‹ Journal de physiologieChapitre 474 sur 578 · M. DOYON, CL. GAUTIER ET N. KAREPP · texte numérisé non relu

M. DOYON, CL. GAUTIER ET N. KAREPP

Technique» — L'animal n'est pas anesthésié. On prépare la jugulaire externe droite, la carotide gauche pour les prises de comparaison et la trachée pour la respiration artificielle. Les téguments sont incisés rapidement sur toute la ligne mediostemale et sur la ligne blanche abdominale, jusqu'au-dessous de l'ombilic. La cavité abdominale est ouverte; on installe la respiration artificielle. Puis, au mojen d*une scie à main, le sternum est fendu sur toute sa longueur & sa partie médiane. Le diaphragme étant attiré en avant, on passe, à l'aide d'une aiguille de Deschamps, une ligature sous l'une des grosses veines sus-hépatiques, le plus prés possible de la veine cave et en évitant de toucher au foie. Un second opérateur introduit alors ia sonde par la jugulaire, jusqu'au niveau des sus-hépatiques. Par des manipulations délicates il la fait pénéti*er dans le vaisseau préparé, où il" devient possible d'en apercevoir les détails k travers la tunique suffisamment transparente de la veine. 11 n'y a plus qu'à lier sur la gorge même que porte le renflement annulaire pour interrompre absolument toute communication avec la veine cave*. On retire avec précaution le mandrin de la sonde et l'on recueille le sang en série. Nos prises, forcément un peu inégales (6 à 8 c. c. chacune), étaient reçues directement dans de gros tubes à. essais. Nous avons dans chaque expérience comparé les temps de coagulation du sang sus-hépatique et du sang carotidien, ce dernier prélevé sans interrompre la circulation, au moyen de pipettes de verres munies d'une aî{?uille métallique courbe ; un certain nombre de prises, égales autant que possible à des prises sus-hépatiques correspondantes, étaient effectuées simultanément à ces dernières. La coagulation est notée au moment précis où le caillot est mobile d'une seule pièce ; on s'assure de sa cohérence en le pressant au moyen d'un agitateur de verre.

Notre procédé, comme celui de tous les auteurs ayant eu souci d'obtenir du sang sus-hépatique à l'état de pureté, n'échappe pas & la régie conmiune : il est d'une indéniable gravité. Pourtant, une brève comparaison avec les trois techniques antérieures décrites suffira pour en fixer la valeur : 1* il échappe à l'erreur de celui de PauUicOj qui ne pouvait fournir un sang pur; 2' contrairement à ceux A^Lehmann et Mac Donnelly il est réalisé sur l'animal vivant ; 3" il entraîne des délabrements infiniment moindres que celui de Lehmann; Â'* il est plus simple que celui de Mac Donnell.

2" Résultats. — Dans toutes nos expériences le sang sus-hépatique retueilli sur le chien vivant et pur de tout mélange a coagulé spontanément. La coagulation s'est accomplie en un temps variable, indépendant de l'état de jeûne ou de digestion, indépendant d'un régime alimentaire quelconque. Le sang sus-hépatique a coagulé parfois plus rapidement que le sang carotitidien, parfois en même temps, souvent avec un retard assez marqué.

Le caillot sus-hépatique nous a paru aussi retractile que celui du sang artériel. Contrairement à l'opinion deBéclard, la fiiriiïe formée ne se dissout pas rapidement dans le caillot*.

Si on examine au microscope une goutte de sang prise au sortir de la sonde, on constate la formation d'un réseau normal de fibrine.

* Dans la plupart dos cas, la ligature doit, pour entourer ia veine sus-hépatique, pénétrer sous la capsule du foie. La lésion qui en résulte est-elle de nature à retentir sur Tactivite de l'organe? C'est peu probable, car, sauf accident, la blessure est si minime qu'lele ne s'accompagne pas de la perte d'une seule goutte de sang. Mais la manœuvre peut entraîner parfois une hémorragie, l'expérience est alors à rejeter absolument. Le chien de chasse, à thorax étroit, nous a paru d'élection pour les expériences de ce genre.

' Nous avons, dans un certain nombre de cas, dosé la fibrine dans des échantillons conservés au moins 24 à 56 heures à 30<>-31<>. Ciiien normal : ûbrine pour 1,000 de sang sushépatique, après 24 heures : ^«^86; après 56 heures : 1»',40. Chien au régime des alt>uminoïdes : après 24 heures : i«',2 ; après 56 Iieures : 0»',97. Chien au régime des graisses : après 24 heures : 4»^2; après oB heures : 2«',2. Chien au régime des féculents : après 24 heures : 2i',4 ; après 56 Iieures : 4«%8. Chien au jeûne, après 24 heures : 3«%2; après 56 heures : 2«',1.

SUR LA GOAGULâBILITÉ DU SANG DES VEINES SUS-HÉPATIQUES lOlS

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