A PROPOS D'UN CAS DE NÉPHRITE PAR LE SUBLIMÉ
Étude clinique, histologique et expérimentale. Par MM. M0UI88ET cl G. MOURIQUAND (de Lyon)
La néphrite par le sublimé est une des néphrites toxiques les mieux caractérisées au point de vue clinique comme au point de vue analomique. Nous avons eu l'occasion d'en étudier avec soin un cas des plus typiques. Nous l'avons fait suivre de quelques recherches expérimentales propres à expliquer sa pathogénie.
Nous avons pensé aussi qu'il était bon d'appeler l'attention sur certains symptômes intéressants de l'intoxication par le sublimé.
L — Observation.
Intoxication volontaire par le sublimé. Mort le 7** jour. Stomatite. Ulcérations de l'oesophage. Néphrite intense. Albuminurie considérables avec urines clidres et même incolores.
L. G. . ., 29 ans, photographe. Entré le 5 mars 1905, dans la salle Saint-Jean, pour un empoisonnement au sublimé.
On ne trouve rien k relever d'intéressant dans ses antécédents héréditaires. Pas d'afTections graves antérieures. Dans sa jeunesse il aurait eu seulement quelques crises de palpitations. Il t\t 4 ans de service militaire et avoue un alcoolisme marqué (vin-alcools). L. G. e.st un névropathe poursuivi par l'idée du suicide. Après quelques ennuis d*argent, il tente une première fois de mettre fin à ses jours, à Paris, il y a 1 an. Ces ennuis s'étant renouvelés et aggravés, il absorbe, le 4 mars à 9 heures du soir, deux heures après son souper, 10 grammes de sublimé (le malade étant photographe possédait chex lui une certaine quantité de ce toxique). Immédiatement après Tabsorption, le malade sent une brûlure atroce au plmrynx et le long de l'œsophage. U pousse des cris de douleur. Des vomissements abondants s*installent presque de suite. Sa femme remarque que les matières vomies sont blanches et par leur contact blanchissent le parquet. Une heure après l'empoisonnement, un pharmacien lui donne de l'ipéca. Les vomissements redoublent.
Le malade est amené à 11 heures du soir à Thôpital dans un état alarmant