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ROGER ET J08UÉ
timètres. Dans les autres expériences, la pression ne s'est pas modifiée, ou n'a subi qu'une légère diminution. Ainsi, les matières précipitées par l'alcool conservent un léger pouvoir hypotensif. Elles gardent également ana certaine action immunisante contre les extraits actifs : ceux-ci abaissent encore la pression, mais TefTet est moins marqué et moins durable que chez les animaux témoins.
Quant aux matières que Talcpol dissout, elles sont absolument in actives. Après avoir chassé l'alcool par evaporation, on reprend le résidu dans l'eau salée. L'injection du liquide ainsi obtenu ne produit aucun changement de pression et ne confère aucune immunité.
De cette série de recherches, nous pouvons conclure que les substances actives de l'extrait intestinal sont représentées par des matières albuminoïdes que l'alcool coagule plus ou moins complètement. Ce résultat nous conduit i rechercher si la chaleur, en coagulant les albumines^ exercera sur les extraits intestinaux la même influence. Nous faisons bouillir un extrait, nous jetons sur un filtre et le liquide clair qui s'écoule est injecté dans les veines d'un lapin. La pression s'abaisse, mais assez légèrement; il faut, par exemple, introduire iO c. c. pour obtenir une chute de 30 millimètres. Si le pouvoir hypotensif est amoindri, le pouvoir vaccinant semble peu modifié. Un lapin qui avait reçu en trois doses 12 c. c. du liquide chauffé, supporta^ sans présenter le moindre trouble, une injection de 5 c. c. de l'extrait primitif, et cependant cet extrait était particulièrement actif; le témoin qui reçut la même dose ne tarda pas à succomber après avoir présenté une chute énorme de la pression artérielle.
Fi(i. 5. — Deux iDjeclions à 5 minutes d'intervalle de 5 c. c. d'extrait préparé à chaud.
Après avoir étudié l'influence de la chaleur sur les extraits obtenus par macération dans l'eau froide, il nous fallait rechercher l'action des extraits préparés en faisant bouillir dans de l'eau salée une portion d'intestin. Par cette dernière méthode, on coagule encore les albumines, mais on extrait du viscère des substances que l'eau froide ne peut entraîner. Aussi les résultats ont-ils été bien différents. L'ébullition notis a permis de préparer une subs«> tance hypotensive exerçant une action tout à fait spéciale. Sous son influence la pression s'abaisse pour remonter presque aussitôt, en qnelqnes secondes; on voit s'inscrire sur le tracé une courbe fort régulière, un demi-cercle ou une demi-ellipse. C'est ce qu'on peut appeler la dépression en encoche. Le môm^ phénomène se répète à chaque injection nouvelle, il ne se produit auc4ine vaccination, aucune accoutumance; seulement, après chaque injection, la pression moyenne reste légèrement abaissée (fig. 5); .
Voici, à titre d'exemple, le résumé de deux expériences :
Un lapin reçoit dans une veine 3 c. c. d'extrait obtenu par Tébullition. La pression tombe de 120 millimètres, chiffre initial, à 100 millimètres, puis rémonte à 118. Cette double modification s'est produite en 22 secondes. Une deuxième injection de 2 c. c. amène, une modification analogue; abaissement i 86, retour rapide à 110. On pratique une troisième, puis une quatrième injection, l'effet est semblable. On introduit alors 4 c. c, la pression tombe de 106 i 75 ; on injecte ensuite 3 c. c. et on obtient encore l'encoche caractéristique.
Sur un autre lapin, dont la pression initiale est de 100 millimètres, nous injectons 6 c. c. d'extrait. La pression tombe à 70 pour remonter presque aussitôt, en 20 secondes, à 84. Deux autres injections amènent un abaissement, l'une de 85 à 52 millimètres, l'autre de 85 à 55 et, comme toujours, la pression se relève rapidement en 20 ou 25 secondes. . La substance hypotensive que renferment les extraits obtenus par ebullition est soluble dans l'alcool. Les extraits hydro-alcooliques produisent les mêmes effets que le liquide primitif et provoquent également une dépression en encoche. C'est ainsi que dans une de nos expériences, une injectioù de 2 ce. de l'extrait hydro-alcoolique fit baisser la pression de 110 à 64; 20 secondes plus tard, le manomètre était remonté à 82. Au bout dé quelques minutes, la pression étant à 100 millimètres, on injecte 5 c. c. dé l'extrait; la pression s'abaisse à 44 et, en 30 secondes^ revient à 90; après avoir laissé écouler quelques minutes, on injecte encore 2 c. c, aussitôt une chute se produit de 95 à 50 millimètres. Enfin, une dernière injection de 1 c. c. amène un abaissement de 90 à 55.
Dans une dernière série d'expériences, nous avons étudié l'influence des extraits préparés par macération de la muqueuse duodénale dans de l'eau additionnée d'acide chlorhydrique. Le liquide obtenu a été soumis à l'ébulliiion, de façon à coaguler les albuminoïdes et à conserver la sécrétine. L'injection dans les veines du lapin a déterminé une chute lente, progressive et peu marquée : 30 millimètres dans un cas, 10 millimètres dans un autre. Nous n'avons pas obtenu l'encoche si caractéristique :que produisaient les extraits précédents.
De tous les faits que nous venons de rapporter, nous pouvons conclure que l'intestin: renferme plusieurs substances hypotensives. Une de ces substances peut être obtenue par macération dans l'eau froide, elle amène un abaissement marqué et durable de la pression; une injection préalable confère l'immunité contre les injections ultérieures. Cette substance est probabbement de nature albuminoïde, elle est coagulée par l'alcool et la chaleur. Cependant, après Tébullition, si le pouvoir hypotensif est supprimé, le pouvoir immunisant persiste, ce qui tend à prouver que les deux effets se* trouvent sous la dépendance de deux substances différentes. En tout cas, il est possible de dissocier les deux phénomènes.
En épuisant l'intestin par l'eau bouillante, on obtient une autre substance hypotensive. Celle-ci détermine un abaissement assez marqué, mais peu durable, qui se traduit sur le tracé par une encoche. Les injections successives restent efficaces : on n'obtient pas d'immunisation. / •
Enfin^ la sécrétine elle-même exerce une action sur la pression. Hais cette action est peu marquée et semble pçu importante.