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BERNARD ET SALOMON. RECHERCHES SUR LA TUBERCULOSE RÉNALE

dans nos expériences sur la tuberculine. On constate des irrégularités dans l'existence même des lésions : 9 animaux en ont présenté; 9 nous ont montré des reins absolument normaux. Des animaux traités en même temps, de la même manière^ avec le même bacille, sacrifiés après la même survie, appartenaient à Tune ou à l'autre catégorie, sans que rien nous permette d'expliquer cette divergence. On ne peut l'attribuer à une perméabilité différente des sacs, puisque parmi les animaux dont les reins étaient normaux, certains présentaient des tubercules du foie^ du poumon et de la rate, attestant le passage hors du sac non seulement de poisons, mais même de bacilles.

On ne peut qu'incriminer théoriquement les différences de végétation du hacille dans les divers organismes, la variation de ses sécrétions toxiques comme quantité et comme qualité, les aptitudes réactionnelles propres aux sujets inoculés.

Dans les cas où existent des lésions, même variabilité dans leur nature, sans qu'on puisse lui reconnaître aucune raison. On peut observer soit de la congestion, soit de la gloméruHte avec périglomérulite, soit de la sclérose embryonnaire périvasculaire ou pérîcanaliculaire, soit des lésions épithéliales légères ou profondes (tuméfaction trouble, fonte protoplasmique avec disparition des noyaux, formation de cylindres), réparties par tlots parcellaires;' On ne peut invoquer le temps de survie des animaux, car, sacrifiés un^ deux, trois ou quatre mois après l'opération, les animaux présentent indifféremment des lésions épithéliales, ou vasculaires, ou interstitielles, isolées ou réunies. On ne peut invoquer la virulence du bacille, car des animaux inoculés avec le même échantillon présentent les unes ou les autres lésions.

On aboutit nécessairement à cette notion que l'action des poisons tuberculeux diffusibles est éminemment banale et inconstante^, et que c'est bien plutôt la réaction particulière de chaque organisme qui en conmiande les effets. On ne peut relever aucune spécialisation dans ceux-ci; les altérations du rein, souvent nulles, sont toujours légères, banales et variables. Que l'on emploie la tuberculine ou la méthode des sacs de collodion, on ne peut trouver de conditions constantes propres à créer un certain ordre constant d'altérations de cet organe; le déterminisme expérimental de celle-ci est véritablement insaisissable.

Devant ces constatations, il paraît hasardé d'admettre conmie une vérité établie que les lésions de néphrite des tuberculeux sont dues aux poisons bacillaires diffusibles; si l'on en rapproche les résultats des expériences faites avec le bacille, où celui-ci provoque de pareilles altérations, il paraît difficile de séparer radicalement, comme on l'a fait, les lésions dues aux bacilles et les lésions dues aux poisons. A coup sûr, rexpérimentation va à rencontre de cette scission; et en particulier, elle n'éclaire guère la part qui revient aux poisons diffusibles du bacille. Difficiles à isoler, quasi-impossibles à obtenir dans l'état où ils existent et agissent dans l'organisme humain, ils ne permettent à l'expérimentateur aucune conclusion qui justifie la conception pathogénique actuellement classique des néphrites tuberculeuses.

ANALYSES

OUVRAGES DIVERS, TRAITÉS, MONOGRAPHIES

R. F. Fa'chs. Physiologisches Praktikum fur Mediziner (Pratique physiologique à l'usage des médecins et des étudiants), un Tol. gr. in-8* de xvi-261 pages, avec 93 figures. Wiesbaden, J.-F. Bergmann,

L'étude de la physiologie ayant évolué dans ces dernières années, Fauteur pense que ce volume pourra servir de guide à tout étudi&nt ou praticien désirant expérimenter. Il a systématiquement écarté de son exposé toutes les expériences sur le chien qui ne sont possibles que dans un laboratoire. Il s'est borné à employer des lapins, des grenouilles et des pigeons.

La chimie physiologique, qui doit logiquement compléter son ouvrage, fait l'objet d'un volume spécial confié aux soins du D' Oscar Schulze; l'auteur s'est entendu avec son collègue pour éviter des répétitions dans l'un ou l'autre des deux volumes.

Le livre de Fuchs est écrit pour les médecins et non pour les physiologistes, et par conséquent l'auteur donne des notions pratiques et simples. Les auteurs cités ne l'ont été qu'autant qu'ils ont donné leurs noms à un instrument ou & une expérience. L'ouvrage est divisé en deux parties : la première, plus générale, décrit les appareils électriques nécessaires aux expériences physiologiques, la technique générale des opérations sur les animaux vivants, les anesthésiques à

employer pour les différents animaux (pour les grenouilles, éther; pour les lapins, injections sous-cutanées d'hydrate de chloral à 50 pour iOO; pour les pigeons, éther) ; les moyens d'hémostase, et enfin la préparationrdes différents muscles et nerfs de la grenouille. Les neuf premiers chapitres de la seconde partie sont consacrés à l'étude du sang, du cœur, de la circulation générale et de la pression sanguine, de la lymphe, de la respiration, des mouvements péristaltiques et vibratiles, du muscle, du nerf, de rélectricité animale, du système ner- . veux central. Les trois derniers traitent de l'optique, de l'acoustique, de la voix et du langage et des autres organes des sens. Dans chacun de ces chapitres, l'auteur décrit les différents appareils à employer et la manière de s'en servir, les animaux les plus propres à telle ou telle expérience. Pour les battements de la pointe du cœur, par exemple, il indique le cardiographe deHûrthle;pour mesurer la pression sanguine chez le lapin, le manomètre à membrane de caoutchouc de Hùrthle ou l'enregistreur des ondes sanguines de Gad (dans ce dernier appareil la membrane de caoutchouc est remplacée par une mince plaque en tôle ondulée); pour la pression sanguine chez l'homme, le tonomètre de Riva-Rocci. Dans le chapitre sur la lymphe se trouve une description assez longue de la façon d'observer les mouvements des leucocytes. La myographie iso tonique et isométrique fait l'objet d'une partie du chapitre Vil sur le muscle.

ANALYSES

L'ophtalmoscopie et la laryngoscopie sont exposées d'une façon claire et pratique.

Ce volume, comme le dit d'ailleurs Fauteur lui-même, ne peut remplacer ni le cours théorique, ni les indications personnelles du maître. Il est appelé à rendre des services k l'étudiant et surtout au praticien qui ne veut pas ignorer ou oublier la pratique d'expériences physiologiques simples. j. waitz.

F. Bottazzi. Il metodo sperimentale nelle discipline biologiche, vol. in-12 de as pages, Milano, Societ& éditrice libraria, 1906.

Quatre études différentes, mais reliées les unes aux autres par un lien étroit, composent ce livre; la première est consacrée à Texposé des principes de la méthodologie scientifique, la deuxième à Léonard de Vinci considéré comme le fondateur de la méthode expérimentale, la troisième à l'œuvre philosophique de l'ancien professeur de pathologie médicale de Florence, Maurice Bufalini (1787-1875), et la quatrième aux limites de la méthode expérimentale. Les principes et les règles que l'auteur a posés d'abord comme étanl ceux des sciences de la nature, il les montre en effet merveilleusement compris et appliqués par L. de Vinci et par M. Bufalini. Le premier, aussi profond penseur que génial artiste, a fait de la méthode expérimentale la base de toute connaissance; t la science, dit-il, est fille de l'expérience »; t l'expérience ne trompe jamais, mais nos jugements nous trompent. » Le second, avec une t rès grande puissance et une constante application, s'est efforcé de débarrasser la médecine de tout empirisme et de l'amener à la discipline de l'expérimentation. L'auteur, tout en prenant bien garde de le comparer au premier (« un tel rapprochement serait comme une profanation » [p. 89]), remarque cependant qu'il a eu toute sa vie la conviction profonde que, en dehors de la méthode expérimentale, il n'y a point de certitude scientifique ; par là, il mérite d'être placé auprès de L. de Vinci, parce qu'il a compris que les sciences médicales, elles aussi, comme toutes les sciences de la nature, doivent se soumettre complètement à cette méthode.

Sa célébrité de clinicien a porté préjudice à son renom de philosophe de la nature. Par d'heureuses citations.

Bottazzi montre toute la valeur de cet eminent esprit, dont les conceptions peuvent êlre rapprochées de celles d'un R. Mayer ou d'un E. Mach. Dans l'étude consacrée A L. de Vinci, non moins que dans le premier chapitre, on admirera toute la richesie d'érudition de Bottazzi et sa critique ingénieuse. — Après avoir célébré et illustré par des exemples éclatants la méthode expérimentale, il convient d'en faire voir l'exacte portée. Le chapitre dans lequel l'auteur traite des limites de cette méthode est plein de réserve sagace. t Les limites du àèittminisme scientifique ne sont pas celles de la connaissance, ni la méthode expérimentale l'unique méthode possible; et pourtant ce sont bien celles de la science qui a conquis la prédominance dans la culture moderne et élevé l'homme jusqu'à un niveau de vie intellectuelle et matérielle de beaucoup supérieure à la vie de nos ancêtres... » s. o.

Jacques Loeb. The dynamies of living matter, un vol. in-8* de xi-233 pages, New- York, The Macmillan company, 4906; — Vorlesungen ûber die Dynamik der Lehenserscheinungen ( Leçons sur le dynamisme des phénomènes vitaux), un vol. in-8' de v 1-324 pages avec 61 figures. Leipzig, J.-A. Barth, 1906.

L'édition anglaise et l'édition allemande de cet ouvrage ont paru à peu près en même temps. — L'auteur considère les organismes vivants comme des machines chimiques qui sont essentiellement constituées par la matière colloïdale et qui ont la propriété de se développer, de se conserver et de se multiplier d'une façon automatique. C'est l'énergie chimique qui est la source de leur énergie, et c'est aux processus chimiques qu'incombe le soin d'édifier les matériaux dont est composée la machine vivante. Ces matériaux ne sont autres que de la matière colloïdale. Le^cycle de ces phénomènes physico-chimiques et biologiques est parcouru en onze conférences faites à la Columbia University, à New-York. — Dans les trois premières de ces conférences sont exposées la chimie générale des phénomènes vitaux, la respiration considérée conune un phénomène cataly tique, les oxydases et enfin la théorie de l'action des enzymes; vient ensuite la structure physique générale de la substance vivante et les manifestations vitales physiques élémentaires.

OUVRAGES DIVERS. TRAITÉS. MONOGRAPHIES

Dans les conférences suiyantes, l'auteur traite de la valeur biologique des sels et de l'action excitante du courant électrique. Il expose l'influence de la température sur les phénomènes vitaux, ainsi que l'énergie rayonnante et l'héliotropisme. Les trois dernières conférences sont consacrées à la fécondation, à l'hérédité et à la régénération. — On se félicite de trouver réunies dans cet admirable livre la masse des faits découverts par Lœb et les idées générales qui en découlent. J. WAITZ.

H. Boruttau. Die Elekirizitàt in dei' ^ Medizin und Biologie, un vol. gr. in-8' ' de xi-194 pages avec 127 figures dans

le texte. Wiesbaden, J.-F. Bergmann,

Toute la première partie de ce livre est consacrée au rappel des notions les plus importantes de l'électricité : électricité positive et négative, corps bons et mauvais conducteurs, notions de potentiel, de capacité électrique et d'influence, condensateurs, machines électriques, magnétisme terrestre et electro -magnétisme.

L'auteur aborde ensuite l'étude de l'électricité dynamique, le galvanisme, la théorie des piles, celle des courants électriques, l'intensité, la force électro-motrice et la résistance du courant, les lois de Joule et d'Ohm, le solénoîde et l'électroaimant, l'induction et la self-induction, l'extra-courant, les machines magnétoélectriques, les dynamos, les transformateurs, les courants alternatifs et les courants de haute fréquence, la résonance, les ondes électriques, la télégraphie sans Gl, etc. Cette première partie se termine par l'étude des piles et des aiguilles thermo-électriques. Vient ensuite un court chapitre où l'auteur résume les unités fondamentales du système G. G. S.; il passe ensuite à la mesure de l'intensité du courant par le galvanomètre, de l'intensité des courants alternatifs, à la mesure des résistances par les rhéostats, de la force électro-motrice par le voltmètre et enfin à la mesure du travail électrique. Dans la troisième partie sont exposées l'électrolyse et l'électro-chimie, connaissances indispensables pour comprendre les applications pratiques de l'électricité au diagnostic, à la thérapeutique et à la pathologie. L'auteur donne quelques détails sur la conductibilité et la dissociation électrolytique, sur les ions, etc. Il faut remarquer un petit cha-

pitre sur la cataphorèse dont l'importance est grande pour la compréhension de la partie se rapportant à l'introduction des médicaments solubles par le courant électrique dans l'intérieur des tissus. La quatrième partie traite des phénomènes bio-électriques. La cinquième partie est consacrée aux applications physiologiques de l'électricité, k l'excitation tendineuse, musculeuse et nerveuse; un chapiire spécial s'occupe de l'électrotonus des neifs. — L'électro-pathologie, qui occupe la sixième partie du livre, passe en revue les diflérents troubles provoqués par l'électricité soit dans ses manifestations naturelles (la foudre), soit par différents instruments, ces troubles pouvant aller jusqu'à la mort (electrocution). L'auteur cite quelques moyens de secours dans les cas d'accidents produits par l'électricité. Le chapitre lxxxi de cette partie traite des modifications bio-électriques dans les états pathologiques. Boruttau admet que ces modifications peuvent être telles que par elles on arrive à reconnaître la nature de la maladie, d'où l'électro-diagnostic qui fait l'objet de la septième partie de l'ouvrage, dans laquelle sont à mentionner les chapitres sur l'excitation faradîque et galvanique. Dans la huitième partie du livre consacrée à l'électrothérapie l'auteur passe en revue les divers modes de traitement, tels que la galvanisation, la faradisation, la galvano-faradisation^ les courants sinusoïdaux, les bains électriques, la franklinisation, l'arsonvalisation ou les courants de haute fréquence (courants français), l'électrolyse chirurgicale, l'introduction des médicaments par le courant électrique, l'électromagnétisme, l'électropuncture du cœur et l'électro-narcose. 11 consacre la dernière partie de son livre aux moyens électriques adjuvants de la médecine; il décrit les électromoteurs qui servent k la respiration artificielle, les électro-aimants, employés dans l'ophtalmologie, la galvanocaustique, l'éclairage électrique pour l'endoscopie, les bains de lumière électrique; il expose enfin la méthode de Finsen pour le traitement du lupus, les rayons de Rôntgen, les rayons de Becquerel et la radioactivité.

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