M. DOYON, CL. GAUTIER £T N. KAR£FF
et l'on pose des ligatures sur les gros rameaux de la veine porte et des veines lo»hépatiques. Après soigneuse dissection de ces vaisseaux, pour éviter un mélange de leur contenu avec celui d'autres veines, le sang est recueilli.
Tandis que le sang porte coagule tout à fait normalement, le sang soshépatique ne fournit pas de caillot proprement dit; après un temps pins <» moins long ses globules rouges se précipitent sans jamais former on coagulum cohérent. Une seule fois sur 7 cas, Tauteor trouva parmi cei globules rouges quelques flocons fibrineux. Toutefois, pour désigner le coagulum véritable du sang porte, comme pour nommer le dépôt qui se forme après quelque temps dans les échantillons de sang sus-hépatique^ Lehniann emploie le même mot : caillot (Blutkuchen)^ et cette simple impropriété de terme ne nous semble pas avoir été sans influence sur le développement ultérieur de la question. Hais le caillot sus-hépatique n'est qu'us pseudo-caillot, il est formé par les globules rouges et par l'agglomération des globules blancs, extrêmement nombreux au sortir du foie. Dans cet amas^ le microscope ne révèle rien de filamenteux, rien d'analogue à la fibrine. Lavé un certain nombre de fois à Teau distillée, ce caillot donne bien un résida insoluble : ce sont des globules blancs et des stromas de globules rouges.
En i855, Lehmann répète sur le chien les mêmes expériences. Pas plus que celui du cheval, le sang des veines sus-hépatiques du chien ne contient deli fibrine. Dans deux cas seulement^ quelques rares flocons de cette substance apparurent au milieu des globules du pseudo-caillot.
Il convient de ne pas oublier que, pour Lehmann^ la disparition de la fibriœ dans le foie rendait compte de l'origine hépatique du sucre^ à une époque où l'on ignorait le glycogène.
Opinion de^ Claude Bernard (1855). — Dans les Leçons de PhysioU^it exfiénmentale, Bernard paraft simplement admettre les résultats de Lehmann, avec lequel il était en relations. Toutefois il y ajoute un correctif : c Le sang sushépatique^ écrit-il, ne contient pas de fibrine. Si Ton bat le sang qui sort da foie avec des verges il ne s'y attache aucun filament. Cependant il se coagule. La coagulation^ qu'on avait jusqu'alors attribuée à la fibrine qu'on extrait par le battage, ne saurait donc lui être exclusivement rapportée. » Et Bernard promet de justifier, à propos d'expériences sur le sympathique, cette opinion € que la matière coagulable du sang n'est pas la fibrine, au moins suivant la définition que l'on donne ordinairement de cette substance ».
Travaux de Brown-Séquard (1858). — Brown-Séquard s'est assuré plusieurs fois r que le sang des veines sus-hépatiques, chez les chiens^ n'est pas spontanément coagulable, et qu'il ne donne pas de fibrine par le battage >. Une ou 2 fois, pourtant, il a vu quelques petits flocons fibrineux dans le sang de ces veines non mélangé à celui de la veine cave, et 3 fois il a trouvé un véritable caillot dans le sang qui sort du foie; mais, d^'après lai. les circonstances de ce dernier fait rendaient très probable que les fonctioas hépatiques étaient alors en partie supprimées. Il note, remarque essentielle. « qu'après la mort on trouve ordinairement le sang des veines sus-hépaUqa^ coagulé ou coagulable, ce qui dépend surtout du mélange du sang venu du foie avec le sang de la veinç cave ».