VI. — Conclusions
Pour résumer en quelques mots les principales conclusions objectives des recherches exposées dans ce mémoire nous dirons que :
!• Chez le chien, la caféine, la théocine, Tacétate.de théocine sodique et Tagurine délerminent, par action locale sur la paroi des vaisseaux rénaux, une augmentation du calibre de ces vaisseaux. ;
* Léon Plumier. Loc. cit.
' Lapicque et M"« Gattin-Gruzewska. Influence du chloral sur les battements rythmiques dans le cœur du chien excisé [Soc. de biol., 190cJ, p. 189).
ACTION r:AHDIO-VASCULAIBE DES DERIVES XANTHIQUES 21
^ Dans nos expériences de circulation artificielle à travers le rein, chaque fois que nous avons provoqué une augmentation de la quantité de sang Iraversant le reiii pendant l'unité de temps, la diurèse s*est accrue et inversement chaque fois que nous avons déterminé une diminution de Tirrigation sanguine, la diurèse s*est abaissée ;
3* liH théocine, Pacétate de théocine sodique et Tagurine agissent sur la paroi des vaisseaux de la patte comme sur la paroi des vaisseaux rénaux, mais d'une façon beaucoup moins intense ;
4" La caféine détermine, par action locale sur la paroi des vaisseaux de la patte, une constriction suivie d'une dilatation de ces vaisseaux ;
5* La théocine, l'acétate de théocine sodique et l'agurine augmentent la puissance et la fréquence des contractions du cœur isolé du chien.
LA SPLENECTOMIE NE MODIFIE PAS LA SÉCRÉTION BILIAIRE Par M. N. C. PAULESCO
(Travail du laboratoire de physiologie de la Faculté de médocioe de Bucarest.)
Etant donné le fait que le sang qui sort de la rate passe à travers le foie, — nous nous sommes demandé si la rate n*a pas quelque influence sur la sécrétion de la bile ?
Le présent travail répond à cette question.
Historique.
Deux mémoires, parus récemment, ont établi que la raie joue un rôle important dans la production de la bile.
Recherches de M. A. Pugliese,
A. Pugliese, étudiant avec T. Luzzatti ^, l'action des poisons hématiques (pyrodine et toluilendiamine) chez les animaux splônectomisés, fut conduit, par des considérations hypothétiques, à examiner la bile chez des chiens privés de rate ^. .« Par un lien logique nous sommes donc amenés à penser que, cœteris paribus^ au foie d*un chien privé de la rate, doit arriver, dans l'unité de temps, une quantité moindre de pigment sanguin, ce qui revient à dire que, dans l'unité de temps, les cellules hépatiques élaboreront moins de pigment biliaire ».
Dans le but de vérifier cette hypothèse, Pugliese pratique, sur deux chiens, la fistule de la vésicule biliaire. Après 55 jours, il commence à recueillir la bile et y « recherche le contenu en pigments biliaires, en résidu sec et en mucus ».
Plus tard, il extirpe la rate aux deux chiens et, « dans une période plutôt éloignée de la splénectomie », il recommence à recueillir la bile sur laquelle il répète les analyses faites avant l'ablation de la rate.
• A. Pugliese et T. Luziatti. Arch, p. le Se. Môd,, t. XXIV, p. 1. — Arch. ilal. de BioL, t. XXXUI, p. 349.
' A. Pugliese. Contribution à la physiologie de la rate, 2* note. — La sécrétion et la composition de la bile chez les animaux privés de rate {Arcb, /. Anat. u. Physiol. , Phyaiol. Abth., 1899, p. 60. — Policlinico, VI, 1899. — Arcû. ital. de BioL, 1900, XXXUI, p. S59).
Voici la technique employée dans ces analyses et résumées par Tauteur luimême 1 : « La recherche la plus importante pour mon but fut naturellement d'établir la richesse de la bile en substance colorante, avant et après la splénectomie. Ne possédant pas un bon spectrophotométre, je dus nécessairement recourir à des méthodes approximatives... Je recourus donc à la construction d*une échelle chromatique... Je précipitai une quantité fixe de bile avec 4 fois son volume d*alcool 3, je laissai déposer le mucus, je filtrai sur un filtre taré et je lavai le filtre avec de Talcool bouillant. Le filtre lavé et séché servit pour la détermination du mucus; le liquide filtré, porté toujours au même volume, servit pour la construction de l'échelle chromatique. Dans ce but j'employai des tubes d'essai, identiques comme hauteur, comme diamètre et comme capacité, que je comparai entre eux. Pour avoir aussi une idée approximative du contenu en bilirubine des différents liquides filtrés, je comparai la coloration que le liquide avait dans la série des petits tubes avec celle qu'on obtenait en dissolvant une certaine quantité de bilirubine dans du chloroforme ^ (4 milligr. dans 20 ce. de chloroforme). Comme contrôle je cherchai aussi quelle dilution on devait donner à la bile pour que l'opacité de l'extrémité droite du spectre disparût. Pour cet examen, j'employai un spectroscope Vierordt petit modèle et une cuvette à faces parallèles, du diamètre de 13 millimètres et de la capacité de 30 centimètres cubes ».
Voici maintenant les résultats de ces analyses.
« La quantité, la densité, le résidu sec et l'extrait alcoolique de la bile ne se modifièrent, à la suite de la splénectomie, ni d'une manière constante, ni d'une manière notable». Mais, t dans les deux expériences, après avoir extirpé la rate, les pigments biliaires diminuèrent considérablement : de plus de moitié ».
« Je me crois donc autorisé à conclure, — dit l'auteur, -— que les chiens privés de rate éliminent une bile beaucoup moins riche en pigments biliaires. •
« 11 me semble donc, — ajoute-t-il, — qu'il y a un grand fond de vérité dans rhypothôse, déjà entrevue en partie par Ponfîck ^, laquelle attribue à la rate la fonction importante d'accumuler et de conduire au foie, par la veine porte, le matériel nécessaire aux cellules hépatiques pour la formation des pigments biliaires. La rate une fois enlevée, ce matériel se répand dans d'autres organes, — et spécialement dans la moelle osseuse, — et il n'arrive au foie que peu à la fois et par la circulation générale. Conséquemment, le foie, ayant une moindre quantité de matériel à élaborer, éliminera aussi moins de pigments biliaires ».
Dans une publication ultérieure ^, Pugliese reprend la question et pour
' PuGLiBSB. Arcb, ital, BioL, 1900, t. XXXIII, p. 368.
' Noos ferons remarquer que l'addition, à la bile, de 4 volumes d*alcool absolu, ne précipite pas tougours toute la mucine contenue dans cette bile. Il nous est souvent arrivé d'obtenir même après Taddition de 8 volumes d'alcool, un précipité, lorsque nous ajoutions, aa liquide filtré et limpide, une nouvelle quantité d'alcool.
* L'addition d'alcool absolu, l'agitation du mélange, sa filtration, le lavage du filtre avec de l'alcool bouillant, — toutes ces manipulations que l'auteur fait subir à la bile avant de déterminer sa teneur en pigment, — ont pour effet de transformer, du moins en partie, la bilirubine en biliverdine ; de la sorte, les résultats de la comparaison des solutions alcooliques (mélange de la bilirubine et de biliverdine), avec une solution chloroformique titrée de bilirubine, sont illusoires.
Un autre inconvénient de cette méthode est que la mucine précipitée par l'alcool fixe une certaine quantité de pigment que Ton ne peut enlever même par un lavage très prolongé à Talcool.
Ces considérations nous ont obligé à ne pas adopter, sur ce point, la méthode de M. Pagliese (voir plus loin, Méthode).
* PoNFicK. Berlin, klin. Wocb., 1883, n« 26.
* Pugliese. BoU. d. Se. Med. di Bologna ^ 8* série, t. 1, décembre 1901. — Arch. ital. de Biol., 19W, t. XX.WUI, p. 257.