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RECHERCHES SUR L'ABSORPTION DES SAVONS PAR LA MUQUEUSE INTESTINALE

Par MM. Ch. ANDRÉ et M. FAVRE.

(Travail du laboratoire du professeur J. Courmont.)

Il est à peu près généralement admis aujourd'hui que l'intestin n'absorbe pas les graisses en nature^ mais seulement sous forme de savons (Munk^ Walter, Conhstein, Henriquez et Hansen)^ au moins pour la majeure partie (Pflûger).

L'absorption des savons par la muqueuse et les modifications que celle-ci fait subir aux savons absorbés offrent donc un intérêt très grand, puisqu'elle nous renseigne sur lé mode normal d'absorption et de transformations histochimiques des graisses ingérées.

Moore ^ montre que des fragments d'intestin réduits en bouillie enlèvent i l'oléate de soude son alcali et mettent en liberté l'acide gras.

A. Franck etO. Ritter* arrivent aux mêmes conclusions : la muqueuse intestinale hachée dédouble les savons, l'acide gras se sépare de l'alcali. Ils attribuent ce dédoublement des savons à Tacide carbonique.

Ainsi donc, la muqueuse intestinale décompose les savons en alcali^ en acides gras. Complète-t-elle ce travail d'analyse par un travail de synthèse en combinant l'acide gras à la glycérine pour reformer des graisses neutres?

Ewald avait prétendu avoir réalisé la synthèse des graisses neutres avec la glycérine et un acide gras mis en présence de muqueuse intestinale hachée. Mais Franck et Ritter ont fait voir qu'il y avait dans le travail d'Ewald des erreurs de technique qui lui enlevaient toute valeur.

Cette synthèse s'effectue probablement en partie dans la muqueuse intestinale^ mais elle semble ne s'y accomplir qu'incomplètement. En effet, Moore trouve dans la muqueuse 15 à 35 pour 100 des graisses absorbées à l'état d'acides gras non recombinés encore avec la glycérine.

D'autre part, Ramond et Flandin ' font remarquer que le sang porte est plus riche en glycérine que le sang de la circulation générale et aussi que le

1 Moore, Physiological laboratory University College of Liverpool, 1903, analyse dans Bioehim. Centralblatt, 1903.

• Franck et Ritter, Zeiisekrift fiir exp. Path, und Thérapie, XLVII, p. 251-267. 5 Ramond et Flandin, Société de Biologie, 1904.

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