ANEMIE PERNICIEUSE S
début (jusque 79,5 0/0), cédant à une polynucléose passagère au moment de la poussée leucocytaire générale^ pour reparaître, quoique beaucoup plus légère jusqu'à la guérison, bien que ]a leucocytose totale soit normale. Donc, mononucléose. Elle a été signalée, dans Tanémie pernicieuse en général, par Lazarus, Byrom Bramwell, Strauss et Rohnstein, etc. Celte mononucléose s'est, en outre, accompagnée de myélocytose jusqu'à l'expulsion des bothriocéphales; les myelocytes neutrophiles se montraient dans la proportion de 4 à 5 0/0, les éosinophiles, plus rares, dans celle de 1 0/0. Si on se souvient de la présence d'hématies nucléées,on voit que la formule était nettement celle de l'anémie pernicieuse.
Quant aux polynucléaires éosinophiles, ils ont été complètement absents jusqu'à la fin de juin ; il y eut ensuite une poussée éosinophilique au début de la convalescence, comme cela se voit au moment de la guérison de nombre de maladies.
Il est plus intéressant d'établir la courbe, non plus simplement du pourcentage des variétés leucocytaires, mais bien, comme nous l'avons fait dans le tableau II, celle des variétés leucocytaires suivant leur nombre, absolu, chiffre qu'on obtient en comparant celui du pourcentage avec le nombre total des leucocytes. On voit alors, à la simple inspection des courbes, que la soi-disant mononucléose n'est qu'une apparence ; les mononucléaires (M) sont restés constamment, pendant la maladie comme pendant la convalescence, à un total à peu près invariable et très voisin de la normale. Toutes les variations se sont passées aux dépens des polynucléaires neutrophiles; leur courbe (P) suit très fidèlement cello de la leucocytose générale (L); c'est avec eux que s'est fait tout le mouvement leucocytaire. S'il y avait hypoleucocytose au début (10 juin), c'est que les polynucléaires avaient presque disparu (821 en chiffre absolu ; 20 0/0 en pourcentage) ; s'il y a eu hyperleucocytose à la fin de juin, c'est qu'il y avait eu une poussée de polynucléaires (28 juin; 8586 et 80 0/0). La leucocytose générale redevient normale en juillet parce que les polynucléaires sent en nombre à peu près normal (cependant encore un peu inférieur dans la deuxième quinzaine de juillet).
Donc, l'anémie pernicieuse à bothriocéphale, telle du moins qu'elle s'est présentée dans notre cas, était due uniquement à des troubles de la moelle osseuse (apparition de myelocytes, d'hématies nucléées, anémie polynucléaire); la mononucléose (des mononucléaires normaux) n'est qu'une apparence; ceux-ci ne paraissent pas ressentir les effels de la maladie. Cela démontrerait une fois de plus, si cela était nécessaire, l'indépendance d'origine de ces deux éléments, telle que Ta établie Ehrlich.
Rappelons aussi que, pour Lazarus, la moelle osseuse est seule touchée dans l'anémie pernicieuse, le système lymphatique restant intact.
Nous avons fait des recherches bibliographiques sur cette question des leucocytes dans l'anémie pernicieuse à bothriocéphale. Elle est très mal connue.
Bard ^ a rapporté deux cas intéressants suivis de judicieuses réflexions, mais avec des examens leucocytaires incomplets.
Les cas allemands rapportés par Schauman (1898) ou par Strauss et
* Bard. L'anémie pernicieuse bothriocéphalique (Semaine médicale^ 23 juiHet 1902).