‹ Journal de physiologie (volume 2)Chapitre 44 sur 146 · J. GOURMONT ET CH. LESIEUR · texte numérisé non relu

J. GOURMONT ET CH. LESIEUR

La conclusion de tous ces faits était que la recherche du bacille d*Eberth dans le sang des typhiques s'imposait, pour faire le diagnostic précoce de la fièvre typhoïde, toutes les fois que le séro-diagnostic de Widal serait négatif (séro-réaction retardée).

Nous renvoyons à ce premier mémoire pour les renseignements bibliographiques sur les travaux antérieurs.

Depuis lors, M. Busquet, dans deux articles de la Presse médicale (15 janvier et 21 juin 1902) et dans un mémoire de la Revue de médecine (10 février 1902) sur la pneumo-typboide^ a, de même, obtenu constamment des cultures positives avec le sang de tous ses malades, mais, à cause de la technique employée par lui, il lui a fallu t recommencer 2, 3 et même 4 séries d'ensemencements pour obtenir des cultures positives » avec le sang d*un même malade. En effet, au lieu de cultiver une quantité sufflsante de sang dans un grand volume de bouillon, Tauteur répartissait le sang recueilli (1 à 5 ce.) par 1 à 2 gouttes, dans chacun des 20 à 30 petits ballons ensemencés.

Outre sa complication, ce procédé a donné fréquemment à l'auteur, comme nous Tavons dit, des résultats négatifs. M. Busquet ajoute que c la mise en évidence du bacille d'Eberth par la culture du sang du typhique peut nécessiter, en certains cas, de longues et minutieuses recherches ».

Cette présence constante du bacille d'Ebertb dans le sang des typhiques ne paraît pas être encore universellement admise, car nous lisons, dans une revue générale de M. Burdach S que cet auteur n'a rencontré le bacille qu*une fois dans le sang de 25 typhiques, en cultivant 40 gouttes de sang dans 300 centimètres cubes de bouillon. M. Burdach ne parait d'ailleurs pas connaître nos travaux, qu'il n'a pas cités.

Par contre, H. Schottmiiller *, cultivant le sang des typhiques sur gélose, y trouve le B. d*Eberth dans 84 0/0 des cas.

Nous avons poursuivi nos recherches pendant l'épidémie de 1902. Nous apportons aujourd'hui 28 observations nouvelles, très étudiées, ce qui porte à 37 le nombre total des cas que nous pouvons utiliser*.

A Toccasion de notre communication à la Société médicale des hôpitaux de PariSy F. Widal ♦ a apporté les résultats confirmatifs suivant : dans 5 formes légères (voir plus haut nos restrictions au sujet de ces formes), le sang ne donne pas de culture. Dans 20 cas moyens ou graves, le sang contenait 17 fois le Bacille d'Ebertb.

Troussainl ' a publié un cas où le sang contenait des bacilles le 5* jour, alors que la séro-réaction était encore négative.

Enfin, Stefanelli " n'a réussi que dans 26 0/0 de ses cas à isoler le bacille d'Ebertb du sang.

Burdach. Dcr Nachweiss von Typhusbacillen am Menschen (Zcitschr, f. Hvg., 1902, I. XLI, p. 805-354).

* H. ScHOTTMULLER. Zup Palhogenesô des Typhus abdominalis (xOTncA. medic. Woclica. 25 septembre 1902, p. 15G2).

' J. CouRMONT et Lesieur. Le bacille d'Ebertb dans le sang des typhiques {Soc. mèd, des hôp. de PariSy 5 décembre 1902).

* F. Widal. Recherche du bacille d*Ëberlh dans le sang des typhiques {Soc, mâd. des hôp. do Paris, 5 décembre 19J2, p. 1066).

* Troussaint. Arcti. de méd. et de phann. militaires, 1902, p. 236.

* Stbfanblli. a proposito della tifocmia nella febre tifoide {Bevista critica di Clinica medica, 1903, t. IV, n» 1.

BACILLE D'EBERTH ET SANG DES TYPHIQUES 3S8

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