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R-OH

AzH

(i) R : groupement conjugaé à Tindoxyle.

Fi6. 2.

AzH Indozyle

Mais si, dans les couches profondes qui n'ont pas le contact de l'oxygène atmosphérique, la formation d'indigo est entravée, le dédoublement du chro> mogène indigurique ne s'en poursuit pas moins. Aussi l'indoxyle est-il abondant en ces points et il communique à l'urine le dichroïsme qui le caractérise : le liquide qui est jaune par transparence est d'un très beau vert par réflexion.

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Indozyle

Indozyle

FiG. S.

Uidigotine

C'est la première fois qu'on signale ainsi l'existence d'indoxyle libre dans des urines rendues indiguriques expérimentalement.

Il est intéressant de répéter sur les couches profondes de Turine précédente contenant de l'indoxyle, et nullement encore de l'indigo, les expériences qu'on réalise avec l'indoxyle obtenu au laboratoire par décomposition de l'acide indoxylcarbonique.

En soutirant une partie de cette urine avec précaution dans une atmosphère de gaz d'éclairage, on peut la conserver sans qu'il se forme d'indigo.

En en agitant une autre portion avec de l'alcool amylique, celui-ci s'empare de l'indoxyle en montrant une fluorescence des plus marquées, et la solution amylique à son tour, agitée avec de la potasse, bleuit pour ainsi dire instantanément par formation rapide d'indigotine.*

CHROMOGÉNES URINAIRES DU GROUPE. DE L'INDOL 845

D'ailleurs la même expérience peut être réalisée sur l'urine non traitée par l'alcool amylique. On en fait arriver doucement dans un tube à essais par siphionage, puis on verse goutte à goutte dans le liquide une solution de potasse. Dans ces conditions, là où la goutte tombe et se dilue dans la masse, il se fait de Vindirubine^ comme cela s'observe d'ailleurs avec la solution aqueuse d'indoxyle obtenu en partant de l'acide indoxylcarbonique^ et ce n'est qu'en agitant vigoureusement après avoir versé quelques gouttes de potasse que l'on voit l'ingotine se former rapidement.

Cette dernière réaction nous fait comprendre pourquoi il est difficile de définir les conditions d'apparition soit de l'indigo bleu, soit de l'indigo rouge, puisque l'indoxyle obtenu en partant de l'acide indoxylcarbonique jmême donne du rouge d'abord, du bleu ensuite quand on verse un alcali dans sa solution aqueuse. On conçoit donc que toute hypothèse sur la formation de l'indigo^ qu'il soit bleu ou rouge, à partir des urines à indigurie, ne peut être que des plus hasardées.

D'ailleurs un même chien soumis à un régime invariable nous donnera des urines qui, d'emblée, aujourd'hui deviennent franchement bleues et qui demain seront d'abord rouges avant de virer au bleu.

Ce que l'expérience nous permet seulement de dire, c'est que dans les cas où l'indigurie, qu'il s'agisse du chien ou de la chèvre, commence par être rouge, elle finit toujours par devenir bleue.

A un moment où nous pensions que la réaction de l'urine pouvait avoir une influence sur l'obtention de l'un ou l'autre des indigos^ nous avions fait prendre à l'animal d'expérience (chien) en même temps que l'indol plusieurs grammes d'acétate de sodium. Les urines émises furent très alcalines, mais l'indigurie ne fut pas différente de ce qu'elle était les fois précédentes ; elle fut bleue, comme dans les expériences antérieures réalisées chez le même animal, dont les urines avaient alors la réaction ordinaire.

Après ce qui vient d'être dit, on peut donc se demander si la recherche des causes d'apparition, soit du bleu, soit du rouge, est vraiment d'un grand intérêt.

Y a-t-il, comme Nencki le pense, deux chromogènes, l'un pour l'indigo bleu, l'autre pour l'indigo rouge; cela nous paraît peu probable, et, quoi qu'il en soit, l'isolement du chromogène indigurique permettra seuL nous Tcspérons, de trouver la solution vraie.

5» Jamais, chez des animaux sains dont l'appareil urinaire est par conséquent intact, rémission d'urine après ingestion forte d'indol n'est accompagnée d'indigo bleu ou rouge. En d'autres termes^ le chromogéne ne se décompose qu'après l'émission.

La constatation de ce fait exige que Ton s'entoure de précautions minutieuses parce que l'apparition de l'indigo est quelquefois assez rapide après la miction. Nous avons vu des urines qui, au bout de 3 heures, verdissaient déjà. Ce verdissement est dû au mélange de la couleur jaune de l'urine et de la couleur bleue de Tindigo qui, avant de cristalliser, semble affecter une forme colloïdale. En cet état, en effet, les urines jetées sur plusieurs doubles de papier filtre passent en conservant leur teinte verte et le filtre, en séchant, se colore rapidement en bleu.

Avec les urines indiguriques, le dépôt d'indigo se forme surtout à la surface du liquide. En outre, il est évident que plus une urine sera riche en

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chromogène, et plus l'élévation de la température extérieure favorisera les fermentations, plus vite Tindigo se formera.

La rapidité de décomposition du chromogène indigurique avec formation consécutive d'indigo nous explique poarquoi, tout au début de nos expériences, nous avions cru à la possibilité de l'émission d'urines vertes. A ce propos, d'ailleurs, nous nous permettons d'insister sur quelques points de détail, car nous 'estimons qu'ils ne sont pas superflus.

En effet, si bien agencée que soit une cage destinée à recueillir les unn^^ la déclivité du fond en zinc n'est pas telle que tout puisse s'écouler jusqu'à la dernière goutte. Il en résulte qu'une mince couche d'urine reste en quelque sorte collée au fond de la cage; l'infection du milieu et la grande surface offerte à l'oxydation font que très rapidement cette mince couche s'altère en donnant de l'indigo, qu'une miction ultérieure viendra balayer. L'urine rejetée prendra une couleur verte par mélange de sa teinte naturelle avec celle de l'indigo qu'elle aura entraîné. On sera donc tenté de croire que ranimai aura émis des urines vertes, que le dédoublement du chromogène urinaire aura été effectué dans son organisme même, alors qu'il n'en est rien. Pour éviter toute interprétation erronée, il faut laver le fond de la cage avec une solution antiseptique (cyanure de mercure à 1 ^o) et recueillir les urines dans un vase contenant un peu de chloroforme. Dans ces conditions, jamais nous n'avons observé d'urines vertes ou bleues à l'émission,

6« Si l'absorption d'une dose exagérée d'indol est un des facteurs de la production expérimentale de i'indigurie, il résulte également de ce qui a été dit antérieurement que l'altération de l'urine est une condition non moins indispensable de l'obtention de ce phénomène. Il est facile de le prouver.

On administre à un chien ou à une chèvre une forte dose d'indol. De l'urine émise on fait plusieurs parts : l'une sert de témoin et est laissée exposée à l'air pour qu'on y observe la production d'indigo; les autres sont traitées de la façon suivante :

à) La première urine est stérilisée à l'autoclave à 125*" pendant 25 minutes.

b) La deuxième est filtrée sur bougie Chamberland dans un ballon de Krebs stérilisé.

c) La troisième est additionnée de cyanure de mercure (cyanure à 1 •/. à i ce. Urine : 10 ce.)

d) La quatrième est additionnée d'un peu de fluorure de sodium.

Les tubes a, b, restent indéfiniment inaltérés; il en est de même du tubee, qui deux mois après est encore intact, bien qu'au fond s'y trouve rassemblé un dépôt mercuriel grisâtre. Quand au tube d, la quantité de fluorure n'a servi qu'à retarder la formation d'indigo. Il est certain qu'une forte p^opo^ tion de fluorure se serait opposée à Taltération de l'urine et conséqueniment à l'apparition d'indigo.

L'urine stérilisée à l'autoclave ainsi que celle qui a été filtrée sur bougie Chamberland se rechargent d'indigo lorsqu'on les réexpose à l'air.

Il n'est donc pas douteux que le dédoublement du chromogène indigurique se rattache à l'altération de l'urine qui, elle-même, est sous la dépendance d'un ensemencement par des germes qu'il reste à classer.

Ce fait était d'ailleurs connu depuis longtemps : nos expériences lui ont donné la preuve scientifique qui lui restait à acquérir.

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L'iodigurie marche plus vite en été qu'en hiver, en raison de la température plus élevée.

7<* L'éhmination du chromogène indigurique est assez rapidement terminée. Dans toutes nos expériences, les urines émises 30 à 36 heures après la prise de 2 gr. d'indol, ne devenaient plus indiguriques ; elles renfermaient cependant encore de Tindoxyle conjugué, mais celui-ci affectait la forme d'indican.

Nous allons examiner maintenant quelques-unes des réactions présentées par les urines indiguriques, avant leur altération^ sous l'influence des réactifs usuels.

i** La stérilisation à l'autoclave de ces urines en présence d'une faible quantité de soude, suffisante pour rendre les liqueurs franchement alcalines, n'engendre aucune modification apparente du chromogène.

2« Les urines indiguriques, quoique très riches en composés indoxyliques, ne sont cependant pas de celles qui bleuissent rapidement lorsqu'on les additionne à froid de leur volume d'acide chlorhydrique pur; c'est d'ailleurs là un fait qui doit être bien connu de tous ceux qui s'occupent des pigments urinaires d'origine indolique.

Il est des urines, urine d'homme faisant suite à un régime carné, ou encore urine de cheval, qui, additionnées de leur volume d'acide chlorhydrique fumant, foncent très rapidement et deviennent b]eu-noirâtre, avant même qu'on leur ajoute un oxydant : H* 0^, perchlorure de fer, etc.

Au contraire, si l'on s'adresse aux urines à indigurie, l'addition de leur volume d'ilCl ne provoque pas ce bleuissement de la masse dont nous venons de parler; l'indoxyle est cependant libéré de sa conjugaison, mais ce n'est qu'en ajoutant l'oxydant, une goutte d'hypochlorite alcalin par exemple, qu'on provoque l'apparition rapide et abondante d'indigo bleu. Sinon la liqueur prend une coloration jaune-brun, et en l'agitant avec de l'alcool amylique ce dissolvant s'empare de l'indoxyle en prenant un dichroïsme plus ou moins marqué.

3* L'acétate neutre de plomb ne précipite pas le chromogène indigurique, alors que l'azotate mercurique le précipite presque intégralement; entre ces deux réactifs se place l'acétate basique de plomb qui le précipite en partie.

Cela nous donne l'explication d'observations répétées que nous avions faites antérieurement, avec l'urine de cheval notamment. On sait en effet que l'indican n'est pas précipité par l'acétate basique de plomb; mais il nous est cependant arrivé d'obtenir, par l'extrait de Saturne avec l'urine de cheval, des précipités qui, bien que soigneusement lavés, contenaient manifestement de l'indoxyle conjugué.

Or, les urines des solipèdes présentent souvent, mais d'une façon atténuée, le phénomène de l'indigurie; il n'est pas rare de les voir se recouvrir d'une pellicule irisée, laquelle est un mélange d'indigotine et d'indirubine. Aussi nous semble-t-il rationnel de conclure que, si des urines de cheval déféquées par l'acétate basique de plomb, laissent dans le précipité une portion d'indoxyle conjugué, celui-ci doit être rattaché au chromogène indigurique qu'elles contenaient.

4» Dès l'instant où nous avons défini les conditions de production de l'indi-

ttê CIL POKUB ET CH. HEBTKTX

g«n^ et étudié q^clfa» me» de§ ré^elicHK <i«e les

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Sans entrer dam le détafl de son L^lemeot et de sa fmsîÊatàcm, ce q«i fen

Fobjet d'un trarafl alt^rienr. noos tenoDS à dire cepeadaot qtlqoes 1110I5

d'ao poÎDt imp<frtaot que nooibre de chercheurs ont soaleré sibs apporter i

sa sotatioD des fait» luieii probants.

Oo a peDM> et beaucoup d'auteurs peuseot eneore que le chronaseBe iaéguriqae doit ^tre no conjugué gljcuronique de tludoxjle. La preove direde de cette assertion n'a jamais été faite et les arfuments sur lesquds on s'est appuyé pour lui donner quelque râleur ont été tirés de la constatatioD d'uae action réductrice sur la liqueur de Fehiing et surtout de cdle do pourôr léTOgjre des urines contenant ce chromo^ne.

Bien que nous ajons d^jà fait le procès de cette manière de Toir. nous croyons utile de rappeler la critique que nous avons exposée dans un mémoire antérieur. « Les assertions de ces auteurs (Baumann, Hoppe-Serler, KQlz. Schmiedeberg...; disionsHUoas, nous semblent sans Taleur. car ce qu'ils oat pris pour des conséquences ne sont que des coînddenoes, et nous dirons même plus, des coïncidences obligatoires.

< On sait, en effet, que les urines sont normalement lérc^gyres, leur action rotatoîre pouvant beaucoup varier du jour au lendemain. II en résuite donc que les auteurs précités n'avaient pas le droit de s'appuyer sur la constatation d'un pouvoir lévogyre de Furine, qui, nous ne saurions trop le répéta, est normal, pour conclure d'abord à une corrélation entre le pouvoir lévogyre et l'administration d'indol, ensuite à l'existence d*un glyco-conjugné de l'indoxyle, dérivant de ce dernier. »

D'autre part, il peut arriver que, sous des influences qui nous échappent, et en dehors de toute ingestion expérimentale d*indol, l'urine du chien et de la chèvre deviennent réductrices, légèrement, il est vrai, mais nettement.

Des glycosuries faibles, mais transitoires, ne sont pas rares cbez Thomme et les animaux^ et ii ne faudrait pas, parce que, pour une fois, elles coïncident avec une administration de i, 2 ou 3 gr. d'indol, croire que Findoxyle se soit éliminé sous forme d'un conjugué glycuronique.

D'ailleurs, si l'on veut bien y réfléchir, on se rappellera qu'un dérivé glycuronique n'est pas forcément réducteur avant son dédoublement; s'il Test toujours après, puisqu'il y a mise en liberté d'acide glycuronique, il ne peut l'être avant que du fait du composé qui en s'unissant à cet acide aura conservé libre une fonction réductrice. Or, l'acide ;indoxylglycuronique des auteurs ne possède pas cette dernière. L'argument qui s'appuie sur le fait que l'urine réduit la liqueur cupro-potassique après l'administration d'indo! pour justifier Texistence d'un dérivé indoxylique de l'acide glycuronique nous semble donc erroné.

Quoi qu'il en soit, si, pour clore cette discussion, le plus simple sérail d'isoler le chromogène indigurique, il est néanmoins facile d'obtenir des liqueurs très concentrées extrêmement riches en chromogène et avec lesquelles il devient possible de résoudre nettement la question de Tacide indoxylglycuronique.

Nous avons fait prendre à un chien 9 gr. d'indol en 5 jours; les urines, au fur et à mesure de leur émission, sont stérilisées, puis concentrées au

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vide sous la pression de 15 millimètres. Le résidu sirupeux est traité par cinq ou six volumes d'alcool fort qui précipitent la plupart des sels minéranx. On filtre, Talcool est chassé et Ton obtient ainsi 95 ce. d'un liquide brun renfermant une quantité de composés indoxyliques susceptibles de fournir 7 gr. d'indigo. Cette liqueur n'est nullement réductrice; si on la traite à chaud soit par HCl^ soit par l'acide oxalique, on obtient, après avoir neutralisé ou chassé l'excès d'acide, des liquides qui ne sont pas non plus réducteurs.

Nous avons employé l'acide oxalique, parce que ce composé organique dédouble lentement à froid, mais rapidement à chaud, les chromogènes de nature indoxylique.

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