E. LE8NÈ BT A. CLERC
Médecin des hôpitaux. Ancien interne des hôpitaux.
(Travail des laboratoires des D'* Chauffard et Vaquez.)
Les progrès qu*OQt fait accomplir à Thematologid l'emploi des techniques nouvelles, comme aussi Texamen systématique du sang dans les diverses maladies, n'ont pas été sans produire dans le tableau clinique de la lymphadénie une certaine complication. On sait aujourd'hui que les néoplasies primitives, nées dans l'intimité des centres hématopoîétiques, se traduisent, quand elles retentissent sur le sang, par une réaction myéloide ou lymphoîde, avec absence ou présence d'une leucocytose en excès. Les épithètes de pseudo-leucémie, de leucémie aleucémique, de leucémie aplastique, appliquées à de tels cas, ne nous semblent pas des plus heureuses; car, jusqu'à nouvel ordre du moins, nous considérerons la leucémie comme un cas particulier d'une lésion plus générale qui est la lympliadénie.
Cliniquement, la lympbadénie aleucémique ne se révèle pas seulement par une lymphocytose ou une myélémie, sans élévation du nombre des globules blancs; presque toujours les hématies se raréfient plus ou moins ; parfois môme l'hypoglobulie, par son intensité, fait penser à l'anémie pernicieuse. Or, si certaines manifestations extérieures telles que les adenopathies, la splénomégalie, les tumeurs osseuses permettent souvent de rattacher l'anémie à une néoplasie paralysant l'activité des centres hématopoiétiques (anémie myélophtisique des Allemands), dans certaines observations, au contraire, tous les symptômes se réduisent à ceux d'une insuffisance hématique rapidement progressive et ne s'accompagnaut d'aucune tumeur apparente. Nous n'insisterons pas ici sur les cas dans lesquels la réaction sanguine revêt le type myélémique, mais sur ceux oîi les formes lymphocytaires sont les seules à modifier, par leur prédominance, la formule hémoleucocytaire. Une observation récente, pouvant au premier abord appartenir à cette
94 E. LESNÉ ET A. CLERC
seconde catégorie, est venue nous rendre encore plus frappantes les difRcultés d'interprétation, difficultés que Texamen microscopique du sang ne permet pas toujours de surmonter. En rapprochant nos constatations de celles faites par différents auteurs, nous nous attacherons à discuter les rapports qui unissent anatomiquement Tanémie pernicieuse et la lymphomatose aleucémique et nous montrerons que si, cliniquement, la question peut paraître d'un moindre intérêt, il n*en est plus ainsi quand on essaie d*interpréter la nature et la physiologie des lésions.