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NAGANA CHEZ LE CHAT PAR INGESTION DE RATS NAGANÊS

Par M. L. LACOMME

(Travail da laboratoire de M. le professeur J. Courmonl.)

L'étude du mode de propagation des trypanosomes est de la plus grande importance au point de vue de la prophylaxie des affections causées par ces protozoaires. Il est, en effet, bien difficile de prendre des mesures contre une affection dont on ne connaît pas exactement le mode de propagation. Comment empêcher de pénétrer dans l'organisme un parasite si Ton ne connaît pas les voies par lesquelles il y entre?

La voie la plus commune paraît être la voie sous-cutanée ou inlra-vasculaire par l'intermédiaire de certains insectes. Il ne faudrait cependant pas croire que la piqûre soit le seul mode de propagation des trypanosomes; on a également indiqué comme voie de pénétration de ces parasites, la voie stomacale ou buccale, mais dans ce cas, il semble, sans que cela soit parfaitement démontré, nécessaire qu'il y ait une érosion de la muqueuse. Dans la dourine, les trypanosomes passent peut-être à travers la muqueuse même saine.

Les cas de contamination par la voie buccale dans le nagana sont assez rares ; aussi nous avons cru intéressant d*en rapporter deux que nous venons d'observer récemment. Avant d'entrer dans le détail de nos deux cas, nous rappellerons que jusqu'à ce jour il n'y a eu que deux autres cas semblables; ils ont été publiés, le premier par le professeur Chantemesse, et le second par MM. Laveran et Mesnil.

Obs. 1 (Professeur Chantemesse). — Un chat mange le 20 octobre 1903, une souris naganée qui venait de mourir. Un mois après, on constate que le chat maigrit, que la tête est enflée et que les yeux sont malades. Les troubles s^accusent et l'animal succombe le 3 décembre, 44 jours après son inoculation accidentelle. Le sang fourmille de trypanosomes. La rate est hypertrophiée (35 gc. pour un animal de 2,040 gr.) ; le foie est également grossi. L'animal est complètement aveugle : opacité de la cornée et du cristallin. Tout autour de l'œil, le poil est tombé et il s'est développé des croûtes (m Laveran et Mesnil).\

Obs. 2 (Laveran et Mesnil). — MM. Laveran et Mesnil ont observé un chat qui est mort 25 jours après avoir mangé un cadavre de cobaye naganô, avec

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sensiblement les mômes symptômes que le précédent ; les derniers jours, les trypanosomes étaient nombreux dans le sang.

Obs. III (Personnelle). — Par suite d'une inattention d'un garçon de laboratoire, un chat mange un rat qui venait de mourir de nagana. Ceci se passait le 18 septembre 1905. Ayant déjà depuis longtemps l'intention de faire cette expérience, afin de vérifier les faits analogues, nous continuâmes à faire donner à ce chat des rats naganés.

Pendant une absence qui nous retint loin de Lyon, nous ne pûmes suivre ce chat, mais on avait noté les symptômes cliniques qu'il avait présentés pendant ce temps et nous les résumons ci-dessous.

Une quinzaine de jours (3 ou 4 octobre) après l'ingestion du premier rat, le chat présente de légers œdèmes des paupières, de la chute des poils autour des yeux et un léger écoulement aux angles internes des yeux, et ces symptômes vont en augmentant d'intensité; (il avait déjà, nous sommes en droit de l'affirmer, des trypanosomes dans le sang).

Le 14 octobre, de retour à Lyon, nous examinons le chat que nous trouvons dans un état d'amaigrissement très avancé ; de plus, tous les symptômes cidessus énoncés continuent à s'accentuer, mais un autre est venu s'y ajouter: les yeux du chat se troublent, l'humeur aqueuse blanchit jusqu'à devenir complètement opaque.

Nous examinons alors le sang dans lequel nous trouvons quelques trypanosomes, mais pas très abondants.

Meurt le 9 novembre, c'est-à-dire 52 jours après avoir mangé le premier rat nagané. A l'autopsie rien de particulier, à peine une légère hypertrophie de la rate.

Obs. IV (Personnelle). — Encouragés par ce résultat positif, nous résolûmes de continuer dans cette voie et nous recommençâmes une expérience analogue.

Le 14 novembre 1905 on donne à manger à un chat, un rat qui venait de mourir de nagana.

Le 20, c'est-à-dire cinq jours après, on commence à voir quelques trypano- ' somes dans le sang du chat : ceux-ci sont encore assez peu nombreux, mais, dans la suite, leur nombre augmente avec rapidité, jusqu'à être au moment de la mort, presque aussi nombreux que les globules rouges.

Pendant ce temps des œdèmes fugaces se montrent à la face et surtout au niveau des paupières.

Un écoulement se produit peu à peu aux angles internes des yeux et, comme dans l'autre cas, la chambre antérieure de l'œil devient opaque jusqu'à rendre l'animal absolument aveugle.

Enfin, il meurt le 11. décembre 1905, c'est-à-dire 28 jours après l'ingestion d'un seul rat : le sang fourmille de trypanosomes.

Cette facilité de pénétration des trypanosomes à travers la muqueuse digestive doit faire penser que, dans la nature, il peut se produire des cas de trypanosomiases autrement que par la piqûre des insectes. On peut en effet supposer que des animaux, soit sauvages, soit domestiques, peuvent s'infecter en dévorant les cadavres d'animaux naganés. Par analogie, on peut môme supposer que Thomme peut également s'infecter en mangeant de la viande mal cuite provenant d'animaux atteints de la maladie du sommeil, si on admet que le gros gibier sert de réservoir où les Glossina vont puiser les trypanosomes. Ceci est évidemment une hypothèse, mais elle nous parait vraisemblable : c^est pourquoi nous nous permettons de l'émettre. En tout cas, comme deux précautions valent mieux qu'une, on ne nous reprochera pas de conseiller de ne manger que de la viande bien cuite dans les pays où la maladie du sommeil est endémique.

NAGANA CHEZ LE CHAT il7

Si maintenant nous cherchons à étudier le mécanisme par lequel se fait la pénétration des trypanosomes dans l'organisme par la voie digestive et à en tirer des conclusions pratiques, nous sommes amenés à deux hypothèses :

1"* L'infection se fait par la muqueuse saine ;

2* Elle se fait par la muqueuse excoriée.

Etudions ce qui peut se passer dans chacim de ces cas.

Supposons tout d'abord que, comme dans la dourine, les trypanosomes du nagana puissent passer à travers les muqueuses saines : dans ce cas, rien ne s'oppose à ce que les trypanosomes qui ont traversé la muqueuse pour pénétrer dans l'organisme ne la traversent dans l'autre sens [)Our en sortir lorsqu'ils y auront pullulé.

Si, au contraire, on admet qu'il faille une érosion pour que le trypanosome du nagana puisse pénétrer dans l'organisme, on doit admettre également qu'il peut en sortir s'il y a érosion.

Que l'on admette l'un ou l'autre de ces deux modes d'agir des trypanosomes, on peut supposer que, à un moment donné, il peut y avoir mélangés, à la salive, des trypanosomes, dans ces conditions celle-ci serait capable de contaminer les animaux qui viendraient à se trouver en contact avec elle. 11 n'est pas absurde dans ces conditions de croire que des animaux naganés puissent par morsure transmettre le nagana à des animaux sains.

Nous avons commencé, à ce sujet, une série d'expériences que nous publierons ultérieurement.

Cette manière de voir n'est évidemment qu'une hypothèse, mais comme celle que nous avons émise plus haut, elle ne nous parait pas invraisemblable, et pour cela, nous tenions à soulever la question, car nous croyons qu'elle en vaut la peine.

ANALYSES

OUVRAGES DIVERS, TRAITÉS, MONOGRAPHIES

G. von Bunge. Lehrbuch der Physiologie des Menscheriy t vol. in-8° carré, de V1.436 pages et de x-670 pages, 2® édit. , Leipzig, F. C. W. Vogel, 1903.

Nous avons signalé (ce journal, 1901, p. 467 et 1018) la première édition de ce très important et original ouvrage et indiqué son contenu en même temps que loué Toriginalité des vues.

Il y a peu de changements dans le t. 1 de cette nouvelle édition, sauf d'intéressantes additions dans les leçons sur le développement et sur la régénération, en particulier des critiques à la théorie darwinienne, quelques lignes dans la leçon sur le sympathique et toute une leçon sur la mort (p. 404-415).

Le tome II du traité représente en même temps la 6* édition du Lehrbuch der physioloffischen und pathoLogischen Chemie du même auteur. Bien qu'elle soit augmen* tée de 78 pages par rapport à la précédente édition, cette partie de Fouvrage n*a pas subi non plus de grands changements, ce surplus de pages étant dû à des moditicalions d'ordre typographique plutôt qu'aux additions peu importantes que l'ouvrage a reçues. Ces additions ont trait notamment : à la page 30, à la répartition de la silice dans les divers tissus chez l'homme et c}ioz le bœuf; à la page 67, aux produits d'hydrolyse des maiières albuminoîdes avec formules développées et indications quantitatives (p. 71 et 77) ; à la page 225, au mode d'action des diastases avec réplique

à certaines critiques d'Ostwald ; à la page 547, à la constitution de l'adrénaline, etc.

En ce qui concerne la position que l'auteur a prise dans les questions controversées de la chimie physiologique, il n'y a pas de changements importants à signaler; bornons-nous à dire qu'il accepte maintenant comme très vraisemblable une dislocation assez profonde des matières protéiques au cours de la digestion intestinale (p. 238). Mais il faut ajouter que, pour un certain nombre d'autres questions, qui se sont grandement modifiées dans ces dernières années, et sur lesquelles on eût été heureux de trouver des renseignements chez un auteur aussi original et aussi personnel à tant d'égards, l'ouvrage reste entièrement muet. Ainsi la question de l'inoclivité du suc pancréatique pur vis-àvis des protéiques, celle de renlérokinase et de la sécrétine, et toutes ces associations fonctionnelles entre les diverses sécrétions digestives, mises en lumière dans ces dernières années, ne sont môme pas mentionnées. D'autres questions, comme le rôle des sels de chaux dans la coagulation, les oxydases, sont très écourtécs. A la page 203, l'auteur dit que, si l'on donnait à des chiens « agastres n de la viande pourrie — essai qui n'a pas encore été lait — , le rôle antiseptique du suc gastrique apparaîtrait aussitôt. Or, cet essai a été fait par Pachon et Carvallo.

Il est vrai qu'à ces critiques, d'ailleurs secondaires, on peut répondre que l'auteur n'a pas eu l'intention d'écrire un traité syslématiqiiey où toutes les parties de la chimie physiologique soient représentées avec une ampleur proportionnée à leur importance, mais qu'il s'est proposé de présenter

ANALYSES

un choix très libre de questions actuellement mûres pour un exposé d^ensemble et qui soient de nature k introduire Tetudianl dans les grands problèmes de la biochimie, et à l'habituer à la critique et à la réflexion personnelles. Dès lors, la limite à laquelle doit s'arrêter rexposition de chaque question et le choix môme de ces questions deviennent à tel point affaire d'appréciation personnelle et d'opportunité pédagogique, qu'ils échappent, dans une certaine mesure, à la critique.

Quoi qu'il en soit, l'ouvrage conserve les fortes qualités de clarté, de mesure et d'originalité qui ont fait le légitime succès des précédenles éditions, e. lambling.

C. Granier. La femme criminelle j un vol. in-12, de ix-468 pages. Paris, 0.

Doin, 190G (avec 38 fig. dans le texte et une carie hors texte).

Cet ouvrage est le premier volume d'une nouvelle collection, placée sous la direction du D' Toulouse, la Bibliothèque biologUiue et sociologique de la femme^ qui doit comprendre 15 volumes. Il s'explique par ces mots de la préface, que « pour mettre en relief Pentité féminine, l'étude de son aspect sombre, la criminalité, est aussi utile au sociologue que le noir au dessinateur »>. L'auteur essaye d'abord de déterminer le type criminel féminin, puis passe en revue les diverses « spécialités criminelles » de la femme et étudie entin la répression.

H. Boruttau. Zum Andenkcn an Georg Meissner (A la mémoire de G. Meissner). (t)^ ex, 351-399; 1905. — G. Meissner (1829-1905) a occupé la chaire de Gôtlingen de 1860 à 1900. 11 a eu un rôle important dans le développement de la physiologie en Allemagne. Il s'est signalé, entre autres, par la découverte des corpuscules du tact, du réseau nerveux de la paroi intestinale (plexus de Meissner), par ses études sur la digestion (peptones et propeptones), sur l'électricité musculaire, et par un très grand nombre de recherches de détail dans les différents domaines de la science biologique.

DASTRB.

* Los numéros entre parenthèses tiennent lieu des titres des périodiques où ont paru les travaux analysés. La liste de ces périodiques se trouve à la fin du fascicule.

PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE

ET COMPARÉE

PHARMACODYNAMIE

V. Ruzicka. Ueber tinctorielle Differenzen zwiscben lebenden und abgestorhenen Protoplasma (Différences entre le protoplasma vivant et le protoplasma mort au point de vue de l'absorption des colorants), (2) CVII, 497-534; 1905. — L'auteur rappelle les expériences de Mosso(1888) et de Rhumbler (1893). On utilisait le vert de mélhyle ; pendant les derniers moments de la vie, les tissus, globules du pus, leucocytes, epitheliums vibratiles, se montraient colorés en bleu ou en violet et après la mort en vert émeraude, ce qui tient à un changement de l'alcalinité du milieu en acidité. — La substance vivante se colore, contrairement à ce que Ton professait autrefois. C'est le cytoplasraa qui se colore le mieux, mais le noyau peut aussi se colorer, f.a coloration n'implique ni la mort ni l'absence de fonctionnement. Les bactéries du charbon sont colorables, bien que leur substance (nucléine) soit analogue à celle des noyaux. — L'auteur montre qu'il faut renoncer au vert de mélhyle ; il emploie i un mélange de colorant basique et de colo- ^ rant acide, dans la pensée que pendant la vie delà cellule, le colorant basique pénétrerait les granules du cytoplasma et après la mort pourrait colorer le noyau, tandis que le colorant acide qui ne peut rien pendant la vie pénètre après la mort dans le cytoplasma. Les colorants choisis le plus souvent ont été le rouge neutre et le bleu de méthylène. L'auteur étudie d'abord les Rhizopodes, les Flagellates, les Diatomées, les Ghlorophycées, ; puis les vers, Tépithélium vibratile de la grenouille, les fibres musculaires, etc. Les cellules qui meurent prennent dans le mélange la couleur bleue; pendant la vie elles préfèrent le rouge. Les résultats s'expliquent par la supposition de l'existence dans le protoplasma de deux groupes chimiques ayant un pouvoir réducteur différent. dastre.

Ralph Lillie. The physiology of celldivision. 1^ Experiments on the conditions determining the distribution of chromatic mater in mitosis (43) XV, 46-84; 1905. — Les formes de groupements que prennent les colloïdes dans la cellule vivante, principalement les chromosomes et les filaments chromotiques dans la cariokynèse sont dé-

PHYSIOLOGIE GENERALE

terminées par des attractions et des répulsions électriques. En utilisant des petites aiguilles magnétiques et en les exposant à des actions attractives ou magnétiques, on obtient des figures en spirales qui rappellent absolument les phases observées dans la cariokynèse ; les conditions nécessaires pour obtenir un disque equatorial permettent de déduire que les centres astraux ont une action répulsive sur les chromosomes.

J.-P. LANGLOIS

W. Packard. On resistance to lack of oxygen and on a method of increesing this resistance (Sur la résistance à Tabsencc d'oxygène).' (43) XV, 3041; 4905. — L*auteur après avoir déterminé le temps de survie d'animaux marins des différents groupes, poissons, crustacés, etc., placés dans Teau de mer, privée d'oxygène en faisant passer un courant d*hydrogène, montre qu'on peut augmenter cette résistance en renforçant l'alcalinité du sang par une injection de bicarbonate de soude et diminuer cette résistance par une injection d'acide acétiqne. Maze ayant soutenu que la lévulose dans le sang peut favoriser les oxydations en l'absence de l'oxygène atmosphérique, Packard a injecté à ces poissons des solutions de lévulose^ mais sans observer ane augmentation dans la résistance à l'asphyxie. j.-p. langlois.

H. Guillemard et R. Moog. Influence des hautes altitudes sur la nutrition générale. (79) CXLF, 843-846 ; 20 novembre 1905 — Les auteurs ont constaté aux hautes altitudes une diminution des oxydations, une diminution de la diurèse, et une rétention d'éléments fixes. Cette action se fait sentir bnisquement en même temps que le changement d'altitude, puis du quatrième au huitième jour se fait le retour progressif à la normale. l. camus.

G. Lerda. Sur révolution de la sensibilité dans les cicatrices, dans les autoplastics et dans les greffes. (72) XLIV, 1-13: 1905. — Loin de s'atrophier, les cicatrices évoluent et elles acquièrent peu à peu un degré sulfi»ant de sensibilité ; celle-ci se rétablit en partant des bords, et pendant cette restauration la sensibilité tactile marche plus rapidement que la sensibilité à la douleur ou à la température. Le retour à la sensibilité parfaite demande souvent plusieurft années pour les cicatrices d'une cer-

taine étendue ; les choses se passent de semblable façon pour les greffes ; dans les autoplastics la sensibilité ne se perd pas ou bien elle redevient rapidement normale.

B. FRINDBL.

Ch. Féré. Deuxième note sur l'influence de l'orientation sur l'activité. (Observations sur l'obscurité et sur le rythme). (80) LIX, 560-364 ; 2 décembre 1905.

G. van Rynberk. Sur les dessins cutanés des vertébrés par rapport à la doctrine segmontale. (72) XLIV, 65-74; 1905. — Le mémoire comprend deux parties : le résumé d'une étude expérimentale sur la détermination du dermatomère et des variations de son territoire determinable après des sections variées de racines, puis l'application des résultats obtenus à l'explication des dessins cutanés des vertébrés ; ceux-ci, avec leurs bandes, leurs taches, etc., correspondent aux particularités de l'innervation métamérique. b. fbindbl.

M. Ishihara. Ueber die Flossenbewcgung des Seepferdchens (Sur le mouvement des nageoires de l'hippocampe). (2) GIX, 300-306 ; 1905. —L'auteur a examiné par la méthode slroboscopique les mouvements remarquables de la nageoire dorsale de l'hippocampe qui ont un caractère vibratoire signalé par Ranvier et Rollett. Leur nombre est de 14 à 24 par seconde. Les nageoires pectorales se comportent de même. L'animal, dans ses mouvements d'ascension et de descente, développe une vitesse moyenne de 4 centimètres par seconde.

DASTRB.

S. Ser^. Sur l'activité musculaire volontaire chez la » testudo graeca ». (72) XLIV, 30-38 ; 1905.— Dans ces expériences une tortue était maintenue dans une forte pince, trois membres et le cou se mouvant librement, le demi-membraneux détaché à son insertion au tibia d^une patte amputée écrivant directement ses contractions. — Il se manifeste pour les mouvements volontaires des alternances d'états de petite activité ou de repos, et d'étals de grande activité. Le tonus subit de grandes oscillations au cours de la deuxième période ; il semble constituer aux mouvements rapides un soutien qui leur donne une certaine continuité, une certaine stabilité.

E. FBINDBL.

ANALYSES

Rina Monti. Studi sul letargo (98), II, 633-637 ; 1905. — Etude des variations de la température de la marmotte plongée dans le sommeil hibernal, et histologie de ses organes. e. pbindbl.

G. van Rynberk. Di alcuni speciali fenomeni motori e d'inibizionc nel pescec^ni {Scyliium) 2« nota. (99) IV, 396-401; 1905. — Les mouvements ondulatoires et la faculté de s'immobiliser décrits par Fauteur chez des Scyllium ayant subi un traumatisme médullaire léger, vus aussi par fiethe après un traumatisme encéphalique grave, ne dépendent pas de la lésion nerveuse, mais d'excitations périphériques inaccoutumées. L^auteur a constaté ces phénomènes chez des animaux non opérés et diversement maintenus ; ses expériences déterminent les conditions favorables à Tobservalion de ces mouvements.

B. FEINDBL.

J. Sellier. Action antiprotéolytique du sérum sanguin des animaux inférieurs (poissons et quelques types d'invertébrés). (80) LIX, 628-630; Bordeaux, 5 dec. 1905. — Les serums de poissons (Torpedo marmoraia, Mustelus vulgaris, Trigoîi partinaca, Conger vulgaris), de crustacés (Caivcer pagurus) et de céphalopodes (Octopus vulgaris) ont une action anti-protéolytique très nette mais plus ou moins active, que Ton peut constater soit avec la gélatine, soit avec le lait, soit encore avec l'ovalbumine. Un chauffage d'une demi-heure à 02 degrés en tubes scellés fait perdre à ces serums leur propriété anti. l. camus.

Georges Bohn. Mouvements rotatoires chez les larves de crustacés. (80) LIX, 517- 518; 25 novembre 1905. — Ces mouvements sont aiàémenl provoqués par l'approche d'écrans noirs et semblent être d'origine oculaire. l. camus.

Georges Bohn. Des tropismes et des états physiologiques. (80) LIX, 515-516 ; to novembre 1905.

Georges Bohn. Essais et erreurs dans les tropismes. (80) LIX, 566-567 ; 2 décembre 1905.

G. Bohn. Sur le phototropisme des larves de Homard. (79) GXLI, 963-966 ; 4 décembre 1905.

O. H. Bro^'n. A pharmacological stady of Anesthetics and Narcotics. (43) XV, 85-97 ; 1905. — - En plaçant des œufs d'étoiles de mer dans des solutions diluées de narcotiques solubles, on constate que ces œufs subissent une sorte de liquéfaction et que rintensité des effets observés est fonction de la puissance du narcotique. Brown admet que l'anesthésie peut être le résultat de l'inhibition des processus enzymotiques des cellules, comme l'ont soutenu Neilson et Terry. j. p. langlois.

E. Impens. Uebcr Localanàslhesie. (2) ex, 21-87; 1905. — Après quelques considérations sur les avantages et inconvénients des substances du groupe de la cocaïne, l'auteur en vient aux essais qu'il a exécutés au moyen du chlorhydrate d'alypine, c'est-à-dire de benzoyl-tétramélhyldiamino-élhyldiméthylcarbinol. — Ce corps serait un anesthésique local aussi énergique que la cocaïne et qui aurait sur celle-ci Pavantage d'ôtre beaucoup moins toxique, de ne produire aucune mydriase ni aucun trouble de l'accommodation. Comme la cocaïne, elle e!»t tout à fait neutre, ne donne pas lieu à la formation de sels précipitables par Talcalescence des sucs organiques.

Enfin elle peut être stérilisée sans inconvénient. DASTRB.

Jacques Loeb. Weitere Bemerkungen zur Théorie der antagonistischen Salzwirkuugen (Nouvelles remarques relatives à la théorie des effets antagonistes des sels). (2) CVII, 252-262 ; 1905. — Les tissus animaux survivent le mieux dans des solutions salines contenant environ 2 molécules de GaC12 pour 100 molécules de NaCl (liqueurs de Ringer et de Locke). Le milieu qui convient le mieux aux animaux marins ne correspond pas seulement à la pression osmotique de l'eau de mer, mais doit contenir des sels déterminés NaCl, KCl, CaCl^ dans les proportions de 2 molécules de ces derniers pour 100 de NaCl. Quelquefois l'addition de MgCl2 améliore encore la liqueur, ainsi qu'une trace de bicarbonate de soude. Cette addition s'explique par la découverte de Friedenthal de la neutralité nécessaire des sucs cellulaires et de la production cependant continuelle d'acides en conséquence du fonctionnement vital. Loeb cherche une explication de ces faits. 11 part de ses observations sur l'œuf du fundulus. On sait que cet œuf se développe aussi bien dans l'eau distillée que dans l'eau marine

PHYSIOLOGIE GENEHALE

lorsqu'il a été fécondé. Il périt, au contraire, rapidement dans une solution de NaCl à la concentration qu*a ce sel dans l'eau de mer. Vient-on à ajouter à celte solution des sels de métaux bivalents, môme toxiques par eux-mêmes, tels que le chlorure de baryum ou le sulfate de zinc, l'œuf développe un embryon. On voit que les effets toxiques de NaClet deTautre sel se compensent réciproquement. On peut supposer que cette neutralisation réciproque résulte de ce que leur mélange réduit leur diffusion individuelle dans Tœuf. — L'antagonisme n'existe pas seulement entre métaux mono et bivalents, mais, par exemple, entre deux sels de métaux bivalents. Ainsi en est-il de HgCl2 et CaClo pour Tœuf de Tarbacia, de MgCU et SrClo pour Tœuf de fundulus, pour CaClj et BaCl2 d'après Mac Galium. — Le fundulus sorti de Fœuf se comporte comme l'oeuf luimême : il vit dans l'eau distillée ou dans l'eau de mer ; il meurt dans la solution de NaCl au titre marin. L'effet toxique de celle-ci n'est annihilé que par l'addition de KGl et de CaCl2. L'un des deux sels isolément ne suffit pas. Il faut les deux pour neutraliser l'effet toxique de NaCl. Celte conclusion est très générale. W. Oslwald Ta vérifiée i3ar le gammarus d'eau douce. Il est possible que le mélange GaCl2 + KCI ne fasse que ralentir la vitesse de diffusion de NaCl, par suite d'une modification de la membrane protoplasmique. dastrb.

C. Oorescu. Action de Tiodure de potassium sur l'histogenèse des granulomes provoqués par l'inoculation de poudres inertes. (80) LIX, 340-341; 28 octobre

O. Polimanti. Influenza délie acquc carboniche bicarbonalo-calciche ipoloniche snlla eliminazione e composizione dclla bile umana. (99) IV, 383-393; 1905.

Jean Camus et Ph. Pagniez. Re

cherches sur les acides gras. Lésions expérimentales. (79) CXLÏ, 737-739 ; 6 novembre 1903.

Jean Camus el Ph. Pagniez. Recherches sur les acides gras. Lésions expérimentales. (80) LIX, 386-388 ; 4 novembre 1905. — Les lésions produites au niveau du poumon par les injections intra-tracbéales d'acides gras rappellent par leur aspect les lésions tuberculeuses et surloul les lésions produites par les poisons tuber-

culeux étudiés par Auclair. D'autre part, l'analyse chimique indique que Téthéro-bacilline contient de 20,8 à 50,3 0/0 d'acides gras libres et que la chloroformo-bacillinc en contient 22,4 0/0. Les acides gras d'origine bacillaire doivent donc jouer un grand rôle dans l'évolution des lésions tuberculeuses. L. CAMUS.

Jean Gautrelet et Henry Gravellat.

De l'élimination de l'urée chez le lapin normal sous l'influence des injections sous-cutanées de bleu de méthylène. (80) LIX, 624-626 ; Bordeaux, 5 décembre 1905. — Le bleu de méthylène en solution à 5 0/0 injecté sous la peau diminue chez le lapin rélimination de l'urée. l. camus.

Jean Gautrelet et Henry Gravellat.

De l'élimination de l'urée chez le lapin en état d'inanilion sous l'influence des injections sous-cutanées de bleu de méthylène. (80) LIX, 626-628 ; 5 décembre 1905. — Chez le lapin en état d'inanilion comme chez le lapin normal, le bleu de méthylène suspend pendant un certain temps le fonctionnement rénal ; quand arrive l'éliminalion du pigment, l'excrétion de l'urée se rétablit. l. camus.

Ch. Herzig. Leucocytose unter Einwirkung der Bestandteile der Folia Digitalis (Modifications de la leucocytose sous l'aclion des principes de la feuille de* digitale). (3) LUI, 157-172; 1905. — Expériences sur des lapins. Le nombre des leucocytes et de leurs diUerentes espèces est très variable chez le lapin. 11 augmente physiologiquement le matin, considérablement.

L'intensité de la .sensibilité à l'excitation chimiotaxique des principes de la digitale est variable selon les individus. La digitoxine cristallisée, la digitoxine soluble et la digitaline amorphe provoquent constamment, dans les 24 heures, une leucocytose plus ou moins marquée, laquelle n'est d'ailleurs pas proportionnelle à la dose administiée. Le pouvoir leucocytaire de la digitaline vraie (digi tali nu m verum) est minime. La digitoxine cristallisée n'a aucune action chimiotaxique sur les leucocytes. Ces différentes substances ont été injectées hypodermiquement. L'auteur a voulu expérimenter la voie digestive. Mais les résultats qu'il a obtenus ont été si imprécis — et même si contradictoires, — qu'il n'en veut tirer aucune conclusion. Il ajoute qu'il serait intéressant de chercher dans quelle

ANALYSES

mesure ses conclusions pourraient expliquer l'heureux effet thérapeutique de la digitale dans la pneumonie.

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