rocas, ma femme et moy, au Bois-Chapeleau.
« secrétaire des camps et armées de sad. Ma^é. Au camp devant St-Jehan- « d'Angély, le 26^ jour de juing mvic vingl-ung »
Le duc de Luynes.
('place du sceau) Monsigot.
Le samedy 17 , nous ne bougeasmes du Bois-Chapeleau. Nous fusmes voir M. et Mademoizelle des Oulyères, puis, nous en revenant, trouvasmes M. de Rou, près des Oulyères, qui s'en venoit nous trouver.
Le dimanche 18, M. de Rou s'en alla à la Boustyère.
Le mardy 20, je resus du bonhomme Savineau aussi 8 L, pour une charge de seigle.
Le mercredy 21, M. de Rou revint de la Boustyère.
Le vendredy 23, M. de la Court me vint voir.
Le dimanche 25, ma femme et M. Rocas furent à Fontenay. M. de Rou et moy demourasmes à Vendée.
Le lundy 26, MM. de Rou et Rocas et moy partismes de Vendée et fusmes coucher au Bois-Chapeleau.
Le mardy 27, M. de Rou fut à la Boustière.
Le vendredy 30, M. de Rou revint de la Boustyère.
Le samedy 31, ma femme vint au Bois-Chapeleau; nous fusmes aus Oulyères voir M. et Mademoizelle de la Court.
Aoust 1621.
Le lundy 2, nous fusmes à la foire à Fontenay ; nous fusmes voir nos couzincs de la Jarrye et des Mothais.
Le mardy 3, nous retournasmes encor à Fontenay, M. de Rou et moy, où je fus voir mes couzines.
Le mercredy A, nous fusmes M. de Rou et moy voir M. de la Cressonnyère, à Bourneau, où nous trouvasmes M. de Saunay et un de ses beaus-frères. Nous fusmes avec M. de la Cressonnyère à Fontenay, où nous saluasmes Monsieur le Conte, qui acorda la querelle d'entre M. de Saunay et M. des Granges.
Le jeudy 5, nous passasmes tout le jour à Fontenay, et sur le soir, M. de la Cressonnyère et toute sa compagnye s'en retournèrent à Bourneau, M. de Rou avec eus et moy à Vendée.
Le dimanche 8, Chevallereau vint à Vendée pour faire un habit à M. de Rou.
Le jeudy 12, M. le Baron de la Cressonnyère vint à Vendée, n'ayant avec luy que la Tousche-Sévaire, un vallet de chambre et un lacquay.
Le vendredy 13, le Baron s'en alla, et comme il estoit prest à partir arriva Ferryère, qui s'en alla avec luy à Pichenin.
Le lundy iO, M. de Rou et moy partismes de Vendée, pour aller à Terzay, et fusmes coucher à Brethète.
Le mardi 17, nous partismes de Brethète, fusmes repaistre à la Mocquaryère et coucher à Terzay.
Le mercredy 18, M. de Rou fut à Sillé (1), d'où, luy et M. Fleury, ma tente, ma couzineetmoncouzinRocas, vindrent disner à Terzay. Ma tente et M. Fleury s'en retournèrent ce jour mesme.
Le samedy 21, nous partismes de Terzay et vinsmes tout d'une traite coucher à Brethète.
Le dimanche 22, nous partismes de Brethète, et vinsmes coucher à Vendée.
Le vendredy 27, nous fusmes, M. de Rou et moy, au Bois- Chapeleau.
Le samedy 28, M. Quinefaut vint au Bois-Chapeleau et peu de tens après M. des Oulyères et Joubert avec luy, auquel il me prya de pardonner, pour l'amour de luy, l'offence qu'il m'avoit faicte, lorsque ma maizon fut voilée (2).
Le mardy 31, Laroche et la Pointe, soldars au régimant de Palluau, qui aussi ont esté à moy, me vindrent voir.
Septembre 1621.
Le jeudy 2, je fus disner à Vendée, où je trouvay Quinefaut, qui fit la curatelle des enfans du deffunct musnier de Raoust.
Le dimanche 5, Madame Malleray, sa fille et Madame de Larseau, sa sœur, et Bardonnin nous vindrent voir à Vendée.
Le lundy 6, M. Albert vint à Vendée, voir nos enfans, qui estoint mal. Je fus coucher au Bois-Ghapeleau et M. Rocas avec moy.
Le mercredy 8, je fus au presche à Goulonges, où M. de la Vallade prescha.
Le mercredy 15, nous fusmes aus Oulyères, où Vazonnière vint.
(1) Ou plutôt Silly, paroisse de Mouterre, canton de Loudun,
(2) Le fait énoncé ici, d'une façon d'ailleurs amphibologique, se réfère sans doute à la fin de l'année 1620, où se trouve une lacune dans le manuscrit.
Le mercredy 22, nous fusmes, M. de Rou, ma femme et moy au Bois-Chapelau.
Octobre 1621.
Le dimanche 3, reseu de mon métayer de la Fosse, pour le nourrin (1) de sa métayrye et un pourceau qu'il me doit, 15 1.
Le mercredy 6, M. de Rou partit du Bois-Chapeleau, pour s'en aller à Estival ; il fut coucher à la Bodinatière.
Le jeudy 7, ma femme vint au Bois-Chapeleau et M. Chapon. Les filles de M. de la Court la vindrent voir. Ma femme s'en alla à Vendée et je fus conduire ces deus filles, jusques aus Oulyères, où je vis leur frère, qui est malade.
Le vendredy 8, M. de la Court me vint voir.
Le mardy 12, je fus à la foire à Fontenay, et ma femme aussi.
Le vendredy 15, je recueillis les dismes de vin du fief de Maussion, que j'ai affermées avec celles de mon fief Voussard, des fermiers de Chapitre le pris de 36 1.
Le dimanche 17, Mademoizelle de la Court, son fils et ses filles vindrent à Vendée nous voir, disnèrent avec nous. J'envoyay ce jour-là à M. de la Vallade un cheval, pour l'amener à Vendée, où il vint ce soir-là coucher.
Le lundy 18, nous fismes la cène, par la grâce de Dieu à la Buardyère, où M. de la Vallade se trouva, pour cest effect, qui y fit le presche ; il s'en retourna ce mesme jour coucher à Fontenay.
Le samedy 30 , les guardes de M. le conte de la Rochefoucaut (2) vindrent à Vendée, voir quelles armes j'avois.
Le dimanche 31 et dernier jour d'octobre mil six cens vingt et ung, je fus voir M. le conte de la Rochefoucaut, qui me dist n'avoir point donné charge de venir chés moy. Je voulus acheter, de M. de Fombryant, les arbres de l'allée, qui va au
(1) Pacage.
(2) Que Louis XIII avait nommé gouverneur de Fontenay, en remplacement de Madame de la Boulaye, Thib. vi, 74.
bourg, le reste de la grande allée, qui est au dessus le fondis et les arbres qui sont entre la guarenne et le marreau du Traquenar, mais nous ne pusmes nous accorder; il en vouloit avoir set cens livres et je n'en voulois donner que six cens livres, si bien que nous ne fismes rien.
Nouembre 1621.
Le lundy premier jour de novembre M. de la Vallade fit le presche à la Buardyère, où nous estyons.
Le mardy 2, je fus voir Malleray, où je trouvay Bryon et son filz. Je fis assigner, sur deffaut, les paroissyens de Fossay, par Ghevallereau.
Le jeudy h, j'envoyay à Vouvant l'assignation que j'ay fait donner à ceus qui ont coupé le bois des Marzelles , pour me payer mes deus tiers. M. de la Vazonnière me vint voir à Vendée et fut une heure avec moy.
Le dimanche 7, je resus, de mon métayer de la Ménardyère, 1 5 solz pour deus chapons.
Le mercredy 10, Charryer, du Buceau, quej'avois envoyé quérir par la Barre, me vint trouver.
Le jeudy 11, ma femme resut de Grignon 15 1., sur 33 1. qu'il luy doit pour une pipe de vin.
Le vendredy 19, je resus du métayer de la Morinyère 12 1., pour un porc, 6 1. , pour sis aunes de toille , 48 s. , pour six chapons, 20 s. pour six pouletz et 30 s. pour douze fromages.
Le lundy 22, Malleray me vint voir.
Le mardy 23, Joubert et Pellocquin vindrent, dèsaumattin, à Vendée, où ilz me prièrent d'aller parler aus capitaines de M. de Pallûau, qui vouloit aller loger à la Chapelle, ce que je fis et exemptay ma paroisse.
Le mercredy 2/i, je resus de Frelant, de la Geollyère, 1/i 1. pour mes deus tiers du nourrin de la métayrye et 32 s. pour quatre chapons.
Le jeudy 25, Genay et Mathieu Bérard vindrent à Vendée. Je donnay à Genay une connoissance de 1001., savoir est, 321. pour la demeure de l'argent, que je luy doi et de 68 1. de partyes de mon manteau et habit d'escarlate, que je perdis à la sortye de Saint-Jean.
Décembre 1621.
Le jeudy 2, Real vint à Vendée, qui assigna les assoyeurs de Fossay et des témoins, pour véryfier la parenté que j'ay alégué au procès que j'ai contre eus.
Le vendredy 3, Pxéal s'en alla. M. du Coudray vint à Vendée et s'en retourna ce mesme jour à la Bodinatière. Ma femme fut à la Bodinatière , qui envoya deus charretées de meubles au Bois-Ghapeleau.
Le samedy û, je fus coucher au Bois-Chapeleau et M. Rocas avec moy.
Le dimanche 5, je fus à la Chapelle, où je vis le prieur et Joubert et Bouhérye.
Le lundy 6, nous fusmes disner chés Bouhérye et y estoint avec moy M. Rocas, Chapon, Benjamin, le prieur et Joubert. A l'après disnée, nous fusmes viziter le fief de la Cherpraye, puis vinsmes faire collation chés le prieur, puis revinsmes au Bois-Chapeleau. Ce mesme jour, resu de la Mayryère 2 1. pour un pourceau, 3. 1. pour deus moutons et 15 s: pour un chevreau. Ce mesme jour resu de Deschans, de la Vau, 12 1. pour mes deus tiers du nourrin, partye en six moutons que j'ay heu de luy, à vingt solz piesse.
Le mardy 7, je fus au Plessis, voir Mesdemoizelles du Plessis et Vazonnière, qui y estoit.
Le mercredy 8 , je fus disner chés le pryeur , où estoint Fombryant, des Granges, Creuzeron, Benjamin, Joubert et son gendre et Bouhérye et avec moy M. Rocas et M. Chapon.
Le samedy 11, j'achevay le marché du bois avec M. de Fombryant, aus set cens livres qu'il vouloit avoir et luy payay contant.
Le lundy 20, revenant du Bois-Chapeleau à Vendée, je trouvay M. de la Vallade.
Le mardy 21, M. de la Vallade fit le presche à la Buardyère, où nous fusmes.
Le jeudy 23, je fus à la Chapelle, où je trouvay le pryeur et Benjamin, Bouhérye et Joubert ; on me vint dire que des gendarmes estoint arrivés au Buceau.
Le vendredy 2/i, je fus dès au mattin au Busseau, ayant
— lU —
avec moy Benjamin et son filz, Joubert et Bouhérye, ou je fis que lesd. gendarmes ne logeroint point à la Chapelle, moyennant deux pistolles, que je leur donnay. Cela faict, jem'en revins coucher à Vendée, où je trouvay M. de la Vallade. Je fis assigner les habitans de Fossay par Goguyer.
Le samedy 25, qui fut le jour de Nouel, nous'fismes la cène à la Buardyère, par la grâce de Dieu, que M. de la Vallade nous administra. Quinefaut vint disner avec nous. M. de la Vallade s'en retourna à Fontenay. M. Chapon le fut conduire à cheval et un homme de pied.
Le vendredy 31, M. de la Verdonnyère me vint voir.
L'an mil six cens vingt et deux.
Januier 1622.
Le dimanche 2, je fus voir M. de la Court, ans Oullyères.
Le lundy 3, je fus à Saint-Lors, d'où le curé et moy, fusmes à Sezay, chés Ferchaut, où nous trouvasmes le curé de Beugné et Charryer, dud. lyeu, où nous fismes finformation de la valleur du pryeuré de la Chapelle-Tireuil.
Le mardy A, M. de la Court me vint voir.
Le mercredy 5, le curé de Beugné et celluy de Saint-Lors vindrent me voir.
Le dimanche 9, ma femme et M. du Coudray furent au presche à Saint-Hillaire-sur-1'Autize.
Le mardy 11, M. du Coudray et moy fusmes au Poiron.
Le mercredy 12, nous partismes du Poiron et vinsmes à Vendée.
Le jeudy 13, M. du Coudray fut voir Valdam.
Le vendredy IZi, M. du Poiron vint coucher à Vendée.
Le samedy 15, M. du Poiron et moy fusmes à la Touchotière, où nous trouvasmes M. de la Bodinatyère.
Le dimanche 16, nous ne bougeasmes de la Touchotyère, fors M. de la Bodinatière et M. du Coudray.
Le lundy 17 M. du Coudray et moy partismes de la Touchotière et fusmes coucher à la Bodinatière.
Le jeudy 20, M. du Coudray vint à Vendée.
Le samedy 22, M. du Coudray s'en retourna à la Bodinatière.
Le samedy 29, les deus la Sillée me vindrent voir, revenant de Bourneau.
Le dimanche 30, M. de Robineau (1), sa femme et sa sœur y arrivèrent.
Feburier 1622.
Le mardy premier jour de de febvryer, M. de Robineau et sa sœur partirent de Vendée.
Le vendredy il, M. de Robineau et moy partismes, pour aller à la Bodinatière.
Le lundy 1/i, M. de Robineau, sa femme et sa sœur partirent de Vendée, pour s'en aller chés eux.
Le lundy 21 , M. de la Bodinatière et moy montasmes à cheval, il fut trouver M. le conte de la Rochefoucaut, à Fontenay et moi je fus coucher à Vendée.
Le mardy 22, M. d'Estival arriva à Vendée.
Le jeudy 2/i, des guardes de M. le conte de la Rochefoucaut vindrent à Vendée, voir si j'y estois, puis s'en allèrent.
Le samedy 26, nous fusmes au Bois-Ghapeleau où M. de la Frémodyère arriva, comme nous arrivions ; puis s'en alla à Fontenay, trouver M. le conte de la Rochefoucaut.
Le dimanche 27, je vis M. Bryon auprès la planche d'Izart ; nous fusmes, luy et moy, chés M. Malleray à la Focelyère, où estoit M. de la Vallade, qui fit le presche à la Buardyère ; nous y fusmes, M. de la Vallade vint coucher à Vendée. Ce mesme jour je resus de M. Quelqui 200 1., sur ce qu'il me doit de l'achat de mes blés de l'an 1621.
(l) Nous pensons qu'il s'agit de Claude Robineau, chev., sgr de la Gantinière, et d'Esther Bodin, demeurant à Sainte-(>écile, près Palluau. De leurs trois filles. Olive, Suzanne et Gabrielle, l'une, Suzanne épousa Henry de Vendée, et Gabrielle fut mariée à Jacques de Jousserand, chev., sgr de Ghampron, paroisse de Romagne, canton de Gouhé. Assistées de François Savin, sieur de la Ghauvynière et sénéchal d'Aizenay, leur curateur, elles soutiennent un procès contre Gharles Baudry d'Asson, chev., sgr de la Gouère, et Marie Gourdeau, son épouse, au sujet du paiement d'une somme importante. Les titres de la famille de Jousserand se trouvent aux archives du Bois-Ghapeleau,
Le lundy 28, M. d'Estival et de la Vallade partirent de Vendée, pour s'en aller à Touars.
Mars 1622.
Le vendredy A, je fus voir M. de la Court, aus Oulyères.
Le samedy 5, le bonhomme Paumier me vint voir, M. des Oulyères y vint aussi, qui n'i demeura guères.
Le dimanche 6, je fus voir les demoizelles du Plessis et delà je fus au bourg de la Chapelle, où Benjamin se trouva.
Le mercredy 9, je fus au Busseau, où se trouva M. de la Fournyère, Brichetyère et Chanquarré, pour me parler d'accord entre eus et mon métayer, au procès qu il a contr'eus.
Le samedy 12, je fus à Saint-Hillaire, où je trouvay un régimant, qui y arrivoit.
Le mercredy 16, le filz de M. de la Braudyère arriva à Vendée.
Le jeudy 17, ma femme vint au Bois-Chapeleau et avec elle le filz de mon couzin de la Braudyère.
Le vendredy 18, M. des Oulyères me vint voir. Nous fusmes à la Bouterye, faire cueillir mes pines (1) .
Le samedy 19, je fus à la chasse, où je rencontray Melziart et Dislay et avec eus Bréchaire, Baguo et le Pouzac. M. des Oulyères et le petit la Braudyère estoint avec moy.
Le lundy 21, j'ay affermé ma maison de Vendée, la Morinière, la Freslerye et la Fosse, à Querqui, le pris de 1950 1. , par an et sincquante livres d'épingles qu'il a donné à ma femme. Lad. ferme pour sine ans. La ferme est passée par Biliaire Charryer, demeurant avec moy.
Le mercredy 23, je fus à la Fougereuze, voir Valdam, où Chapon vint avec moy. J'y trouvay Bardonnin. Je laissay Chapon chés Brossard et je m'en revins, et comme j'estois à Saint-Hillaire-de-Voust , avec l'Isle , M. de la Bodinatière arriva, qui venoit de l'armée de M. le Conte de la Rochefoucaut, je m^en allay à la Bodinatière avec luy et y couchay.
Le jeudy 2à, M. de Valdam vint dès au mattin à la Bodinatière. M. de Ligne y vint et peu de tens après, j'en partis.
(1) Fruits du piu.
Le vendredy 25, je fus à la Chapelle, où l'on m'avoit dist qu'il y avoit des gendarmes, mais n'y trouvant rien, je m'en revins, puis fus voir M. de la Court aus Oulyères.
Le dimanche 27, je fus, après disner à la Bodinatyère. Je trouvay M. de la Bodinatière et M. de Ligne auprès la Tousche- AUery (1) , qui estoint venu avec des capitaines , qui s'en alloint, avec leur troupe, loger à Lande. Je m'en allay avec eus à la Bodinatière, où je pris mes papiers censaires de Vendée.
Le lundy 28, je fus à Vendée. La femme de Querqui a ratiffié la ferme que j'ay faict à son mary de ma maizon de Vendée.
Le mardy 29, M. des Oulyères me vint voir.
Auril 1622.
Le vendredy premier jour d'avril, je fus voir M. de la Bodinatière, où je trouvay M. de Ligne et ma tente, sa mère.
Le dimanche 3, je fus au Busseau, voir Fougeray, qui y estoit logé. Chambodyère (2) y estoit. Des Oulyères y vint et luy et moy, nous en revinsmes ensemble. Ma femme arriva au soir, au Bois-Chapeleau, avec sa fille et ses filles de chambre et sa servante, pour y faire nostre demeure.
Le lundy û, je fus voir M. de la Court aus Oullyères.
Le mardy 5, M. des Oullyères me vint voir.
Le mercredy 6, je fus à la Bodinatière, où je trouvay M. de Valdam.
Le jeudy 7, M. de la Court me vint voir.
Le vendredy 8, j'ay payé Morice de 46 s. , que je luy de vois, pour du plomb et des oranges.
Le dimanche 10, Quinefaut me vint voir, Mademoizelle du Plessis, Mademoizelle de Neufchèze et Mademoizelle du Richard vindrent voir ma femme.
Lj lundy 11, Chatry et Chastegneray vindrent commenser à faire les guardes-robes de ma chambre et la muraille de mon jardin, qui prand depuis la grosse tour, jusques à la muraille
(1) Château de la paroisse du Busseau, aujourd'hui habité par M. Auguste Neau.
(2) N. de la Court, s* de Ghambaudière.
de devers le parc. Ce mesrae jour j'ay achevé de payer au bonhomme Mesnager ce que ie leur devois de reste de leur métayrie et borderye de la Roulyère et ma fuye et la muraille de ma court à Vendée et ce qui estoit chut (1) à la Fosse, tant de la muraille que de la couverture ; je leur ay aussi payé la journée que son filz et Lechat employèrent à recouvrir ma tour au Bois-Chapeleau.
Le mardy 12, je fus voir M. de la Vredonnyère (2).
Le mercredy 13, M. de la Vazonnière et Paumier me vindrent voir.
Le jeudy 14, Jamart vint travailler au logis.
Le vendredy 15, M. de Lespinay me vint voir. Le bonhomme Joubert vint aussi.
Le dimanche 17 , Mademoizelle de la Court et ses filles vindrent au Icgis et M. de la Vazonnière et le petit du Plessis.
Le lundy 18, M. de la Bodinatière vint au logis, sur le soir, puis s'en retourna. Le petit la Braudyère y vint aussi, àmesme heure.
Le mercredy 20, La Brosse, fermier des Places, me vint voir. Je resus de Jaudonnet 6 1. 3 s. 4 d.
Le jeudy 21, M. le curé de Saint-Hillaire-de-Voust me vint voir, avec mon frère.
Le vendredy 22, mon frère et le petit la Braudyère furent à la Bodinatière.
Le samedy 23, mon frère et le petit Braudière vindrent au Bois-Chapeleau et s'en retournèrent le mesme jour à la Bodinatière.
Le dimanche 2/i, M. du Coudray et le petit couzin de la Braudyère vindrent au logis, puis s'en retournèrent à la Bodinatière. J'escrivis à Mademoizelle de la Bodinatière par un honneste homme de Lodun.
(1) Tombé.
(2) La Vredonnière, vieux château entre la Chapelle -Tireuil et Scillé, sur le territoire de cette dernière commune. Un membre de cette famille était gouverneur du fils aîné de M. de la TrémoïUe, pendant un voyage que celui-ci fit eu Hollande, en 1613. Ghartrier de Thouars, p. 124.
Le lundy 25, M. du Goudray partit de la Bodinatière et fut à Monfermier. M. de la Braudyère vint au logis.
Le mercredy 27, M. de la Rochejacquelin, M. de la Court, M. de la Ghambodyère et M. du Vergier (1) me vindrent voir au Bois-Ghapeleau.
May 1622.
Le mercredy A, ma femme et moy fusmes à Vendée, mon couzin du Vivier et le s^ Mars vindrent avec nous. Je resus de Pierre Denyau, 52 1. et demye, pour ma moytyé de deus de nos bœufs, qu'il a vendus.
Le vendredy 6, M. Fortin me vint voir au Bois-Chapeleau.
Le samedy 7, j'escrivis à Gharron et luy ay envoyé les acquitz des témoins, qui furent ouys au procès d'abus de mes métayers de la Freslerye. Je luy envoyé aussi le raport de Goguyer, sergent des témoins assignés, pour ouir au procès de Hurtaus. Je luy ay renvoyé de plus les premiers exploicts de Raireau et Boutet, donnés à la requeste de mesd. métayers aus asseyeurs et habitans de Fossay, qu'il m'avoit envoyé, il y a quelque tens.
Le lundy 9, je fus coucher à Niort, à la Couronne^ au Port ; j'achetay de quoy me faire deus habitz.
Le mardy 10, je fus toute la matinée à Niort, puis j'en partis et vins coucher au logis.
Le mercredy 11, je fus au Brœuil (2), voir Mademoizelle de Monfermier, la douayryère; je soupay avec elle ; j'y trouvay le prieur de Goullonges, frère du Porre.
Le jeudy 12, ma femme fut voir Mademoizelle de Monfermier, au Brœuil.
Le vendredy 13, Vredonnière vint de grand mattin au logis,
(1) Sans doute Christophe du Vergier de la Rochejacquelein, frère aîné de Louis, et qui mourut sans postérité. Ils étaient fils de François du Vergier, sgr de Ridejeu, de Boisinard et par sa mère, sgr de la Rochejacquelein ; né en 1554, il avait épousé Renée de la Forest, fille du seigneur de Beaurepaire et de Renée Bodin; Renée de la Forest avait eu pour premier mari François de Yignerot , sgr du Pont de Gourlay , tige des ducs de Richelieu. Noit fournit par Monsieur le marquis de la Rochejacquelein. Thib, yi. 1ÎJ8.
(l) Au Breuil-Barret.
prier d'aller chés luy , où le prévost de Touars estoit qui y avoit couché, où je fus et y fis que le prévost me promit de le tirer de l'affaire, en laquelle il estoit. Mademoizelle de Monfermier vint au logis nous voir.
Le dimanche 15 Gharryer fut à Vouvant porter le chapeau de rozes, que j'y dois et m'en aporta acquit dud. jour.
Le mardy 17, M. de la Bodinatière vint disner avec nous.
Le mercredy 18, M. de la Bodinatière m'envoya une lettre, pour la faire tenir à M. du Coudray, à Touars.
Le jeudy 19, j'envoyay à Touars. J'escrivis à M. du Coudray et à Mademoizelle de Monfermier, la douayryère ; le messager avoit charge d'aller à Terzay. J'escrivis à Mademoizelle de la Bodinatière.
Le dimanche 22 , Mademoizelle de la Court et ses filles vindrent au logis.
Le lundy 23 La Ronde vint au logis. Je luy donnay un journau de vigne, en mon fief Voussard, que je complante au cart, qui a esté laissé en friche et qui a couru de serpe. Je luy en ay signé lettres de baillette.
Le mardy 2/i, M. de la Place nous vint voir.
Le mercredy 25, M. de la Place partit du logis.
Le jeudy 26, j'ay esté achevé de payer, de Robin, de 9 1. 6 s. , qu'il me devoit, de l'année dernière, savoir: en un millyer de briques, une pipe de chaus, une douzenne d'aiguillettes de soye, une livre d'huisle et la bouteille à la mettre et demye brasse d'aisses sèches et quatre orenges et douze solz en argent.
Le samedy 28, M. de la Barrynière et moy fusmes à la Bodinatière.
Le mardy 31 et dernier jour de may mil six cens vingt et deus, je fus à Coulonges, pour m'opozer à la saizye , que le prieur de Saint-Lors a faict faire sur de mes terres de Luguetière. J'y vis Fortin, Desbroizes, Clavier, Guasconnyère , La Brosse, Paumier et Puichenin,
Juing 1622.
Le jeudy 2, Quinefaut vint nous voir, il remmena son cheval. Le dimanche 5, M. de la Barrinière partit du Bois-Ghape-
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— loi —
leau, pour aller à la Bodinatiôre, je luy prestay mon hongre gris.
Le mardy 7, M. du Vivier vS'en alla chés luy ; je luy donnay le Breton, pour le conduire jusques à la Braudyère.
Le vendredy 10, j'envoyay Gharryer à Fontenay trouver Giraudeau, le procureur, auquel j'envoyois la saysie qui a esté falote, sur les terres de Lughetière, à la requeste du pryeur de Saint-Lors et le registre faict en suite à Goulonges et mon acte d'opozition à Fontenay et l'assignation que j'ay faict donner aud. pryeur à Fontenay et signification dud. acte.
Le merrredy 15, M. Ogier vint me voir au Bois-Chapeleau. Le jeudy 16, M. de la Barrinière et M. de Saint-Chœur vindrent au logis et Mathelin, de Brethète, avec eux.
Le samedy 18, M. de la Barrinière et M. de Saint-Cœurs s'en allèrent se pourmener.
Le lundi 20, je fus à la Bodinatière, où je trouvay M. de la Barrinière et M. de Saint-Cœurs, avec M. de la Bodinatière.
Le mardi 21, M. de la Barrinière et M. de Saint-Cœurs furent de rechef se pourmener ; je leur prestay 9 pistolles à 7 1. 6 s. la piesse, savoir à M. de la Barrinière quatre, et à M. de Saint-Cœurs sine.
Le vendredy 2/î, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, ma femme envoya Catherine à Benêt pour luy avoir une servante et amena Marye, qui est de Coulonges ; elle doit gaigner pour un an, la somme de unze livres en argent, une chemize et une paire de soullyers. Le Goffve vint au logis, qui venait de Puichenin. Ce mesme jour elle raccueillit Marye, sa servante, pour un an, elle luy doit donner 15 1., une paire de soullyers et trois aunes de toille. Ce mesme jour j'accueillis Le Breton, pour un an, je luy dois donner 18 1., un de mes vieux habitz, d'entrée de service et entretenu de soullyers. Ce mesme jour je racueillis Joachim, pour un an ; je luy dois donner 18 1. et deus paires de soullyers. Le samedy 25, j'envoyay Charryer à Fontenay chés M. l'advocat du roy, chés Charron et chés Giraudeau. La Goffve s'en alla à Fontenay.
Le dimanche 26, ma femme paya Fleury et Caterine Dénuée de ce qu'elle devoit de leur service, dont le terme eschéoit
ce jourd'hui ; elle ne devra rien à aucun de ses serviteurs ne servantes, que d'icy à un an. §4
Le lundy 27, ma femme fut à la foire à Fontenay et je demouray à Vendée. g.
Le mardy 28, Denyau m'accœuillit mon vallet Gabryel, pour un an; il doit gagner vingt et une livres en argent et
Le mercredy 29, M. de la Vazonnière me vint voir.
Le jeudy 30, M. de la Barrinière et M. de Saint-Cœurs vindrent au Bois-Chapeleau.
Juillet 1622.
Le vendredy premier jour de juillet ma femme partit du Bois-Chapeleau, pour aller voir Mademoizelle delà Bodinatière, sa mère, à Terzay.
Le dimanche 3, je fus au bourg, dès au mattin, où je vis Bethuy, Joubert, Bouhérye, Verger, Benjamin et le prieur.
Le lundy A, Quinefaut, la Remendye et Joubert vindrent au logis.
Le mardy 5, M. de Saint-Cœurs et moy fusmes à Coullonges; je fus chés Ogier, où je vis le prieur de Coulonges et le Paire et Rembourgère. Nous mismes, le Paire et moy, à nous revoir le mercredy prochainement suivant, sur mes dommaines, qu'il prêtent estre au fief de Saint-Lors.
Le înercredy 6, M. de la Barrinière, M. de Saint-Cœurs et moy fusmes au Plessis, où nous fusmes mis d'accord, les Oulyères et moy.
Le vendredy 8, Le Paire et moy nous trouvasmes dans les landes, où il remit l'affaire à ma vollonté.
Le mardy 12 , M. de Saint-Cœurs s'en alla avec Jean Mignault, vers Lodun ; j'envoyay Le Breton avec eux pour quérir mes chevaus.
Le samedy 16, M. du Richard me vint voir.
Le dimanche 17, Fortin vhit, qui m'aporta une lettre de Mademoizelle de la Place. J"y fis responce.
Le mardy 19, je fus voir M. de la Bodinatière, pour l'affaire de M. de la Place. M. Rocas m'y vint trouver. J'y trouvay Tutière, Rendière, son frère Lancotte et le vicquaire de Voust. Nous vinsmes souper au Bois-Chapeleau,
Le diiiianche 2/i, nous iusines à la Biiardyère, où M. de Cougnac, pasteur en l'églize de Niort, vint faire le presche et nous administra, par la grâce de Dieu, le saint sacrement de la sainte cène de Nostre-Seigneur. M. de la Barrinière et moy fusmes à la Fosselyère, chés M. JVlalleray, où nous trouvasmes M. de Thouars et deus de ses frères et son beau-frère ; après disner nous fusmes de rechef au presche, où led. s' de ïouars et la fille de Malleray espouzèrent (1).
Le mercredy 27, M. de la Barrinière partit du Bois-Chapeleau et Le Gravier avec luy, pour s'en aller en l'armée de M. le Comte en Onis.
Aoust 1622.
Le mardy 2, ma femme envoya Fleury à la foire, qui paya à Mallet, pour MM. de la Barrinière et de Saint-Cœurs, neuf livres.
Le mercredy 3, je fus voir M, de la Bodinatière. Nous fusmes à la chasse ; je revins souper et coucher au Bois- Chapeleau.
Le jeudy /i, La Vregnay, de Lignelière, me vint voir, il fut une heure avec moy, puis s'en alla. M. de Sézay, M. de Pouzay et avec eus Bastard et Thibaudeau, l'archer, me vindrent voir, ils furent une heure avec moy, puis s'en allèrent.
Le dimanche 7, je fus à la Chapelle; M. Malleray, M. de Touars et son frère, M. d'Aillères et Bardonnin vindrent au logis, où je les trouvay.
Le lundy 8, La Remendye et Joubert vindrent au logis.
Le mardy 9 , j'envoyay à Coullonges quérir la chienne couchante de M. de la Givrelyère, qu'il m'envoya.
(1) Nos plus actives recherches ne nous ont pas permis d'établir l'identité de ce personnage, gendre de M. de Malleray. La pensée nous était d'abord venue qu'il s'agissait d'un cadet de la famille de la Trémoïlle, mais M. le duc de la Trémoïlle affirme que jamais aucun membre de sa famille n'a porté le nom de Thouars sans y joindre le titre de vicomte ou de duc. Peut-être s'agil-il, d'après le savant M. Marchegay, d'un prévôt des maréchaux de Thouars, ou encore du fils d'un certain Thouars, mentionné au registre des Grands*- Jours de Poitiers. Mémoires de la Société de statistique des Deux- Sèvres, 2e série, t. xvi, 1878, p. 168.
Le mercredy 10, je fus aus Crèches.
Le samedy 13, je fus au Plessis.
Le dimanche 1/i, je fus voir M. de la Bodinatière et de là coucher à Vendée.
Le lundy 15, il y eust presche à Saint-Hlllaire-sur-l'Autize; ma femme y fut et je fus jusques à la Morinière et Chapon avec moy.
Le mardy 16, je fus voir M. de Bryon, à Saint-Hillaire et de là je fus à la Fosselyère, où je trouvay M. et Madame de Touars et Madame Malleray.
Le mercredy 17, j'achettay de Botton, de Paire, deus coiraus, la somme de 81 1., payables à la Saint-Michel.
Le dimanche 21, ma femme fut au Plessis.
Le mardy 23, je fus au Brœuil, voir la femme de M. de Monfermier.
Le mercredy 2Zi. Mademoizelle de Monfermier vint au Bois- Chapeleau voir ma femme ; je la fus conduire jusqu'à moityé chemin du Brœuil.
Le jeudy 25, ma femme fut à Brœuil, voir Mademoizelle de Monfermier.
Le vendredy 26, je fus au Brœuil dire adyeu à Mademoizelle de Monfermier.
Le dimanche 28, je partis du Bois-Chapeleau et fu3 à Vendée. Brossart, métayer du pryeuré pour moy, et Denys métayer de Desroziers, qui s'en va à la Saint-Michel à la Morinière, pour Querqui, aprétièrent mon bestail, que j'ay à Vendée chés Denyau, tant le gros que le menu, tout sella faizant la somme de 600 1., qui sont 300 1. pour moy et outre hQ brebis et six moutons, pour ma part aprétiés à 60 1., qui est 25 solz l'un portant l'autre , et ainsi mon fermier me doit pour ce reguard, 360 1.
Le mercredy SI et dernier jour d'aoust, je fus au bourg, pour essayer d'empescher de loger des gens de guerre, qui y estoint, ce que je ne sus faire.
Septembre 1622.
Le dimanche A, je fus coucher à Vendée. Mademoizelle de
Ligne, ma tente, y vint, qui ne trouva que ma femme.
Le mardy 6, je fus à CouUonges où je vis Bryon, Ogier et Quinefiiut.
Le jeucly 8, je fus pour voir M. des Guas, que je ne trouvay pas chés luy; je vins de là au Plessis.
Le vendredy 9, je fus à Vendée, pour faire faire information contre le pryeur de Vendée, j'avois avec moy Charryer et Goguyer.
Le samedy 10, Mademoizelle de Puichenin m'envoya un homme pour me pryer de monter à cheval, pour aller trouver M. de Beauchîms et à l'assister à empescher que les gens de M. des Roches (1) ne levassent leur bien , qu'ils ont en ce pays-là, duquel ils dizent avoir la confiscation, ce que je fis et le trouvay près la Fogereuze; nous étions, Beauchans, Martinière, Rochebrochard (2), Le Brœuil, La Barre de Fourbau(2), Les Oullyères, Saint-Bardou (3) et moy et trois ou quatre jeunes hommes de la Chastaigneraye ; nous soupasmes et couchasmes chés Beauchans, près la Fogereuze.
Le dimanche 11, M. de Valdam nous vint voir chés Beauchans, comme nous estions à desjuner; après nous montasmes à cheval et nous en vinsmes disner ?^ Bois-Chapeleau; nous passasmes trois ou quatre chés Chambaudyère et prismes de son vin ; après disner ils s'en allèrent tous.
Le lundy 12, je fus voir M. de la Bodinatière, où je trouvay M. des Oullyères.
Le dimanche 18 , Joubert me vint voir et Goulard , le pierrayeur (h).
Le mardy 20, je fus à Goullonges, parler au Bois, pour les pionniers, que la Chapelle doit fournir, pour envoyer à la
(1) Daniel des Roches, s»" de Gliassay, à Loge-Fougereuse.
(2) Oclavien de la Rochebrochard avait épousé EUsabeth des OuUières. Ils eurent deux enfants, Jac(jues et Maurice. Jacques, s^ de la Gossonnière, paroisse de Neuvy-Boin, ne fut pas marié. Maurice épousa, le l^^ mai 1611, Jeanne Simonneau, fille de Lancelot, chevalier, sgr delà Barre-Fourbeau, et de Olive Barillon, des Barillon de Somploire.
Note fournie par M. Louis de la Rochebrochard.
(3) Pour Saint-Pardoux, dont les Montsorbier étaient alors seigneurs.
(4) Pierrayeux, charretier qui conduit des pierre». (L'abbé Lalanne).
Rochelle. Il quitta les habitans de lad. Chapelle, pour deus pionniers, que l'on luy doit mener vendredy mattin. Je vis Fortin, Bryon, Bryaudière, la Brosse, Querqui, Ogier, Bretineau, et M. le pryeur de Coullonges; je m'en revins coucher au Bois-Ghapeleau.
Le jeudy 22, M. de la Vazonnière me vint voir.
Le samedy 2/i, je fus à la Chapelle, où estoit logé le capitaine la Saulay et sa compagnye.
Le dimanche 25, je fus à la Chapelle, d'où les gendarmes deslogèient. M. de la Bambaudyère y vint et le petit fils de M. de la Roche Jacquelin (1).
Octobre 1622.
Le mardy h, je fus à Coullonges, où je disnay et Desbroizes avec moy; je vis Fortin, Quinefaut, Bryon, Ogier et la Brosse. Le niercredy 6, je fus voir le capitaine, qui estoit logé à la Chapelle ; des Oulyères arriva.
Le samedy 8, je fus coucher à Niort, à la Lemproye, où je trouvay MM. de la Vregnaye et Fortin et son filz.
Le dimanche 9, je fus au presche, où nous fismes la cène, par la grâce de Dieu, puis nous partismes de Niort et je m'en vins coucher au logis.
Le mercredy 12, nous fusmes à la foire à Fontenay, où nous rencontrasmes M. de la Cressonnière, en la Prée, et Vazonnière et des Places avec luy.
Le jeudy 13, je partis de Vendée et fus à Fontenay, où je couchay au Trois-Pilyers.
Le samedy 15, premier que partir de Fontenay, je laissay à guarder à M. Carrel, set cens livres en un sac, partye en or et partye en argent. Ce mesme jour je donnay à la dame des Trois- Py lier s ^ à Fontenay, deus acquitz, l'un de li 1., pour recevevoir lesd. l\ 1. de Doucet, qu'il me doit de rente, par chascune feste de Saint-Michel, sur le jeu de paume des Loges. Le dimanche 16, Mademoizelle du Plessis et sa fille et ses
(1) Armand-François du Vergier, sgr de la Rocbejacquelein , qui mourut dans les premières années du xviue siècle.
petites-filles et Mademoizelle de la Court et ses filles vindrent voir ma femme.
Le lundy 17, j'envoyay à M. de Sézay set cens livres.
Le mercredy 19, Huet s'en retourna à Terzay.
Le jeudy 20, M. de Chavanes s'en retourna à Poictiers.
Le vendredy 21, Mathieu, de Brethète, vint au Bois-Chapeleau.
Le samedy 22, le métayer de Brethète s'en retourna.
Le lundy 2/i, je fus à la Freslerye, où je parlay à Devost, pour l'accorder avec mes mestayers dud. lyeu.
Le mercredy 26, le fis de Devost vint icy. J'escrivis à Pager, l'eslu de Fontenay et y envoyay Cdiarryer.
Le jeudy 27, j'envoyay Jouachin à Fontenay, pour l'afTaire de Guachignard ; j'en escrivois à Pager, l'eslu.
Le samedy 29, je fus à l'estang des Broizes (1), pour y faire mettre mon batteau et y mettre un cadenac. M. de Valdam arriva, ce soir mesme,, au Bois-Chapeleau.
Le dimanche 30, M. de Valdam et moy desjunasmes dès au mattin, puis il s'en alla.
Le lundy 31 et dernier d'octobre, je fus à Coulonges, où M. Ogier me donna les minutes des marchés des marreaus de bois, qui ont esté vendus en le parc du Bois-Chapeleau, la dernière vente.
Nouembre 1622.
Le mercredy 2, Crampon vint au logis, qui m'aporta mon escoupette, que je luy avois commandé de faire; je luy payay à 30 1. et outre luy donnay 32 sols, pour des rabillages et fourbissures, qu'il m'avoit faict.
Le vendredy Zi, je fus à Fontenay loger à la Grue^ où je disnay, et Pétrault, le procureur, avec moy. Je vis M. Pager, l'eslu et Pager, le procureur. Ce mesme jour je fus coucher au Poiron, où je ne trouvay que ma tante; mes couzins n'y estoint pas.
Le samedy 5, je disnay au Poiron, puis m'en vins coucher au Bois-Chapeleau.
(1) Commune du Busseau.
Le mardy 8, La Goffve vint au logis, qui aporta un manteau à ma femme. M. de Valdan y vint aussi, qui y coucha.
Le mercredy 9, je resus une lettre de Mademoizelle de Neufchèse, qui me pryait d'aller à l'enterrement de M. de la Vazonnière, qui estoit décédé ce mattin-là. Nous y fusmes M. de Valdam et moy.
Le jeudy 10, je fus à Bourneau, voir M. de la Cressonnière, où je trouvay le bonhomme Paumier.
Le samedy 12, M. des Places vint à Bourneau, j'en partis après disner.
Le lundy 1/j, je fus voir Mademoizelle du Plessis et ses filles; M. et Madame Chapon et leur fis vindrent au Bois-Chapeleau.
Le mardy 22, je fus àCoulonges, où je vendis au bonhomme Jean Bouhier et autres, ses parsonniers, le marreau de bois de rUguetière, la somme de 5^0 1. et deus liars, pour livre, pour les sergens, et le marreau de la Fontaine-Imbaut, aus mesmes, le pris de 85 1. chascun arpant et 6 d. pour livre pour lesd. sergents. Ce mesrae jour vendu le marreau de la Glandée à Bichon et autres, ses parsonniers, 165 1., et pour les sergens, nous les payerons.
Le jeudy 24, je fis marché à trois bretons pour me refaire le fossé autour mon bas jardin, à 3 s. la brasse.
Le dimanche 27, M. du Cousteau, du Plessis, et M. du Richard vindrent me voir. •
Le mardy 29, je fus à Coullonges, où je disnay chés ,
je vendis au bonhomme Bouhier et Mestès et autres, leurs parsonniers, le marreau de la Fenestre-au-Vicquaire, le pris de 83 1. l'arpant et 6 deniers pour livre, pour les sergens; ilz le feront herpenter; s'il y en a plus d'un arpant, payeront à la raizon du susd. pris ; s'il y en a moins, nous leur déduirons, à mesme raizon. Ce mesme jour vendu le marreau de la petite et basse Minée à et leurs parsonniers, le pris de
85 1. l'arpant, feront arpenter et payeront l'herpenteur et outre nous donneront trois boiceaux de jarosse et 6 d. pour Uvres.
Le mercredy 30, je fus disner à la Chapelle, chésPellocquin; le pryeur et Benjamin et Joubert disnèrent avec moy.
Décembre 1622.
Le lundy 5, je vendis à et autres, ses parsonniers,
dedans le marreau du Traquenard un arpant , le pris de 90 1. l'arpent et 6 d. pour livres et payer l'arpenteur. Ce mesme jour je vendis à et autres, ses parsonniers, demy arpant
de bois en la grand Minée, pour en payer 45 1. et six deniers pour livre et payer l'arpenteur.
Le samedy 10, M. de Lespinay me vint voir. M. du Plessis y vint aussi, après disner.
Le mardy 13, je fus à Coullonges, où je disnay. Je vis Quinefaut, auquel je parlay de mes assizes de la Freslerye et mismes à les faire tenir, au lundy 19* de ce mois.
Le samedy 17, nous fusmes coucher au Bois-Chapeleau, où nous trouvasmes iM. de la Barrinière. Ce mesme jour led. sieur de la Barinière me donna une lettre de M. de Saint-Cœurs et sine pistolles faizans la somme de 36 1. 16 s. à déduire sur ce qu'il me doit.
Le lundy 19, M. de la Barinière et moy fusmes à la Freslerye, où nous trouvasmes MM. Besly et Chapon ; nous y avions une tenue d' assizes. Le Portau disna avec nous. Nous fusmes coucher à la Bodinatière. Lad. assize fut remise au neufiesme jour de janvier de l'an prochain 1623.
Le mardy 20, j'envoyay à Vendée quérir le furet de mon fermier, puis fusmes chasser aus lapereaus.
Le mercredy 21, nous fusmes de rechef à la chasse.
Lejeudy 22, nous fusmes de rechef chasser; j'envoyay au Bois-Chapeleau huict connilles (1) et deus masles. w
Lan mil six cens vingt et trois.
Januier 1623.
Le dimanche premier jour de janvier mil six cens vingt et trois, ma femme et moy fusmes au presche à Saint-Hillaire-surl'Autize, où, par la grâce de Dieu, nous iismes la cène, que M. Vatable, ministre de l'églize de Coullonges, nous administra ; nous disnasmes à Saint-Hillaire chés Brézet et après disner fusmes au presche.
(l) Femelles du lapin.
Le vendredy 6, je fus au Plessis voir M. du Coustaut.
Le dimanche 8, M. de la Bodinatière, M. du Poiron et M. le chevallyer de Ligne vindrent au Bois-Cbapeleau et y couchèrent.
Le luudy 9, ilz s'en allèrent après disner à la ïouchotière.
Le jeudy 12, je fus au Plessis, où je trouvay M. du Goutaud guéry.
Le dimanche 15, ma femme partit pour aller à Terzay voir Mademoizelle de la Bodhmtière, sa mère.
Le dimanche 22, j'envoyay Le Gravier à Vendée, pour me faire amener mon vin, que j'ai acheté de mon fermier.
Le lundy 23, ma femme arriva de Terzay. M. Ghapon arriva dès au mattin au logis.
Le mercredy 25, j'envoyay M. Ghapon à Fontenay, pour une lettre que j'avois resu d'un M. de la Lardyère, lequel ne connoissant, j'envoyay savoir quelle affaire il avoit à moy. Led. Ghapon revint le mesme jour, qui me dist que c'estoit Bois- Plaizant.
Le mardy 31 et dernier jom' de janvier mil six cens vingt et trois j'envoyay par Joubert Zi25 1. à M. de Sazay, sur la rente que je luy dois, dont le terme eschait le deuziesme jour de febvrier prochain. Je luy resteray encor de lad. rente quelque six cens soixante dix livres ou environ.
Feburier 1623.
Le mercredy premier jour de febvrier mil six cens vingt et trois M. de Touars et M. d'Aillères et Bardonnin vindrent au logis me voir et bien une heure après, M. de la Place et M. de la Barinière y arrivèrent et led. sieur de Touars s'en alla aussitost.
Le jeudy 2, M. de la Place ne bougea du logis.
Le vendredy 3, M. de Sazay vint au Bois-Ghapeleau et le sieur de Pouzay, son oncle, avec luy. M. de la Place et M. delà Barinière s'en allèrent après disner à Escoué.
Le samedy /i, je fus à Goullonges, où je fis faire une information contre La Fontaine-Gelot, qui a voilé un demeschevaus et un de mes valletz, que j'avois envoyé à Goullonges. M. de la Barinière revint ce soir-là de la Bodinatière.
Le dimanche 5, Mesdemoizelles du Plessis, de Neufchèze, du
Richard, de la Court et sa fille aynée vindrent au Bois-Chapeleau.
Le mardy 7, ma femme fut à la foire à Niort et y coucha.
Le mercredy 8, ma femme revint de la foire de Niort. « Mars 1623.
Le jeudy 2, je fus voir M. de la Bodinatière.
Le vendredy 3, je fus à l'estang du Reseaudou, qui couroit. M. de la Bodinatière s'y trouva. Je m'en revins au logis, où je trouvay Mademoizelle de la Tour.
Le samedy h, Mademoizelle de la Tour partit dès au mattin du Bois-Chapeleau, pour s'en aller à Poictiers. Je luy donnay Henry, pour la conduire jusques à Partenay. Je fus à l'estan du Reseaudou, où je trouvay MM. de la Bodinatière et de la Popilière ; les Oulyères et le petit du Plessis y vindrent.
Le lundy 6, je fus à l'estang après disner, où je trouvay M. le chevallyer de Ligne et M. du Poiron. M. de la Touchotyère y arriva, nous fusmes coucher à la Bodinatière.
Le mardy 7, nous fusmes tous à l'estang, où nous disnasmes et M. de la Court, des Oullières et le moine de la Court (1) et MM. du Plessis et de Lucques.
Le lundy 13, je fus au Petit-Chasteau, aus assizes, où se trouva Madame de la Cressonnière. J'y vis Grignonnière, qui y estoit.
Le vendredy 17, je fus à Niort, où je couchay à la Lemproy,
Le samedy 18, je m'achetay des estoffes, pour me faire un habit.
Le lundy 20, je fus à la Freslerye, où nous avions une tenue d' assizes. Je fus à la Bodinatière, pour y voir Mademoizelle, laquelle estoit partie, pour venir au Bois-Chapelleau.
Le jeudy 23, Mademoizelle de la Court nous vint voir et sa fille aynée.
(l) Le religieux, si dédaigneusement désigné ici, est celui dont la tombe se trouve à l'entrée du transept de l'église de l'Absie. On y lit : « Ici gist le corps de F. F. de la Court, prêtre sacristain de labsye, aagé de 82 ans, décédé le 20 mars 1664. P. Priez Dieu pour son âme. » Voir la note concernant la famille de la Court, p. 296.
Le dimanche 26, Mademoizelle et M. de la Barinière furent au presche à Saint-Hillaire.
Le lundy 27, Mademoizelle fut aus Oulyères, je fus avec elle. Mademoizelle d'Estival arriva au Bois-Chapeleau ; elle avait avec elle maistre René.
Le mardy 28, je fus à l'estang des Broizes, où je trouvay le Cousteau et le petit des OuUyères. Mademoizelle et M. de la Barinière furent à Escoué.
Lejeudy 30, Mademoizelle et M. de la Barinière arrivèrent d'Escoûé comme nous disnyons.
Auril 1623.
Le samedy premier jour d'avril, je fus à la Bodinatière, où Mademoizelle et ma couzine d'Estival estoint. Nous vinsraes coucher au Bois-Chapeleau.
Le dimanche 2, Mademoizelle et moy fusmes au presche à Saint-Hillaire.
Le mercredy 5, ma femme accoucha ce jour-là, sur la minuict, de ma fille Renée.
Le jeudy 6, je fus à la Tousche voir Mademoizelle de la Rochejacquelin.
Le samedy 8, ma couzine d'Estival et moy fusmes à Escoué voir M. de la Place.
Le lundy 10, nous partismes d'Escoiié et vinsmes coucher au Bois-Chapelleau.
Le mardy 11, M. et Mademoizelle de la Place et M. de la Barinière arrivèrent au Bois-Chapelleau.'
Le mercredy 12, M. Vatable fit le presche au Bois-Chapelleau et à la fin, battiza ma fille Renée. M. de la Place fut parrain et Mademoizelle d'Estival fut marraine ; la maizonnée du Plessis et celle des Oullyères et celle de la Rochejacquelin y estoint et MM. Ogier , Gasconnière , Quinefaut , les deus jeunes Blarus, Chapon et pluzieurs autres y estoint. Le nom de ma fille fut mis au })apier batistère de Coullonges.
Lejeudy 13, M. et Mademoizelle de la Place et M. de la Barinière partirent du Bois-Chapelleau et furent à la Gibouynière,
Le dimanche 16, Mademoizelle de la Bodinatière, macouzine d'Estival et moy fusmes au presche à Saint-Hillaire-sur-l' Autize, où nous fismes la cène, par la grâce de Dieu. Nous disnasmes chés Brézet et fusmes au presche après disner, puis nous en vinsmes avec ceus du Plessis, des Oullyères et de la llochejacquelin.
Le lundy 17, Madame de Touars et sa belle-sœur vindrent au Bois-Chapelleau, voir ma femme.
Le mardy 18, Mademoizelle de la Bodinatière partit du logis, pour aller au Poiron.
Le jeudy 20 , Mademoizelle arriva au Bois-Ghapeleau et M. de la Bannière avec elle.
Le samedy 22, Mademoizelle de la Bodinatière, Mademoizelle d'Estival et M. de la Barinière partirent du Bois-Chapelleau et furent coucher à Brethète. M. de la Bodinatière vint au logis.
Le dimanche 23, M. de la Court vint au logis.
Le lundy 2Zi, je fus à la Freslerye, où nous avions une tenue d'assizes. Quinefaut, Besly, Chapon et Charrier y estoint.
Le mardy 26, maistre René s'en alla à Brethète.
Le samedy 29, je fus voir M. de la Rochejacquelin à la Tousche et y soupay.
May 1623.
Le vendredy 5, l'homme de Mademoizelle de Saint-Gouar (1) vint au logis. Je fis partager le reste des fagots et des bougres de la Grand-Minée.
Le dimanche 1/i, M. de la Court nous vint voir.
Le lundy 15, je resus de Bonin 5000 de carreaus, un tonneau de chaus et un miJlyer de thuisle, avec la fourniture.
Le mardy 16, M. Albert vint au logis.
Le mercredy 17 , je pris une purgation , que me donna M. Albert.
Le jeudy 18, La Rivière vint au logis, qui me saigna. Benjamin vint au logis, nous fusmes avec luy au bourg, nous pourmener, M. Albert et moy ; nous fismes la collation chés le pryeur.
(1) Saint-Gouar, près d'Ardin.
Le vendredy 19, je pris de rechef une purgation. M. Albert s'en alla.
Le dimanche 21, je fus voir M. de la Court aus Oullyères, et de là fus à la Vergne voir ma fille, où je trouvay ma femme.
Le lundy 22, je fus à la Freslerye, aus assizes, où vindrent Lanfraire et Desroziers. MM. Quinefaut, Besly et Chapon et Querqui y estoint. Je revins coucher au Bois-Chapelleau, où je trouvay Jean Mignaut, qui nous aporta des lettres de Mademoizelle de la Bodinatière.
Le mardy 23, Jen Mignaut s'en retourna ; j'escrivis à Mademoizelle; j'escrivois aussi à M. de la Place à Paris, par la voye de Lodun.
Le jeudy 26, nous fusmes tout le jour à Saint-Hillaire-surl'Autize, où par la grâce de Dieu, nous célébrasmes le jusne.
Le vendredy 26, je fus à Vouvant, où je disnay chés Puibernier; je vis MAL de Rocheguillaume, de la Bodinatière et Tibaut.
Le dimanche 28, je fus au Plessis.
Le mardy 30, M. des Oullyères et M. du Richard vindrent me voir.
Le mercredy 31 de may, Cérafin et le petit Chapon commansèrent à aller à l'escolle au Brœuil-Gharlet.
Juing 1623.
Le jeudy premier jour de juing mil six cens vingt et trois, je fus à Vouvant au parquet; j'i vis chés Desouches, M. de la Roullyère ; le Portau disna avec moy.
Le samedy 3, j'escrivis à Charron à Fontenay.
Le dimanche Zi, nous fusmes au presche au mattin.
Le lundy 5, je fus aus Oullyères, où je ne trouvay que M. de la Court.
Le mercredy 7, j'escrivis à M. de la Bodinatière et le priois de se trouver le lendemain au logis, où je l'attendrois.
Le jeudy 8, M. de la Bodinatière vint disner au logis. Après disner nous fusmes au Brœuil, voir Monfermier et sa femme. J'envoyay Henry à Terzay et à Touars , à Mademoizelle de Monfermier, la vefve.
Le mercredy lA, M. de la Bodinatière disna au logis. M. de
Moiîfermier et son advocat y vindrent. L'on commansa à faire arpenter nostre parc, par Poupardyère et Bonnet. M. de Rou arriva au Bois-Cliapelleau.
Le jeudy 16, MM. de Rou, Quinefaut et moy fusmes à la Bodinatyère.
Le vendredy 16, M. du Coudray arriva au logis ; l'on travailla k l'arpentement du parc.
Le samedy 17, l'on travailla de rechef à l'arpentement du parc ; M. du Coudray fut au Breuil.
Le samedy 2/i, nous ne bougeasmes du logis, mon couzin, M. de Rou et moy.
Le dimanche 25, ma femme et moy partismes du logis, pour aller à Fontenay à la foire et fusmes coucher à Vendée après souper, nous laissasmes au logis M. de Rou et M. de la Braudière. Je prestay à M. de Rou 300 1.
Le lundy 26, nous fusmes à la foire. J'y vis M. de la Bodinatière et M. du Coudray. M. de Rou et M. de la Braudière partirent. J'ai accueilly Jean, mon vallet, pour un an ; je luy dois donner 21 1. et une chemize et une paire de souliers et un chapeau.
Le mercredy 28, nous fusmes à la foire. A la boutique de Cairel, je vis la Jarrye, des Mothais et la lieutenande criminelle. Le jeudy 29, je fus à la Focellyère, où je ne vis que Madame Malleray, Madame de Touars et Mademoizelle d'Aillères.
Le vendredy 30 et dernier jour de juin M. du Coustau, du Plessis, me vint voir.
Juillet 1623.
Le samedy premier jour de juillet la nourrice de ma fille Renée l'aporta au logis, à cauze qu'elle se trouvoit mal.
Le dimanche 2, ma femme et moy fusmes au presche à Saint- Hillaire-sur-l'Aulize, où nous fismes la cène, par la grâce de Dieu. Nous disnasmes aud. Saint-Hillaire, chés Brézet.
Le mardy /i, je fus à Vendée et de là à la Focellyère, où je vis le pryeur de Fossay ; le prieur de Paire soupa avec moy.
Le mercredy 5, je fus voir M. de la Fournière.
Le jeudy 6, je fus à Fontenay, pour parler à M. de Taire, de
l'afïaire du gendre de la Ronde ; il me promit de le tirer de lad. affaire, moyennant vingt escUvS. Je disnay à la Grue.
Le vendredy 7, je fis marché avec Goulard, pour me faire mon portai, je leur dois donner 22 1.
Le samedy 8, je fus jusques au bourg, où je vis le pryeur et Bouhérye, je desjunay chés Pellocquin et Tapin avec moy.
Le dimanche 9, je fus au prevail à la Chapelle, où je fis
amasser sur les vendeurs le droit qu'ilz me doivent et le mis en
guarde, entre les mains de Pellocquin. Je dinay chés le prieur
avec Messieurs de Sasay, de Puissee (1) et le prieur de Coul-
ionges.
Le lundy \0, ma femme fut aus Oullyères. M. de la Court
et M. des Oullyères, son fis, vindrent me voir.
Le mercredy 12, je fus au bourg chés le prieur, où je trouvay Mademoizelle de la Court et ses filles et son filz et la nosse de ses métayers.
Le samedy 15, je fis offre à Goullard de retirer, par puissance de fief, le tiers de ce qu'il a acquis de Bague et Ogier, au Perron, estant en fief du Bois-Chapelleau, estant led. tiers à Mademoizelle de Monfermier, la douayrière, et ce, en vertu du transport qu'elle m'a faict de ses droicts. Ce jour-là, dès au mattin, M. de la Court me vint trouver, de la part de Goullard, pour accorder luy et Tapin et qu'il s'en soumettoit à ma vollonté. M. du Richard me vint voir.
Le lundy 17, M. de la Court vint au logis.
Le mardy 18, je fus à Coullonges, où je vis Lessart, Guasconnyère, la Rivière, Fortin et Quinefaut. Je fis faire le bail du mouUin du Chaire, adjugé à la Ronde.
Le vendredy 21, M. de Robineau vint au logis, nous fusmes aus Oullyères.
Le samedy 22, M. de Robineau s'en alla.
Le dimanche 23 , ma femme fut au presche. J'accueillis André, mon vallet, pour d'icy à la Saint-Michel, je luy dois donner 10 b. seille et une paire de carrellures.
Le mardy 25, je baillay à mes massons, pour avoir faict mon
(1) Jacques Malleray, s^ de Puysec, à Thouarcé.
portai et la petite porte, la somme de 27 1. Madame de la Guédaizière et ses filles vindrent voir ma femme.
Le mercredy 26, Quinefaut vint au logis ; nous fusmes à la Chapelle , où Goullard rétrocéda à Tapin , la mestayrie de Bague, au Peiron. M. Besly estoit avec nous.
Le jeudy 27, je fus à la Bodinatière, où je trouvay M. de la Drouillardyère, qui s'en alla ce jour-là.
Le vendredy 28, M. du Plessis me vint voir, pour me dire adyeu : il s'en va trouver son oncle de la Noue, qui est avec M. deRohan (1).
Le lundy 31 et dernier de juillet, je fus à Coulonges.
Aoust 1623.
Le lundy 7, Mademoizelle de la Court et ses filles vindrent au logis. Genay, le marchand vint au logis. Je resus de Asnonnier 52 1. qui fut employé au payement d'une vache grasse.
Le mardy 8, Genay s'en retourna à Fontenay.
Le mercredy 9, M. Chapon fut à Fontenay, pour l'assination que j'y avois faict bailler au pryeur de Fossay.
Le vendredy 11, M. du Coustaud, du Plessis, me vint voir.
Le samedy 12, ma couzine de la Coussay et le cadet du Fontenyou (2) vindrent nous voir, qui disnèrent avec nous, puis s'en allèrent. M. de la Popillière y vint aussi, qui me paya les arrérages de la rente de la Brosse, pour les années 1621 et 1622.
Le dimanche 13, nous fusmes au presche à Saint-Hillaire et revinsmes disner au Bois-Chapelleau.
Le mardy 15, je fus coucher à la Gibouynière, où je vis Mesdemoizelles de Brebaudet , de la Loge et de la Place et MM. de la Loge et Peugné.
(1) Ils étaient dans la Rochelle, dont le comte de Soissons faisait le blocus. Thib., t. VI. p. 99.
(2) René de la Court, fils de Toussaint de la Court et de Jeanne de la Coussaye, sgr du Fonteniou. Ce château, de la paroisse de Vernou-en-Gâtine, était l'habitation de Madame veuve de Savignac, née de la Rochebrochard, récemment décédée. Son grand-père y avait succédé aux de la Court.
Le mercredy 16, je partis après disner de la Gibouynière et fus coucher au Poiron, où ma tente estoit et le chevallyer et M. du Poiron et un gentilhomme, nommé M. de Puitesson.
Le jeudy 17, je partis du Poiron et vins coucher au Bois- Chapelleau.
Le dimanche 20, je fus au presche à Saint-Hillaire-surl'Autize, où M. de la Vallade fit le presche.
Le lundy 21, je fus à la Scye» où je pris le guariment, pour les habitans de la Chapelle-Tireil, en la poursuitte que faict l'abé de la Scye contre eus et m'opozay à ce qu'ilz n'eussent à bailler aucune déclaration routuryère à M. l'abé, fors de ce qu'ilz tiendront en franc-fief, appelé les Marzelles, qui leur apartient. Je m'en revins.au logis, où je trouvay mon couzin de la Braudyère.
Le mardy 22, M. de la Braudyère et moy, fusmes à Goullonges, où je vis Quinefaut. Je passay en revenant chés Gajonnière, où je ne vis que Fontenete, son filz.
Le mercredy 23, Gajonnière vint au logis. M. de la Vallade y arriva. M. de la Braudière fut à la Bodinatière.
Le jeudy 2/i , M. de la Vallade partit , pour s'en aller à j Lodun. Je luy donnay Henry pour le conduire. M. Chapon s'en i^ alla à Vendée. •
Le vendredy 25, M. de la Braudière revint delà Bodinatière. i Le lundy 28, je fus voir M. de la Bodinatière, qui estoit [ mallade, où estoit M. de Valdam et M. du Coustaud, duPlessis. M. Garrel y estoit pour traicter mon frère. M. de Touars y avoit esté voir mon frère.
Le mardy 29, ma femme et moy et le petit la Braudière fusmes coucher à Vendée.
Le mercredy 30 , Goudeau et Le Bois s'accommodèrent ensemble, pour les guéretz qu'il n'avoit pas laissé, comme il devoit, savoir est, que Querqui prendra ceste année la moytyé eus fromans et aus seigles, que le Bois fera ; et ce qu'il s'en faudra que lad. moytyé ne vaille ce que Le Bois en doit donner, par sa ferme à Querqui, led. Goudeau le parfournira, et moyennant ce, led. Bois doit laisser à la fin de ses années six boicellées de bon guéret en bonne terre, sans comprandre en ce, les
vesserious , les febverious , les millaus et autres terres à légumes. Je ne bougeay ce soir-là de Vendée, pour ce que la fiebvre me prit.
Septembre 1623.
Le vendredy premier jour de septembre, je ne bougeay du logis, avec la fiebvre.
Du mercredy 6 au jeudy lu septembre, mallade de fiebvre.
Le vendredy 15, j'estois au lit avec la fiebvre.
Le lundy 18, MM. de la Noue et de la Bannière arrivèrent au logis, qui venoint de la Bodinatière.
Le mardy 19, lesd. sieurs partirent pour s'en aller à la Rochelle.
Le mardy 26, resu de Gille, mon métayer à la Bouterye, set charges seigles, qui font 56 b.
Le mercredy 27, M. de la Noue et de la Barinière arrivèrent au Bois-Ghapeleau, qui revenoint de la Rochelle (1).
Le jeudy 28, M. de la Noue et M. de la Barinière partirent du Bois-Chapelleau, pour aller à la Bodinatière.
Octobre 1623.
Le dimanche premier jour d'octobre , ma femme fut au presche à Saint-Hillaire, où elle partissipa au saint sacremant de la sainte cène.
Le dimanche 8, je fus au presche à la Buardyère, où M. Vatable nous administra le saint sacremant de la sainte cène, par la grâce de Dieu.
Le mercredy 11, je fus coucher à Fontenay chés Besly, procurreur.
Le vendredy 13, je fus disner chés Mademoizelle de la Jarrye, où je vis la lieutenande criminelle, puis m'en revins en foire. Ma femme s'en retourna au Bois-Chapelleau.
Le dimanche 15, je fus au presche à Fontenay. M. Charron disna avec moy et Ghevallereau. Je fus couché à Boisse chés led. Chevallereau.
(1) Ils n'avaient pu sans doute y pénétrer. Cette ville allait bientôt être débloquée, par suite de la paix signée par Louis XIII devant Montpellier.
Le mardy 17, je partis de Boisse, vins à Fontenay, chés Besly.
Lejeudy 19, Bonnet, l'arpenteur vint au logis et ceus qui ont acheté la petite et basse Minée, laquelle nous fismes arpenter et s'y trouva deus arpans et demy et soixante quinze gaulées, qui font les 3|/i d'un cart d'arpant et par ce, ilz doivent 228 1. 8 s. 9 d. Ce mesme jour fut arpanté le marreau de la Fenestre-au-vicquaire, qui contient trois carts d'arpant et le cart d'un cart d'arpant et par ce, est dû 68 1. 9 s. 1 d. |[j
Le mardy 2/i, M. de la Vallade et M. Albert vindrent au Bois-Chapelleau. ^
Le mercredy 25, Lesd. sieurs de la Vallade et Albert partirent du logis et s'en allèrent à Fontenay.
Le samedy 28, reseu de Henry Nau 32 1. 10 s., pour le cart d'un des marreaus de la Pellotonnière, savoir 22 1. et li s. en argent et un pourceau gras, que ma femme a heu de luy.
Le dimanche 29, je resus de Goguiet, pour demy arpant, moins 18 gaulées, en le marreau de la Grande Minée, la somme de 27 1. et 5 s. 9 d., pour l'arpentement.
Nouembre 1623.
Le vendredy 3, Ghevallereau partit, pour s'en aller chés luy. M. Albert vint au logis , pour voir les arbres , que je leur voulois donner, pour la couverture du temple à Fontenay et me pryer de les faire charroyer prontemant.
Le samedy Zi, M. Chappon s'en alla chés luy, pour estre le dimanche à la Buardyère et faire la lecture et les pryères.
Le lundy 6, je payay au cellyer de Goullonges 18 1. 12 solz. J'envoyay quérir les aisses, que j'avois veu chés Gajonnière, pour faire mon portai et trois selleaus.
Le mardy 7, je fis charroyer quatre charrettées du bois que j'ay donné pour la couverture du temple à Fontenay (1).
Le mercredy 8, les susd. charretiers partirent et menèrent le bois à Vendée.
(1) Ce détail confirme ce que M. A. Lièvre, dans son Histoire des Protestants dit du temple de Fontenay. T. 1»^ p. 300 et 306.
Le jeudy 9, Ballcréau vint commanser k faire la porte de mon portai. La Rivière vint aussi au logis et Chabot.
Le ven liedy 10, ma femme envoya Henry à Terzay. Je escrivis à Paris, par la voye de Lodun.
Le dimanche 1 2 , Mademoizelle de la Court et ses filles vindrent au logis.
Le lundy 13, je fus à la Scye, où j'avois été appelle aus assizes. Je n' ytrouvay aucuns des officiers ; je pris acte de ma prézentation. Je fus disner à la Morinière.
Le mardy 14, resu de Morin, du CouUombier, 30 1. 10 s. 6 d., pour mes deus tiers d'un demy arpant de bois, que^je leur ay vendu en la Grand-Minée.
Le mercredy 2*2, Querqui vint au logis, à qui je vendis dix tonneaus de seigle, le pris de soixante livres le tonneau; je fus disner chés le pryeur de la Chapelle, où estoit Le Coustau, ses deus beaus-frères, les Oulyères et pluzieurs autres.
Le dimanche 26, j'estois au presche à Saint-Hillaire.
Le mardy 28, je fis marché avec Claude, mon cuizinier, à quatre livres et demye par mois.
Le mercredy 29, je fus à Saint-Hillaire-de-Voust. Je payay â Madame de la Guédaizière 500 1., que je luy devois etretiray mon obligation, que je rompis.
Décembre 1623.
Le vendredy premier jour de décembre mil six cens vingt et trois, je partis de la Bodinatière et vins disner au logis.
Le mardy 5, Gajonnière et le maistre d'hostel de Madame de Vignolles vindrent au logis, pour acheter mes fagotz et mon avoine, mais nous ne pusmes nous accorder de pris.
Le mercredy 6, j'envoyay à Boisse set charges de seigle de chacune quarante boiceaus.
Le jeudy 7, je fus disner à la Chapelle, où se trouva Benjamin, le pryeur, Goullard, Henry, Pestreau, Tapin et Charryer. Nous passasQies aus susd. et à Pellocquin, chés qui nous disnasmes, le marché du marreau de bois de la Clye de la Vau, dans mon parc.
Le dimanche 10, reseu de la Geollyère 12 livres pour le
nourrin ; le parsus montant à ZiO solz, je luy ay rabatu pour mes deus tiers de la thuisie et chaus, qu'il a fallu pour recouvrir sa métayrye.
Ici s'arrête le journal de M. Paul de Vendée. Les dernières pages ont été arrachées.