J. WAITZ
6. W. H. Kemper. The world's anato' mists, un vol. in-d6 de 79 pages, Philadelphie, P. Blakiston's Son and G% 1905.
Courtes notices sur 239 anatomistes
ANALYSES
parmi lesquels se trouyent cependant quelques noms de physiologistes et de médecins, tels que Baillarger, Claude Bernard, E. de Cyon, Debove, Flourens, Haller, Haryej, R. Heidenhain, K. Ludwig, Magendie, etc., qui ont découTert quelque particularité anatomique ou histologique. Malgré leur brièveté, ces notices sont suffisantes pour donner une idée précise de l'œuvre des savants mentionnés. On doit regretter des omissions qu'il eût été facile de réparer, comme les dates de mort de Baillarger, Bizzozero, Lujs, et quelques erreurs; ainsi l'auteur fait de l'anatomiste français Thomas Lauth un Allemand, et de Purkinje, né en Bohême, à Libochov^itz, un Hongrois.
Plusieurs beaux portraits ornent cet ouvrage, qui, très facile d'ailleurs & consulter, ne saurait manquer de rendre des services. e. g.
A. Binet. L'année psychologique, t. XII, un vol. in-S^'deGTâ pages, Paris, Masson et C-, 4906.
Parmi les mémoires originaux du t. XII de cette excellente publication, je signalerai ceux de Z. Trêves sur la fatigue, le travail et l'effort; de B. Bourdon sur l'influence de la force centrifuge sur la perception de la verticale; de L. Blaringhem sur la notion d'espèce et la théorie de la mutation ; de G. Bohn sur les tropismes, les réflexes et l'intelligence; les recherches de pédagogie scientifique (mesure de l'acuité visuelle et de l'acuité auditive chez les écoliers, méthodes pour l'appréciation de l'intelligence, sens esthétique, etc.), de A. Binet, Th. Simon et Vaney et l'étude de E. Mach sur le rapport de la physique avec la psychologie. Parmi les revues générales, l'attention sera retenue par celles de Van Gehuchten sur l'anatomie du système nerveux, de L. Fredericq sur la physiologie du système nerveux, de Nuel sur les sensations, de (i. Bohn sur la psychologie comparée, de Grasset sur l'hypnotisme, de E. B.
Leroy sur la pathologie mentale, de G. Guillain sur la pathologie du système nerveux. L'ouvrage se termine, comme d'habitude, par des analyses dont beaucoup doivent intéresser les physiologistes. E. G.
Gh. A. François-Franck. — L'œuvre de E. J. Marey. Broch. in-8» de 56 pages, avec 23 fig. Paris, 0. Doin, 1905.
L'auteur s'était proposé de publier en
un volume, avec documents détaillés, les leçons dans lesquelles il avait exposé les études de Marey sur la locomotion terrestre, aérienne et aquatique, ainsi que ses belles recherches sur les fonctions circulatoire et respiratoire. Mais les souscriptions, faciles et bAtives pour les médailles offertes aux vivants, sont, paraîtil, plus lentes et plus difficiles pour les livi'es consacrés aux morts. Il est permis de regretter que le successeur de Marey à la chaire du Collège de France n*ait pu réaliser un projet qui eût été profitable à tous et eût permis de mettre en relief, comme elle le méritait, l'une des figures les plus considérables de la physiologie française au dix-neuvième siècle. — Marey a exercé, en effet, la plus grande influence sur l'orientation de la physiologie vers les méthodes de recherches précises et exactes de la mécanique et de la physique. On sait son rôle dans le développement de la méthode graphique et son application k l'étude de tous les phénomènes de la vie animale. Descartes avait montré Le premier les avantages de la méthode graphique comme méthode d'exposition, « la courbe, suivant le langage de Mai*ey, exprimant les phénomènes les plus variés, transformant d'obscures statistiques en une exposition lumineuse, condensant sous le regard et faisant embrasser d'un coup d'œil une quantité énorme de documents «.
Gomme méthode de recherches, la méthode graphique était installée en physique depuis de longues années, puisqu'on en peut trouver l'origine, comme le fait observer François-Franck, dans Tanémométrographe du marquis d'Ons-en-Bray (4734). Ludwig l'inaugurait en physiologie par l'emploi de son kymographe ou manomètre à mercure enregistreur (1847).
Mais son développement fut l'œuvre, on peut le dire, de Marey, qui vraiment l't a faite sienne par les développements qu'il lui a donnés pendant près de cinquante années » (François-Franck). Un Français, pour lequel on peut particulièrement regretter que les exigences de la vie ne lui aient pas permis de se consacrer entièrement à la physiologie, Charles Buisson, compagnon d'études et émule de Marey au laboratoire de Martin-Magron, avait imaginé et réalisé l'inscription à distance au moyen de la transmission par l'air, en 4859. Dans sa thèse de doctorat en médecine (Paris, 1862), Ch. Buisson avait décrit comme appa»
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
reil de tranftmission une capsule manométrique, qui devint le point de départ du tambour à. levier de Marey»
universellement connu. A cet outil fondamental Marey ajouta, toute la série d'appareils, sphygmographes, cardiographes, myographies, pneumographes, manomètres élastiques, etc., qui sont devenus le point de départ de l'outillage actuel de la physiologie dans le monde entier.
L'excès d'appareils similaires a même amené une conséquence fâcheuse, qui serait de nature à compromettre l'avenir de la méthode graphique, si Marey luimême n'avait indiqué l'écueil avec le moyen de l'éviter. Tous les appareils utilisés n'ont ni même sensibilité ni même exactitude; ils ne sont pas davantage réglés à une amplification uniforme pour chaque groupe respectif. Les résultats des uns et des autres ne sont donc pas directement comparables. Bien plus, la vitesse de déroulement du cylindre enregistreur est avec chaque expérimentateur, et pour un même phénomène, extrêmement variable; les courbes d'un même phénomène obtenues par des expérimentateurs différents dans de telles conditions ne sont pas davantage comparables. Si l'on veut que la méthode graphique donne des résultats réellement utiles, il importe donc d'uniformiser les méthodes et les appareils. 11 faut codifier la méthode graphique. C'est à cette œuvre, ou plutôt à établir les bases de cette œuvre que Marey a consacré les dernières années de sa vie. Il avait assuré l'existence de la méthode graphique ; il voulut en assurer l'avenir. La fondation de l'Institut interaational de contrôle des instruments enregistreurs, adoptée par le 4' congrès international des physiologistes à Cambridge, sous l'inspiration de Marey, répondit k cette pensée. — On sait encore la part personnelle que prit Marey au développement de la chronophotographie.
GrAce aux perfectionnements qu'il apporta à cette méthode, il put pousser très loin l'analyse du mouvement, il put fixer les diverses phases des mouvements rapides de la locomotion de l'homme, du cheval, du vol de l'oiseau. 11 fit le premier la chronophotographie du cœur. Il ne lui appartint pas de réaliser la projection photographique du phénomène en mouvement, et qui constitue à proprement parler la cinematographic. Il reproduisit toutefois la synthèse des mouvements soit au moyen des appareils dérivés du
phénakistîcope de Plateau, des divers stroboscopes, soit en utilisant le zootrope qui lui permit en particulier, en introduisant dans l'appareil des figurines en relief, de donner « l'illusion complète > du vol de l'oiseau. Marey était, en effet, plus encore un esprit de synthèse qu'un esprit d'analyse; les deux tendances étaient, du moins, chez lui, associées à un haut degré, comme la preuve en est fournie par le nombre considérable de ces schémas, qui furent toujours sa manière. C'est que ces appareils, reproduisant les phénomènes fonctionnels qu'il avait soumis à l'analyse, lui donnaient la certitude qu'il avait su en dégager les conditions déterminantes. La synthèse garantissait l'analyse : son esprit était satisfait. Cet esprit de synthèse, c'est-àdire cet esprit philosophique, qui échappe au lecteur superficiel de l'œuvre de Marey et que François-Franck s'est appliqué à mettre en relief, apparaît magnifiquement, en particulier, dans le beau livre du maître sur le Mouvement dans les fonctions de la vie. Dans ce livre se continue le génie français, fait de clarté, de précision et de synthèse, suite des Lavoisier, des Laénnec, des Claude Bernard, des Pasteur. v. pachon.
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
ET COMPARÉE
PHARMA COD Y N AMIE
L.-G. Maillard. Cristallisation périodique dans l'espace, reproduisant certaines structures cytologîques. (80) ' LX, 855-857; 49 mai 4906.
J. KunsUer et Gh. Gineste. Modifications et constitution de la substance vivante consécutives aux variations de milieu. (80) LX, 843-814; 12 mai 1906.
U. Steiani et F. Ugolotti. Contribution à l'étude du développement et des caractères spécifiques de l'adaptation (72) XLV, 445-464; 4906. — Résumé d'une série d'études dans lesquelles les auteurs ont envisagé leur sujet à divers points de vue. Ils rappellent pourquoi les actions spécifiques choisies comme
' Les numéros entre parenthèses tiennent lieu des titres où ont paru les travaux analysés. La liste de ces périodiques se trouve 4 la fin du fascicule.
ANALYSES
objet d'étude (action pupillaire de Tatropine et de la pilocarpine ; action vagocardiaque de Tatropine) se prêtent particulièrement à des recherches de phjsiologie cellulaire, qui leur ont permis d'arriver à démontrer la nature cellulaire de l'adaptation. Hs sont partis de cette constatation que la réaction primitive présente des caractères déterminés; l'elTet de la répétition du stimulus consiste en ce que, au bout d*un certain temps, la cellule ou bien se fatigue, ou bien s'adapte. Dans ce dernier cas, après une période de lutte contre le poison, la cellule, après avoir tâtonné pour arriver & connaître comment il est le plus utile de se comporter, flnit par trouver la voie juste; la cellule est alors adaptée. L'adaptation a des caractères cellulaires précis : la cellule commence à réagir avant )e temps, mais refrène ensuite le cours ultérieur de la réaction, de manière que l'intensité de celle-ci, non seulement n'augmente pas, mais diminue. Ainsi, par rapport k la réaction primitive, la réaction devenue habituelle, la réaction d'adaptation est plus facile et aussi elle exige un effort moindre du protoplasma de la cellule; l'adaptation à un stimulus spécifique tend à supprimer la fatigue, à concilier la prompte exécution de la réaction spécifique avec le maintien de l'intégrité des fonctions fondamentales de la cellule.
E. FKINDEL.
p. Statke-witsch. Galvanotropismus und Galvanotaxis der Ciliata. (34) VI, .43-43; 1906. — La réaction gahanotropique des infusoires est indépendante du milieu dans lequel ils se trouvent. Elle est la même pour les infusoires d'eau douce et pour les infusoires marins placés dans l'eau ordinaire, l'eau salée ou l'eau de mer pourvu qu'ils aient été préalablement accoutumés à ces milieux. Il faut des courants plus intenses pour produire le galvanotropisme chez les infusoires mis dans l'eau de nier que pour ceux mis dans l'eau ordinaire. En même temps que l'orientation, le courant électrique détermine des modifications des processus chimiques de l'entoplasme. La coloration vitale au rouge neutre permet de voir un virage du violet au rouge et au jaune brun d'autant plus prononcé que la durée de passage et l'intensité du courant sont plus considérables. m. lambert.
H.Winterstein. ZurFragederSauerstoffspeicherung (Sur la mise en réserve de
roxygéne). (16) XX, 41-44; %l arrH 1906. — Il n'y aurait pas de dépôts d'oxjgè&e dans les centres nerveux. Expériences faites sur la moelle isolée avec le aûcrorespirométre de Thunberg.