P. VAILLANT
Agrégé Docteur es sciences physiques.
Chargé du cours de physique à la Faculté des sciences de TUniversité de Grenoble.
La déterminatioa de la chaleur spécifique n'a été faite que pour quelques tissus et liquides de rorganisme et par un petit nombre d* expérimentateurs. C'est ce que montre le tableau suivant, que nous nous abstiendrons de commenter : .
Milieux considérés. Chaleur spécifique. Noms des auteurs.
Rosenthal (1878) K
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Chiffre cité par Landois*.
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Rosenthal.
Cité par Landois..
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Berthelot(1889)3.
W. F. Llyod (1897) \ Hilierson et Stein Berstein (1898) ^
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H. Bordier (1900)6.
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Tissu osseux (compact) 0,300
Tissu osseux (spongieu x i 0 , 710
Tissu adipeux 0,712
Muscles striés 0,825
Muscles de Thomme 0,741
Muscles du bœuf 0,787
Lait de vache 0,992
Sang défibriné 0,927
Sang humain 1 ,02 (?)
Sang artériel 1,031 (?)
Sang veineux 0,892 (?)
Sang défibriné de mouton 0,872
Sang humain normal 0,710
Sang humain artériel 0,8724
Sang humain veineux 0,8708 •
Sérum sanguin 0,9401
Sang artériel. . l pour diverses e^j- 0,901
Sang défibriné < pèces: bœuf, veau 0,920
Sérum ( chien 0,932
Sang artériel de chien 0,906
Stfng veineux de chien 0,893
Il nous a paru intéressant de iaire connaître les résultats que nous avons obtenus avec certains liquides physiologiques et pathologiques au moyen d*une méthode susceptible d'un assez haut degré de précision.
Rosenthal. Archiv, fur Analomie und Physio]., 1878, p. 215.
Landois. Traité de Physiologie humaine, 18 , p. 883. ' Bbrthelot. Annales de Physique et de Chimie, G* série, l. XX, p. 178. ' W. F. Llyod. British médical Journal, n» 1920* ^ Travaux du laboratoire de M. Louguinine, 1S98. ^ H. BoRDiER. Journal de Physiol, et do Pathol, générale, 1900, p. 386.
414 GHANOZ ET P. VAILLANT
Principe de la méthode. — C'est celui qu'ont appliqué Griffiths, Shùster et Gonnon, Callendar et Barnes à la détermination de la chaleur spécifique de l'eau et à celle de l'équivalent mécanique de la calorie.
Le liquide, protégé contre les actions thermiques extérieures, est chauffé par un courant qui traverse un conducteur immergé dans le calorimètre. La chaleur spécifique se déduit du nombre de joules dépensés dans le conducteur et de l'élévation de température correspondante du liquide.
Pour rendre cette méthode applicable aux liquides conducteurs, comme sont en général les liquides de l'organisme, nous avons dû y apporter quelques modifications M^a spirale de fil nu immergée dans le liquide a été remplacée par une lampe à incandescence de 10 bougies.
D'autre part, la mesure de l'élévation de température a été remplacée par celle du temps nécessaire à produire un effet thermique déterminé, toujours le même. Le thermomètre fonctionnant dans des conditions constamment très voisines, nous avons, sans diminuer l'approximation, évité les corrections longues et minutieuses de calibrage et de déplacement du zéro.
Enfin, en employant pour la mesure du temps un dispositif qui permet d'évaluer avec précision le dixième de seconde, nous avons pu limiter l'élévation de température à l°c., c'est-à-dire rester assez près de la température ambiante pour n'avoir point à tenir compte des causes de refroidissement.
Comme les déterminations ont porté sur l'intervalle 16-17**, nous n'avons pas commis d'erreur appréciable, en prenant dans l'évaluation de la valeur en eau du calorimètre, la calorie pour chaleur spécifique de l'eau ».
Dispositif expérimental. — Le liquide (1 kilogramme) est placé dans le vase intérieur d'un calorimètre Berthelot au fond duquel est fixée une lampe de 120 volts et 10 bougies.
Ce liquide est brassé par un agitateur, formé de 4 petites roues à ailettes mobiles autour d'un axe vertical et entraînées à la vitesse de 100 toursminute environ, par un petit moteur indépendant.
Dans le calorimètre plonge d'autre part un thermomètre Beckmann au 1/100. Un viseur à réticule permet de délimiter le ménisque mercuriel à 1/10 de division près.
La lampe est actionnée par une batterie de 60 accumulateurs. En série avec cette lampe sont un rhéostat R et un ampèremètre de précision Siemens à aiguille plate et à miroir. L'observateur règle R pendant l'expérience de façon à maintenir le courant / constant et égal à 0 amp., 230. La constance peut être assurée à 1 ou 2 milliampères près.
La différence de potentiel e aux bornes de la lampe est donnée d'autre part par un potentiomètre Carpentier, par comparaison avec un élément au cadmium bien étalonné. L'erreur relative sur e ne dépasse pas quelques dix-millièmes.
Enfin le temps est évalué à l'aide d'un chronographe Hipp, genre Morse, sur le ruban duquel s'impriment d'une part les battements d'une horloge à contacts électriques et donnant la seconde, et d'autre part le commencement et la fin de l'expérience.
* P. Vaillant. Chaleur spécifique des solutions de sels de cuivre (C /?., octobre 1905). ■ Ames. Rapport du Congrès de Physique de iOOO.