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Amerie, Joum, ofPhysioL, 1903, t. 9.

Exp. XVI. — Chien de 8 kilogr.

Lymplit IKle Sue panartetique

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en 10 min.

3 gouttes.

Dans les cas de ce genre, la solution acide, malgré le peu de durëe de son contact avec la muqueuse intestinale, est devenue très riche en principes Ijrmphagogues et ne renferme que très peu de sécrétine ; cependant elle avait comme dans toutes les observations précédentes, séjourné dans le duodénojéjunum.

5» Pour étudier la question, on peut avoir recours à un procédé plus physiologique que celui des injections intra-veineuses et qui consiste à introduire simplement une solution de HGl dans le segment supérieur de l'intestin grêle. Malheureusement cette injection ne provoque pas toujours une sécrétion assez copieuse de suc pancréatique et de bile, alors qu'il est avantageux, pour les besoins de la démonstration, de soumettre les glandes à un travail forcé. En fait, ce procédé a été employé par Asher et Busch % d'une part, par Falloise, de l'autre^ avec un succès divers : tandis que les premiers ont constaté un accroissement de la lymphe^ le second n'a rien observé de semblable.

Nous avons fait de nombreuses expériences de ce genre, et la vérité est que les résultats positifs et négatifs se balancent à peu près ; mais leur inconstance même est significative et ne peut, à notre avis, recevoir d'autre interprétation que celle que nous avons développée plus haut, à propos des injections veineuses. Notons aussi que, même â la suite des injections acides dans l'intestin, on voit parfois le débit de la lymphe augmenter notablement, tandis que Técoulement de bile et de suc pancréatique se modifie à peine.

6° 11 serait cependant excessif de soutenir que le travail des glandes n'a aucune influence sur la formation de la lymphe. 11 est évident en effet, qu an moment où ils élaborent leur produit de sécrétion, les éléments glandulaires doivent emprunter au sang une plus grande quantité de liquide qui transsude nécessairement dans les espaces lymphatiques périacineux. Mais lleidenhain a fait observer qu'à la suite d'une injection d'atropine qui respecte, comme on sait, l'action vaso-dilatatrice de la corde du tympan et supprime soo action excito-sécrétoire, la faradisation de ce nerf ne produit jamais ni

» Zeitschr. f.Biol., t. XL, p. 333, 1900.

TRAVAIL DES GLANDES ET LYMPH06ÉNËSE W

œdème de la glande sous-maxillaire, ni augmentation de la quantité de lymphe qu'elle fournit. < Le flux de lymphe ne s'accélère pas dans le tronc lymphatique cervical, même si on excite simultanément la corde du tympan et le nerf de Jacobson, c'est-à-dire toutes les glandes salivaires à la fois> >. D'où il résulte que la cause immédiate de la transsudation de liquide n'est autre que l'activité même des cellules, puisque l'une ne se fait plus quand l'autre est abolie et alors que la glande continue cependant à se congestionner aussi vivement que chez l'animal non atropinisé.

Voilà donc, déjà formulée par Heidenhain, eu 1878, la théorie cellulaire de la lymphogénèse, en ce qu'elle a d'essentiel. Mais en la poussant plus loin, l'éminent physiologiste arrive à cette conception que la quantité de liquide sécrétée par les cellules glandulaires se règle exactement sur celle qui a transsudé des vaisseaux^ et il s'appuie précisément sur ce fait, d'après lui fondamental^ que le cours de la lymphe fournie par l'organe ne s'accélère jamais, quelle que soit la durée de la sécrétion.

Ainsi donc : 1' sans activité cellulaire^ pas d'augmentation de la lymphe, malgré la vaso-dilatation ; â** mais^ d'autre part, le travail de sécrétion, quelque intense et prolongé qu'il soit^ n'accélère pas davantage le courant de lymphe qui s'écoule de la glande; comme il est cependant absolument nécessaire qu'au moment où les éléments sécréteurs entrent en fonctionnement, les vaisseaux leur fournissent du liquide en plus grande abondance, il est évident, dit Heidenhain, que la quantité d'eau qui apparaît dans le produit de sécrétion est exactement équivalente à celle qui a transsudé des vaisseaux sanguins.

En ce qui concerne le premier point, celui qui a trait aux effets de l'injection d'atropine, et qui a été observé par Heidenhain, puis vérifié par Bainbridge, tous les physiologistes sont d'accord. Quant au second, c'est précisément lui qui est ici en discussion et nos expériences confirment à cet égard celles de Heidenhain, qui sont en opposition avec celles de Asher et Barbera et de Bainbridge. Mais si nous croyons, avec Heidenhain, à l'invariabilité du cours de la lymphe pendant la période d'activité des glandes, nous ne sommes pas obligés d'admettre, avec lui, qu'elle ait, pour conséquence forcée, l'égalité parfaite du liquide transsudé et du liquide sécrété, puisque l'excès du transsudat interstitiel pourrait être repris par les capillaires sanguins, sans que les lymphatiques efférents en reçoivent rien.

Nous ne prétendons pas non plus contester que les échanges nutritifs des cellules et des tissus ne modifient la composition de la lymphe interstitielle et par suite sa tension osmotique. Mais il ne semble pas, d'après nos expériences, que les variations qui se produisent en ce sens dans un organe en activité, soient assez prononcées pour qu'elles entraînent une production plus abondante de lymphe.

< C'est donc à tort que Asher et Barbera et d'autres auteurs à leur suite ont attribué cette expérience à Cohnheim {Varies, iib. allgem. PathoL, 1882, t. I, p. 493), qui n'a lait que l'emprunter à Heidenhain {P finger's Arch. y 1878). Je mo permols de signaler ici une erreur qui s'est déjà introduite dans les traités et les articles didactiques récents.

Conclusions

1« On peat préparer^ d'après le procédé que nous avons indiqué, une sécrétine qui, injectée lentement dans une veine, provoque une acceleration considérable des sécrétions pancréatique et biliaire, sans augmentation de la lymphe. Un travail même excessif et longtemps prolongé des glandes digestives n'a donc pas d'effet manifeste sur la quantité de lymphe formée.

2* Si cependant^ dans bien des cas, Tinjection d'une solution de sécrétine accélère le courant lymphatique, c'est uniquement, comme l'a déjà soutena Falloise, parce qu'elle contient alors une proportion plus ou moins forte de substances lymphagogues dont le mode d'action exact reste à déterminer, comme d'ailleurs celui de tous les lymphagogues dits de la première classe.

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