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I. — HISTORIQUE

C*est à Rabuteau (1873) qu'on doit ce principe, que la toxicité des alcools croît avec leur point d'ébullition. C'est là une véritable loi, qui mérite d'être désignée sous le nom de loi de Rabuteau.

Elle fut confirmée ensuite par les recherches de Dujardin-Beaumetz et Audigé (1879), qui Texprimèrent d'une façon un peu différente et avec une restriction : € La toxicité croît, disaient-ils, avec le nombre de molécules de carbone, mais avec une exception pour l'alcool méthylique, l'alcool éthylique devenant ainsi le moins toxique de tous » (Voyez le tableau ci-dessous).

Une technique plus parfaite, la méthode des injections intra-veineuses, a permis à MM. Jeffrey et Serveaux de rectifier et de préciser ces premiers résultats (1895-1897). D'après eux, la toxicité croît avec le poids moléculaire, et cela, même à partir de l'alcool méthylique ; de plus, pour cet alcool

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et pour Talcool de vin, les chiffres qu'ils obtenaient diOèrent sensiblement de ceux de Dujardin-Beauraetz et Audigé (Voyez le tableau).

D'un autre point de vue, Daremberg étudiait vers la même époque (1895) la toxicité des boissons alcooliques et insistait avec raison sur le grand danger des alcools supérieurs et des autres substances étrangères telles que le furfurol, étudiées aussi, d'ailleurs, par Joffroy et Serveaux. Mais Daremberg allait trop loin en accordant trop peu d'importance à la toxicité de l'alcool éthylique lui-même.

L'étude de l'intoxication alcoolique chez les poissons avait été entreprise dès 1893 par Houdaille, au Jaboratoire de Richet;ces auteurs, ainsi que Picaud (1897), ont ainsi vu la toxicité des alcools croître avec leur insolubilité, ce qui était encore conforme à la loi de Rabuteau. Mais Cololian, reprenant leurs recherches en 1901, ne confirme la loi classique qu'en rétablissant l'exception trouvée par Dujardin-Beaumetz et Audigé en faveur de l'alcool éthylique, et d'ailleurs en remarquant combien il est difficile de se procurer l'alcool méthylique exempt d'acétone. Or, nous le verrons, nos expériences nous autorisent à replacer, comme Rabuteau, Jofîroy et Serveaux, l'alcool méthylique au bas de l'échelle de toxicité.

D'ailleurs, Billard et Dieulafé ont vu la toxicité des alcools être directement proportionnelle à leur viscosité et à leur tension superficielle, et pour Tiihner dont les expériences ont eu pour objet l'intoxication des embryons d'oursins de mer, l'alcool éthylique, déjà étudié à ce point de vue par Ziegler, serait trois fois plus toxique que l'alcool méthylique et trois fois moins que l'alcool propylique (1903-1904).

D'autres travaux récents ont paru sur le même sujet : les dosages d'alcool dans le sang des intoxiqués, par Gréhant et Nicloux (1899-1905), et l'article de Valentino (1905), avec des considérations intéressantes sur le mécanisme de l'intoxication ; nous y reviendrons tout à l'heure.

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