NÉPHRITE PAR LE SUBLIMÉ
A son entrée il a une hématémése assez abondante, Tinterne de garde établit de suite un traitement (lait, eau albumineuse, injection de caféine et d*étlier contre le coUapsus).
Le lendemain matin à la visite, le patient est dans un état général très grave. Les vomissements continuent, souvent à vide, fatiguant énormément le malade. La déglutition est très douloureuse. La pression au creux épigastrique lui arrache des cris. Douleur diffuse à tout Tabdomen, spontanée et augmentée par la pression, surtout periombilicale. La diarrhée est abondante, blanchâtre, striée de sang. Il n*y a pas de melœna vrai. Le malade est dans une agitation pénible. Ses mains se crispent sans cesse.
Il a émis dans la nuit une petite quantité d'urine qu*on peut évaluer à un quart de verre environ. Ces urines sont claires et pourraient véritablement être prises pour de Teau absolument pure tant elles sont incolores.
L*acide azotique y décèle un disque épais d'albumine d'environ 1 centimètre de haut.
Rien au poumon ;
Rien au cœur, pouls un peu ralenti ;
Température : 37° ,3, 36»,8.
Les jours suivants, le malade a continué à souffrir de vives douleurs épigastriques. I^s vomissements bilieux ont persisté ainsi que les selles fréquentes, abondantes, séro-muqueuses, avec ténesme.— I^ 4* jour on constatait sur le bord gauche de la langue une plaque blanche : le lendemain et les jours suivants on a vu les lésions de stomatite augmenter et des ulcérations se produire sur la face interne de la joue gauche et sur la muqueuse de la lèvre du même côté. Le malade émet une fois encore des urines très p&les, malgré la grande quantité d'albumine.
Le 11 mars, c'est-à-dire 7 jours après l'absorption du toxique, sans que le malade ait présenté d^accidents nouveaux, il a succombé très rapidement sans avoir présenté de refroidissement ni de cyanose.
En sommey le pronostic qui d'emblée s'annonçait sévère à brève échéance, à cause de la quantité de toxique absorbé, a paru s'améliorer pendant 3 ou 4 jours. Le malade est mort le 7« jour après une anurie de 5 jours environ.
IL — Autopsie.
Rien à l'ouverture du thorax.
Dans la cavité périionéale et sur les anses intestinales, très congestionnées pour la plupart, on ne trouve pas de traces de péritonite. Pas d'épanchement dans la cavité péritonéale.
Poumons, droit, 575 grammes; gauche, 51 grammes. — Sont simplement congestionnés, sans noyaux d'hépatisation, ni de broncho-pneumonie. Le parenchyme crépite bien.
Cœur, 335 grammes. — L^anneau auriculo-ventriculaire droit parait un peu dilaté. Un peu de dépoli de l'endocarde du ventricule gauche, mais pas de lésions vraies de la mitrale. Rien aux sigmoïdes aortiques. Rien à l'aorte. Rien au péricarde.
Appareil digestif. — Il est le siège de lésions importantes.
Œsophage congestionné sur toute sa hauteur, il présente au niveau du cardia des ulcérations extrêmement nettes. Ces ulcérations sont très allongées (3 ou 4 centimètres) suivant le sens de l'organe. Elles sont d'un blanc opalescent et peu creusées.
Estomac. — Les lésions sont au maximum dans la région cardiaque et la région du fond. Là, la congestion est intense, les vaisseaux dilatés et la mu-*
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queuse injectée. Uexamen macroscopique ne revoie pas d'uicérations véritables. — Rien à la région prépylorique et pyioriqae.
Intestin grêle. — Duodenum paraît indemne de lésions au moins macroscopiques. — Celles-ci existent environ dans les 60 derniers centimètres de Viléon. A ce niveau, la congestion est très marquée, mais la muqueuse n'est pas noire comme dans le gros intestin. A mesure au'on se rapproche de la valvule de Bauhin, des ulcérations apparaissent, opalescentes, de la valeur d*un pois.
Cœeum et gros intestin. — Les lésions sont ici à leur valeur maximum. A l'ouverture s'écoule une bouillie noirâtre formée de matières et de sang. La muqueuse lavée est absolument noire. — Les ulcérations véritables creusées» rappelant celles de la dysenterie sont rares, mais alors les lésions multiples et très accusées qui se détachent sur le fond noir du colon consistent en traînées grisâtres qui correspondent au sommet des plis de la muqueuse sur une étendue de plusieurs centimètres dans la direction transversale. Examinée de près, on voit que cette coloration grisâtre, d^aspect diphtéroîde, est due à des escharres qui présentent déjà de petites ulcérations superficielles ; mais pour le moment, il y a plutôt boursouflement de la muqueuse que perte de substance.
Vappendice est congestionné.
Les lésions, qui diminuent d'intensité au niveau de la première partie du côlon descendant, redeviennent intenses au niveau du rectum où se voient plusieurs ulcérations blanchâtres de la valeur d^une pièce de 5<> centiiiies. Ces ulcérations siègent sur une élevure de la muqueuse et sont peu déchiquetées.
Foie, 1950 grammes, parait turgescent. A la coupe il est seulement gras et congestionné.
Rate, rien.
Reins, droit, 300 grammes ; gauche, 300 grammes. — Les reins présentent des lésions intéressantes. Tous deux ils sont très volumineux. A la coupe, ils apparaissent très congestionnés surtout suivant leurs pyramides de Malpighi, alors qu'entre elles les colonnes de Bertin sont blanchâtres comme la substance corticale. — A la coupe, le parenchyme est brillant, oedémateux, rappelant le rein œdémateux et congestif des eclampsies.— La capsule s*enlève facilement.
Capsules surrénales, rien.
Cerveau, Bulbe, Cervelet, rien.