‹ Journal de physiologieChapitre 112 sur 578 · M6 M0UI6SET ET G. MOURIQUAND · texte numérisé non relu

M6 M0UI6SET ET G. MOURIQUAND

malade guérit. Cependant à partir de ce temps le pronostic s'assombrit. A noter aussi, après les signes tapageurs et douloureux du début, une période d'accalmie trompeuse, puis la mort rapide au 1* jour, par collapsus, sans symptômes rappelant les diverses formes cliniques de Turémie.

Au point de vue anatomo-patbologique, — Laissant de côté les lésions des divers organes constatées à l'autopsie retenons seulement que :

Les lésions intenses du gros intestin, qui ne manquent jamais dans l'intoxication par le sublimé, entraînant une diarrhée dysentériforme et des fermentations secondaires, deviennent ici, une nouvelle cause d*intoxication surtout quand la néphrite supprime la principale voie d'élimination.

Les reins congestionnés et œdémateux doivent être comparés à ceux de réclampsie.

Histologie, — Les coupes du rein, nous ont montré une congestion intense de tout le parenchyme ; V absence d'altérations glomérulaires, les glomérules sont intacts dans la majorité des observations (Chauffard, Delaunay, obs. II, etc.), la lésion intense des tubuli contorti et des anses ascen^ dantes de Henle, qui est relevée par tous les auteurs. Les tubes sont véritablement obstrués dans ces cas par la desquamation épithéliale. On a dans ces conditions une véritable anurie mécanique; suivant la judicieuse remarque de Chauffard, le courant venu du glomérule sain se heurte à cette barrière sans pouvoir la traverser dans les cas intenses.

Notre cas, loin d'être exceptionnel, est au contraire un cas typique d'intoxication par le sublimé. Il rassemble en un faisceau les différents symptômes souvent épars dans les observations antérieures. Mais il mérite surtout d'être étudié au point de vue des lésions rénales et des modifications urinaires, auxquelles l'article récent de Chauffard > vient de rendre l'actualité. Ces lésions rénales sont du plus haut intérêt, aussi n'avons-nous pas cru devoir négliger ^expérimentation pour les éclairer. Nous avons eu la bonne fortune de reproduire chez l'animal des lésions rénales en tous points superposables à celles observées chez l'homme.

Page 1