COAGULABILITÉ DU SANG DES VEINES SUS-HÉPATIQUES
Travaux de Mac X^nwW/ (1863). — Comme Lehmann et Bivwn-Séquard, Mac Donnell affirme que le sang sus-hépatique, pur. de tout mélange .avec le «ang cave, ne se coagule pas, ou ne se coagule que très légèrement, et paraît être privé de fibrine. Dans les cas où le sang coagule, m^me peu, la faute en est au procédé. Aussi l'auteur oppose-t-il l'un à l'autre les deux modes opératoires employés par lui : i« sur un chien qu'on vient de tuer, si on ouvre .l'abdomen aussi rapidement que possible, qu'on introduise ensuite la main de façon à saisir les bouches des veines hépatiques et qu'enfin on relire le foie, on obtient alors un sang qui se coagule légèrement, si l'on fait sortir le contenu de ces veines en pressant un peu sur cet organe; â^» mais si, après avoir tué l'animal, on place adroitement une ligature sur les bouches des veines hépatiques, et si, sans presser sur le foie, on éloigne les organes voisins, on reçoit du sang qui ne contient pas de fibrine, lorsqu'on pique les veines hépatiques alors gorgées de sang.
Travaux de Béclard (1866). — Béclard dénie toute valeur aux observations précédentes. Toujours il a constaté le phénomène de la coagulation dans le sang veineux qui vient du foie, toujours il y a trouvé de la fibrine; « mais cette fibrine n'est point élastique, elle se prend en petites masses grenues qui s'accolent difficilement; abandonnée au contact de l'air, elle se liquéfie au bout de quelques heures, liquéfaction activée par la température de l'étuve > . La cause d'erreur des analyses de Lehmann, d'après Béclard, c'est qu'il ne battait pas le sang immédiatement au sortir de la veine; or, « lorsqu'on laisse le sang hépatique se coaguler spontanément, et qu'on vient ensuite, au bout de 24 heures ou même beaucoup moins, à laver ce caillot pour en extraire la fibrine, celle-ci n'est plus insoluble, elle disparaît avec les eaux de lavage, et il ne reste plus rien dans le nouet de linge où l'otï avait placé la masse de sang >.
Travaux de David (1866). — Dans sa thèse de Dorpat, David, s'élève avec énergie contre les « fautes » de Lehmann, qu'il contredit de point en point. Si le sang sus-hépatique éprouve parfois un certain retard à coaguler, ce n'est pas qu'il manque de fibrinogène, mais de substance fibrinoplastique ^actuellement sérumglobuline), ou que. grâce à la composition même de ce sang, les deux substances ne peuvent suffisamment venir au contact. David, sous l'empire des idées nouvelles alors de son lïiaître Alexander Schmidt, pensait que fibrinogène et substance fibrinoplastique entraient dans la constitution de la matière • coagulée du caillot. Et cette idée le conduit à une expérience fort suggestive : il ajoute du sérum à du sang porte et à du saniç sus-hépatique prétendument incoagulable : le sang qui sort du foie donne beaucoup plus de fibrine que le sang porte.
Opinion de Colin (1873). — Pour Colin, la « plasmine » ne donne pas dans tous les sangs la même quantité de fibrine, le sang du foie en donne peu, aussi ce sang est-il peu coagulable dans les conditions ordinaires.
Opinion de Fliigge (1877). — Fliigge regarde, après David, comme entièrement faux les résultats de Lehmann, auquel il reproche : 1* de n'avoir dans certains cas recueilli le sang dans les vaisseaux qu'une heure après la mort de l'animal; 2« et surtout d'avoir opéré sur des animaux morts. A son avis,
i006 M. DOYON, CL. GAUTIER ET N. KAREPF
le foie n'intervient ni dans la destruction, ni dans la production de la fibrine.
Travaux d^ Beaunis (1883). — Il est certain, d'après Beaunis, qu'il est mt de trouver après la mort, des caillots dans les veines hépatiques, alors qu'ils sont fréquents dans les autres veines. Quant à la présence ou à l'absence de la fibrine dans le sang venu du foie, la difficulté d'intervenir sur les vaisseaux efférents de l'organe dans des conditions physiologiques ne perntôt d'accepter les résultats obtenus qu'avec réserve, surtout ceux de Lekmann.
Travaux de Paulegco (1897). ^ Ayant trouvé le sang hépatique coagulable, Pauleseo s'est proposé de déterminer les conditions du phénomène en ntili^ant les deux états de jeûne et de digestion. Il comparait en même temps le sang du foie au sang porte et à celui de la circulation générale.
Les expériences ont porté : i* sur 4 chiens en pleiue digestion de Tiande; 2* su 5 chiens & jeun depuis 2 ou plusieurs jours. — L'animal étant couche sur le côté gauche, on pratique une incision latérale; la main, introduite dans la canté abdominale, va isoler la veine cave inférieure immédiatement sous le foie, et p&sKr autour d'elle une forte ficelle yaselinée. Par la jugulaire droite, le cœur, la veine cave on fait alora pénétrer une sonde dont on amène le bout au niveau de l'embouchure des sus-hépatiques, et qu'on fixe dans cette position. Puis on vide la Teine cave inférieure en refoulant en arriére le sang qu'elle contient, et on la maintient dans cet état en tirant fortement sur les deux bouts de la ficelle. Pauleseo rejette comme sang de la partie supérieure de la veine cave inférieure les tout premien échantillons recueillis par la sonde.
Le sang considéré comme hépatique se coagule en même temps que le sang porte et que celui de la circulation générale, chez les animaux à jeun; il se coagule après le sang de la circulation générale, mais avant celui du système porte, chez les animaux en digestion. L'auteur, dosant en bloc les globulines, au moyen des sels, en a trouvé dans le sang qui sort du foie.
Opinion de Mathews (1899). — Dans son important mémoire sur VOrigine dî fibrinogène^ le physiologiste américain, sans donner d'expériences, déclare € inexactes les vieilles observations de Lehmann, de Bernard et autres sur li non-coagulabilité du sang hépatique, et sur sa faible teneur en fibrinogène, comparé au sang porte >•
Travaux de Gilbert et Camot (1902). — Le sang hépatique, dont le battage ne fournira parfois que quelques filaments fibrineux^ coagule cependani normalement. Le caillot^ d'apparence gélatineuse, paraît très peu retractile. La quantité de fibrine de battage de ce sang, tantôt minime, tantôt normale semble dépendre de conditions fort diverses. C'est ainsi que, sur des animaui opérés sous éther ou sous chloroforme, cette quantité est normale^ < comnu si les fonctions hépatiques possibles d'arrêt vis-à-vis de ce corps, très fragiles, avaient été supprimées par l'anesthésie »• De même, on trouve de II fibrine de battage dans le sang du foie, chez les animaux en digestion; oi n'en trouve pas chez ceux à jeun. Le caillot sus-hépatique chez ces demien est pourtant normal. Pour Gilbei*t et Camot, il convient, par suite, de distin guer deux formes de la fibrine sus-hépatique : filamenteuse ou de battage % granuleuse ou précipitée en petites masses, comme dans la lymphe. D(
SUR LA COAGULAfilLITÉ DU SANG DE6 VEINES SUS-HÉPATIQUES lOTT
Tabsence de fibrine filamenteuse, on ne sera donc pas fondé à conclure à l'absence de fibrine dans un essai quelconque de sang sus-hépatique.
Opinion de Dastre et de CL Richei, — Dastre (1893) a attribué hypotbétiqii*ment la cause de la non-coagulation possible du sang hépatique au défaut de fibrin-ferment. En 1904, Ch, Richet n'ose se prononcer sur la coagulabilité ou non-coagulabiUté du sang sus-hépatique, estimant que la seule conduite & tenir sur ce point est.momentanément le doute scientifique.
Doyon et Kareff ont trouTé dans uu cas, chez le chien, du sang sus-hépatique qui est resté complètement liquide pendant une heure et quart; tous les échantillon ont ensuite coagulé, les uns tout de suite en masse, les autres peu à peu, quelquesuns incomplètement.
t" Résumé et critique. — De tant de travaux il n'est que trop facile de montrer le résultat : incertitude, confusion, contradiction. On en jugera par les rapprochements suivants :
A) 1'* Le sang sus-hépatique est incoagulable (BrownSéqaard, Mac Donnell); 2* il fournit un pseudo-caillot (Lehtnann) ; 3* il coagule (Simon, Cl. Bernard, Bielard, David, Flûgge, Beaunii, Pauleteo, Mathews, Gilbert et Camot) ; 4* il est moins coagiilable qu'un autre sang quelconque (Simon, Colin) ; 5'* il est aussi coagulable qu'un autre sang quelconque (Béelard, Paule$co, Mathews, Gilbert et Camot),
B) 1" Le sang sus-hépatique ne contient pas de fibrine (Lehmann, Cl. Bernard (jSL fait des réserves), Brown-Séquard, Mac Donnell) ; 2* il contient de la fibrine (Simom, Béelard, David, Colin, Flûgge, Paulesco, Mathens, Gilbert et Camot) ; 3* il en contient accidentellement (Lehmann, Brown-Séquard) ; 4* il en contient peu (Colin) ; il en coon
1 tient un peu moins (globulines) qu'un autre sang quelconque (Pauleseo) ; 5* il en
contient autant qu'un autre sang quelconque (Béelard, Flûgge, Gilbert et Camot) ; H en contient plus qu'un autre sang quelconque (David).
C) La fibrine sus-hépatique possède des propriétés particulières (Béelard, Gilbert et Camot) : 1* elle se fibrinoljse très rapidement (Béelard) ; 2* elle peut prendre deux formes, filamenteuse ou granuleuse (Gilbert et Camot).
D) 1* Lehmann, Mae Donnell opèrent sur l'animal mort et trouvent, après une série de manipulations assez longues, le sang hépatique incoagulable. Or, c'est jue* tement après la mort que ce sang peut coaguler (Brown-Séquard) et qu'on troviv des caillots dans les veines sus-hépatiques (Brown-Séquard, Beaunis) ; 2* la suppraesion partielle des fonctions du foie entraîne la coagulation du sang qui sort de eei organe (Brown-Séquard). Or, la mort supprime entre autres tout métabolisme héps^
, tique (David, Flûgge),
E) La simple action de presser même légèrement sur le foie suffit pour amener la coagulation du sang sus-hépatique au cours des manipulations effectuées pour le
I récolter (Mae Donnell). Or, Lehmann séparait soigneusement par la dissection les
I veines sus-hépatiques des tissus environnants.
F) Lehmann, Brown-Séquard, Mae Donnell, Pauleseo ont mentionné la nécessilé I absolue d'obtenir du sang sus-hépatique tout à fait pur. Or, des trois > seuls phjak^ \ logistes qui aient décrit leur procédé et dont les résultats peuvent en consequence
. passer pour autre chose que de simples assertions, deux, Lehmann et Mae DonneU
I . 1 N'ayant pu consulter l'important mémoire de David, nous avons dû ne résumer de am
travaux que ce qu'en donnent FlGggb, le Traité de Physiologie de Beaunis et le Diction^ ' naire Dbchambrb (art. Foie).
M. DOTON, CL. GAUTIER ET N. KAREPF
opéraient sur des animaux morts ; le troisième, Paule$eOy n'a pas pu obtenir à l'état de pureté du sang yenu du foie. En effet, outre qu'il interrompait gravement, quoique de manière imparfaite, la circulation cave, il ne s'est pas prémuni : i" contre un reflux possible de sang du cœur droit dans le bout supérieur de la veine cave inférieure, et 2* surtout, contre un afflux certain de sang des veines diaphragmatiques.
///. — Recherches expérimeniales personnelles.
/* Conditions expérimentales. — Pour connattre les propriétés du sang sushépatique normal il faut réaliser au moins trois conditions : a) opérer sur l'animal vivant; 6) éviter tout délabrement du foie; c) recueillir le sang sushépatique pur de tout mélange avec un autre sang. Nous avons cherché à \ User ces conditions sur le chien.
Animaux normaux.
Poids da chien iO kil. SOO
Poids du chien 14
kllogr.
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Moment
Moment
Dorée
Moment
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Durée
Momeut | Moiurt
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Régimk alimentaire.
Poids du chien !'.> kilogr.
Durée du régiino. ... ii iours.
Dernier repas Oh. 30 du matin.
Opération 10 h. 30 du malin.
Poids du chien 16 kilogr.
Durée du régime 8 jours.
Dernier re|ias 11 h. du matin.
Opération 3 h. 40 du soir.
Poids du cil ion. ..
Durée du ré^rae .
Dernier r^Mis
Opération . . .