‹ Journal de physiologie (volume 2)Chapitre 67 sur 146 · ANÉMIE PERNICIEUSE · texte numérisé non relu

ANÉMIE PERNICIEUSE

tre joué un rôle prédisposant. Une cause (le bothriocéphale), insuffisante pour altérer la moelle osseuse d'un sujet absolument sain, entraine peutêtre une anémie pernicieuse mortelle, d'origine médullaire, chez un prédisposé. Nous croyons à Tiinportance considérable de cette prédisposition du ten*ain. En effet, chez notre malade, par exemple, la guérison n'a été obtenue que par l'expulsion; cependant, le repos, la suralimentation avaient déjà suffi (la cause réelle subsistant) à augmenter les globules rouges, à entraîner une poussée leucocytaire, à faire apparaître quelques éosinophiles ; la moelle osseuse placée dans de meilleures conditions essayait de se défendre.

Comment le bothriocéphale peut-il altérer si profondément une moelle osseuse même en admettant un état de moindre résistance de celle-ci? Certainement par intoxication ; des expériences assez nombreuses le prouvent (Schauman et Tallqvist). On a pensé que le ver ne devenait nuisible que s'il était mort et puti*éiié (Schapiro et Dehio, Ehrlich). Cela expliquerait pourquoi seuls quelques rares porteurs de bothriocéphale font de l'anémie pernicieuse. Dans notre cas, après le peloton de vers vivants, plusieurs fragments putréfiés ont été expulsés. Certains auteurs pensent, d'autre part, que le ver vivant est aussi toxique. Nous reviendrons alors à la seule explication possible ; une intoxication, insuffisante pour anémier un sujet normal, est suffisante pour altérer une moelle osseuse prédisposée. Nous acceptons cependant assez volontiers cette pathogénie de l'intoxication par le ver mort et putréfié.

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