OXYGÈNE DU SANG ET CONTRACTION MUSCULAIRE
Au bout de 3 m. 30 s. après le début de Tasphyxie, un tétanos de 30 secondes inontrc ;
1® Un refroidissement de 0®,1 au bout de 5 secondes ;
2* Un échaulîement rapide atteignant 0*»,3 au bout de 30 secondes.
Le refroidissement constaté au début du tétanos dans ces deux derniers cas est certainement dû en partie à un refroidissement actif, puisqu'il a été plus rapide que le refroidissement actif antérieur. Mais il est de toute évidence, à Taspecl du graphique, qu'il est dû, en bonne partie, au refroidissement passif. Quelle que soit sa valeur, il est très court et suivi d*un échauffement considérable.
Il serait bien inutile de citer un plus grand nombre d'expériences, les résultats constatés étant toujours les mêmes.
Une première remarque à faire est que si, pendant l'asphyxie, la température rectale ne baisse pas ou très peu, la température du muscle baisse toujours rapidement; la diminution est quelquefois peu importante, mais généralement elle est assez forte. Elle atteint l'^S en 6 minutes dans l'expérience 2.
Malgré ce refroidissement passif rapide, on ne constate pas de refroidissement permanent pendant le tétanos dans le cours de Tasphyxie ou après la mort. La contraction volontaire échauffe le muscle, et au moment des convulsions asphyxiques, on constate toujours une élévation de la température musculaire.
Même dans les cas où l'on réunit toutes les conditions les plus défavorables pour le muscle : refroidissement considérable, intoxication prolongée par la morphine et Télher, asphyxie de l'animal, on n'observe pas de refroidissement permanent et presque toujours de réchauffement pendant le tétanos. Dans les cas où il n'y a pas élévation de la température du muscle, il y a toujours arrêt, ou tout au moins diminution de la rapidité du refroidissement passif.
Quant au refroidissement actif du début de la contraction, je l'ai observé beaucoup moins souvent dans ces expériences que dans celles publiées antérieurement ; souvent il manque, ou bien ce qu'on observe est la continuation, pendant quelques instants, du refroidissement passif. Il manque surtout à la fin de Tasphyxie ; on le rencontre plus souvent dans le début.
Conclusions
!• Chez le chien en voie d'asphyxie par oblitération de la trachée, la température du gastrocnémien baisse en général rapidement et notablement, et beaucoup plus rapidement que chez l'animal normal immobilisé ; la température rectale baisse peu ou pas du tout.
Ces conditions favorisent le réchauffement du muscle pendant la contraction et s'opposent à un refroidissement actif permanent.
t Chez l'animal en voie d'asphyxie, à aucun moment jusqu'à la mort, le tétanos musculaire ne détermine un refroidissement permanent. Le refroidissement actif du début ne présente pas de caractère particulier et paraît plutôt moins fréquent que dans les conditions normales.
Journal db phtsiol. bt ob pathol. oicnbr., 190S. 21
3^ Le muscle de Fanimal en voie d*asphyxie s^échaufTe presq pendant le tétanos, volontaire ou provoqué ; quand il n'y a pas éci ce qui est rare, la production de chaleur se manifeste par Tarrét < tissement du refroidissement passif.
4'' Le muscle de Tanimal asphyxié présente, après la mort de 1 mêmes phénomènes thermiques que le muscle normal pendant la c il se refroidit au début, puis s'échauffe ultérieurement, avant que cissemeat ait cessé.
5^ Le sens des phénomènes thermiques de la contraction mu entièrement indépendant de la quantité d'oxygène contenue dans est de même indépendant de la présence ou de l'absence de la cii sang, n'étant pas modifié dans le muscle après la mort de l'animal
En résumé, il est confirmé par ces nouvelles recherches, que mènes thermiques dépendant des changements physiques et eh accompagnent la contraction musculaire restent,aufond, toujours dans toutes les conditions physiologiques où peuvent se trouver 1
LES GLUGOPROTÉINES
COMME NOUVEâL'X MILIEUX DE CULTURE CHIMIQUEMENT DÉFINIS POUR L* ÉTUDE DES MICROBES
Par M. CHARLES LEPIERRE
Chef des travaux du laboratoire de microbiologie de l'Université de Coimbra.
L*étude des microbes repose principalement sur leur culture. Ces êtres ont des exigences nutritives quelquefois difficiles à satisfaire; leur protoplasma renferme comme celui de tout être vivant les éléments suivants : carbone, hydrogène, oxygène, azote, phosphore, chlore, soufre, silicium, sodium, potassium, calcium, magnésium, fer, etc.; privés de chlorophylle ils ne peuvent fixer le carbone atmosphérique et cet élément doit leur être fourni sous la forme de composés tels que les alcools polyatomiques, hydrates de carbone, substances albuminoïdes. Les autres éléments, à l'exception de Tazote, sont facilement fournis par des composés simples (eau et sels divers). La difficulté est beaucoup plus grande pour Tazote ; cet élément indispensable aux microbes peut leur être offert sous la forme de nitrates, de sels ammoniacaux, d'aminés et d'amides plus ou moins complexes ou enfin de substances protéiques.
L'expérience a démontré depuis longtemps déjà que le nombre de microbes qui peuvent assimiler l'azote des nitrates est excessivement restreint. Il en est de même pour les sels ammoniacaux dérivés des acides minéraux : ces sels (que les végétaux supérieurs assimilent si bien) ne sont guère acceptés dans le monde des végétaux inférieurs que par les levures et les moisissures (liquide de Raulin, par ex.). Les sels ammoniacaux organiques (tartrate, succinate, etc.) qui servent de base aux liquides de Pasteur, de Gohn, d'Escherich, etc., sont d'assez bons liquides nourriciers pour quelques bactéries saprophytes, tandis qu*à de rares exceptions les microbes pathogènes ne s'y cultivent pas.
Parmi les composés azotés plus complexes, on a essayé l'urée^ Tasparagine (liquides d'Arnaud et Charrin, d'Ouchinsky, de Fraenkel, etc.) ; certains saprophytes y poussent bien, quelques microbes pathogènes aussi (le b.
BU CHARLES LEPIERRE
pyocyanique dans le liquide d*Arnaud-Charrin, par exemple, le colibacille dans le liquide d'Ouchinsky). Mais la plupart des microbes ne n*y développent pas. Les résultats d'Ouchinsky, concernant la culture du bacille diphtérique et du V. cholérique dans son liquide, n'ont pas été confirmés depuis (Hugounenq et Doyon). De mon côté je suis arrivé aux mêmes résultats négatifs. Les bactériologistes en sont donc réduits à l'emploi des substances albuminoîdes ; mais l'introduction de ces corps dans les milieux culturaux (par suite de leurs poids moléculaires élevés, de leur purification et séparation délicates, de leur instabilité, etc.) rend ces milieux tellement complexes que les grands problèmes de l'étude des toxines microbiennes, des ferments et substances solubles, etc., qui présentent tant d'intérêt pour la vaccination et la thérapeutique, en sont encore pour cela même à l'état embryonnaire.
L'opinion actuelle sur cette question peut se résumer en cette phrase de J. Gourmont : « Trouver un aliment simple capable de fournir l'azote aux microbes est le problème actuel. L^idéal auquel on doit tendre aujourd'hui est la possession d'un milieu de culture suffisamment nutritif et de composition simple et connue, d'un milieu fournissant l'azote aux microbes, saws contenir de substances albuminoîdes *. *
Macé* s'exprime ainsi : « Sans doute ici l'idéal serait d'employer des milieux de culture aussi rigoureusement établis que les liqueurs titrées des chimistes. Mais on en est encore bien loin, parce que la pratique force vite à reconnaître qu'aucun des nombreux milieux essayés et proposés à ce point de vue ne possède la valeur des anciens (bouillons ordinaires). *
J'ai été conduit à la solution du problème, dans le sens le plus large du mot, non par hasard, mais à la suite de considérations théoriques. Les travaux de M. Armand Gautier nous ont appris quels sont les termes successifs de la régression, dans l'organisme, des substances protéiques, de l'albumine primitive à l'urée. Mais la préparation en grand de ces leucomaïnes et uréides plus ou moins complexes, pour les nécessités des cultures microbiennes, est fort longue et j'ai de plus observé que les milieux de culture ainsi obtenus n'avaient qu'une faible valeur nutritive. G'est alors que j'ai eu l'idée de recourir aux produits de dédoublement des substances albuminoîdes par les alcalis, selon la méthode de mon regretté maître Schiilzenberger. Presque tous ces produits sont cristallisables et de composition chimique définie. Ils ont de plus perdu tout caractère proléique. La méthode de Schùtzenberger consiste, en résumé, à soumettre les matières albuminoîdes à l'action d'un alcali pendant un grand nombre d'heures à 100** ou à :200* ; la baryte a été choisie parce qu'elle donne des composés insolubles faciles à éliminer par filtration. La molécule albuminoïde se décompose en fragments d'autant plus simples que la température est plus élevée et que l'action est
* J. Gourmont. Précis de bactériologie, 2* édil., 190S, Paris, Doin, p. 72. ■ Maci. Bstctériologie, 1901, p. 171.