‹ Journal de physiologieChapitre 333 sur 578 · V. MONTAGARD · texte numérisé non relu

V. MONTAGARD

Wakoulenko. Les modifications des propriétés spécifiques du sang chez les animaux nourris avec des cultures tuées de microbes. (68) XII, 4-5; 1906. — 11 ressort d'expériences faites sur des lapins qu'en faisant manger aux animaux des cultures tuées par la chaleur (58* pendant 2 à 4 heures) de bacilles typhiques ou de vibrions cholériques, on fait apparaître dans leur sérum des substances agglutinantes. Pour cela, il est nécessaire de faire ingérer ces cultures pendant 10 à 14 jours en observant certains intervalles. La quantité d'émulsion absorbée per os par chaque animal n'est pas inférieure à un demi-litre. La dose injectée en une fois est de 50 à 100 c. c. Les propriétés agglutinantes du séi*um sont d'abord de faible intensité. Elles s'accroissent ensuite et, après que l'ingestion a cessé, elles s'affaiblissent au bout d'un certain temps variable. Le pouvoir agglutinant lors de l'ingestion de bacilles typhiques, atteint 1 : 500 ; après l'ingestion de vibrions cholériques il monte à 1 : 60, alors qu'avant le début de l'expérience il est inférieur à 1 : 30. Après l'introduction par la bouche des doses indiquées d'émulsions, on observe parfois des phénomènes d'intoxication (contractures, paralysies, cyanose) se terminant par la mort ou bien amenant un amaigrissement sensible si l'animal survit.

F. ARLOING.

Daniel Gaudeau. Le pouvoir hémo- Ij tique du sérum sanguin et la résistance globulaire. Recherches chez l'enfant. Thèse de Paris, 1906; 402 pages. — La quantité d'alexine contenue dans le sérum .d'enfant normal de 5 à 42 ans, paraît moins considérable que chez l'adulte. Le pouvoir hémoly tique du sérum varie chez l'enfant malade : il diminue à la période d'éruption dans la varicelle, reste normal dans la rubéole, diminue les 2 premiers jours de la rougeole et revient à la normale le troisième jour; il reste normal dans la scarlatine, les érythémes scarlatin if ormes et papulo- , noueux et diminue dans les érythémes

sériques et polymorphes. La résistance globulaire augmente au cours des éruptions scarlatiniformes, post-vaccinales, papulo-noueuscs et de la scarlatine. Dans la rougeole normale existe aussi cet accroissement : on ne le trouve pas dans la rougeole à évolution fatale. lesné.

D. W. Day. The relation between serum resistance aud virulence (Transactio)is of the Chicago pathological Society, VI, 348-364; 4900). — Emulsions de bactéries dans du sérum mises en culture pendant vingt générations successives.

Aucun des trois microbes peu ou pas pathogènes, B. prodigiosuSy B, proteus vulgaris, B. fluorescens non lùiuefaciens n'a montré de modification dans sa résistance au sérum après son passage dans le sérum normal de lapin, actif ou inactif. Après le passage dans le sérum actif de lapin la virulence de tous trois s'est trouvée augmentée envers le lapin, ainsi que la virulence des deux derniers envers le cobaye. Après le passage dans le sérum inactif du lapin, la virulence du proteus pour le lapin, la virulence du fluorescens à l'égard du cobaye, ont été accrues.

E. FEINDEL.

U. Friedemann. Organeiweiss und Nahrungseiweiss (Albumine organique et albumine de nutrition^. (4) LV, 323-335; 4906. — Les réactions biologiques spéciûques, que les chercheurs ont découvertes en étudiant l'immunité, ont permis de différencier certaines substances que la chimie considérait comme identiques.

Non seulement les albumines ne sont pas toutes semblables, mais dans une espèce, l'albumine du sang d'un individu peut être différente de celle du sang d'un autre individu. 11 y a des isoly sines du sang humain et du sang de chèvre. Friedemann s'est demandé si l'albumine des organes était la même que celle des aliments.

Cette question est importante pour la chimie alimentaire. Au point de vue de l'absoi'ption, il n'y a pas de différence entre le sérum d'un chien tenu à jeun et celui d'un chien alimenté. 11 est possible que l'albumine des aliments traverse la paroi intestinale sous une forme où elle n'est plus précipitable, mais où elle est encore capable de former des anticorps, c'est-à-dire précipitogène. Mais aucune expérience ne permet de prouver cette hypothèse. Dans une série d'expériences le sérum d'un lapin immunisé avec du

ANALYSES

sang de chien à jeun, contenait une précipitine partielle pour le sérum de chien alimenté. 11 y a donc dans ce cas une différence entre le sérum du cliien à jeun et le sérum du chien qui mange. Cependant on ne peut encore tirer aucun argument probant en faveur de la différence des albumines. L'hémoglobine peut avoir une action sur les précipitines ; et comme le sérum de chien ne peut pas être complètement débarrassé de son hémoglobine, il est admissible que cette hémoglobine trouble la réaction. Laboratoire de Rubner. v. momtagaro.

U. Friedemann. Ueber die Fâllungen von Ëiweiss durch andère Kolloide und ihre Beziehungen zu den Immunkôrpereactionen (Sur la précipitation de l'albumine par les autres colloïdes et de ses rapports avec les réactions des corps immuns). (4) LV, 361-390; i*m. — Les albumines non chlorurées précipitent avec tous les colloïdes basiques et acides examinés. Dans tous ces mélanges de colloïdes et d'albumine le sel a une influence retardante et diminuante sur la précipitation. Le résultat dépend des quantités en présence et du rapport des colloïdes et des albumines. Les colloïdes anorganiques précipitent l'albumine électrique cliargée de même électricité. Le pouvoir précipitant des ions est fonction de leur attraction diélectrique pour l'eau. Le rôle du sel dans la réaction des précipitines est semblable à son rôle dans la précipitation des colloïdes et de l'albumine. Les bactéries (typhique, coli, V. de Metchnikoff) sont agglutinées jusqu'à 1/1000 par le sérum sans sel. II n'y a à ce sujet aucune différence entre le sérum normal etl'immunsérum. Laboratoire de Rubner. v. montagard.

U. Friedemann et S. Isaac. Ueber Eiweissimmunitat und Eiweisstoffwechsel (Sur l'immunité des albumines et sur les échanges albuminoïdes), (36) ill, 209-219; 1906. — Cet article fait suite à un travail paru dans ce même journal (Zeits. f. exp. Path. I). Les auteurs se demandent si le fait pour une albumine étrangère de rester en dehors du courant sanguin peut faire penser que cette albimiine a été assimilée par les cellules de l'organisme.

Pour Hamburger cela ne fait pas de doute. Pour admettre un commencement de digestion, les auteurs se sont basés sur l'augmentation de l'azote urinaire. Cette

expérience est réelle et exacte chez le chien. Mais ces méthodes chimiques ne concordent pas toujours avec les méthodes biologiques. Dans lurine on détermine Tazote éliminé, tandis qu'au contraire la réaction de précipitation permet d'apprécier la substance précipitable restante. Il n'y a pas de doute qu'une petite quantité de sérum de cheval (10 c. c.) peut circuler dans le sang sans être modifié pendant un jour. Hamburger avait vu le même fait se produire pour l'antitoxine. Chez un chien de 10 kilog. qui avait reçu 120 c. c. de sérum de cheval en injection intra-veineuse, la quantité de substance précipitable du sang diminua et l'élimination de l'azote urinaire ne fut pas proportionnelle. On ne sait pas bien pourquoi l'azote augmente quand on introduit l'albumine dans l'alimentation. L'albumine est-elle brûlée en nature ou bien transformée par la destruction d'une quantité équivalente d'albumine

du corps? Y. MO^'TAGAnD.

U. Friedemann et H. Fxiedenthaï. Ueber Immunitâtsreactionen und Gerinnungsvorgânge. Beziehungen der Kernstoffe zu den Immunkorpern (Sur les réactions d'immunité et les processus de coagulation. Rapports des substances nucléaires et des corps inmiuns).

(36) 111, 73-89; 1906. — La plupart des réactions qui se passent dans l'organisme sont uniquement envisagées au point de vue chimique. On tend à tenir compte de l'état colloïdal des substances en présence. La charge électrique de ces colloïdes par rapport à l'eau est déterminée par diverses méthodes (catapborése électrique et précipitation des colloïdes par les electrolytes). Une troisième méthode la plus importante pour le biologiste est fournie par la précipitation réciproque des solutions colloïdes. Cette méthode permet de connaître les caractères physico-chimiques des substances en présence, même quand celle-ci sont tout à fait inconnues. Une emulsion de mastic et une petite quantité de gélatine et d'albumine ne donne pas de précipitation:

si on ajoute du sel, la précipitation apparaît. Le sel a donc une propriété de favoriser le précipitât. Les auteurs ont réussi à trouver des combinaisons de colloïdes dans lesquelles suivant les rapport des substances en présence, le sel peut avoir une action tantôt favorable tantôt défavorable à la production de la prêci-

PROCESSUS DE DÉFENSE DE L'ORGANISME

pitaiion. L'explication de ce phénomène de la chimie des colloïdes n'est pas connue. Il y a de grandes analogies entre les réactions des corps immuns. On connaît dans les substances nucléaires des corps de caractères basiques, l'histone et la nucléine qui sont acides. Gonoment ces corps sont-ils unis entre eux? On connaît seulement la nucléoprotéide et la nucléohistone. La précipitation de la nucléohistone et de l'histone n'a pas lieu en présence du sel. La variation de ces précipitations en présence de NaCl, plaide en faveur de la nature colloïdale de ces réactions. Mélange-t-on une solution aqueuse d'histone avec une solution de très peu de sérum dans une grande quantité d'eau distillée, il s'ensuit un trouble considérable. Ajoutez du sel et le mélange redevient clair. U y a de grandes ressemblances entre les réactions de précipitation des corps immuns et les processus de coagulation du sang et des coagulations par les ferments.

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